« J’aime écouter. J’ai appris beaucoup de choses en écoutant attentivement. La plupart des gens n’écoutent jamais… » Ernest Hemingway

30 juin 2011

Un site de partage de fichiers pour chercheurs en biotech

29 juin 2011

Alma in Sillico met au point le Flickr des chercheurs en sciences du vivant

29 juin 2011

Voici quelques années, le portail américain Yahoo rachetait le site internet Flickr. Le service permettait et permet encore à tout internaute de charger sur un site web les photos qu’ils possèdent, qu’elles soient personnelles ou professionnelles,…

Pourquoi offrir à la planète web, voire à un petit groupe d’internautes pré-identifiées, ses plus beaux clichés de levé de soleil ? Les images de communion de ses enfants ? La photo d’une récente conférence ?

Pour les partager plus facilement avec d’autres, tout simplement.

Aujourd’hui, la réponse semble évidente…

Une boîte aux lettres centralisée fait gagner en productivité

Flickr a facilité la vie de millions d’utilisateurs.

En mettant en ligne ses photos en un même lieu virtuel, les personnes intéressées peuvent désormais se servir selon leur bon vouloir. L’auteur ne doit plus s’astreindre à envoyer les fichiers numériques un à un vers des destinataires… En n’omettant personne. Le risque, sinon, est de devoir recommencer la manoeuvre pour chaque demande individuelle.

Flickr ou Picasa comptent désormais de nombreux cousins. Des sites de partage en ligne sont apparus pour la vidéo (Youtube, Dailymotion, Vimeo…), les présentations Powerpoint/Keynote (Slideshare), les documents rédigés (Scribd…).

En 2011, il n’y a pas de raison que les scientifiques ne disposent, également, de leur propre plate-forme de partage de fichiers.

Alma in Sillico : un Flickr pour les chercheurs en sciences du vivant

Le projet Alma in Silico, cornaqué par Xavier Tordoir, s’inscrit dans la lignée des exemples précédents.

Soutenu par des fonds européens Interreg, le projet développé dans les locaux de l’Université de Liège vise à offrir une plate-forme de partage de fichiers identique aux chercheurs actifs dans le domaine des sciences du vivant.

Le besoin s’en est fait sentir.

En dix ans, la recherche en médecine ou dans les biotechnologies s’est fortement complexifiée. Fini les études génétiques isolées où les chercheurs, sur base de séries statistiques, établissaient jadis de simples tables de probabilité de contracter telle ou telle maladie.

Depuis, les analyses sont plus approfondies, induisant  une complexification des protocoles et des processus de recherche.

« Les chercheurs veulent à présent comprendre réellement les processus bio-chimiques qui se produisent dans le corps, explique Xavier Tordoir. Pour ce faire, ils doivent élargir le champ des disciplines qui interviennent dans le cadre de leurs recherches. Outre la génétique, on retrouve ainsi de la protéomique (étude des protéines), de l’imagerie médicale, des sciences du comportement… »

Gérer de plus en plus de fichiers de données très lourds, dans des formats différents

Cette complexité accrue de la recherche dans les sciences du vivant provoque une augmentation très substantielle des volumes d’informations à traiter, ainsi que de leur diversité.

« Les chercheurs se retrouvent aujourd’hui à devoir manipuler des fichiers de plus en plus gros, pesant souvent plusieurs dizaines de gigaoctets, poursuit Xavier Tordoir. Or, leurs infrastructures informatiques n’évoluent pas toujours au même rythme. Ainsi, il n’est pas rare que des données d’imagerie ou d’analyse protéomique sur des populations de plusieurs milliers de sujets soient stockées sur l’ordinateur d’une seule personne dans un laboratoire. Les autres chercheurs doivent alors venir un à un, avec leurs propre disque dur, transférer les informations pendant de longues heures… »

Au total, les chercheurs peuvent passer jusqu’à 20% de leur temps à manipuler, convertir ou transférer des fichiers de données de toutes natures résultants d’expériences multiples.

La plate-forme de partage Alma in Silico ambitionne dès lors d’apporter d’importants gains de productivité aux chercheurs ainsi qu’un nouveau confort sur ce plan.

L’outil devrait aussi permettre de standardiser davantage les formats afin de faciliter leur consultation et le croisement des données qu’ils contiennent.

« Et nous entendons par ailleurs greffer des outils et des services d’analyse de ces données provenant de tant de sources différentes », ajoute Xavier Tordoir.

Putting science in the cloud

L’approche Alma in Silico consacre la montée en force du Cloud Computing (informatique partagée) dans le domaine de la recherche scientifique, et en particulier dans celui de des sciences du vivant.

Certes, depuis plusieurs années, les fermes de serveurs et les nuages d’ordinateurs en réseau augmentent la puissance de calcul à disposition des chercheurs pour analyser les milliards de données extraites de centaine de programmes de recherche.

Désormais, le cloud computing pourra aussi les assister dans le traitement de l’information.

Ainsi, en stockant leurs informations sur le web (moyennant toutes les précautions nécessaires en termes de sécurité et de protection), les scientifiques et chercheurs de globe pourront initier de nouvelles formes souples de collaboration.

Un prochain service commercial (spinoff ?)

Pour Alma in Silico, l’étape suivante sera, au terme de la durée prévue de la recherche académique, dans un an, de mettre sur pied un service commercial, sans doute sous la forme d’une spinoff.

Xavier Tordoir et son équipe entendent également adapter les algorithmes développés dans le cadre de Alma in Silico pour les étendre à d’autres champs d’analyse.

Un visage du leadership en 2020

27 juin 2011

Frédéric Williquet est brillant consultant spécialiste des ressources humaines, des médias sociaux et des nouvelles formes d’organisation. Voici, ci-dessous, un billet publié sur son très bon blog, Rhecit.com, qu’il nous propose de reprendre sur Entreprise Globale.


Je ne reviendrai pas sur les tendances si souvent énoncées dans les différents congrès et présentations (Globalization, Global Citizenship, Demographics, Diversity, Social technologies, Mobility, …). Elles sont certes primordiales à comprendre et à intégrer, mais pour aller à l’essentiel, tentons la traduction directe en matière de leadership.

@jcmeister, excellente co-auteur du très bon livre Workplace 2020 faisait l’exercice hier dans une très riche session de l’ASTD.
L’intérêt de son approche n’est pas simplement de définir 5 types de leadership à développer dans les années à venir pour être en phase avec notre société, notre organisation et surtout les collaborateurs qui l’a compose; l’intérêt surtout est de définir les comportement liés à ces différents types de leadership. Assurément cela permet non seulement de mieux les identifier, mais surtout d’aider à leur développement.

Quels sont les comportements à développer auprès de nos managers pour les années à venir? 5 points donc:

1. Avoir un mind-set collaboratif
Les processus de décision ‘inclusifs‘ permettent non seulement le développement de plus de collaboration, d’engagement et d’émergence, ils répondent aussi à une attente évidente des collaborateurs, quelle que soit leur génération (il va vraiment falloir en finir avec ça d’ailleurs), voulant être impliqués dans le processus de réflexion de l’organisation pour laquelle ils travaillent.
Les managers, les leaders de nos organisations devront développer la capacité de mettre en route et dynamiser ces processus de décision ‘inclusifs’.

Ces processus demandent plus d’interactions. La sollicitation authentique du feed-back est un point essentiel et nécessaire. Mutuel. Peu de managers en ont la capacité aujourd’hui. Peu de collaborateurs estiment travailler dans un environnement stimulant le feedback. Peu le demandent. Ce processus intrinsèque et authentique devra être porté par une culture adéquate, elle-même le reflet des actes quotidiens: Managers, une seule chose à faire donc! Walk The Talk!

2. Etre développeur des talents
Voilà le rôle de manager: Mentor et coach de son équipe. Etablissant des liens, aidant les membres de son équipe à se connecter (connecting the dots), se développer, leur donnant un feedback direct.

3. Etre ‘Digitally confident’
Jeanne Meister insiste sur ce point sans ambiguité. La capacité des managers d’utiliser les différentes technologies disponibles de communication et de partage pour connecter les collaborateurs entre-eux mais aussi avec leurs clients sera un levier très important. S’il ne l’est déjà. Accompagner et aider au design des processus de collaboration fera la différence dans les résultats.

4. Etre un ‘Global Citizen’
L’organisation est et sera chaque jour composée de plus de personnalités différentes. Le développement des talents et de l’engagement des collaborateurs est un trajet individuel nécessitant l’accompagnement de leaders, mentors, managers, collègues, clients…
Le manager, en tant que social architect d’équipes composées d’individualités aura force de développer sa capacité à avoir un mind-set ouvert à la différence.
Sa responsabilité sociale et durable n’est plus juste souhaitable, elle est moteur d’intégrité et de sens. Essentiels à la confiance.

5. Anticiper et construire le futur
Plus que l’importance du développement de l’engagement des collaborateurs, contruire leur responsabilité, leur “accountability“, de manière transversale est un défi qui fera la différence.
Les leaders de demain, littéralement en fait, connectés et capables de développer une vision sont des champions de l’innovation.

Frédéric Williquet

Comment le Mass Market redevient le marché du dimanche avec les réseaux sociaux

23 juin 2011



Ce que devrait être le mantra de tout manager au 21ème siècle

21 juin 2011

Alors que la très grande majorité des entreprises européennes, grandes ou petites, continue de tourner sur base de principes managériaux inventés au début du 20 ème siècle, les success stories des années ont compris qu’un environnement économique différent imposait de mettre à jour certains principes de management.

Des entreprises comme Zappos (e-commerce), Groupon (promotions), ou Zynga (jeux en ligne) ont connu des croissances foudroyantes. Toutes, sans exception, promeuvent la créativité individuelle.

Ces entreprises ont dilué pour de bon la dictature de la hiérachie. Elles prônent explicitement, et sincèrement, une culture de l’initiative individuelle, laquelle à fondé leur réussite.

Josh Linkner, un entrepreneur et professeur américain, signe une tribune dans le magazine américain Inc. sur ces nouveaux principes qui devraient devenir le mantra du manager moderne, très loin de l’approche de papa…

Linkner cite les sept suivantes :

1. Inspirez la passion

La passion est le premier moteur de l’être humain. Pfizer, Apple, Pixar,… ont tous été de grands innovateurs portés au départ par des individus de passion. Cette passion peut être également cultivée et encouragée chez les employés.

2. Faites la fêtes aux idées

La plupart des organisations mettent en avant l’innovation comme l’une de leur valeur cardinale. Dans la réalité, l’innovation n’y occupe pourtant en général que peu de place. La prise de risque et la créativité sont davantage sanctionnées, sous différentes formes (de l’indifférences juqu’à la mise à l’écart) plutôt que récompensées.

Une entreprise qui veut que ses employés soient réellement créatifs dans instaurer un environnement qui le permettent et fasse la fête effectivement aux idées.

3. Encouragez l’autonomie

Imaginez un manager qui chapeauterait le travail de Picasso… Inimaginable, souligne Josh Linkner.

Le micro-management une étouffoir pour la créativité. Offrir plus d’autonomie nécessite une effort pour faire davantage confiance. Il est impératif de fixer des objectifs aussi clairs que possibles, ainsi que fournir un maximum d’informations sur le contexte du problème à résoudre.

Le résultat sans doute meilleur, plus inventif et les personnes plus motivées.

4. Valorisez le courage

Les entreprises à succès, telles que Netflix, offrent à leurs employés la possibilité de prendre certains risques, dans un périmètre précis.

Chez Netflix (le plus grand loueur de films des Etats-Unis), par exemple, note Linkner, l’entreprise encourage les employés à exprimer réellement ce qu’ils pensent, sans risque pour eux. Une autre compagnie de Boston offre à chacun de ses employés une carte « Libération », qui leur permet, au moins deux fois par an, de prendre une plus grande part de risque que ce que la norme n’autorise en général. Cela rend l’entreprise beaucoup plus créative, indique Josh Linkner.

5. Echouez rapidement

James Dyson, rappelle Josh Linkner, a testé près de 5.000 prototypes différents avant de mettre au point son aspirateur révolutionnaire.

Les meilleures entreprises donnent leur chance à beaucoup d’idées et oublient très vite les échecs pour refaire rapidement de nouvelles tentatives.

6. Pensez à petite échelle au départ

Le groupe industriel ITW est centenaire et pèse plus de 16 milliards de $ de chiffre d’affaires. Pourtant, dans chacune de ses lignes d’activité, la firme réfléchit à petite échelle.

Pour éviter une trop grande bureaucratisation, afin de demeurer agile, chaque fois qu’une unité opérationnelle dépasse les 100 millions de $ de chiffre d’affaires, elle est scindée en deux plus petites entités ou plus. Et cela marche. Les petites entités sont moins réticentes aux changements et perçoivent plus vite le sens de l’urgence.

7. Augmenter la diversité au maximum

La diversité est l’un des ferments les plus efficaces de la créativité. Les équipes homogènes réfléchissent en général toutes de la même façon et se laissent rarement challenger.

 

Comment les PME peuvent tirer profit des « idea market places »

17 juin 2011

Dwayne Spradlin est le patron de InnoCentive, l’une des plus grandes places de marché aux idées (Idea market place) aujourd’hui actives sur internet.

Le principe d’une idea market place est simple:  un membre, en général une grande entreprise, expose sur le site web un problème qu’elle rencontre et pour lequel elle ne trouve pas de solution, malgré les efforts déployés par ses équipes internes en charge de l’innovation. Des innovateurs du monde entier peuvent proposer une solution. En échange de leur contribution, si celle-ci est sélectionnée, ils seront gratifié d’une prime, pouvant aller de 10.000 à 100.000 dollars, par exemple, selon la complexité du défi à relever.

Tous les domaines sont couverts, que ce soit la recherche d’un processus de synthèse pour une protéine, la nécessité de trouver un nouvel élément pour la conception d’un lentille de téléscope, etc.

Le taux de réussite tourne aux environ de 40%. Autrement dit, les solutions apportées s’avéreront répondre de façon optimale à la problématique dans quatre cas sur dix.

Les autres contributions, en revanche, n’amènent qu’une solution partielle, toujours bonne à prendre, néanmoins.

Open innovation : de nouveaux clients et partenaires pour le PME

Les Idea Markets illustrent, encore une fois, l’ouverture des processus d’innovation des grandes entreprises aux acteurs de petite taille. C’est ce que souligne Dwayne Spradlin dans un entretien avec le site internet Open Forum.

Les porteurs de solutions sont soit des innovateurs individuels (chercheurs, ingénieurs ou même Monsieur Toutlemonde). Mais ce sont aussi, souvent, des PME, des TPE voire des startups.

Certaines PME se sont ainsi transformées en fournisseurs de solutions technologiques intégrées dans les produits de grandes marques, qui leur permet de générer d’importants revenus de royalties, à l’instar de Olay, une crème cosmétique développée par Procter & Gamble (P&G) en partenariat avec une petite PME française.

Il est d’ailleurs possible aujourd’hui, pour n’importe quelle entreprise, de soumettre ses idées via le site web de P&G.

Cela dit, le chemin inverse est possible également. Des PME en manque de ressources propres pour persévérer dans certaines directions peuvent faire appel à la communauté des innovateurs au sens large et ainsi utiliser leur contribution comme bras de levier pour améliorer rapidement leurs produits et services.

Les PME et TPE peuvent elles-mêmes recourir à ou créer leur propre « idea market place »

Le patron d’InnoCentive narre ainsi l’exemple d’une PME basée aux Etats-Unis :

« Precyse Technologies est spécialisée dans les technologies RFID (système d’identification radio). A l’instar de nombreuses entreprises de pointe, Precyse était à la recherche d’un moyen d’améliorer la durée de vie de ses batteries sur ses produits sans fil. Ils ont expliqué le « défi » sur un Idea Market. Pas loin de 500 contributeurs ont répondu à l’appel. Ils provenaient de 64 pays différents, afin de résoudre la question. Au total, après 90 jours, Precyse avait reçu 33 propositions utiles. L’une des idées suggérait de récupérer une partie de l’énergie diffusée dans les ondes radios afin de limiter l’utilisation de la batterie. Cette solution fut retenue. Son auteur a été rémunéré ».

En procédant seule, la PME aurait mis beaucoup plus de temps et n’aurait sans doute pas imaginé une option au originale qu’efficace…

Cela dite, selon Dwayne Spradlin, l’approche ouverte n’est pas limitée qu’aux PME positionnées sur des métiers à haute valeur technologique. L’innovation ouverte est d’abord un état d’esprit et une culture.

« Un restaurant, un commerce de nettoyage à sec peuvent aussi, à leur niveau, adopter ce même type d’approche. Si vous êtes un restaurant, posez une question précise via un carton sur la table, par exemple, ou dans le menu, directement sur la vitrine ou via votre site web… Vous pourrez impliquer vos clients. Vous apprendrez sans doute beaucoup de chose de leurs réponses, et vous améliorez en même temps votre image »

Rien n’empêche donc de créer son propre « idea market place »…


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