Michel Tombroff (Softkinetic): « Comme chez Google, la majorité de nos innovations sont le fruit d’initiatives individuelles »
Qui n’a jamais rêvé de pouvoir contrôler ce qui se passe sur un écran uniquement à l’aide de ses mains? La société Softkinetic, basée à Bruxelles, l’a fait (voir video ci-dessous). Le système de reconnaissance visuelle de mouvement fut l’une des découvertes du récent Consumer Electronic Show (CES) à Las Vegas, l’un des plus grands rendez-vous mondiaux pour les professionnels de l’électronique grand public.
L’entreprise belge s’est retrouvée sixième du classement des meilleures innovations présentées au salon, établi par l’influent magazine Venturebeat .
Les scouts des grands noms de l’industrie ont vite repéré le système de reconnaissance de mouvements à l’aide de caméras 3D venu de Bruxelles. Soktkinetic compte parmi ses clients des acteurs majeurs comme Electronic Arts. L’ascension fulgurante de la start-up bruxelloise doit beaucoup à la tenacité de ses fondateurs. Mais aussi à un modèle d’organisation ouvert, très stimulant pour l’innovation, inspiré notamment de Google.
Jean-Yves Huwart a rencontré Michel Tombroff, CEO de Softkinetic. Celui-ci lui explique la manière particulière dont la société fonctionne afin de générer efficacement de l’innovation et acquérir une capacité à conquérir des marchés très divers.
« Comme chez Google (principe des 10-20%), dans notre PME, la grande majorité des innovations viennent d’initiatives personnelles des employés »
« Nous nous sommes inspirés du modèle de Google. Nous laissons du temps libre à nos employés pour explorer les choses dont ils ont envie. Ces expérimentations, ces explorations sont aujourd’hui à l’origine de la majorité des innovations que nous produisons. En particulier toutes les petites améliorations qui, mises ensemble, font souvent la différence » déclare Michel Tombroff. Pour rappel, Google accorde environ 20% de temps à ces employés pour innover dans ce qu’ils veulent. Vingt pour-cent du temps de travail, sans doute est-ce un peu lourd à supporter pour une PME. Le principe consistant à laisser les salariés de se consacrer à des activités ou des sujets qui ne sont pas directement liés à leur travail n’en demeure pas moins un puissant moteur créatif. Les idées foisonnent et enrichissent les projets en cours.
Pratiquement, Softkinetic recourt à une méthodologie particulière baptisée Scrum. Il s’agit d‘organiser les équipes autour d’un but à atteindre en 3 ou 4 semaines. Une fois le but atteint s’en suit une période de réflexion et de remise en question. Un outil informatique permet de suivre l’évolution de chacun sans devoir être trop directif. « Cette méthode nous permet d’allier la créativité et la rigueur de l’engineering » affirme Michel Tombroff.
« Revenir à un modèle classique d’organisation ne fonctionnerait pas en terme d’innovation »
« La richesse de notre entreprise vient du fait que tout le monde participe à tout » fait savoir le patron de la PME bruxelloise. Ce brassage crée une émulation positive pour l’entreprise ». Pour Michel Tombroff, le succès découle de la combinaison de deux facteurs. D’une part, laisser les gens s’exprimer et créer au sein de l’entreprise. D’autre part, avoir la rigueur de transformer cette créativité en innovation exploitable.
« Nous innovons avec nos partenariat avec nos clients. Prudemment, mais en confiance »
Sofkinetic est présente sur des marchés assez diversifiés: le jeu vidéo, le fitness, la télévision et le marketing interactif. Ce grand écart est nécessaire, car il évite toute dépendance vis-à-vis d’un seul secteur. Afin de répondre à ce large spectre de demande avec une technologie aussi pointue, la société noue des partenariats aussi bien avec ses fournisseurs qu’avec ses clients. La PME a par exemple des liens très fort avec les fabricants de caméras 3D (en Israel, aux Etats-Unis, etc.). Les caméras 3D sont une pièce essentielle du système développé par Softkinetc. « Nous essayons d’entrer dans une relation de partenaire avec nos clients » explique Michel Tombroff. Cela oblige à dévoiler une partie de nos innovation. Pas tout. Nous sommes prudets. Mais cette stratégie de partage s’est avérée payante.
[dailymotion:http://www.dailymotion.com/video/x8ps87_softkinetic-3_news]
Entreprise Globale a rencontré Michel Tromboff lors de la Conférence Creawal de Liège, le 3 mars 2009.
2 réactions à “Michel Tombroff (Softkinetic): « Comme chez Google, la majorité de nos innovations sont le fruit d’initiatives individuelles »”
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[...] que le métier de base. Une autre manière d’envisager l’entreprise est possible Softkinetic, Netlash, Beebole et bien d’autre l’on [...]
Sur ce point «un modèle classique d’organisation ne fonctionnerait pas en terme d’innovation » je partage totalement ton avis, Michel !