Dix leçons de créativité de David Bowie
7 janvier 2009
Voila des passerelles passionnantes à explorer. La créativité, on le sait, naît souvent de l’intéraction entre des univers différents. Voire inconnus. Le chanteur David Bowie l’a bien compris. Mark McGuinness, consultant anglais, co-animateur du site Lateral Action, aussi. MGuinness a refermé un récent livre retraçant le séjour de trois ans (1976-1979) de Bowie dans la ville divisée de Berlin. Une parenthèse salutaire qui réamorça la pompe à inspiration de l’icône pop-rock des années 70. 
Aussitôt terminé, Mark McGuinness a tiré les points de comparaison, les enseignements, que l’expérience et les options prises à l’époque par le chanteur peuvent apporter aux entrepreneurs créatifs. Ce que le rock peut apprendre à la création économique, deux mondes a priori éloignés (sauf pour les producteurs).
McGuinness résume son propos en une dizaine de leçons. En voici quelques unes:
- Infligez-vous un choc culturel
Gavé de drogues et de sexe, pris en charge pour tout dans l’écrin à célébrités de Los Angeles, Bowie sentait son imagination se flétrir. « Il fallait entrer en contact avec un monde et des personnes que l’on ne connaissait pas. Se rendre dans des endroits où l’on ne souhaitait pas aller ». Un endroit comme le Berlin des années 70, « où vous devez faire vos courses vous-mêmes ». Et où peu de gens vous reconnaissent. Mis à part le sentiment de désorientation, les tensions particulières du Berlin de l’époque et son foisonnement de courants culturels marginaux ont élargi le champ d’expérimentation et ainsi profondément influencé le travail de Bowie par la suite, retient McGuinness.
(notons que U2, alors un peu en panne d’inspiration, se retira aussi dans la future capitale allemande avant de sortir en 1991 son album Achtung Baby, un virage dans le parcours des Irlandais Vendu à 12 millions d’exemplaire, l’album fut produit par Brian Eno, … tiens-tiens, comme Bowie)
- Mettez en résonnance le talent particulier des autres
Lors de sa période berlinoise, David Bowie alla chercher la collaboration d’autres musiciens connus, parmi lesquels Iggy Pop, mais aussi de relativement anonymes. L’un d’entre eux, raconte le livre, reçut un jour un coup de fil de David Bowie au domicile de sa mère, chez qui il habitait encore. Le chanteur britannique avait un talent exceptionnel pour dénicher et collaborer avec les meilleurs talents qui lui convenaient à un moment donné.
Dans une entreprise, il faut être capable de multiplier de la même façon, et avec la même audace, ces partenariats créatifs, indique McGuiness.
Le single Heroes (1977) date de l’époque berlinoise de David Bowie. Il doit incontestablement à ces apports extérieurs
- Faites confiance à votre curiosité
David Bowie est allé voir jouer de nombreux petits groupes marginaux allemands mais aussi ailleurs en Europe lors de son séjour berlinois. Il se laissa intriguer par certains d’entre eux. Il prit un peu de l’influence de chacun. Grâce à cela, notamment, il est possible de dire que la musique de David Bowie évolua par bonds au cours des années 70.
Conclusion: faites confiance à vos intuition et laissez-vous guider par elles.
Les autres leçons sont à lire ici.
Commentaires
4 réactions à “Dix leçons de créativité de David Bowie”
Une opinion à exprimer?




Hélas, on n’est plus dans les années 70 !!! Car, plus que Bowie lui-même (que j’adore et auquel je ne retire pas le génie), c’est cette fantastique période qui lui a permis de développer les qualités analysées. Les années 70, pour la créativité et l’anticonformisme, c’était le top.
Mais si Bowie avait 20 ans et débutait dans le métier aujourd’hui, aucune maison de disque ne le signerait.
Trente ans après le conformisme, le productivisme et la médiocrité règnent. Citez-moi une seule grande entreprise où on va (vraiment) encourager votre originalité ou votre créativité et je vous paie une bière. L’entreprise est devenue le temple de la soumission, du grégarisme et de la tristesse.
Espérons que le XXIe siècle inverse cette tendance. J’espère être encore en vie pour le voir.
Je partage en partie votre avis sur les conditions favorables de cette époque pour certaines remises en questions. Je ne pense toutefois pas que ce genre de configuration n’apparaît qu’une fois, comme les comètes qui passent tous les 5.000 ans près de la Terre. 1. C’était la crise mondiale. Cela vous rappelle quelque chose? 2. Ce que vous exprimer sur l’entreprise illustre bien les limites atteintes par le modèle tayloriste… Aucun manager ne s’y réfère officiellement. Pas assez moderne. Mais tous, ou beaucoup, l’appliquent. Mais aujourd’hui, ils sont balayé par des acteurs plus agiles, impertinents et boostés à l’envie. Cela a commencé dans certains secteurs (aviation, musique, informatique, presse…) Cela va gagner la banque, l’industrie au sens large. Oui, certaines grandes entreprises mettent en avant la créativité de leurs employés et s’en portent plutôt bien aujourd’hui. Ne citons qu’Apple ou Google. La PME RichAnalisys (dont la présentation est reprise sur ce site) aussi. Par exemple.
lorsque le gateau fait « plouff » et retombe…
))
Votre article est très bien écrit, intéressant et convaincant… sauf que… la base est érronée ! « Low » a été écrit et enregistré à 90 % en France, au Chateau d’Hérouville, « Lodger » à 100% en Suisse, à côté de la villa de Bowie, là où il avait aussi l’habitude de faire du ski en hiver… Tu parles d’un choc culturel
Et pour « Heroes », oui, ce fut à Berlin et David était saoûle ou stoned tout le temps.C’est (encore) Tony Visconti qui a sauvé la mise. En ce qui concerne l’influence des « petits groupes allemandes », David les avait déjà découvert AVANT son arrivée à Berlin (Kraftwerk fin 1975, il était encore à Los Angeles, « Neu :! » et « La Düsseldorf » début 1976, grace à Brian Eno). Bowie était toujours un excellent « self-promoter », quelqu’un qui pouvait pas uniquement se réinventer, mais aussi inventer et faire gommer les histoires et anecdotes qui vont avec. Et c’est LA, où est l’intérêt de votre article: il n’est pas important de se mettre dans une situation de non-confort ou en lieu inconnu, mais il suffit de faire CROIRE qu’on l’ait fait, afin de créer les anecdotes, le hype, le buzz et le business.
Comment David le disait-il encore ?
« So I turned myself to face me
But Ive never caught a glimpse
Of how the others must see the faker
Im much too fast to take that test »
Moi, je travaillais en 1977 au Studio « Hansa » à Berlin, je sais donc de quoi je parle. Et maintenant Vous pouvez continuer à gérer vos entreprises
Merci beaucoup Tommy pour cette mise au point.
Que dire… ?
Nous perdons une belle histoire mais nous gagnons une belle leçon.
Ces informations, quelque part, souligne sans doute le génie intrinsèque d’un personnage comme Bowie. Introspection, concentration, qu’importe l’environnement, un artiste de cette trempe parvient à créer et à déplacer les limites de son univers (a moins que quelques substances aient aidé la créativité des intéressés). Peut-être pour des personnes « moins douées » peut-on imaginer qu’une stimulation extérieure soit davantage nécessaire.