L’effet papillon de Twitter : Présentez votre projet dans un auditoire à Bruxelles, retrouvez-vous le lendemain sur la chaîne américaine Fox News

15 décembre 2009

Voici une nouvelle version de l’effet papillon, appliquée à Twitter.

Un jour, vous présentez votre projet dans un auditoire de Bruxelles, devant un public de 200 à 250 personnes, gravitant dans l’univers des entrepreneurs du web. Cinq ou six participants évoquent votre prototype sur le réseau social Twitter. Environ 24 heures plus tard, on parle de vous sur l’un des plus grands réseaux TV des Etats-Unis et sur les  médias américains en ligne les plus influents. En d’autres mots, votre produit devient mondialement célèbre…

C’est à peu de choses près ce que viennent d’expérimenter un groupe d’étudiants de l’Université d’Hasselt, en Belgique, et leur professeur. Twoddler, le prototype qu’ils ont développé, pour s’amuser au départ, est devenue du jour au lendemain, de façon inattendue, une curiosité internationale.

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Un battement d’ailes à Bruxelles…

Twoddler consiste à raccorder un tableau de jeu Fisher Price pour les bambins avec un compte Twitter (voir vidéo ci-dessous). Quand un petit enfant appuie sur un bouton ou tourne un miroir, il envoie simultanément un message ad hoc sous forme de « tweet » à ses parents (« tu me manques »,  » je m’amuse », etc.). Aussi simple que cela.

Twoddler a été présenté le 2 décembre dernier à Bruxelles, à l’occasion d’une réunion mensuelle du Beta Group, une association informelle d’entreprenautes. Une poignée de startups, parmi lesquelles Twoddler, décrivent leur projet pendant quelques minutes devant le public de 200 à 250 personnes, regroupées dans un auditoire de l’Université Libre de Bruxelles.

Ce soir là, cinq ou six membres de l’assistance seulement ont publié des messages sur Twitter. Quelques uns de ces « tweets », néanmoins, évoquaient Twoddler… (voir le screenshot ci-dessous).

Il n’en fallait pas plus.

… peut déclencher, le lendemain, un flot d’articles dans les plus grands médias américains, et au-delà

Pendant les 24 heures qui ont suivi la soirée, rien ne s’est passé. Le 4 décembre, toutefois, Twoddler a brusquement inondé le flux des messages sur Twitter. Mashable, un prestigieux site d’information américain spécialisé dans le secteur de l’internet, a écrit un billet intitulé « The Baby Toy that Twitters« . Du jour au lendemain, Twoddler est devenu une curiosité mondiale …

Nous avons demandé à Adam Ostrow, le rédacteur en chef de Mashable et l’auteur de l’article, comment il avait eu connaissance du « jouet pour bébé qui twitte »:

« I think a reader just submitted a link to us and we thought it was neat, so we wrote about it :)  » nous a répondu Adam Ostrow.

« Nous n’avons rien fait de spécial, à part parler devant le Béta Group, face à un public belge… C’est cela le pouvoir de Twitter ! »

Le mot était donné. Les jours suivants, les sites d’information et les médias les plus respectés se sont arrêtés sur Twoddler, aux Etats-Unis et au-delà : CNET Asia, Wired, Engadget, GeekSugar.com, Torronto Start, Geek.com, momlogic.com, slipperybrick.com, voxy.co.nz, etc…

L’audience cumulée de ces médias dépasse largement les 10 millions de personnes… Pas mal sachant que l’étincelle n’est venu que d’une brève présentation de trois minutes dans une capitale européenne de taille moyenne…

Kris Luyten, le professeur de l’université de Hasselt qui supervise le projet Twoddler project, en est encore renversé :

Nous n’avons pris contact avec personne, si ce n’est notre apparition au Béta Group, d’où tout semble parti… On peut supposer que le déclencheur est venu des quelques messages sur Twitter des membres du Béta Group et des billets éventuels sur d’autres sites… :-)

La combinaison de Twitter et d’un jouet pour tout petits enfants a visiblement éveiller l’attention des gens. L’idée à donc fait le reste et alimenter cette incroyable campagne virale involontaire… C’est sans doute la magie de Twitter :-)

En tout cas, mes étudiants se sont bien amusés. Nous ne nous étions jamais attendu à cela :-)
L’aventure de Twoddler illustre au moins une chose : dans la nouvelle époque qui s’ouvre, aucune frontière ni aucun seuil de taille minimale n’empêche une bonne idée et un projet intéressant d’être visible, de se faire connaître, voire de susciter l’engouement…

Commentaires

6 réactions à “L’effet papillon de Twitter : Présentez votre projet dans un auditoire à Bruxelles, retrouvez-vous le lendemain sur la chaîne américaine Fox News”

  1. jyhuwart le 15 décembre 2009 à 11:02
  2. Francois T le 16 décembre 2009 à 12:02

    Merci pour cette histoire passionnante!

    Le problème n’est-il pas que le soufflé retombe à la même vitesse qu’il est monté, au gré des buzz successifs qui ne manqueront pas de succéder à celui-ci?

    Alors, Twitter et ce genre d’outils relèvent-ils de l’immanence la plus totale, de moment présent (sans plus), ou permettent-ils d’identifier des tendances durables, des créneaux porteurs et des segments de marché significatifs?

  3. jyhuwart le 17 décembre 2009 à 14:34

    Bien sûr, si c’est pour laisser passer un momentum pareil sans le valoriser ensuite, cela n’aura pas servi à grand chose.
    L’attention sera retombée et la chance ne se présentera plus.
    Combien sont-ils, toutefois, à pouvoir profiter d’une telle renommée subite ?
    Si les créateurs de Twoddler ont besoin de fonds, ils peuvent aujourd’hui aller voir qui ils veulent. S’ils cherchent un fabricant intéressé par le prototype, les chances sont grandes, à la lumière de l’engouement suscité, que celui-ci leur ouvrira les portes pour au moins les écouter.
    C’est peut-être une leçon aussi de cet épisode : il faut être capable de capitaliser sur celui-ci et de transformer l’essai. Pour Twoddler, il est toujours temps.

  4. Brainsfeed - Intelligence Stratégique et Veille le 18 décembre 2009 à 14:59

    (Réflexion) > Pourquoi nos PME ne seraient-elles pas être à l’affut de ce qui se passe derrière l’horizon?…

    Les dirigeants de PME que nous rencontrons ont parfois des difficultés à imaginer l’intérêt pour eux et leur entreprise de se mettre à l’affut de ce qui se passe derrière l’horizon. Peut-être n’ont-ils pas peur de l’avenir, peut être n’imaginen…

  5. Nicolas Gal le 20 décembre 2009 à 17:55

    Morale de Twitter : “il vaut mieux tester devant un bêta group que grouper des bêtas pour faire un test”
    Sinon, comme toujours, excellent article.

  6. jyhuwart le 21 décembre 2009 à 15:05

    :-) Merci Nicolas

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