Marc Roisin: « Dans les grandes entreprises, ce n’est pas parce qu’une décision est bonne qu’elle est mise en oeuvre »


Le travail efficace, les idées qui se concrétiser rapidement,…  Marc Roisin ne parvenait plus à retrouver ce genre d’expérience dans la banque qui l’employait. Amoureux du vin, l’entrepreneur cajolait également  une idée: créer un catalogue de vin pour les gens qui n’y connaissent rien; ceux obligés de choisir une bouteille au hasard dans le supermarché, faute de savoirs oenologiques suffisants.

Munis des ces deux motifs, Marc Roisin a quitté son emploi pour lancer Vinogusto, une plate-forme d’information et de recomandation de vins par les internautes. Depuis décembre 2008, Vinogusto rencense 500 000 visiteurs par mois. Vinogusto compte à présent, selon son fondateur, parmi les cinq sites internet consacrés au vin les plus visités de la planète. Quelque 100 000 vins y sont aujourd’hui repris, venant de 65.000 contributeurs.

Entreprise Globale a rencontré Marc Roisin lors de l’édition 2009 de Plugg. Vinogusto faisait partie des 20 start-ups sélectionnées pour participer au Plugg Start-ups Rally.

« Dans les grandes entreprises, ce n’est pas parce qu’une décision est bonne qu’elle est mise en oeuvre »

« Dans une grande structure il est compliqué de mettre en œuvre une décision, même si elle est excellente. Les conflits internes, le calcul politique… tout cela fait partie d’une série de facteurs qui peuvent étouffer des bonnes initiatives ». Voilà de bonnes raisons pour se diriger vers une structure à taille humaine, estime Marc Roisin.

« Travailler dans une petite structure présente de multiples avantages. Les personnes qui y travaillent sont souvent les fondateurs ou les partenaires. Tout le monde à intérêt à reconnaitre ses erreurs le plus vite possible, ce qui de facto permet d’apporter des corrections plus rapides et au final un meilleur produit. L’entrepreneur s’est tout de suite plu dans cet univers très réactif « plus besoin d’écrire 500 pages avant de lancer le moindre projet, on griffonne sur un bout de papier l’idée à mettre en place et c’est parti ».

Aller à l’essentiel, de ne pas perdre du temps dans des fioritures, passer rapidement du concept à la mise en œuvre, voila qui  convient enfin à notre passionné de vin.

Vinogusto: un demi million de visiteurs par mois. Voici pourquoi.

Attirer des utilisateurs sur Vinogusto est essentiel, car ce sont eux qui vont noter les vins. Le site se décline en cinq langues. « France, Espagne, Benelux…: Nous sommes désormais leader en Europe, dans le domaine du vin. Nos principaux concurrents, eux, sont aux Etats-Unis ou en Nouvelle-Zélande ».

Pour atteindre 500 000 personnes visiteurs par  mois (en un an et demi), quelques inconditionnels :

  1. Soigner la simplicité d’utilisation. La plateforme doit pouvoir être utilisée et comprise par tous.
  2. Faire attention à son « référencement« , c’est à dire au fait d’ être visible par les moteurs de recherche comme Google.
  3. Mettre en ligne soi-même du contenu et de l’information utiles pour les internautes. Une partie de ces 100.000 références de vin reprises sur le site ont été encodées manuellement.

Un autre élément clé pour Marc Roisin consiste à suivre les besoins des utilisateurs et évoluer eux. Vinogusto adapte ainsi sa carte ou son contenu en fonction des périodes de l’année (été, fêtes…). Le site est également partenaire d’un réseau de gîtes ruraux pour préparer un voyage viticole (Toprural.com « prête » ainsi 15 000 descriptions de gîtes ruraux).

« Dans l’internet social,  les contributions des internautes ne suffisent pas: il faut produire sois-même du contenu »

« Réécrire Facebook n’a aucun sens » déclare Marc Roisin.  « Pour réussir dans le « Web 2.0″ ou « l’Internet social » , il est important de se focaliser sur la réponse d’un besoin. Dans la cas de Vinogusto, il s’agissait de répondre à deux questions: Quels vins acheter?  Où les acheter? »

Pour Vinogusto, l’aspect social et les contributions volontaires ne sont en quelque sorte que des produits annexes. « Si j’avais dû attendre uniquement l’apport de contributions volontaires, dans 10 ans la plateforme n’aurait pas encore son niveau de contenu actuel » explique Marc Roisin.

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