Hal Varian (chef économiste Google): « L’heure est venue des micromultinationales »

19 juin 2009

Une entreprise comme Google a-t-elle besoin d’un économiste en chef ? Sans aucun doute, estime la firme de Mountain View. Par son étendue, son impact sur les nouvelles formes de communication, Google change les règles du jeu et les rapports de force économique. Avec son système de mise aux enchères AdWords (ces liens publicitaires qui apparaissent à côté des recherches Google et qui sont à l’origine de la fortune du groupe), Google aurait recréé une forme de marché quasi parfait. On ne pensait cela possible que dans les livres de théorie économique. Dans un long article que lui consacre au mois de juin le magazine Wired, Hal Varian, l’économiste en chef de Google expliquait ce principe.

L’ère des micromultinationales

Pour Hal Varian, aussi professeur à l’Université de Berkeley, la période actuelle est extraordinaire pour d’autres raisons également. « Nous passons à l’ére des micromultinationales, explique-t-il. Je reçois aujourd’hui des étudiants qui me présentent des projets d’étude en collaboration avec des amis à Mumbai, Anvers, Singapour, San Francisco… Ils communiquent directement pas messagerie instantanées, par documents partagés (wiki),… Nous sommes entrés dans une ère où les moyens de communication sont devenus tellement bon marché que n’importe qui peut s’organiser à travers le monde pour lancer une activité économique. Nous sommes passé à l’ére des micromultinationales« .

Voici dix ans à peine, ce genre d’organisation transnationale n’était envisageable que pour les très grandes entreprises. « Le coût des communications téléphoniques, les frais de transfert de données, sous oublier les vols transcontinentaux, nécessaires alors car il n’y avait pas d’autre moyen souvent de faire des réunions à plusieurs… Tout cela n’était à la portée que des grandes entreprises. Tout a changé avec l’effondrement de ces coûts. Désormais, les nouvelles compagnies, les startups, les PME, peuvent démarrer digitale et internationale dès le premier jour. Il s’agit d’une chance inouïe« .

Un nouveau champ de créativité à explorer

Pour le chef économiste de Google, les observateurs ne reconnaissent pas encore suffisamment l’impact que ces bouleversements engendreront également sur le plan de la créativité. Pourquoi un impact sur la créativité ? « Parce que grâce à ce bouillonnement de nouveaux échanges d’information, de communication, nous allons pouvoir multiplier les expérimentations de façon exponentielle. Tout un nouveau champ s’ouvre ».

La démocratisation totale des moyens de communication, l’explosion du volume  d’information disponible – et son organisation, bien sûr, par Google – ne manquent pas de rappeler les responsables du moteur de recherche – auront un impact aussi important, estime Hal Varian, que l’introduction de la chaîne d’assemblage dans l’industrie, voici un siècle. « On optimise ainsi les flux d’information et d’idées pour l’économie de la connaissance. A l’instar de l’optimisation, jadis, du flux de production de biens physiques, dans l’industrie, d’Henry Ford à aujourd’hui.

Interview vidéo de Hal Varian, réalisée au Lisbon Council, Bruxelles (slides de la présentation sur le site du Lisbon Council)

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Commentaires

4 réactions à “Hal Varian (chef économiste Google): « L’heure est venue des micromultinationales »”

  1. Nicolas Gal le 19 juin 2009 à 22:53

    Quand j’étais étudiant, on faisait beaucoup de reproches à l’analyse microéconomique, trop normative et éloignée de la réalité disait-on. Aujourd’hui sonne la revanche de cette fabuleuse discipline, où les concepts et théories prennent toutes leurs places et dimensions dans notre monde numérique. Pas étonnant que Google ait pris le meilleur dans cette discipline.
    Merci pour ce très bel article.

  2. jyhuwart le 20 juin 2009 à 8:24

    Merci Nicolas. Et je partage votre point de vue sur l’analyse micro, ainsi que la nécessité en ces temps mouvants d’une approche plus empirique de la science économique.

  3. Petite explication sur ma baisse de production de billets • Michelle Blanc, M.Sc. commerce électronique. Marketing Internet, consultante, conférencière et auteure le 22 juin 2009 à 23:09

    [...] (terme appris aujourd’hui dans le billet : Hal Varian (chef économiste Google): “L’heure est venue des micromultinationales” d’entrepriseglobale.biz) d’une personne. Je suis cependant très active encore sur Twitter et [...]

  4. Ne m’appelez pas PME mais PM-M (petite ou moyenne multinationale) : Entreprise Globale le 9 septembre 2009 à 21:12

    [...] Au Québec, des opérateurs, comme le groupe Secor, travaillent sur le concept de « petite et moyenne multinationale » ou PM-M. Comment, s’interrogent-ils, se placer en tant que PME dans un état d’esprit semblable à celui d’un très grand groupe international ? (D’autres, comme récemment Hal Varian, chef économiste de Google, sur ce site, parlent dans le même esprit de la notion de micro-multinationales). [...]

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