Plus de collaboration, d’ouverture, de partage de données, un contexte approprié… = plus d’innovation


« En 2008, la FDA (l’agence fédérale américaine du médicament) n’a approuvé que 21 nouvelles molécules. Nous ne faisons pas mieux qu’il y a un demi-siècle… »

Les Etats-Unis, comme l’Europe ou le Japon, font aujourd’hui face à un grave problème d’inefficacité des processus d’innovation.

Si les investissements en R&D ne cessent de croître, les « délivrables », eux, ne suivent pas au même rythme. Et dans l’Union européenne, les performances sont encore moins bonne qu’ailleurs, révèle une récente étude de référence.

Le développement de nouvelles approches plus créatives et/ou efficace en matière d’innovation devient donc un enjeu d’avenir quel que soit le continent sous revue.

Mais comment faire ?

Mise en situation d’urgence dans le cadre d’une simulation

Aux Etats-Unis, la Myelien Repair Foundation a mis sur pied une expérience originale pour explorer de nouveaux modes de stimulation des processus classique d’innovation et lutter contre le problème d’inefficience dans le domaine médical.

La fondation a lancé un jeu d’anticipation, ouvert à tous.

Organisé au mois d’octobre 2010 et intitulé Breaktroughs for Cures, le jeu était basé sur la simulation une situation d’urgence collective, lors desquelles toutes les bonnes idées pour accélérer le processus d’innovation serait bienvenues.

Le scénario plaçait les participants en 2020. D’après le script, une grave maladie menacera alors un tiers de la population américaine.

« Le temps presse. Il n’y a que quelques mois pour développer un remède », déclare solennellement, le futur président des Etats-Unis dans une allocation télévisée fictive.

Selon le contexte du jeu, compte tenu de l’urgence, il faut contourner l’inertie du processus actuel d’innovation dans le secteur pharmaceutique. L’urgence incite dès lors à la créativité et à une sortir des modèles traditionnels pour atteindre l’objectif le plus vite possible : distribuer le médicament efficace en quelques mois à plus de 100 millions de personnes.

Des modèles évidents quand on sait regarder le système du dehors…

Quelque 400 participants (médecins, étudiants, patients…) ont soumis un total de 3.000 idées, via une plate-forme de crowdsourcing.

« En général, la population n’a aucune idée de la façon dont les processus de recherche se déroulent dans le monde médical, ni de pourquoi ils ne délivrent pas les traitements efficaces dont le public a besoin, explique l’un des initateurs de l’expérience au magazine FastCompany. L’un des intérêts de l’expérience était de montrer les limites du modèle classique. Elle visait aussi à démontrer que le fait de s’ouvrir à des idées de bon sens venant de l’extérieur pouvait améliorer la situation… »

L’une des raisons de la lenteur des processus de développement de médicament est liée au longues étapes de tests cliniques, ont appris les participants. Il faut des établissements ad hoc et des patients prêts à participer aux essais. Cette organisation, les phases de sélection et de recrutement sont très lourdes à gérer, d’autant que la densité de population ne permet pas toujours de travailler sur de grandes masses de population.

« Pourquoi, dans ces conditions, ne pas organiser un système de laboratoires mobiles pour les tests cliniques, associé à un système de consultation sur Skype des données recueillies automatiquement auprès des patients par des capteurs et du télé-monitoring ? », on proposé des participants.

Une telle proposition rompt avec le système très sophistiqué qui fonctionne aujourd’hui entre firmes pharmaceutiques et hôpitaux, lequel guide le développement de l’innovation pharmaceutique aujourd’hui. Mais ce qui peut paraître inconcevable ou iconoclaste pour un expert du sérail, paraît couler de source pour un individu extérieur doté d’une intelligence normale qui se contente de regarder les choses de façon détachée et rationnelle.

Plus de collaboration, d’ouverture, de partage de données… = plus d’innovation

Selon le rapport final publié au terme de l’expérience Breaktroughs for Cures, les problèmes principaux du système actuel d’innovation identifiés par les participants sont principalement dus au manque d’échange, d’ouverture, de confiance et de collaboration entre les parties prenantes du monde de l’industrie ou de la recherche.

Pour améliorer l’efficacité du modèle actuel il faut donc, suggèrent-ils, plus de transparence, de lieux d’échange et de collaboration…

Voici quelques pistes de solution envoyées sur la plate-forme :

  • la mise en place de « cartes de connaissance » ouverte
  • la mise sur pied d’incentives pour encourager les organismes à partager leurs données
  • la création de structures sans but lucratif qui seraient propriétaires de quelque brevets clés dont elles pourraient autoriser l’utilisation à des tiers dans le cadre du développement de remèdes universels ou stratégiques
  • créer des réseaux sociaux en ligne, transdisciplinaires
  • Encourager la transparence sur les recherches non-abouties et dédramatiser les échecs
  • etc.

Créer des espaces de contexte plus informel

Amusant, les participants au Breaktroughs for Cures ont également mentionné la nécessité de créer des espaces d’échange plus informels, physiques et virtuels, pour faciliter encore les échanges ainsi que le croisement des expériences diverses.

« Beaucoup de participants ont suggéré d’offrir aux chercheurs et innovateurs des opportunités de sortir de leur isolement en expérimentant des environnements plus conviviaux et moins formels, écrit la Fondation dans son rapport final. Ces environnements peuvent être des jeux de simulation ou un espace physique conçu pour encourager les échanges entre chercheurs/innovateurs issues de disciplines différentes ».

Le jeu et les espaces communs peuvent faciliter les interactions et le brainstorming dans des cadres moins oppressants, moins formel et donc plus ouvert.

Tout ceci rappelle un autre concept qui se développe aujourd’hui à grande vitesse : le coworking (dont nous avons déjà parlé sur Entreprise Globale).

Quoi qu’il en soit : ouverture, échange, innovation, collaboration, contexte (comme celui d’un jeu ou d’un espace de coworking)… Il semble que ces ingrédients tiendront une place élevée dans le cuisine des innovateurs de demain, qu’ils soient actifs dans le monde médical ou ailleurs…

Une réaction à “Plus de collaboration, d’ouverture, de partage de données, un contexte approprié… = plus d’innovation”

  1. Tweets that mention Plus de collaboration, d’ouverture, de partage de données, un contexte approprié… = plus d’innovation : Entreprise Globale -- Topsy.com le 9 février 2011 à 12:09

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