Le métier de recruteur rendu obsolète par les réseaux sociaux ?
Les réseaux sociaux auront-ils raison du métier de recruteur ?
L’expérience ci-dessous, rapportée par le site TechCrunch Europe, laisse la question en suspens. Elle concerne Tom Allason, un serial entrepreneur britannique, récent fondateur d’une startup baptisée Shutl).
« Les frais de recrutement de directeurs senior étaient gigantesques »
Comme pour beaucoup d’entreprises, recruter du personnel senior qualifié était coûteux et pénible, se souvient Tim Allason, qui dirigeait alors eCourrier, une société de mailing occupant 250 personnes. « Les frais d’annonces étaient disproportionnés. Pour engager un directeur financier, il fallait débourser 25.000 livres sterling a des chasseurs de tête spécialisés. Le double pour engager un CEO ».
Cela, sans garantie de résultat. L’annonce de vacance dans un grand journal financier a ramené de nombreuses candidatures. Peu étaient pertinentes. Trois lunchs avec les trois candidats finaux n’ont pas suffi à trouver la perle rare.
Certains processus classiques de recrutement semblent atteindre aujourd’hui leurs limites. Nous en avions déjà parlé ici. D’autres formes créatives de recrutement apparaissent également sur la Toile (voir le Belge Xpertize) Mais revenons à Tom Allason.
Remplacer les agences de recrutement par les réseaux sociaux
Se rappelant de ces difficultés passées, l’entrepreneur a choisi de procéder autrement. Il s’est servi des réseaux sociaux pour trouver les dirigeants de sa nouvelle startup.
Coût pour recruter un directeur technique ? 20 livres sterling à peine, soit le prix d’une annonce sur TechCrunch Europe Crunchboard, un site de publication de vacances dans les métiers informatiques.
Comment ? Allason a d’abord publié un lien vers l’annonce sur plusieurs de ses réseaux sociaux: Facebook, LinkedIn, Plaxo, Twitter. Il s’est également inscrit dans une série de groupes appropriés sur LinkedIn et a envoyé un email à une liste d’entrepreneurs de sa connaissance. Résultat: 260 candidatures. En général, des gens motivés.
Après un savant filtrage, restait une sélection d’une douzaine de CV. « Nous avons pu vérifier les références, entre autres, grâce à LinkedIn, relève-t-il. La short-list était excellente »
Finalement, le patron de Shutl a recruté un ancien ami d’université… qui avait vu l’annonce relayée sur LinkedIn.
Les recruteurs rendus obsolètes par les réseaux sociaux ?
Ces pérégrinations d’un entrepreneur britannique sont un signal d’alarme pour l’industrie des recruteurs : ces derniers risquent d’être fortement secoués par la tempête des réseaux sociaux, comme les courtiers immobiliers sonnés par les sites de petites annonces immobilières en ligne.
On peut parier que les agences de recrutement devront modifier leur approche et leur mode de fonctionnement, dans les années à venir. Plutôt que de se faire des ennemis des réseaux sociaux, elles pourront, par exemple, guider les entreprises à naviguer sur le nouvel internet social.
« A la limite, conclut Tom Allason, j’aurais même pu m’éviter la peine de publier une annonce sur un site internet. J’aurais pu utiliser uniquement les réseaux sociaux et économiser ainsi 20 £. Mais ce lien a au moins servi de point d’accroche pour formaliser un peu les choses ».
13 réactions à “Le métier de recruteur rendu obsolète par les réseaux sociaux ?”
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Article très intéressant ! Mais pas besoin de traverser la manche pour trouver ce type d’approche puisque nous avons créé Webtalent, spécialiste du recrutement par les réseaux sociaux !
Nous avons compris que les blogs et les réseaux sont devenus incontournables dans les stratégies des entreprises et au niveau du recrutement!
Si vous souhaitez en parler avec moi, je serais ravie de vous présenter cette nouvelle start-up montante!
Ombeline,
http://www.viadeo.com/fr/profile/ombeline.aymer
Merci Ombeline. Je note avec plaisir l’existence d’une initiative comme Webtalent. Vous serez cependant d’accord avec moi, je pense, pour dire que les entreprises ont encore du chemin à faire pour reconnaître l’efficacité des nouveaux modes de mise en relation entre employeurs et futurs employés sur le Net.
Entre-temps, les habitudes ont la vie dure….
Le secteur du recrutement est loin d’être le secteur le plus dynamique par rapport aux évolutions technologiques…
Malgré tout, Webtalent est une approche plutôt bien accueillie en entreprise leur permettant d’utiliser les réseaux sans avoir à les maîtriser!
Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter au sujet de Paris 2.0, le 1er colloque qui aborde l’impact du 2.0 sur l’organisation des entreprises :
http://www.amiando.com/strategies20aparis.html?page=302799
4 contributions sont attendues vis à vis d’un cabinet de recrutement :
1) aider à préciser le besoin et le profil qui y répondra
2) sourcer une short list pertinente de manière confidentielle
3) aider à choisir le/la meilleur(e)
4) aider à le/la convaincre pour qu’il signe
Les réseaux sociaux impactent (de manière importante) la seconde contribution pas ou peu les autres.
Sauf si l’entreprise-cliente n’a pas besoin des autres contributions, la justification des cabinets de recrutement comme intermédiaire est toujours valide… par contre les réseaux sociaux peuvent être un avantage compétitif.
Encore que on constate que trop souvent des cabinets de recrutement se contentent de « sourcer du CV »… alors dans ce cas c’est une autre histoire de leur « valeur ajoutée » … il en va de même des CVthèques des jobboards…
Je ne crois pas que les réseaux sociaux vont tuer le métier de recruteurs à part ceux qui n’apprendront pas à s’en servir. Car le recrutement ce n’est pas seulement trouver des candidats, c’est aussi les évaluer par rapport à un contexte.
Chez Altaïde nous avons créer le recrutement 2.0 en France, et avec 5 ans de recul et de pratique intensive on constate aujourd’hui que nos clients viennent vers nous pour plusieurs raisons :
- notre maitrise des outils de réseaux sociaux (trucs, astuces, recettes de buzz,…)
- la taille de notre réseau mais surtout la qualité de celui-ci : près de 5000 inscrits au blog Altaide, près de 4000 contacts sur LinkedIn, 2300 sur facebook, plus de 2500 followers sur Twitter nous permettent d’animer une véritable communauté et d’y avoir des relais forts
- notre présence dans les événements de la communauté : rencontrer les gens de visu, ne pas se contenter du virtuel
- et enfin ils viennent pour notre connaissance de leurs métiers
Donc, le métier de recruteur demain se rapprochera de celui d’un Community Manager pour la partie recherche de candidats, mais aussi et toujours un métier d’évaluateur basé sur la connaissance des entreprises et l’expérience du consultant.
Bon, je viens de voir que globalement David a dit la même chose que moi en même temps.
[...] un billet publié aujourd’hui sur le portail du Think Tank Entreprise Globale “Le métier de recruteur rendu obsolète par les réseaux sociaux ?” , c’est ce qu’affirme Tim Allason, Entrepreneur Britanique qui en a fait [...]
@Aymer Ombeline Merci. Je participe à un panel lors de Paris 2.0
@David de Talenpower et Jacques Froissant
Nous sommes d’accord, je pense, pour dire que dans un monde de mises en relation virtuelles, la valeur est dans le conseil. L’exemple de Shutl concernait des fonctions de dirigeants. Pour des fonctions de cadres, la direction n’aurait sans doute pu se permettre une procédure aussi « intuitive ».
J’ai néanmoins l’impression que, de part votre usage actif des réseaux sociaux, vous constituez encore des exceptions dans ce secteur. D’autres acteurs demeurent dans une logique d’approche de masse, très loin du community management.
Mais peut-être est-ce que je me trompe et que le marché est bien plus en avance que ce que l’on voit ?
[...] Le métier de recruteur rendu obsolète par les réseaux sociaux ? : Entreprise Globale [...]
effectivement on peut observer que la (grande) majorité des recruteurs n’a pas changé son ADN pour le mettre à l’heure du 2.0.
Toutefois ils sont assez nombreux à l’utiliser en surface grâce aux offres packagées Recruteurs d’un Linkedin ou d’un Viadeo…. dans ce cas on est loin d’un community management.
Bonne accroche dans le titre et démo intéressante mais rapporter le coût du recrutement à 20£ c’est tout de même aller un peu vite…
Comment évaluer le coût du temps passé sur les réseaux ?
Comment évaluer le coût du temps d’apprentissage et de connaissance du fonctionnement des réseaux ?
Comme le dit David « la (grande) majorité des recruteurs n’a pas changé son ADN pour le mettre à l’heure du 2.0″ et ils sont peu à savoir se servir des réseaux, ni même à en comprendre la portée éventuelle.
Et comme le souligne Jacques avant de pouvoir efficacement se servir d’un réseau il faut qu’il soit un minimum construit (5 ans de recul, des milliers de contacts « animés »…)
Je crois davantage que les réseaux vont changer la façon de travailler des recruteurs (s’ils veulent toujours l’être) que rendre obsolète leur métier, et que de nouveaux outils « facilitateurs » pourront les y aider.
Les réseaux sociaux ont fait comprendre aux recrutés qu’il fallait donner des infos fraiches et mises à jour pour faciliter leur recrutement.
Alors qu’avant nous étions dans une course à l’info, info que les sociétés in fine payaient très cher, on va certainement assister aujourd’hui à une course à la qualité et au réseau réel.
Sur le marché freelance, les mauvais recruteurs risquent de disparaitre mais je pense que les très bons vont s’arracher … en gros, la qualité risque presque de coûter encore plus cher qu’avant. Mais ce n’est que mon avis!
Et dernier point, aujourd’hui les candidats donnent beaucoup d’eux-même, le marché ne va t’il pas aussi dépendre de leur comportement face aux réseaux et au cloisonnement de l’info? Florent Daversin
Freelance Business Club
Le réseau social des experts freelances en informatique
http://www.freelancebusinessclub.com
http://blog.freelancebusinessclub.com
@sophiead L’exemple de Shutl touche à des fonctions de cadre dirigeants dans une structure embryonnaire, encore. La définition du rôle et des qualités requises est sans doute très intuitive encore pour le fondateur. Sans doute aurait-il fallu plus de préparation dans une structure de plus grande taille pour des fonctions plus pointues ou opérationnelles.
@Freelance Business Club Effectivement: Nous entrons dans une ère d’abondance de l’info. Les millions de profils seront consultables en ligne. Mais cela ne signifie pas que la gestion du recrutement sera nécessairement plus simple… D’autres métiers devront apparaître, basés sur l’intelligence, l’écoute et le relationnel. Les premiers pénalisés seront sans doute les vendeurs de masse et de profils prêt-à-porter.