L’ADN des PME est naturellement porté sur l’innovation


Le flot des licenciements en Europe et aux Etats-Unis féconde en ce moment des destins inattendus d’entrepreneurs. Dans sa dernière édition, le magazine Business Week évoque, par exemple, le cas de Brent, un chimiste de 38 ans remercié lors de la fermeture d’une usine du groupe pharmaceutique Pfizer. Brent a racheté une partie de l’équipement de son ancienne usine. Il a lancé, avec quelques collègues, son propre laboratoire, lequel offre aujourd’hui ses services pour des producteurs de médicaments mais aussi des représentants de l’industrie alimentaire.

Des dizaines de milliers de petites et moyennes entreprises (PME) pourraient bien jaillir de la crise économique. Tel sera au moins un aspect positif, s’il en faut un, de la récession mondiale (que confirme désormais le FMI). Car ce qui s’avère un désastre économique laisse entrevoir quelques alléchantes promesses en matière d’innovation. Et donc, à moyen terme, de création de richesses nouvelles.

Les PME ont l’innovation inscrite dans leur ADN, souligne ce rapport Intuit Future of Small Business, de mars 2009. Elles sont, en général, réactives. C’est une question de survie. Elles s’adaptent mieux au changement. Même si elle n’en ont pas toujours conscience.

« Dans les grandes structures, le terme innovation fait souvent référence au laboratoire. Aux parcs scientifiques, aux équipes de recherche universitaire et à des budgets pharaoniques. Dans les PME, la réalité de l’innovation diffère. Pour ces dernières, le laboratoire, c’est souvent le marché. Les employés, les directeurs sont tous des spécialistes de l’innovation, car les ressources sont rares ».

Intuit repère trois grands moteurs d’innovation dans les PME:

  1. La nécessité : les PME opèrent dans un marché mouvant et concurrentiel. Les pressions pour réduire les prix et les coûts sont constantes, alors que les ressources en temps et en argent sont limitées. Pas le choix: il faut améliorer les processus et accepter la logique du changement.
  2. Les opportunités: les PME sont constament à la recherche de nouveaux pistes pour générer des revenus, économiser du temps, améliorer les processus et créer plus de valeur pour leurs clients. Elles saisissent donc toutes les opportunités qui se présentent. Comme elles sont naturellement plus proches de leurs clients, comme les actionnaires sont souvent impliqués dans les décisions, les PME sont mieux placées pour ne pas manquer les occasions qui se présentent.
  3. L’inégnuité: plus surprenant, ce troisième point. Ici, Intuit se raccroche au commentaire de Guy Kawasaki, célèbre auteur et spécialiste américain de l’entreprise et des communautés. Selon ce dernier, « si vous voulez vous montrer innovant, construisez quelque chose dont vous avez besoin ou que vous avez envie d’utiliser. De nombreuses petites affaires démarrent à partir d’un souhait exprimé pour quelque chose qui n’existe pas encore. Dans le cas où ce besoin est partagé par des millions d’individus, la filière peut dans ce cas devenir une histoire à succès. La boisson énergisante Gatorade, par exemple, a été au départ conçue pour réhydrater les joueurs de football américain. On connaît son succès foudroyant, ensuite, dans le monde. De même, eBay avait été pensé à la base seulement pour faire un peu d’argent en vendant les vieux restes de grenier. Gatorade comme eBay sont nés d’une besoin individuel qui, en fait, a recontré un champ beaucoup plus vaste d’utilisations.

Pour Intuit, les PME ont par ailleurs l’avantage d’agir de façon créative et proactive. Elles réagissent à une modification de l’environnement, à une nouvelle exigence… Mais elles ajoutent parfois, souvent, quelque chose en plus, que simplement rajouter une goutte d’huile dans l’engrenage. Elles hésitent moins à repenser leur business de fond en comble. Elles sont débarrassée des murailles qui enferment nombre de grandes entreprises et les isolent des murmures du marché. Elle ne pâtissent pas du phénomène de silos qui limite les échanges d’information et favorise la concurrence interne. C’est plutôt l’instinct de survie qui guide les PME et les rend génétiquement innovante.

Leur problème: elle ne le font pas assez savoir.

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