Qui a encore besoin d’une banque ?

23 février 2009

« Pour un à deux millions de dollars, nous lançons un service de cartes de crédit dans n’importe quel pays. Il s’agit surtout de coûts marketing. Désormais, tous nos systèmes sont centralisées mondialement ». En d’autres termes, vous pouvez demain, pour un investissement dix à vingt fois moindre qu’il y a quelques années, lancer une activité bancaire aux Maldives, au Costa-Rica ou en Nouvelle-Zélande.

La banque en question est britannique et se nomme HSBC. L’une des plus grandes banques du globe. Elle s’est auto-intronisée « The World’s local bank« .

En 2003, cette organisation tentaculaire (85 pays) s’emberlificotait les câbles dans pas moins de 55 systèmes informatiques régionaux; 24 formats et systèmes de traitement pour le paiement par carte de crédit et 40 plateformes distinctes d’internet banking. « La banque a, depuis, divisé ce nombre par trois. En 2010, il n’y aura plus qu’un seul système commun pour tout le groupe HSBC à travers le monde, explique Chris Skinner, un célèbre expert britannique de la banque en réseau. « Nous migrons vers le concept de : banking as a service « , dit-il. Un peu comme si, demain, nous consommions des crédits, des plates formes de paiement, des produits de placement… avec un opérateur à l’autre bout du monde, aussi facilement que si nous ouvrions un compte de messagerie sur Hotmail ou Google.

Certes, pour HSBC, l’investissement s’élève à rien moins que 6 milliards de dollars, essentiellement dans son coeur  informatique. Mais désormais, la banque peut se démultiplier quasiment à l’infini.

Arrive la banque low cost

Curieux, en pleine crise financière, suggérer de faire confiance à une institution virtuelle ? Avec quel cadre prudentiel ou régulatoire ?

Vrai. Mais la confiance envers les grandes enseignes est ébranlée, de toute façon. Disons qu’une fois les boulons resserrés au niveau du contrôle bancaire, de nouveaux opérateurs en ligne pourraient faire tache d’huile. Principal argument: le coût.

Dans cette passionnante présentation, Chris Skinner analyse le modèle imbattable de ces purs joueurs financiers sur internet. Wonga (avances en cash à court terme, décision en moins d’une heure, 37 personnes), Zopa (banque peer to peer), eBank Corporation (Japon, 3 millions de clients, 200 employés), PayPal (système de paiement bien connu, filiale d’eBay), SmartyPig (économiser avec d’autres pour un projet particulier),…

Tous ces nouveaux services financiers sont non seulement accessibles de partout. Ils sont significativement moins chers. Les frais facturés ne s’élèvent parfois qu’à une fraction des tarifs facturés par les grandes institutions financières à leurs clients.

D’où cette question de Chris Skinner: qui a encore besoin d’une banque ? Les entreprises trouveront sans doute demain, une fois la tempête mondiale assoupie, de multiples sources diverses de financement.

« Selon Chris Skinner, la seule chose qui coûte encore, c’est le déplacement physique, indique à Entreprise Globale, cette semaine, Pascal Aerens, de la société Telovia, présent au salon Meftec de Bahrein, consacré aux technologies bancaires,  où le consultant britannique exposait sa vision. Pour opérer à Oman ou au Pakistan, par exemple, vous devez connaître des gens. Pour le reste… tout est disponibe en ligne! »

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