Pourquoi les économies d’échelle compteront moins, demain, que la capacité à naviguer dans les réseaux virtuels


Au 20ème siècle, le succès économique est souvent né de la capacité qu’ont montré les entreprises à développer des économies d’échelle.

Pour gagner en efficacité, les industries ont augmenté leur taille, par rachat ou croissance interne. Pour continuer à piloter ces navires de plus en plus gros, le management s’est professionnalisé, avec une attention soutenue sur la mise en place de processus très contrôlés, des règles formelles ainsi qu’une culture du savoir.

En 2011, une grande partie de notre bien être économique et des emplois créés en Europe ou aux Etats-Unis dépendent encore de ce savoir-faire en matière d’organisation.

La maîtrise des processus demeure l’un des différenciateurs majeurs en termes de création de valeur dans le monde de l’entreprise. Même aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir les produits les plus inventifs. Il convient aussi de les produire et de les distribuer de façon efficace pour gagner sur le terrain économique.

Le meilleur produit ne suffit pas pour être le plus rentable…

Prenons l’exemple de BMW. Quelle marque automobile est-elle plus admirée dans le monde ?

Pourtant, malgré la popularité planétaire de ses modèles, le constructeur bavarois enregistre des marges bénéficiaires significativement inférieures à celles de ses deux grands concurrents Mercedes Benz et Audi.

A la différence de BMW, groupe indépendant, Mercedes et Audi profitent de l’effet de taille lié à leur appartenance à un conglomérat industriel plus vaste.

Audi réduit ses coûts grâce aux synergies réalisées au sein du groupe Volkswagen, tandis que le puissance d’achat de Daimler benz (aussi actifs dans la production de camions et l’aéronatique) permet également, entre autres choses, de réduire le prix des composants.

Dans ce cas, les économies d’échelle font la différence.

Reste que la recherche de la taille maximale se paie en général par un autre prix : rigidité des structures internes, communication interne limitée voire défaillante, opacité, jeux politiques, manque d’innovation et de soutien à la motivation des travailleurs.

Ces maux brident souvent le potentiel de réaction et d’innovation des grandes entreprises, un handicap qui peut se payer cher à l’heure où l’imprévisibilité devient la règle…

A l’aube de cette nouvelle décennie, le Graal serait de créer des entreprises aussi innovantes et agiles que des startups, tout en préservant l’avantage économique lié à la taille.

Danser au son de l’entreprise 2.0 sans sacrifier ses marges ?

Gageure ? Certes. Mais des pistes apparaissent.

L’entreprise 2.0 apparaît comme l’un des modèles d’entreprise d’avenir, qui permettrait de transformer les éléphants dodus en danseuses étoiles.

Comment éviter, cela dit, que la décentralisation, liée au modèle 2.0, n’entraîne une diminution substantielle des économies d’échelle et, dès lors, de la marge bénéficiaire des grandes entreprises ?

Dans cet excellent billet, Marc Buyens, consultant chez Xpragma, pensent que la question de ne doit plus être posée en ces termes… :

« Nous assisterons de toute façon, dans les années qui viennent, a l’érosion rapide de l’avantage procuré par les économies d’échelles au sein d’une même entreprise, affirme Marc Buyens. Demain, les économies d’échelles se feront par le biais du Net, du cloud, via des plates-formes spécialisées. Cela ne se produira par du jour au lendemain. Mais nous allons dans cette direction. »

Les entreprises se focaliseront davantage sur leur coeur d’activité. En même temps, elles seront au centre de réseaux beaucoup plus étendus.

« La pression concurrentielle amènera ces entreprises à chercher [sur la Toile] de nouveaux interlocuteurs et partenaires. Ils deviendront des nomades dans leurs écosystèmes économiques. Ils adapteront en permanence leur trajectoire au destinations nouvelles qui s’imposent [...] Les entreprises devront développer des compétences identiques pour trouver au dehors, sur le cloud, les profils et les opportunités de demain »

La capacité de naviguer sur les réseaux virtuels procurera l’avantage compétitif de demain

La capacité de se transformer en entreprise nomade numérique induit, cependant, pour les employés de pouvoir maîtriser totalement la navigation sur les réseaux virtuels.

Ainsi, les réseaux sociaux deviennent déjà des ressources économiques majeures.

Kripashankar Rajappa, vice-président de CapGemini Financial Services au niveau mondial, va jusqu’à dire qu’une partie de l’activité économiques va se transférer sur les réseaux sociaux. L’innovation, la gestion de clientèle ou les opérations se passeront, pour une part, sur ces plates-formes sociales…

« Twitter, Facebook ou LinkedIn joueront un rôle croissant, par exemple, dans l’analyse des profils de clients, prédit Rajappa, dans les colonnes du Times of India. L’activité sur ces derniers ne se limitera plus, demain, à de simples fonctions de clavardage (chat) ou à d’échange avec des amis. Pas plus qu’ils ne seront uniquement le terrain de récréation des recruteurs. Chaque industrie, chaque entreprise commencera sans doute, prochainement, à utiliser les réseaux sociaux pour amélioration l’efficacité de leur communication, accroître leur productivité, engager ou définir le profil de leurs futurs clients« 

Pour Rajappa, les banques et les institutions financières, par exemple, adapteront leurs modèles classiques d’évaluation de la solvabilité et du crédit de leurs clients pour tenir compte de cette évolution.

La qualité du réseau et le niveau d’implication dans les « hubs » virtuels entreront de plus en plus en ligne de compte pour estimer la qualité de ceux-ci.

On peut penser que la démarche s’appliquera autant pour les individus que pour les entreprises.

Une nouvelle économie prend forme…

NB : Pour améliorer votre capacité à naviguer sur les réseaux sociaux et le web en 2010 sur le plan international, vous pouvez vous procurer le livre ‘Utiliser internet pour vendre à l’étranger » http://www.amazon.fr/Utiliser-internet-vendre-l%C3%A9tranger-Jean-Yves/dp/2805200888/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1293461623&sr=8-1

2 réactions à “Pourquoi les économies d’échelle compteront moins, demain, que la capacité à naviguer dans les réseaux virtuels”

  1. fredericw le 30 décembre 2010 à 10:15

    Excellent billet!

  2. jyhuwart le 30 décembre 2010 à 12:06

    Merci cher ami :-)

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