Des concurrents chinois fabriquent le même produit que moi ? Et alors…
30 novembre 2009
La société Option, un fabricant de clés mobiles 3G pour ordinateurs portables basé à Louvain, appartient une race de PME insubmersibles. Depuis sa création, l’entreprise a connue de multiples crises, dans un secteur très concurrentiel. Elle s’est réinventée quasi à autant de reprises. La recette : une grande ouverture d’esprit et une capacité à nouer les accords pertinents avec quelques grands noms de la place mondiale.
Aujourd’hui, ce sont les fabricants chinois d’équipement télécoms qui rendent la vie dure à la firme de Louvain... Option en a vu d’autres.
Option, ressuscitée tant de fois…
Pour la petite histoire, voici une vingtaine d’années, il avait pris à cette entreprise basée à Leuven de fabriquer des modems pour ordinateurs portables. Profitant d’une opportunité dans le marché, Jan Callewaert, le patron et fondateur de l’entreprise, s’était ensuite glissé sur le segment des cartes GSM.
Quelques dangereux creux passés, Jan Callewaert a ensuite signé des transactions magnifiques avec de grands opérateurs mobiles internationaux (Vodafone, BT, T-Mobile…).
La société, dont les analystes doutaient de la durabilité douze mois auparavant, a vu son chiffre d’affaires décupler en l’espace de quelques années. En 2007, les revenus ont atteint les 300 millions d’euros en 2007 (pour 2,4 millions de cartes vendues).
Si une information stratégique vous échappe, l’important est, quand vous en prenez conscience, de pouvoir prendre le virage à 180° qui s’impose…
Option a commis et commet des erreurs, reconnaît son fondateur.

Clé Huawei 3G
Récemment, Jan Callewaert n’a pas vu venir, par exemple, le succès des clés « USB » 3G. Option restait attaché aux anciennes formes de clés.
« Or, aujourd’hui, les utilisateurs veulent utiliser un connecteur universel USB pour ce type d’équipement, pas un autre format propre », indique le fondateur d’Option.
Des concurrents chinois tels que le groupe Huawei, eux, ont vu venir l’émergence d’une demande dans ce domaine plus vite que la société de Louvain.
En quelques mois, Huawei et d’autres ont ainsi enlevé de grosses parts de marché à Option.
Cette erreur, sans doute due à un manque d’attention à l’égard de changements dans l’usage quotidien des utilisateurs d’ordinateurs portables – autrement dit à une démarche de veille trop restrictive – la société louvaniste l’a compensée en étant capable de prendre rapidement une autre direction. Une question d’état d’esprit.
Personnalisation et design pour se distinguer des offres de gros chinoises
Concurrence chinoise oblige, la firme de Louvain explore aussi, aujourd’hui, le terrain du design et du graphisme pour se différencier, un univers jusque là inconnu d’elle…
« Avant, nous vendions des produits standardisés, explique Jan Callewaert. Des opérateurs télécoms achetaient des volumes de cartes PC avec modules. Certes, le logo changeait, selon l’opérateur. Mais il n’y avait pas d’autre distinction. Désormais, nous permettons à chacun de créer des habillages différents. L’intégration d’une démarche design et personnalisable nous permet de nous distinguer par rapport à des concurrents chinois qui misent surtout sur la compétitivité des prix. »
Tout pour se différencier de la concurrence chinoise
Au début de l’année 2009, l’entreprise a connu un fort recul de son chiffre d’affaires, dû au manque d’anticipation évoqué plus haut. Après presque trois trimestres, Jan Callewaert semble avoir remis l’entreprise sur le bon axe. Les analystes boursiers apprécient, en tout cas.
Outre le fait de permettre une plus grande personnalisation graphique et design des clés, Option va se focaliser, maintenant, davantage sur le développement logiciel.
Le logiciel est un domaine sur lequel la concurrence chinoise est moins féroce.
Ce revirement, en outre, s’accompagne d’un autre partenariat innovant avec la société Moto, un équipementier électronique travaillant notamment sur une plate-forme adaptée à système opérationnel pour mobile Androïd, soutenu par Google.
Un autre virage pour Option, qui ne sait pas encore quel sera le suivant, mais qui s’y prépare d’ores et déjà…

Paul Krugman: A quoi ressemblera la mondialisation après la crise ?
27 novembre 2009
Faut-il présenter Paul Krugman ?
Cet économiste, spécialiste des échanges internationaux, a reçu en 2008 le prix Nobel d’économie. Il est en outre l’un des éditorialistes les plus célèbres du quotidien américain New York Times.
Dans cette interview vidéo accordée à Entreprise Globale, Paul Krugman laisse entendre que le processus de globalisation de l’économie ne devrait pas être trop affecté par la crise financière.
« Nous verrons peut-être quelques restrictions sur les flux de capitaux. Mais cela devrait demeurer relativement contenu. Les contours de la mondialisation devraient demeurer plus ou moins identiques à ce que l’on a connu avant la crise », dit-il.
Qu’en est-il du rôle des petites et moyennes entreprises, dans cette économie mondialisée ? Voit-il ces dernière prendre une part grandissante du gâteau global ?
« La part de l’emploi total généré par les multinationales est en régression. Le glissement n’est toutefois pas encore radical. Certes, il est facile aujourd’hui, pour une entreprise de 25 personnes, d’assurer une présence à la fois aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie. C’était beaucoup moins faisable voici vingt ans. Donc, oui, les gros prendront moins de place dans l’économie mondiale. Mais non, les gros ne vont pas disparaître« , explique Paul Krugman.
Depuis de nombreuses années, ce démocrate américain défend l’apport économique de la globalisation, notamment pour un certain nombre de pays en développement et de pays émergents. Cela dit, depuis quelques temps, Paul Krugman reconnaît aussi l’influence néfaste de la mondialisation sur un certain nombre de points. Le premier est celui de l’augmentation des inégalités. Pouvons-nous résoudre ce déséquilibre ?
« Oui, grâce à un meilleur filet de sécurité sociale, une couverture de soins de santé, etc. C’est pour cela que le débat actuel sur la couverture universelle est si importante aux Etats-Unis »
Paul Krugman: A quoi ressemblera la mondialisation après la crise ?
27 novembre 2009
« Les bonnes idées sont comme les produits frais: il faut les mettre rapidement sur le marché » Yves Jongen, co-fondateur de IBA
25 novembre 2009
Pourquoi il n’existe pas (encore) de blogosphère européenne
24 novembre 2009
Connaissez-vous Guido Fawkes’s blog ? Lisez-vous régulièrement Netzwertig.com ? Ou Narvic.fr ? Non ?
Ces différents blogs sont pourtant très visités dans leurs pays repectifs, à savoir, dans l’ordre, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France.
Il semble qu’une véritable blogosphère européenne soit encore loin de nous. Celui qui la verra n’est peut être pas encore né, même si d’aucuns en ont déjà tenté une cartographie de celle-ci. 
Nicole Simon, blogueuse européenne, et exception dans la blogosphere
Nicole Simon vient d’Allemagne. Elle est blogueuse et connue dans pas mal de recoins de la Toile en Europe. Elle écrit en anglais.
« Je ne suis pas nécessairement représentative de la blogosphère allemande, dit Nicole Simon. Mais peut-être me connaissez-vous parce que je m’exprime à l’adresse d’une audience internationale, dans la lingua franca de l’internet qu’est l’anglais. Pour le reste, en Europe, les blogueurs restent, pour la plupart, très hésitants dans leur rapport avec l’international. Même si certains sont capables d’écrire correctement dans la langue de Shakespeare, ils se satisfont de toucher leur audience nationale, dans leur propre langue ». Et cela ne semble pas près de changer.
Nicole Simon prenait la parole, en compagnie d’autres blogueurs européens à l’occasion de l’EventoBlog 2009, dans la ville de Seville, l’un des plus grands événements d’Europe consacrés à l’internet participatif et autres déclinaisons du web 2.0. Nous y avons enregistré cette interview :
Il faut plus que des concours européens de blogging
Les gentilles initiatives, comme le concours européen de blogging, soutenu par la Commission européennes, sont sympathiques. Mais elles restent assez artificielles. Elles ne suffiront en tout cas pas à créer sur le Net de véritables conversations transeuropéennes, spontanées et durables.
« Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas, ou qu’il n’y aura pas, de blogosphère en Europe, poursuit Nicole Simon. Certaines communautés de passionnés (musique, timbres, jeux…) sont très actives d’un point de vue national et échangent avec leurs homologues dans les autres pays. Mais ces derniers restent entre eux, le plus souvent« .
Pour l’heure, aucune figure jouissant d’une vraie visibilité européenne n’émerge vraiment sur la Toile. Seule l’apparition de telles figures pourra, peut-on penser, assurer, un jour, la naissance d’une véritable blogosphère européenne. Cela,… et la montée en puissance de thèmes de préoccupation communs.
Pourquoi nous ne voyons pas (encore) émerger une véritable blogosphère européenne (Nicole Simon)
24 novembre 2009
« Ne m’appelez plus social media expert… C’est devenu un gros mot ! »
20 novembre 2009
J’assistais hier à un événement organisé par l’association du marketing direct BDMA, à Malines, en compagnie de Clo Willaerts et de Tamara Gielen.
Clo et Tamara sont des actives depuis longtemps dans l’univers du web 2.0. Elles en ont fait leur activité professionnelle. Pourtant, plus question pour elles, aujourd’hui, d’encore utiliser l’appelation « expert en médias sociaux ».
« C’est devenu un gros mot, s’agacent-elles. Tout le monde, de nos jours, s’auto-intronise expert en médias sociaux. Certains racontent n’importe quoi. A la longue, les clients s’en méfient… «
Clo, elle, a décidé de ne plus utiliser le terme expert en médias sociaux.
« Je suis spécialiste en marketing sur internet, oui, dit cette dernière, qui a travaillé pour la communicaton web de la compagnie aérienne Virgin Express, le câblo-opérateur Telenet et, maintenant, l’éditeur de presse Sanoma. Mais je ne me qualifie pas de social media specialist. D’ailleurs, cela n’existe pas… »
Malcolm Gladwell : 10.000 heures de pratique avant de devenir vraiment un expert
Clo Willaerts fait référence aux théories de Malcolm Gladwell, l’un des penseurs les plus influents du moment, pour étayer son point de vue. Selon ce dernier, un expert ne peut s’affirmer réellement expert que s’il a presté dans la discipline qu’il exerce au moins 10.000 heures. Soit quasi dix ans de pratique.
« Regardez Jimmy Hendrix. Bien sûr, c’était un guitariste de génie. Mais il pratiquait des heures et des heures, sans arrêt, pour parvenir à ce niveau de virtuosité. Les Beatles également. Avant de faire la carrière que l’on connaît, ils avaient passé deux ans, tous les soirs, à jouer dans des clubs… »
« Si l’on applique cette théorie des 10.000 heures au domaine des médias sociaux, on peut simplement penser que le métier d’expert en médias sociaux n’existe pas, observe Clo Willaerts. Les médias sociaux sont trop neufs. Personne ne peut encore s’ériger en expert… »
Pour Clo Willaert, ce point de vue ne change rien à sa conviction que les médias sociaux sont un nouvel univers, dans lequel beaucoup d’actions efficaces sont à construire.
« Mais je suis d’abord une spécialiste d’internet et du marketing en ligne. C’est comme cela que je m’assume. Et ce qui est conforme à la réalité !‘
S’inspirer de Leonard de Vinci dans son approche à l’innovation
18 novembre 2009


