Les institutions européennes sortiront-elles de leur hermétisme grâce au web 2.0 ?
28 octobre 2009
Une métaphore particulièrement cruelle, car juste, comparaît récemment Bruxelles, siège des institutions européennes, à une pizza Calzone, cette pizza qui se referme sur elle-même et qui garde ses saveurs pour elle… (voir le billet de Lobbyplanet à ce suje).
Dans la capitale de l’Europe, l’information circule souvent en vase clos. Aujourd’hui, avec l’émergence des nouveaux outils de communication en ligne (2.0), les opérateurs de l’Europe se voient toutefois offrir une chance de s’adresser directement aux citoyens européens, de nouer des relations directes, de sortir de la citadelle bruxelloise.
Bruxelles osera-t-elle franchir le pas ? Les institutions européennes parviendront-elles à sortir de leur tour capitonnée en s’aventurant sur les (dangereuses…) terres du web participatif ? 
Beaucoup en doute.
Mais quelques initiatives informelles alimentent en ce moment l’espoir de voir les institutions européennes montrer un peu de leur garniture ailleurs que dans les cénacles bruxellois.
L’OpenBeer 2.0 fait partie de ces dernières, explique Macarena Rodriguez.
Journaliste et blogueuse émérite, spécialisée dans les matières européennes, Macarena Rodriguez a été élue meilleur blog européen de langue espagnole (La Oreja de Europa).
Nous reprenons ci-dessous, avec son autorisation, son billet traduit de l’espagnol, au sujet des expériences européennes menées en matière de communication 2.0 (blogs, réseaux sociaux et autres…):
Open beer 2.0
L’Open beer 2.0 est une initiative individuelle de quelques fonctionnaires des institutions européennes épaulés par quelques acteurs du secteur privés. Leur but : rendre l’Union européenne plus démocratique et transparente. Ce genre d’événement aurait sans doute été impensable voici quelques années.
La seule condition pour participer à l’Open beer 2.0: être membre actif d’un réseau social, alimenter un blogue ou utiliser d’une manière ou d’une autre les web 2.0… et avoir l’intention d’utiliser cette technologie pour rendre l’UE plus proche des citoyens.
Conseil, Commission et Parlement sur Twitter
Les institutions européennes ont commencé un « coming out 2.0″, il est vrai.
Il y a quelques mois, nous avions évoqué le fait que la Présidence du Conseil européen, la Suède jusqu’en Janvier, utilisait Twitter pour communiquer avec les citoyens.
Dans la foulée, la Commission européenne, elle, a ouvert plusieurs profils sur Twitter.
Le Parlement européen, lui, gère non moins de… 22 comptes Twitter, un par langue officielle de l’Union, et qui a lancé une récente campagne de communication sur Facebook.
Une mayonnaise longue à prendre, néanmoins…
Nonobstant ces premiers pas, reconnaissons que la sauce 2.0 n’a pas encore totalement pris au niveau des responsables européens.
Seuls quelques députés européens alimentent régulièrement un blog ou animent leur fil Twitter. 
Les fonctionnaires de la Commission européen sont peu nombreux à oser s’exprimer sur les réseaux sociaux.
Des pionniers pour ouvrir la voie de la communication 2.0 à la mode UE
Certains regrettent (ici et ici, par exemple) cette frilosité. Pour ouvrir, la voie, ils ont choisi de donner de la voix sur Twitter. Sans se cacher.
Certes, certaines craintes s’expriment liée au fait de s’exposer ainsi au grand jour. La première est d’être plus facilement l’objet des «lobbies » en tous genre. Sujet sensible, à Bruxelles, s’il en est. Aujourd’hui, les outils 2.0 sont toutefois le seul moyen, et une opportunité unique, de rapprocher l’Union européenne des citoyens en s’adressant directement à eux, estiment les initiateurs de l’Open Beer 2.0.
Après avoir assisté à ce grand événement, nous ne pouvons qu’encourager les fonctionnaires et les députés à « connecter les gens» à travers les réseaux sociaux.
Macarena Rodriguez (adapté en français pas Jean-Yves Huwart)
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