L’Asie locomotive de l’internet dans le monde

29 décembre 2008

iWeb est l’un des principaux hébergeurs internet au Canada. La firme tient aussi un blog particulièrement intéressant. Un récent billet, repris et adapté ci-dessous, constate l’augmentation exponentielle des connexions internet en Asie. Le Continent asiatique tire aujourd’hui le web autant que l’économie mondiale.


Le mois de Décembre est un moment idéal pour résumer ce qui s’est passé durant l’année, et voir s’il y a eu des changement majeurs sur le web.

Parmi les nombreux éléments qui ont marqué l’année écoulée, la croissance exponentielle dans l’Internet dans les pays asiatiques est peut-être l’un des plus notables. Même s’il n’a pas été le plus commenté., jusqu’ici.

Mieux qu’un long dicours, le graphique ci-dessous montrant l’évolution des plus grands fournisseurs d’accès Internet dans le monde:

Le graphique vient du blogue de Renesys où vous pouvez trouver des chiffres plus détaillés, publiés tout juste aujourd’hui. Il y a beaucoup de choses à dire à partir des graphiques, mais on peut retenir que la croissance est due principalement aux fournisseurs d’accès Internet asiatiques, ou de fournisseurs d’accès internationaux qui collaborent avec l’Asia: c’est le cas de Level3, Global Crossing, NTT, Tata Communications (Inde), China Telecom, Asia Telecom, Korea Telecom, SoftBank Telecom (Japon), Asia NetCom etc.

En parallèle, des fournisseurs d’accès Internet américains comme Sprint, Verizon ou AT&T perdent des places comparés à l’année précédente.

On peut le relier à la “population Internet” par pays:

[source: Internet world stats]

Le graphique utilisent les données pour juin 2008; sur les 20 premiers pays, 8 sont maintenant situés en Asie. Dans le cas de la Chine, le pays est devenu premier en terme d’usagers Internet au début de cette année, dépassant ainsi les États-Unis.

Si l’utilisation Internet est un indice pour l’activité économique d’un pays en particulier, on peut conclure que nous avons ici un aperçu de la dominance du continent Asiatique. Des pays comme la Chine ou l’Indonésie expérimentent une croissance forte au point de vue économique et démographique, et dépasseront les autres pays dans les prochaines années; même si n’allons jamais voir des américains utiliser Baidu (le moteur de recherche chinois) ou visiter des sites web en coréen.

Que signifie donc tout ceci pour les webmestres? Voici des pistes possibles que vous devez considérer dans vos plans à long terme:

  • Cela peut vouloir dire la fin de la prédominance de l’Anglais sur Internet, dans les prochaines années
  • des “Internets” à l’intérieur d’Internet: on verra des catégories de services web qui vont cibler spécifiquement une zone géographique et culturelle, qui seront peu connus dans les autres “zones”. C’est quasiment le cas dans des pays comme le Japon, la Corée du Sud, ou la Chine.
  • Croissance massive pour les webmestres qui auront pensé à produire une version localisée de leur site web, pour des régions asiatiques spécifiques.

Bien sûr, traduire mot-pour-mot Facebook ou tout autre service web populaire n’est pas suffisant, si vous voulez développer des sites web pour l’Asie, vous devrez prendre en compte la culture locale ainsi que les besoins locaux.

Cela dit, Internet devient aujourd’hui la première source d’information des clients (en France, par exemple, 3/4 des consommateurs particuliers s’informent préalablement sur le Net avant d’effectuer leurs achats). Il est probable que ce sera de plus en plus le cas également en Asie. Les entreprises soucieuses de pénétrer demain les marchés vietnamien, indonésien ou coréen ne pourront se passer d’une véritable stratégie commerciale en ligne.

Mieux, les PME ont tout à gagner de se positionner par ce canal sur le continent économiquement le plus dynamique du monde. Et qui a désormais le mérite d’offrir la plus grande surface d’accès sur le plan digital.

« Si nous savions ce que nous savons, nous serions trois fois plus rentables » (Hewlett Packard)

27 décembre 2008

Presse: la survie d’une industrie dépend de son audace à réinventer son modèle

26 décembre 2008

Charles Bricman est journaliste et consultant en communication. Au cours d’une carrière riche et variée, Charles Bricman a fréquenté les mondes de la presse (les plus grands titres en Belgique), de l’université et du transfert de technologies. Passionné par le monde des médias, il jette aujourd’hui un oeil affûté sur l’évolution de ce secteur et des énormes défis qui l’attendent. Démonstration dans le billet ci-dessous repris avec son aimable autorisation. Une leçon qui vaudra sans doute pour beaucoup d’autres secteurs d’activité qui seront affectés tôt ou tard en profondeur, s’ils ne le sont déjà, par la révolution de l’information instantanée.

presse journalisme

La récession qui débute va poser des problèmes à tout le monde. Dans les journaux, où la crise est aussi structurelle, elle sera probablement plus sévère. Aux Etats-Unis, elle l’est déjà: la liste des faillites,des fermetures et des restructurations s’allonge, les groupes de presse cotés voient s’effondrer leurs capitalisations boursières, jusqu’aux plus grands, plus de 15.000 journalistes américains ont perdu leur job en 2008.

Les causes sont connues: moins de lecteurs, moins d’annonceurs. Et donc moins de recettes. Spirale du déclin: pour redresser leurs comptes d’exploitation, les éditeurs font des économies sur le produit, lequel en devient moins attractif pour les lecteurs et, par suite, pour les annonceurs. Et le processus repart pour un nouveau tour de cercle vicieux…

Même si cela n’explique pas tout, Internet y est pour beaucoup. La radio et la télévision, depuis un demi-siècle, avaient déjà ébranlé le monopole de la presse écrite sur le traitement de l’actualité et la diffusion des nouvelles. Internet l’a réduit en miettes. La quantité d’informations gratuitement disponibles sur la Toile est telle qu’acheter un quotidien chez son libraire ou s’y abonner relève désormais plus d’une forme de militantisme que du souci de s’informer de manière efficiente.

Selon un sondage effectué aux Etats-Unis par le Pew Research Center, Internet a, pour la première fois, dépassé la presse écrite sur les sujets nationaux et internationaux: 40% des sondés mentionnent désormais la Toile comme source d’information, 35% les journaux. La télévision caracole toujours en tête à 70% (le total excède 100% car plusieurs réponses pouvaient être fournies), mais dans la tranche des 18-29 ans, elle ne fait déjà plus que jeu égal avec le Net à 59%. Voyez ce graphique et ce tableau publiés par le Centre:

479-1.gif

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Source: Pew Research Center for the People & for the Press

Je ne dispose pas d’étude similaire concernant l’Europe, et plus particulièrement la Belgique, mais je parie que l’évolution va dans le même sens (Corelio et De Morgen ont annoncé des suppressions d’emplois), qu’elle a seulement quelques mois ou années de retard, comme d’habitude. Ce qui est plutôt une chance pour les éditeurs – et pour les journalistes – de par ici, pour autant qu’ils ouvrent les yeux et fassent preuve d’un peu d’audace entrepreneuriale.

Voyez à ce propos ce très intéressant article de Jeff Jarvis sur ce qui se passe au Los Angeles Times, un des plus grands quotidiens US lui aussi menacé (ici, une traduction française de l’article de Jarvis par Rue 89, que me signale Alexandre).

Le raisonnement part d’un constat: même si les revenus du web ne croissent pas assez vite pour compenser la chute des recettes traditionnelles, ils suffisent désormais à couvrir les coûts (comprimés) de la rédaction proprement dite. Dès lors, vous entreprenez deux démarches:

  1. Vous faites de grosses économies en passant au journal intégralement numérique, le papier n’étant plus utilisé, localement, que pour des produits dérivés: suppléments, magazines, éditions spécialisées;
  2. Vous concentrez exclusivement vos efforts sur les secteurs dans lesquels vous avez un avantage concurrentiel, comme l’information régionale ou locale, ou certaines spécialités (Hollywood, dans le cas du LAT), et vous passez des accords de reverse syndication avec un réseau d’autres acteurs de niche qui accroissent votre audience (et votre attractivité pour les annonceurs) avec les lecteurs qu’ils vous envoient; eux augmentent le nombre de leurs lecteurs (et leur séduction pour les annonceurs) avec ceux que vous leur envoyez. Cover what you do best and link to the rest. On appelle ça un partenariat win-win, dans l’écosystème du web…

C’est évidemment une révolution copernicienne quant au mode de publication, mais aussi quant aux contenus. Un journal quotidien, jusqu’ici, c’est supposé couvrir tout le spectre de l’actualité: politique, économie, international, faits divers et société, culture, sports… Forget it. Cela ne marche plus et d’ailleurs, vous n’avez plus les moyens d’être pertinents et complets.

Imaginez par contre, à Bruxelles, une puissante rédaction concentrée et spécialisée, par exemple, dans la couverture des institutions européennes, de la rue de la Loi et des informations régionales. Qu’elle publie sous sa bannière web et dans des éditions spécialisées et lettres confidentielles; qu’elle met à la disposition d’autres organes de presse, à Paris, à Montréal, à Genève ou à Dakar, en échange de ce qu’ils ont, eux, de spécifique à vous offrir à vous, et à vos lecteurs. Rien ne vous oblige d’ailleurs à vous limiter à la francophonie, on peut traduire…

C’est là que les journalistes ont un rôle à jouer, me semble-t-il. Lancer un nouveau canard, c’est une opération de grande envergure qui demande de gros investissements. Un site web d’information spécialisée, c’est infiniment plus léger. C’est à la portée de noyaux de journalistes motivés et bien entourés. C’est un rêve éveillé qui n’a rien d’inaccessible, de ceux qui se réalisent quand on le veut vraiment. Réveillez-vous donc, chers confrères, vos éditeurs finiront par vous en remercier…

MàJ 12H15: Dans le même sens, mais sous un autre angle d’approche, voir Le blog de Tom: “Si j’étais patron de presse“.

Les communautés de pratique chez Alstom

26 décembre 2008


Introduction to Communities in Alstom – Full version
par AlstomUniversity

La différence entre une idée et une suggestion

24 décembre 2008

Produit-on une idée lorsque l’on fait une suggestion ? Et inversement ?

La question est moins insignifiante qu’il n’y paraît. L’avenir des entreprises modernes dépend de leur capacité à innover. Or toute innovation commence par une idée. Gérer l’innovation, cela commence donc par gérer les idées.

Les entreprises les plus ouvertes encouragent désormais  l’ensemble de leurs employés à émettre des idées. « Hélas, On voit arriver des idées qui n’en sont pas. Les propositions soumises par les employés ou les cadres ne sont parfois que des suggestions. Pas des idées », observe cependant Prakasan Kappoth, un spécialise en knowlegde management de la société MindTree, basé à Bangalore. « Le problème, c’est qu’il n’est pas facile de délimiter une frontière entre une idée et une suggestion ».

Pour les personnes qui sont chargées de faire le tri, le défi n’est pas mince. Il s’agit de ne pas décourager les personnes. Au mieux, peut-on dire, il est loisible de sensibiliser les presonnes à l’existence de cette distinction entre une idée et une suggestion.

Steven Swann, un consultant en créativité, et quelques autres, ont apporté une partie de réponse à la question de Prakasan Kappoth: « Les suggestions sont des semences. Les idées, ce sont les semences qui ont germées. L’innovation, enfin, c’est la plante en pleine floraison ».

Steven Swann accompagne cette distinction d’une parabole, riche toutefois d’enseignements par rapport aux défis de la période de crise actuelle.

« Il existait une ville magnifique, célèbre pour ses jardins dans laquelle poussaient des arbres superbes et des fruits savoureux. Cette ville était enviée de tous. Un jour, vinrent des temps difficiles. L’argent vint à manquer. Des conseillers très nantis du roi lui recommandèrent de se débarrasser des jardiniers. Ils n’étaient pas vitaux, selon eux. Les jardins dépérirent rapidement. Les fruits ne poussèrent plus. La ville déclina. Les conseillers nantis étaient entre-temps partis conseiller d’autres rois et d’autres villes. Les habitants prirent des graines et les jetèrent en vrac sur les terres à nu. Des plantes poussèrent puis fanèrent, faute d »entretien, de composition et de soins. Le roi rappela alors les jardiniers. Ces derniers demandèrent aux habitants de collecter toutes les graines qu’ils pouvaient trouver. Ils enseignèrent aux habitants à entretenir les plantes. A préserver les espaces vitaux. A ne pas ensemencer tout en même temps. Que toutes les espèces nécessitaient de soins différents. Avec l’implication de tous, la ville repris rapidement son éclat. Les jardiniers devinrent les conseillers du roi. Et la ville pu à nouveau manger et prospérer mieux que jadis ».

On l’aura compris: les idées et les suggestions, comme les semences, nécessitent des soins particuliers et un traitement différent selon les cas. Sinon, elles s’étouffent. Elles n’atteignent jamais le stade de l’innovation

En cette période de crise, la tentation est grande pour certaines entreprises de réduire la voilure au niveau de ces efforts de créativité collective, jugé superflu. Erreur.  Cet investissement est sans doute celui qui leur permettra de redémarrer le plus vite, une fois la tempête passée…

(photo Flickr MaryCB)

Le marketing du bouche à oreille : à prescrire en temps de crise

23 décembre 2008

Stefan Engeseth: « Les marques qui n’écoutent pas leurs clients risquent de finir comme les nobles à la révolution française »

22 décembre 2008

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Le podcast comme outil de marketing personnel (l’exemple de Pomcast.com)

11 décembre 2008

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Interview de StuFF (Pomcast.com) par Damien Van Achter (Blogging the News), à la conférence LeWeb08 de Paris.

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