Dans le secteur automobile, l’innovation passe de plus en plus par les startups

31 mai 2010

Voici quelques années, les innovations venaient des constructeurs automobiles eux-mêmes.

Daimler Benz, General Motors, PSA, Ford, Mitsubishi… Tous dépensent encore des sommes considérables en recherche et développement.

Il semble pourtant que les véritables innovations de ruptures ne viennent plus aujourd’hui des grands noms du secteur.

Imperia

Les constructeurs automobiles ont perdu le monopole de l’innovation

Les groupes automobiles traditionnels ont perdu leur monopole de l’innovation, en particulier, dans le domaine des véhicules électriques.

« A force de miser en permanence, voire uniquement, sur la réduction des coûts de production, les rachats et les consolidations d’entreprises, les constructeurs ont un peu perdu le sens de l’innovation« , pense Yves Toussaint, l’administrateur délégué de Green Propulsion, une spinoff de l’université de Liège spécialisé dans les motorisations électriques.

A l’instar de secteurs très réactifs comme ceux l’industrie du web ou celle des biotechnologies, dans l’automobile, les innovations de ruptures semblent désormais venir de startups.

Des startups développent aujourd’hui des véhicules complets

Ainsi, Green Propulsion proposera l’Imperia, dans le courant de l’année 2011 (voir photo ci-dessus). Il s’agit d’un petit coupé sport dit « plug-in hybride« , utilisant une motorisation mixte électrique (avec rechargement, entre autre, sur le réseau électrique) et thermique. A peine 50g d’émissions de CO2.

Développement, assemblage, design,… La startup liégeoise maîtrise le processus quasiment de A à Z .

L’Imperia n’est pas une exception dans ce paysage en recomposition du secteur de l’automobile.

D’autres exemples…

Coda, une société californienne, s’apprête à commercialiser également un véhicule électrique familial. La société, partenaire du fabricant de batteries chinois Tiajin Lishen, aurait déjà reçu des commandes en provenance de l’Etat de Californie.

Citons encore la Think, une autre voiture électrique pour l’utilisation urbaine, conçue par une société norvégienne.

Ou encore la BO, dessinée par le designer italien Pininfarina et fabriquée par le groupe français Bolloré.

Tenir à l’oeil les startups

Certes, certains grands groupes ont été à l’origine de grandes innovations ces dernières années. Le Japonais Toyota, avec la Prius et son moteur hybride, énorme succès commercial aux Etats-Unis, notamment, entre dans cette catégorie.

Même Toyota, néanmoins, s’appuie aujourd’hui sur les startups, semble-t-il, pour gagner du temps en matière d’innovation.

Le champion de la voiture hybride vient d’annoncer un rapprochement avec Tesla, une jeune société californienne qui a mis au point un roadster électrique désormais commercialisé auprès d’une clientèle (très) branchée.

Tesla bénéficiera d’un accès au carnet d’adresses de fournisseurs de Toyota. Ce dernier apportera sans doute également sa force commerciale, son réseau de distribution, son savoir-faire en matière de production…

Encore une fois,  les idées neuves et les sursauts technologiques ne sont toutefois plus l’apanage des seuls géant de l’automobile planétaire.

De petits acteurs inconnus peuvent surgir demain avec une révolution en main.

Autant le savoir et guetter de ce côté…

« Si j’ai un millier d’idées parmi lesquelles une seule est réellement bonne, je suis satisfait » Alfred Nobel

31 mai 2010

« Comment notre startup a distribué 1,8 million de jeux sur l’iPhone »

28 mai 2010

Fishing Cactus: « Comment notre jeu a été téléchargé 1,8 million de fois sur iPhone »

27 mai 2010

Ils ne sont qu’une petite quinzaine de salariés chez Fishing Cactus.

Cette startup montoise active dans le développement de jeux vidéos n’en est pas moins l’auteure d‘un hit mondial.

Son jeu phare, Shift, a été téléchargée rien moins que 1,8 million de fois sur la plate-forme AppStore, le magasin des applications en ligne de l’iPhone.

Favori aussi de Samsung

Sitôt a-t-elle creusé son trou sur la plate-forme de la firme à la pomme, la plus populaire du moment, que Fishing Cactus s’est attaquée à un autre géant  du mobile : Samsung

Fishing Cactus a séduit le géant sud-coréen de l’électronique, deuxième producteur mondial de téléphones portables.

Le constructeur asiatique a récemment mis la dernière main à Bada, sa propre plate-forme de distribution d’applications sur le mobile, équivalente à l’AppStore de Apple.

« Et sur trente jeux sélectionnés par la plate-forme Bada, cinq ont été développés par nous !!« , se félicite Bruno Urbain, co-fondateur de Fishing Cactus.

S’affranchir des éditeurs et des réseaux de distribution traditionnels

AppStore (Apple), Bada (Samsung), Ovi Store (Nokia), ou encore la communauté des développeurs sur la console de jeu XBox…

A travers ces plates-formes, les constructeurs électronique offrent désormais aux développeurs du monde entier la possibilité de toucher directement le client final. Tous créent des écosystèmes qui permettent aux producteurs de se passer des intermédiaires.

Une aubaine pour des acteurs comme Fishing Cactus.

Plus besoin de chaînes de grand-magasin,  de s’appeler Ubisoft, EA Sports ou autres pour toucher le grand public.

« Jadis, le marché du jeu vidéo reposait sur le triptyque développeur, éditeur, distributeur, explique Bruno Urbain. Aujourd’hui, la mise en place de plates-formes comme l’AppStore nous permet de nous passer du maillon que sont les distributeurs. Nous pouvons ainsi accroître notre part de revenus ».

Ces environnements offrent également une visibilité mondiale aux meilleures applications indépendantes.

« Grâce à ce modèle, nous pouvons cibler des marchés beaucoup plus vastes, poursuite Bruno Urbain. Shift, notamment, à été un gros succès en Asie. Si nous avons pu toucher ce marché, c’est grâce aux opportunités offertes par ce modèle« .

Un modèle freemium qui rapporte

Le modèle économique de Fishing Cactus repose, pour l’heure, sur une approche Freemium.

« Le jeu est téléchargeable gratuitement dans sa version de base. Ensuite, pour accéder à des niveaux de jeu supplémentaires, rajouter quelques éléments, comme des pièces des décors, de nouveaux personnes, le joueur déboursera quelques dollars », détaille Bruno Urbain.

Chez Fishing Cactus, environ 10% des personnes qui ont téléchargé le jeu ont acheté des éléments supplémentaires.

« Calculez: ce n’est pas si mal comme rentrées « , sourit le cofondateur de l’entreprise montoise.

Serious gaming ou la nouvelle génération de simulateurs

Désormais, Fishing Cactus ne se limite plus à l’univers du jeu de divertissement. La firme explore un nouveau segment dédié au monde professionnel : le « serious gaming ».

« En gros, il s’agit d’utiliser la technologie, les moteurs d’animation que nous employons pour le jeu vidéo ludique dans le cadre de simulateurs de fonctions réelles ».

Le producteur français de cosmétiques L’Oréal, par exemple, a mis au point un outil de simulation de coupe de cheveux.

Le potentiel de ce marché est ample. Selon une étude américaine, 40% des entreprises US estiment qu’elles pourraient utiliser un jour ou l’autre des applications de « serious gaming »

« Grâce aux technologies du gaming, un moteur 3D, etc. on peut évoluer vers de nouveaux mondes », souligne encore Bruno Urbain

Créer et entretenir un réseau

26 mai 2010

Après Wallonie 2.0, le plan Creative Wallonia

25 mai 2010

Avec Moboff, le Japon apprivoise à son tour le concept du coworking

23 mai 2010

« Dans quelques années, lorsque l’on parlera du prochain Google, nous serions heureux de pouvoir dire que leur aventure a commencé dans ces murs »

Nicolas Koreni est argentin. Voici huit ans, il s’est installé au Japon. Il gère aujourd’hui le projet Moboff (contraction de Mobile-Office), un réseau d’espaces de coworking dans le centre de Tokyo,au service des entrepreneurs et des télétravailleurs.

« Les entrepreneurs ont besoin d’un lieu de travail. Ici, on ne vient toutefois pas seulement pour travailler. On vient pour rencontrer des gens, nouer des connexions avec des personnes qui sont dans le même état d’esprit, qui partagent certaines valeurs, animés par la même passion », indique Nicolas Koreni.

« Reliés entre eux, les entrepreneurs peuvent s’entraider, mais aussi, surtout, développer mieux et plus rapidement leur nouvelle activité ».

Ainsi, dans un pays, le Japon, dont l’économie souffre du manque d’esprit d’entreprendre de sa population, l’apparition, même encore timide, d’espaces de coworking est la bienvenue.

Coworking soutenu dans le cadre d’un projet immobilier

Le projet Moboff couvre aujourd’hui cinq espaces différents au coeur du très populaire quartier de Shibuya, dans le centre de Tokyo.

Le premier centre de coworking a ouvert fin 2009. Il compte une trentaine de membres, à ce stade.

Deux autres espaces sont, eux, intégrés dans des exploitations horeca, que chacun d’entre eux prévoit notamment une prise de courant au pied de chaque table ainsi qu’une connexion WiFi à très haut-débit pour le meilleur confort possible des travailleurs mobiles et la santé de leurs batteries.

« Le principe: on s’abonne, on vient, on s’installe où on veut , on travaille et on s’insère dans la communauté »

Le modèle économique fonctionne comme celui d’un centre de fitness, détaille Nicolas Koreni.

« Les membres paient un abonnement mensuel. Ils viennent quand ils le souhaitent »

Parti d’une idée de projet immobilier

Derrière l’initiative Moboff : Design Works Project (DWP).

Ce groupe immobilier, spécialisée dans le design de bureaux, voyait d’abord dans le coworking une manière d’optimiser la gestion de l’espace foncier.

Progressivement, le groupe y a vu l’occasion d’agir sur la création de véritables communautés d’entrepreneurs, tout en offrant une solution aux société nécessitant de disposer occasionnellement d’un endroit dans les quartiers fréquentés de la ville mais qui ne peuvent, ou ne veulent, supporter le coût d’une location individuelle.

A présent, les jeunes créatifs, ouverts aux nouvelles technologies, sont la première cible de Moboff. Les travailleurs nomades, salariés de petites entreprises isolées en banlieue, en sont une autre.

« Le fait d’organiser régulièrement des rendez-vous et des rencontres thématiques est un ingrédient indispensable pour animer et développer la communauté autour des espaces de coworking, ajoute Nicolas Koreni. Avec les événements, nous exerçons pleinement notre rôle de facilitateur de rencontres« .

Le coworking, mouvement mondial

L’exemple de Moboff, au Japon, illustre la montée en puissance d’un mouvement à l’échelle mondiale.

Aux Etats-Unis, en Europe, en Asie, des espaces de coworking éclosent au coeur de certaines villes. Ils deviennent des points de ralliement pour les travailleurs indépendants et les entrepreneurs individuels au début de leur projet.

Les autorités commencent d’ailleurs à comprendre le potentiel du coworking, sur le plan macroéconomique même.

En Wallonie, par exemple, le gouvernement régional prévoit d’encourager l’apparition d’espaces de coworking dans un certain nombre de villes.

On le verra dans le plan Creative Wallonia, porté par le ministre de l’Economie Marcourt, qui doit être activé prochainement (voir présentation ci-dessous)

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