Avec Moboff, le Japon apprivoise à son tour le concept du coworking


« Dans quelques années, lorsque l’on parlera du prochain Google, nous serions heureux de pouvoir dire que leur aventure a commencé dans ces murs »

Nicolas Koreni est argentin. Voici huit ans, il s’est installé au Japon. Il gère aujourd’hui le projet Moboff (contraction de Mobile-Office), un réseau d’espaces de coworking dans le centre de Tokyo,au service des entrepreneurs et des télétravailleurs.

« Les entrepreneurs ont besoin d’un lieu de travail. Ici, on ne vient toutefois pas seulement pour travailler. On vient pour rencontrer des gens, nouer des connexions avec des personnes qui sont dans le même état d’esprit, qui partagent certaines valeurs, animés par la même passion », indique Nicolas Koreni.

« Reliés entre eux, les entrepreneurs peuvent s’entraider, mais aussi, surtout, développer mieux et plus rapidement leur nouvelle activité ».

Ainsi, dans un pays, le Japon, dont l’économie souffre du manque d’esprit d’entreprendre de sa population, l’apparition, même encore timide, d’espaces de coworking est la bienvenue.

Coworking soutenu dans le cadre d’un projet immobilier

Le projet Moboff couvre aujourd’hui cinq espaces différents au coeur du très populaire quartier de Shibuya, dans le centre de Tokyo.

Le premier centre de coworking a ouvert fin 2009. Il compte une trentaine de membres, à ce stade.

Deux autres espaces sont, eux, intégrés dans des exploitations horeca, que chacun d’entre eux prévoit notamment une prise de courant au pied de chaque table ainsi qu’une connexion WiFi à très haut-débit pour le meilleur confort possible des travailleurs mobiles et la santé de leurs batteries.

« Le principe: on s’abonne, on vient, on s’installe où on veut , on travaille et on s’insère dans la communauté »

Le modèle économique fonctionne comme celui d’un centre de fitness, détaille Nicolas Koreni.

« Les membres paient un abonnement mensuel. Ils viennent quand ils le souhaitent »

Parti d’une idée de projet immobilier

Derrière l’initiative Moboff : Design Works Project (DWP).

Ce groupe immobilier, spécialisée dans le design de bureaux, voyait d’abord dans le coworking une manière d’optimiser la gestion de l’espace foncier.

Progressivement, le groupe y a vu l’occasion d’agir sur la création de véritables communautés d’entrepreneurs, tout en offrant une solution aux société nécessitant de disposer occasionnellement d’un endroit dans les quartiers fréquentés de la ville mais qui ne peuvent, ou ne veulent, supporter le coût d’une location individuelle.

A présent, les jeunes créatifs, ouverts aux nouvelles technologies, sont la première cible de Moboff. Les travailleurs nomades, salariés de petites entreprises isolées en banlieue, en sont une autre.

« Le fait d’organiser régulièrement des rendez-vous et des rencontres thématiques est un ingrédient indispensable pour animer et développer la communauté autour des espaces de coworking, ajoute Nicolas Koreni. Avec les événements, nous exerçons pleinement notre rôle de facilitateur de rencontres« .

Le coworking, mouvement mondial

L’exemple de Moboff, au Japon, illustre la montée en puissance d’un mouvement à l’échelle mondiale.

Aux Etats-Unis, en Europe, en Asie, des espaces de coworking éclosent au coeur de certaines villes. Ils deviennent des points de ralliement pour les travailleurs indépendants et les entrepreneurs individuels au début de leur projet.

Les autorités commencent d’ailleurs à comprendre le potentiel du coworking, sur le plan macroéconomique même.

En Wallonie, par exemple, le gouvernement régional prévoit d’encourager l’apparition d’espaces de coworking dans un certain nombre de villes.

On le verra dans le plan Creative Wallonia, porté par le ministre de l’Economie Marcourt, qui doit être activé prochainement (voir présentation ci-dessous)

3 réactions à “Avec Moboff, le Japon apprivoise à son tour le concept du coworking”

  1. Thomas le 8 juin 2010 à 21:12

    Super Article !

    Très enthousiasmant d’observer la diffusion rapide du CoWorKinG !

    Bientôt un solide mouvement alternatif…

  2. jyhuwart le 9 juin 2010 à 10:01

    Absolument. Nous ne sommes qu’au début d’un phénomène à la fois local et international…

  3. Grasse se met au Centre de Coworking | Green Code le 28 janvier 2013 à 19:39

    [...] MobOff au Japon (Mobile-Office) [...]

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