En route vers l’automobile open source


Elle ressemble à une voiture « victime » d’un club de tuning. Avec ses hautes roues, son arrière-train relevé, ses phares d’Honda Civic et son allure de buggy, le Rally Fighter ressemble à une voiture retapée à coups de pièces détachée. Il s’agit pourtant… d’un modèle original.

Le Rally Fighter est le résultat d’une première forme de développement partagé, open source. Il applique, dans le secteur automobile, le principe de l’open source qui, voici quinze ans, a bouleversé une bonne partie du modèle économique de l’informatique.

Faut-il rappeler le succès de Linux *?

Le crowdsourcing au service du développement automobile

A l’origine de cet étrange véhicule qu’est le Rally Fighter, une jeune société: Local Motors.

Depuis mars 2008, la firme gère un site sur lequel les designers peuvent soumettre leurs croquis et l’idée de la voiture de leurs rêves. La communauté peut voter pour les meilleures propositions. Local Motors laisse les participants décider, appliquant ainsi les principes du crowdsourcing (littéralement: innovation par la foule).

Un peu plus de un an plus tard, Local Motors recenserait 4.000 contributeurs, répartis dans une centaine de pays.

Le marché automobile et la « longue traîne »

Le Rally Fighter est le premier véhicule mis en production. Local Motors mise pour la fabrication sur un réseau de micro-usines.

A ce stade, le Rally Fighter a été l’objet de 23 commandes. Rien d’impressionnant, sans doute. Mais outre le crowdsourcing, Local Motors joue en fait aussi sur le potentiel de la « longue traîne » (long tail). Soit cette idée que le marché de masse se rétrécit au profit du développement d’une multitude de micro-marchés de niche.

Local Motors, avoue-t-il, ne veut d’ailleurs pas concurrencer les constructeurs traditionnels. Au contraire, la firme entend collaborer avec ces derniers pour leur permettre de rencontrer des demandes beaucoup plus spécifiques, sur de très petits volumes, lesquelles sont insensibles aux produits standardisés des grandes marques.

Society for sustainable mobility (SSM), autre développement automobile open source

L’automobile open source, ou en crowdsourcing, est-elle un phénomène marginal ? Peut-être.

Mais d’autre modèle de développement similaire apparaissent dans le paysage. Ainsi, l’initiative sans but lucratif Society for a Sustainable Mobility (SSM) met en relation plusieurs centaines d’ingénieurs. Ils collaborent dans le but de mettre au point un véhicule tout-terrain électrique.

Les plans, là aussi, seront vendus à un constructeur.

Si l’automobile suit le modèle de l’informatique, l’approche open source devra bientôt y être prise très au sérieux.

* Pour mémoire, des informaticiens éloignés de milliers de kilomètres se sont coordonnés, dès le début des années 90s, pour développer et programmer de nouvelles applications IT, que d’aucuns se sont ensuite arrachés.

Une réaction à “En route vers l’automobile open source”

  1. Culturemobile le 12 décembre 2009 à 19:53

    D’autres projets de voitures « open source » et écologiques sont en projets !
    http://blog.culturemobile.net/index.php/2009/11/16/297-voiture-open-ecologique-mio-cmmn-rally

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