Collaborer en entreprise, c’est bien. Encore faut-il collaborer efficacement !


morten-hansenMorten Hansen, professeur en entrepreneuriat à l’INSEAD, étudie depuis quinze ans le sujet de la collaboration en entreprise. « Nous n’avons pas besoin de plus de collaboration. Ce dont nous manquons, ce sont des manières  plus efficaces de collaborer« . Oui, il faut plus de collaboration entre individus et entre départements. Il faut moins de silos. Le chemin de la collaboration, toutefois, comporte aussi quelques pièges, explique le professeur dans son dernier livre « Collaboration: How Leaders Avoid the Traps, Create Unity, and Reap Big Results ». Dans une interview sur le site d’Insead, Morten Hansen revient sur les principaux enseignements de son ouvrage.

1- Pas de collaboration efficace sans une culture d’entreprise préparée à la collaboration

Prenons l’exemple du groupe janponais Sony. En 2003, exposée au succès de l’ipod/itunes store, la marque tenta une réaction en lançant, dans le cadre d’un programme ambitieux, plusieurs départements aux trousses d’Apple.  Problème: la culture d’entreprise interne privilégiait la compétition entre les acteurs.  Or, relever un tel défi, nécessitait une collaboration de tous. L’environnement n’était pas préparé à ce mode de travail. Sony échoua dans sa tentative de présenter une réponse opportune  à Apple. Pourtant, estime Morten Hansen, « Sony avait toutes les pièces : ils avaient le département musique, le département électronique, une division logiciel, ils avaient des biens de grande consommation et ils fournissaient même la batterie de l’Ipod d’origine. Ils avaient donc tous les composants « . Déduction: la collaboration requiert une culture d’entreprise adéquate.

2- Trop de collaboration tue la collaboration

« Des managers et des leaders lancent parfois d’ambitieux programmes de collaboration, poursuit Morten Hansen. Les premiers succès apparaissent assez vite. Les gens commencent à se parler, à s’organiser en réseaux. In fine, néanmoins, quelques fois,  le résultat final s’avère médiocre« . D’après l’auteur , une organisation collaborative à l’extrême ne donne plus l’opportunité aux personnes de travailler seul. Or, certains projets sont plus efficaces s’ils sont réalisés en solo.  L’on peut penser au design, qui est souvent le fait d’une personne de talent et rarement le résultat d’un travail de groupe (Ndlr: comme chez BMW Group Designworks à Los Angeles, lire ici)

3- Eviter de surestimer le pouvoir de la collaboration

La collaboration en soi n’apporte pas de valeur. Un mauvais projet restera un mauvais projet. Même s’il est très bien réalisé avec une collaboration très efficace, au final, sa valeur restera médiocre. Tel est le troisième piège soulevé Morten Hansen: un environnement collaboratif ne doit pas faire oublier la nécessité d’une sélection rigoureuse des projets dans lesquels investir.

Trois recommandations pratiques pour une collaboration efficace dans l’entreprise

  • 1 – Sélectionnez avec attention les projets qui vont nécessiter une collaboration.
  • 2 -Identifiez les barrières qui peuvent compromettre la collaboration. Ces dernières sont spécifiques à chaque entreprise (sa culture, sa structure, etc.)
  • 3-Intervenez sur chacune de ces barrières. Pas de manière uniforme, mais en trouvant une solution sur mesure pour chacune d’elle. Sans quoi le projet sera voué à l’échec. Comme l’a montré l’exemple de Sony

2 réactions à “Collaborer en entreprise, c’est bien. Encore faut-il collaborer efficacement !”

  1. Aymeric Vincent » Les relations humaines Management » Ensemble le 18 août 2009 à 19:27

    [...] Lire le billet Partager cet article: [...]

  2. Jean Lefebvre le 14 janvier 2015 à 17:08

    Un milieu sain et productif requiert une collaboration à toute épreuve. Les valeurs de l’organisation doivent être alignées sur les gestes de collaboration. Exemple une communication franche et authentique. Cependant au début de l’implantation d’une culture de collaboration, je suggère une approche technique pour lancer plus rapidement l’approche et la culture. Il s’agit de collaboration fonctionnelle ajoutée aux activités du processus . À savoir:pour chacune des activités plus à risques et cruciales d’un processus relever les éléments de collaborations et manquants. Les nommer et les communiquer. Il faudra poursuivre l’implantation de la culture pour dépasser l’aspect technique et ainsi atteindre un plateau gagnant gagnant dans l’organisation ou la collaboration apporte à chacun des bienfaits.

Une opinion à exprimer?