Le Brésil ou quand les BRIC’s se mettent aussi à l’intelligence stratégique
1 février 2010
Voici quatre ans, les géologues brésiliens découvraient, dans les profondeurs de l’Atlantique, le plus grand gisement d’or noir exhumé depuis très longtemps.
Le champ sous-marin de Campos, au large de Rio de Janeiro, fera bientôt du Brésil l’un des plus importants exportateurs de pétrole de la planète. Le pays boxera dans la même catégorie que le Canada ou le Nigeria.
Petrobras, la compagnie nationale brésilienne, qui exploitera la zone, a fait l’objet d’un rally boursier peu commun. Valorisée à 220 milliards de dollars, le groupe figure désormais dans le top dix des plus grandes capitalisations boursières du monde.
Convoitise, curiosité et espionnage
Petrobras est l’un de ces acteurs venus des BRIC (le quatuor formé de la Chine, du Brésil, de l’Inde et de la Russie) qui pourrait battre la mesure de l’économie mondiale au cours de la prochaine décennie.
Tant de puissance émergente suscite bien sûr la convoitise. Les BRIC sont à leur tour la cible des barbouzes de l’espionnage industriel.
Début 2008, une affaire de vol de données stratégiques a défrayé la chronique à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Recife.
Les informations stockées dans des ordinateurs portables revenant des champs d’exploration offshore ont été dérobées au port.
Très vite, les autorités brésiliennes ont soupçonné la firme américain Halliburton (une vieille connaissance de l’ancien vice-président Dick cheney) responsable du transport des données. Finalement, les coupables étaient ailleurs. Mais l’épisode a éveillé les consciences au Brésil sur la nécessité de protéger ce capital national.
Les multinationales du Brésil à l’heure de l’intelligence stratégique
Le constat ne vaut pas que pour Petrobras. Les multinationales brésiliennes sont chaque année plus nombreuses dans le palmarès des plus grandes entreprises du globe.
Vale, Embraer, Votorantim ou le belgo-brésilien AB Inbev, dévoreur de Budweiser, la plus célèbre marque de bière aux Etats-Unis, gagnent des parts de marché en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord, dans des secteurs divers (aéronautique, agro-alimentaire, industrie,…)
La modernisation de l’économie brésilienne appelle donc logiquement la même phase de professionnalisation des pratiques de gestion qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Cette étape passe notamment par l’apprentissage de nouvelles pratiques de réseau et d’intelligence stratégique.
Comme l’indique la présentation reprise ci-dessous, les universités brésiliennes mettent en place de nouveaux cursus d’apprentissage pour les managers locaux.
Au menu de ces dernières : optimiser les investissements en R&D; accroître la valeur ajoutée des produits de base; encore créer des ressources globales d’information pour pousser les entreprises brésiliennes à s’étendre mondialement, etc…
Veille participative
Le Brésil, ajoute Frédéric Donier, l’auteur de la présentation ci-dessous, teste également de nouvelle forme collective de veille participative.
Chaque département de l’entreprise désigne des traqueurs d’information et de signaux faibles. L’information stratégique est drainée vers un pilote qui synthétise celle-ci au niveau de l’entreprise.
Oui, ce genre de pratique s’insinue dans la culture managériale du Brésil.
Ainsi, non seulement, le pays gagne ses galons de membre du gotha des plus grandes puissances économiques mondiales. Mais les entreprises brésiliennes adoptent aussi, peu à peu, l’arsenal des pratiques managériales ouvertes du 21ème siècle. D’aucuns parlent de management 2.0.
Dans ce domaine, les Brésiliens ne semblent pas en retard. Autant le savoir…
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