Opera: « Appareils photo, frigos, alarmes… constitueront, demain, une des bases du web »


Jon von Tetzchner est le CEO et co-fondateur de Opera, l’un des cinq grands navigateurs internet aujourd’hui disponibles sur le marché mondial, sur les traces des Firefox (open source), Internet Explorer (Microsoft), Chrome (Google) ou Safari (Apple).

Opera, basé en Norvège, est devenue une petite multinationale qui occupe 700 personnes dans le monde, pour 55 nationalités représentées. L’entreprise a vu ses frontière géographique disparaître. Mais elle promeut également une forme d’univers agnostique pour ses produits.  Opera se veut un navigateur opérationnel sur n’importe quel type d’apparail aujourd’hui, ou demain, connecté au réseau. A savoir : des ordinateurs, des téléphones portables, les liseuses électroniques, les décodeurs digitaux, les téléviseurs, les appareils photos, caméra, ou encore… des frigos, des GPS ou des chaudières…

Le cloud ou les bouleversements de l’informatique distribuée

« Le cloud computing est un mouvement naturel, relève Jon von Tetzchner. Les systèmes opérationnels, tels que Windows, auront dans l’avenir de moins en moins d’important. Les applications et les contenus ne seront plus hébergés dans un ordinateur ou sur un serveur en particulier, mais sur des milliers de serveurs connectés à travers le monde, selon des algorithmes intelligents »

Le patron de Opera voit toutefois plus loin. Selon lui, le concept de cloud computing ne va pas assez loin, car l’évolution ira jusqu’à intégrer n’importe quel objet.

« Prenez un appareil photo numérique, poursuit-il. La plupart de vos photos restent en général logées dans la carte mémoire de l’appareil. Cela prend du temps de prendre un câble, de le raccorder à un ordinateur, de transférer les données puis de partager l’ensemble avec ses amis. Il en serait tout autrement si vous pouviez demain donner accès à vos amis directement à la mémoire de votre appareil photo. Ce dernier serait directement relié au Net, grâce à une adresse IP propre et un clé autorisant l’accès aux personnes que vous souhaiter.

Le développeur norvégien y voit l’avenir et, bien sûr, son avenir.

Tout est permis par l’open data

Ce nouvel univers ne serait pas possible sans le soutien grandissant de l’open data : mes données sont librement exploitables et pas fermées dans un environnement défini.

De ce point de vue, Opera rappelle ses racines européennes.

« L’Europe a toujours joué un grand rôle pour évoluer vers ce principe de la standardisation, note Jon von Tetzchner. Souvenez vous de la norme GSM, poussée par l’industrie européenne. Les pays émergents joueront un plus grand rôle dans l’avenir, en termes d’innovation de services et de business modèles. Seule 17% de la population en Asie est aujourd’hui en ligne. Le potentiel de croissance est encore énorme pour les années à venir. Le futur viendra aussi de là… »

Une opinion à exprimer?