Comment Kraft embrasse l’open innovation


« Nous devons reconnaître que nous ne savons pas tout « , constatait en 2008 Nanako Mura, directeur associé du programme d’innovation ouverte (open innovation) du géant de l’agro-alimentaire Kraft Foods.

Trois ans plus tard, la firme américaine est plus que jamais en ligne avec cette affirmation.

L’open innovation est partie intégrante de la stratégie de croissance de Kraft Foods. En sortant l’innovation de ses seuls laboratoires, en impliquant des partenaires externes (fournisseurs, centres de recherche, université, clients, start-ups, dans certains cas les concurrents, etc…), le groupe accélère, estime-t-il, le développement de ses produits mais aussi le processus de mise sur le marché.

Voici quelques axes sur lesquels Kraft base aujourd’hui sa stratégie d’open innovation.

 

Innover avec les partenaires

« Nous savons que certains de nos fournisseurs ont une connaissance bien meilleure que nous des spécificité de certains marchés locaux. Nous nous mettons donc à l’écoute de ce qu’ils peuvent nous suggérer ».

La capacité d’innovation des fournisseurs est souvent déterminantes. Parfois, certaines équipes de Kraft proposent aux responsables des achats de tenir compte de certains fournisseurs potentiels car ces derniers maîtrisent une technologie unique qu’ils ont repérés.

Kraft disposent également de personnes chargées d’assurer la bonne circulation des informations au sujet de toutes les innovations en cours de développement au sein de l’organisation, sur le plan international.

Innovate with kraft : innovation avec la communauté des innovateurs et les clients

Voici quelques temps, le groupe américain a mis en ligne un site internet ouvert, Innovate with Kraft, sur lequel n’importe qui, client, chercheur, autre… peut proposer des idées relatives à d’éventuels nouveaux produits, de nouveaux ingrédients, de nouveaux processus ou de nouvelles solutions de conditionnement.

Selon Kraft, la plate-forme a permis de générer de nombreuses idées d’amélioration des emballages (en matière de dosage, de solution anti-microbienne, de gestion des taux d’humidité,…). L’emballage de biscuits refermable, par exemple, commercialisé par Kraft, est le fruit de l’une de ces contributions extérieures.

Les idées suggérées sur le site sont passées en revues par différentes équipes de cadres et de scientifiques. Après analyse (six à huit semaines), ces derniers donnent suite ou pas. Chaque contributeur reçoit une réponse.

Des dizaines de suggestions parviennent chaque mois à Kraft par le portail d’innovation ouverte.

Cadbury, aujourd’hui filiale confiserie de Kraft, a également mis en place sa propre plate-forme d’innovation ouverte en ligne : Collaboration Factory.

Accommoder  les nouvelles idées avec des innovations oubliées

Beaucoup d’innovations passées, développées dans l’entreprise, n’ont pas trouvé de débouché et d’exécution. Elles restent bloquées dans les tiroirs.

« Il ne faut pas les oublier, rappelle-t-on chez Kraft. Il faut les référencer et les archiver« .

Lors du développement d’un nouveau produit lié à de la viande en tranche, par exemple, les responsables du projet ont ainsi retrouvé une solution inexploitée mise au point 12 ans plus tôt.

« Ce réflexe de « recyclage » d’innovation a permis de gagner 4 mois sur le processus normal de développement », indique-t-on chez Kraft.

Utiliser des plates-formes d’open innovation extérieures

Kraft utilise enfin des plates-formes d’open innovation alternatives pour recueillir des idées et des solutions.

NineSigma, par exemple, l’une des ces plates-formes. Les questions et requêtes qui apparaissent sur ces dernières sont, par exemple, de la nature suivante :   »The owner of the Cadbury‘s chocolate brand said it is seeking « novel materials or approaches to packaging that can protect single serve chocolate bars from medium term exposure to warm ambient conditions« .

« We can help smaller companies or entrepreneurs take a great innovation and make it bigger and even better”.

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