Les limites (provisoires?) de l’outsourcing global chez Boeing


Airbus songerait à offrir un A380 à Barack Obama pour remplacer Air Force One, laissait récemment entendre le quotidien britannique The Guardian. L’avion présidentiel commence à sentir le poids des ans. Mais quel camouflet à Boeing. Le groupe n’a pas besoin de cela. L’avionneur américain, premier exportateur des Etats-Unis en valeur, se débat avec les ratés de son programme  B 787 Dreamliner. L’oiseau composite hyper-léger (selon la notice) accumule les retards. Le choix d’un modèle de développement extrêmement décentralisé, aux quatre coins du monde, est aujourd’hui mis en cause.

A la fin des années 90, vues les pertes de marché concédées aux grand rival européen Airbus, Boeing avait accéléré le processus d’externalisation d’une partie de la production. Le groupe s’inspirait notamment de l’industrie automobile. Avec un certain succès. Les délais de production se sont raccourcis substantiellement. Les coûts se sont tassés. Les ouvriers de Boeing greffaient ensemble des modules préassemblés à des milliers de kilomètres. Aussi, pour le Dreamliner, quelques années plus tard, les responsables de la firme de Seattle ont poussé la logique beaucoup plus loin. Près de 70% du processus de fabrication sont réalisés hors de chez Boeing, en France, en Inde, au Japon, en Corée du Sud, en Allemagne, etc.

Mais en 2009, face aux problèmes et retards encourus (les premières livraisons étaient prévues en mai 2008) , l’avionneur bat en retraite. C’est la fin du modèle « Hollywood » affirment les syndicats, cités par le magazine américain Business Week (BW). L’idée était que, comme pour produire un film, Boeing aurait pu solliciter l’intervention ponctuelle de dizaines de prestataires indépendants. Une fois l’oeuvre achevée, ce derniers repartent ailleurs, sur d’autres projets.

Les couacs successifs sont-ils la démonstration des limites du modèle de distribution globale des tâches ? En tout cas pour des activités aussi complexes que la conception et la production d’un avion grand porteur ? D’aucuns, note toujours BW, pensent plutôt à un problème de communication, de vitesse d’ajustement et de maturité dans la coordination des multiples intervenants. On ne s’improvise pas global.

En attendant, Boeing va réengager,… aux Etats-Unis.

(Photos Flickr Guns71)

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