Lippi: comment une PME crée sa « war room » de veille économique
30 janvier 2009
Il règne comme une ambiance de préparation d’assaut aérien. Il ne manque que la grande carte d’état-major punaisée sur une table de banquet et des opératrices en uniforme qui décodent les messages cryptés. La description est un brin exagérée. Mais il s’agit bien d’une « war room » de veille économique, comme l’explique Jean-Michel Billaut (JMB) sur son blog. Celle-ci est installée dans les locaux de Lippi, une PME de 350 personnes, implantée à Mouthiers sur Boëme, dans la verdure charentaise. 
Devant l’un des sept ordinateurs branchés (rien à voir avec la photo d’illustration de ce billet, précision), une employée, généralement occupée à formuler les devis, repère le nom des responsables des achats de toutes les gares de France. Des prospects intéressants à cibler. Une autre scanne les mots-clés les plus utilisés à travers le monde sur le moteur de recherche Google dans diverses langues et qui ont trait au secteur d’activité de Lippi, détaille Jean-Michel Billaut. Si certains de ces mots-clés sont libres, la firme déposera le nom de domaine correspondant. Au Portugal, en Grèce ou autres…
Lippi fabrique des grillages et des clôtures en acier. Métier très traditionnel, on en conviendra. Peut-être est-ce dû à l’habitude du maillage, mais Lippi est une entreprise extrêmement connectée. Attentive à tout ce qui se passe sur le Net. L’année dernière, l’entreprise avait mis en place une webschool. JMB était déjà venu leur rendre visite à cette occasion. Une webschool ? En gros, les salariés de l’entreprise sont initiés aux nouvelles pratiques innovantes du Net. Cela part de choses simples comme apprendre à vendre sur le site de vente aux enchères eBay. Apprendre à retoucher des photos numériques pour que l’article en vente soit vu sous son meilleur jour en ligne. Puis des choses plus complexes. Tout le monde est invité à participer à la démarche. Les soudeurs, par exemple, suivent également cette initiation, sur base volontaire, apprend-on.
Le pari de Julien et Frédéric Lippi est le suivant « Mieux les employés comprendront leur environnement, plus ils seront efficaces et motivés ». (voir à ce sujet la vidéo interview ci-dessous réalisée par JMB, toujours).
L’une des traductions concrètes de cette approche est donc cette « war room » de veille économique.
Lippi est incontestablement l’une de ces entreprises modernes, capables de faire confiance aux individus, lesquels sont ses meilleurs ambassadeurs dans chacune de leur spécialité respective. A partir du moment où ils recoivent la confiance et l’accès aux outils correspondants, les employés sont les meilleures source d’innovation et d’amélioration des stratégies commerciale de l’entreprise. Autre exemple, la société Artbois, dans le sud du Luxembourg belge. Cette PME active dans les constuctions en bois propose à ses employés et ouvriers d’ouvrir simplement leurs yeux sur ce qui les entourent (un bâtiment original, une initiative commerciale originale, etc.). Ils sont écoutés et valorisés pour cela.
Armelle Thomas, en parlant de la veille économique, évoque les pépites de la connaissance.
« Le succès à long terme d’une PME technologique requiert donc davantage qu’un positionnement adéquat dans son marché actuel, elle doit de surcroît imaginer celui de demain. Pour que son entreprise prospère, le dirigeant de PME technologique doit ainsi développer flair et sagacité, et ce, afin de décoder les « signaux faibles » émanant de l’environnement externe », soulignait, en 2001 déjà, cet autre rapport sur la veille économique, émanant de l’Université Trois Rivières du Québec.
Nous y reviendrons.
Commentaires
4 réactions à “Lippi: comment une PME crée sa « war room » de veille économique”
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La war room Lippi a aussi d’autres fonctions plus avancées mais nous ne pouvions pas tout montrer à Jean-Michel Billaut.
Le plus surprenant est la volonté avec laquelle de nombreux employés se sont formés, même ceux qui n’avaient jamais touché un ordinateur.
A coté de la webschool qui fonctionne tous les jours (en moyenne 12 heures de cours/jour), et de la War Room, la société Lippi a prévu d’ouvrir un espace Internet pour permettre à ses ouvriers de production le même accès Internet qu’au personnel administratif.
Ceci,entre autre, afin de permettre aux Autentrepreneurs de la maison de rester en contact avec leur business.
Très intéressant. La logique bottom-up en réel. Bravo.
Rajouter donc plus de cartographie
on y gagne beaucoup
Quelque mind map par ci par là…
Perso j’ai fait l’expérience de la ventes Ebay pour l’entreprise tecsup (74)…
Il est primordial, de sensibiliser toute la chaine d’acteur de cette démarche.
De valoriser les efforts de chacun, apporter ainsi une dimension fédératrice.
Une bonne note sur ebay, c’est renforcement positif pour le travail de tous
+++
C’est une fumisterie, Senceber est dangereux pour la santé de votre entreprise. S’il est à la page sur les web 2.0 (?), il est à l’ouest sur l’entreprise 2.0 et sa mise en place.
Rapprochez vous des personnes concernées plutôt que sur ses belles paroles d’évangéliste (dont Mr Senceber s’auto proclame!) vous aurez un aperçu de la réalité…
Romain d.