L’imprimante 3D annonce l’arrivée de l’industrie sans usine


Les constructeurs aéronautiques n’auront-ils bientôt plus besoin d’usines pour produire les composants de leurs avions ?

On n’y est pas encore, mais EADS (Airbus) et General Electric (GE) testent déjà, aujourd’hui, le recours à des « imprimantes 3D » pour fabriquer à distance des pièces très sensibles. 

Le laboratoire EADS de Fulton, au Royaume-Uni, a pu ainsi produire des pièces de métal en utilisant un système utilisant des lasers pour chauffer un matériau à base de poudre métallique pour lui donner la forme indiquée.

GE, de son côté, envisage de faire produire à l’aide d’ « imprimante 3D » certains composants de ses moteurs d’avion, comme des pâles de turbine, pour les utiliser d’abord dans le cadre de simulations. Le conglomérat industriel américain examine, par ailleurs, l’opportunité d’étendre cet usage dans ses autres domaines d’activité comme les appareils médicaux.

Précision, légèreté et coût de l’ « imprimante 3D »

Les imprimantes 3D ont plusieurs avantages.

Le premier est sans doute celui de la réduction des coûts et du poids des objets produits.

Contrairement aux techniques traditionnelles de fabrication de pièces via usinage (on sculpte les pièces avant de les assembler), l’imprimant 3D peut produire celle-ci directement par moulage et, surtout, la reproduire. Les pièces sont littéralement parfaites, identiques, sans défaut. D’où, des économies de matière, puisqu’il n’y a pas de déchets, et de poids (il n’y a pas de surplus).

Autre avantage, bien sûr : l’ubiquité. Les coordonnées sont transmises par voie digitale. Une même pièce peut être fabriquée instantanément à l’autre bout du monde.

Le programme FabLab (mené par le centre Bits and Atoms, du MIT) a permis, par exemple, la production de prototype à distance, dans des implantations au Ghana ou en Inde.

Mass-customization : l’usine à domicile

La perspective de dématérialiser la production d’objet n’appartient déjà plus tellement à la science fiction. Certains opérateurs chanceux l’utiliseraient déjà depuis plusieurs années.

Mais à l’ère du time to market et des coûts élevés de l’énergie, les opérateurs observent attentivement l’évolution de la technologie en matière de printer 3D.

En 2010, le groupe d’expédition DHL, sentant sans doute le vent se lever à long terme, a organisé en son sein un atelier à cette thématique.

Dans l’avenir, grâce à la production 3D, la mass-customisation apportera la possibilité aux consommateurs d’accéder à un produit à la fois industrialisé, et donc moins coûteux, et personnalisé. Les matériaux utilisés par les « imprimantes 3D » deviennent de plus en plus nombreux : métal, plastique, bois, résine,… Même le prix des équipements baisse. Certaines imprimantes 3D s’achètent aujourd’hui à partir de 10.000 $. Pas encore de quoi la garder dans son salon. Mais l’appareil (de base) est d’ores et déjà accessible pour des entreprises ou des groupements d’acheteurs.

D’autres services, par ailleurs, comme Shapeways, aux Etats-Unis, permettent déjà de produire un objet en téléchargeant les données techniques via un site internet. A l’instar d’un service de développement de photos en ligne…

L’industrie sans usine, l’usine digitale, l’entreprise totalement décentralisée…

On pouvait déjà outsourcer les services et tâches non directement stratégiques de l’entreprise. L’open innovation permet de décentraliser les efforts en matière de R&D et d’innovation en s’insérant dans des réseaux.

Avec le 3D printing, la distribution de l’entreprise franchira une étape supplémentaire.

« Le temps nécessaire entre le design d’un produit et sa livraison directe auprès de l’acheteur va encore s’effondrer », prédit Will Sillar, un consultant britannique, dans le billet suivant.

2 réactions à “L’imprimante 3D annonce l’arrivée de l’industrie sans usine”

  1. Makers, artisan2.0 ? Fabriquer soi-même demain le 12 août 2013 à 23:13

    [...] Les grands industriels comme EADS, General Electrics, Ford, … l’ont bien compris. Les logisticiens sont également impactés, ce qui explique que DHL par exemple s’investit dans le domaine des imprimantes 3D et consors. [...]

  2. Emilie le 19 novembre 2013 à 12:22

    J’ai eu la chance de pouvoir imprimer quelques pièces en plastique lors d’un fablab sur Rennes et je dois que même si les finitions laissent parfois à désirer, le procédé est vraiment très malin.

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