« Dans le domaine du mobile, le Kenya est en avance sur l’Europe »


« Un pays comme le Kenya met aujourd’hui en place sur les réseaux mobiles des services bien plus en avance que ce que l’on peut parfois observer en Europe ou aux Etats-Unis ». Nathan Eagle, un chercheur au MIT de Boston, masque mal son enthousiasme lorsqu’il évoque les promesses du téléphone mobile en Afrique.

Source TxtEagle

Paiement par mobile au Kenya (Source TxtEagle)

Alors que le paiement sur mobile demeure encore un gadget dans beaucoup de pays européens, il tend à devenir la norme dans les taxis et les échoppes de Naïrobi ou de Mombasa.

Voici quelques temps, Safari Com, l’opérateur mobile n°1 au Kenya, avait mis en place un service baptisé M-Pesa. Ce service, au départ, visait à permettre le partage et le transfert de minutes de communication à des personnes proches (famille, amis…) qui n’avaient pas les moyens de les acheter. Les gens, toutefois, ont commencé à s’échanger des minutes au délà de leur cercle privé. Si bien que le dispositif s’est transformé en véritable système de paiement. M-Pesa est aujourd’hui la première banque du Kenya. « Je peux payer mes courses avec mon téléphone portable sur le marché ».
L’impact du téléphone mobile sur la société et l’économie kényane est majeur. Avec, entre autres, des répercussions positives sur l’offre de quelques services de base. L’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales, par exemple.

« Naguère, résume Nathan Eagle, dont les propos sont rapportés par le site GigaOm, les villageois devaient avancer une très importante somme d’argent pour se fournir en équipement d’alimentation. Les fonds, en général, manquaient. L’eau potable n’arrivait donc jamais. Dorénavant, les compagnies d’approvisionnement en eau acceptent d’installer gratuitement les équipements. Grâce au téléphone mobile, elles s’assurent ensuite du paiement régulier des factures de consommation… ». Selon le magazine Wired, 30% des usagers kenyans règlent maintenant leur consommation d’eau et d’électricité par ce biais.

Il n’y a pas que le Kenya. Le téléphone mobile change aujourd’hui la vie de millions d’Africains dans des régions et des villes d’Afrique où, comme dans certains quartiers de Naïrobi, le chômage fleurte avec les 50%. Le réseau GSM couvre près de 90% de la population dans l’Est de l’Afrique. Les combinés se vendent 20 $US. Pas étonnant que le marché du mobile en Afrique connaisse aujourd’hui l’une des croissances les plus rapides du monde.

L’extension du téléphone mobile en Afrique une opportunité pour les entreprises européennes et américaine d’accéder à une nouvelle force de travail

Plus largement, la pénétration du téléphone mobile dans le coeur même de l’Afrique rompt l’isolement économique du continent noir par rapport aux pays développés. Partiellement, en tout cas. Nathan Eagle en fait déjà le pari. Sa société TxtEagle propose un ingénieux système de petites tâches rémunérés réalisables via un téléphone portable. Au moyen de la plate-forme TxtEagle, la société Nokia a pu traduire, au Kenya, le menu et les fonctions de ses téléphones dans quinzaine d’idiomes locaux. Les participants étaient des gardes de sécurité, des étudiants, des fermiers… Chacun a accompli une micro-tâche via son téléphone portable. Pour chacune d’entre elles il a reçu un crédit d’appel, monétisable auprès de tiers.

TxtEagle s’est inspiré de Mechanical Turk, une plate-forme de micro-tâches  mise en place voici quelques temps par le groupe Amazon, aux Etats-Unis. Ces micro-tâches ont la particularité d’être simples (trier des mots, traduire, étiquetter,…) et de nécessiter un regard humain. TxtEagle propose d’étendre le modèle d’Amazon pour offrir de nouvelles sources de revenus aux personnes qui le souhaitent en Afrique. Côté entreprise, Nathan Eagle imagine, à moyen terme, attirer les opérateurs actifs dans la transcription médicales. Un marché mondial de 10 à 20 milliards de $US…

D’après les estimations de l’entrepreneur américain, 15 millions de personnes en Afrique seraient prêtes à travailler à partit leur mobile.

4 réactions à “« Dans le domaine du mobile, le Kenya est en avance sur l’Europe »”

  1. Twitter à l’assaut de l’Afrique ? | ReadWriteWeb France le 27 avril 2010 à 10:23

    [...] par téléphone pour aller directement voir le maraicher apte à lui fournir le meilleur prix. Le Kenya, par exemple, est l’un des épicentres mondiaux dès qu’il s’agit d’innover dans [...]

  2. Twitter à l’assaut de l’Afrique ? | ReadWriteWeb France le 27 avril 2010 à 10:23

    [...] par téléphone pour aller directement voir le maraicher apte à lui fournir le meilleur prix. Le Kenya, par exemple, est l’un des épicentres mondiaux dès qu’il s’agit d’innover dans [...]

  3. sarr sadaga le 5 avril 2012 à 13:11

    salut chers internautes,
    s’agissant du paiement mobile des factures domestiques il faut souligner que l’innovation ne vient aps du kenya mais plutôt du senegal. où des jeunes informaticiens ont conçu ce système et l’ont déposé à l’oapi avant de la présenter à la sonatel qui l’a purement et simplement usurpé
    il ya d’ailleurs un procès dans ce sens contre l’opérateur de téléphonie mobile qui a été condamnée en 2009 par le tribunal régional hors classe de dakar.

  4. jyhuwart le 5 avril 2012 à 14:24

    @Sarr sadaga Merci pour cette information et le juste rappel du rôle pionnier que joue souvent, aussi, le Sénégal en Afrique.

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