Les banques ont désormais besoin d’un écoystème de startups pour innover


« Ce qui m’énerve, c’est que l’on parle encore de nous comme si nous étions encore une startup. Mais peut-on parler encore de nous en ces termes alors que nous comptabilisons déjà 600 millions de $ de dépôts à ce jour ? »

Rob Garcia est le responsable stratégie produits de Lending Club, une société californienne active dans le peer 2 peer lending (P2P lending), les prêts, ou investissements, de pair à pair. La plate-forme contourne les intermédiaires en mettant en relation directement, sur le net, emprunteur et prêteur. Le modèle, selon la firme, garantit aux derniers une rémunération supérieure.

Les banques traditionnelles ont arrêté d’innover…

Heureusement, pour le consommateur, les startups prennent aujourd’hui le relais en matière d’innovation dans le domaine financier. Tel était le constat  d’un débat organisé au mois de mars dernier à la conférence SXSW de Austin (Texas), à laquelle j’ai eu la chance s’assister, très explicitement intitulé : « Banks: Innovate or die! »

Les banques traditionnelles ont arrêté voici longtemps d’innover. La raison est simple, selon un intervenant :

« Dans les années 70 et 80, les banques sont passées d’un modèle de service à un modèle de vente produits. Le problème est qu’aucune n’a averti ses clients qu’ils ne recevaient plus un service mais désormais un produit… Comme elles sont centrées sur leurs produits, elles n’appportent plus par elles-mêmes aucune innovation au niveau de leur modèle d’affaire ou du type de relation qu’elles peuvent fournir aux utilisateurs. »

Les seules innovations récentes des banques traditionnelles  ne sont que des adaptations aux nouvelles disponibilités offertes par la technologie, dit-on. Rien de plus…

De nouveaux acteurs se pressent à la porte du monde bancaire

Aujourd’hui, de sérieux défis se présentent, pourtant, pour les banques traditionnelles. Continuer à adopter une posture statique pourrait leur être fatale.

Déjà, le grand public les déteste. Encore plus depuis la crise de 2008, laquelle a considérablement ombragé leur image.

Par ailleurs, le réseau d’agences physiques qui permet d’accroître la base de clientèle, coûte de plus en plus cher pour un nombre de transactions par agence qui diminue.

Enfin, des acteurs puissants empiètent lentement sur le pré-carré des banques traditionnelles :

  • Les opérateurs télécoms, d’abord. qui testent en nombre croissant des applications de paiement via smartphone et combiné portable (mobile payment). Avant eux, le géants de la grande distribution et les assureurs ont également fait des incursions.
  • Les leaders de l’internet, ensuite, lesquels lorgnent également sérieusement sur le marché des services bancaires.

Google, avec son Google Wallet, par exemple; Apple, peut-être, demain, ou, surtout, Facebook, qui envisage la création d’un monnaie virtuelle au sein de son propre univers (Facebook Credits)….

Les Chinois, d’ailleurs, ont créé un précédent en la matière.

« En 2006-07, QQ, le plus grand réseau social chinois, a créé une monnaie virtuelle (QQ coin). Celle-ci a eu un tel succès que la Banque de Chine a été obligée d’intervenir : elle menaçait d’entraîner une dévaluation du Yuan..! », a noté un intervenant au SXSW.

L’innovation vient et viendra de l’écosystème des startups

Pour surmonter ces nouveaux obstacles, le secteur des banques s’ouvrent donc à son tour au monde des startups. Implicitement, elles reconnaissent leur incapacité à porter de véritables innovations de rupture. 

« L’innovation dans le monde bancaire va venir de l’écosystème des startups, assure Rob Garcia. Un nombre grandissant de banques traditionnelles s’ouvrent déjà à l’imagination des petits acteurs. D’autres suivront, prédit-il. Des rachats s’observent… »

Notons que cette ouverture des opérateurs financiers aux startups est aujourd’hui globale.

Le centre financier global de Hong Kong, par exemple, s’apprête à accueillir de plus en plus de startups. Ces dernières formeront un écosystème qui devrait permettre une évolution nouvelle des services en vue de satisfaire davantage les demandes des clients privés ou des entreprises.

Le chemin, cela dit, est une voie qui s’engage sur le long terme… Les consommateurs moyens ne sont pas encore tous prêts, loin de là, à confier leurs fonds à une startup

« Mobile, P2P, etc… Le marché de masse n’est pas encore éduqué pour ces innovations de rupture », observait Anna O’Brien, VP Social Media Strategy de CitiBank, au SXSW.

 

 

 

2 réactions à “Les banques ont désormais besoin d’un écoystème de startups pour innover”

  1. Sean le 10 juin 2011 à 18:00

    « L’innovation vient et viendra de l’écosystème des startups » – nous sommes entierement d’accord et c’est pour cela mon associe Uday et moi avons quitte nos fonctions dans des grandes banques (Deutsche et Dresdner) pour fonde Anthemis Group (www.anthemis.com) L’opportunite est vaste et les dix a vingt prochaines annees promettent des changements enorme du paysage competitif dans le secteur de la finance.

  2. jyhuwart le 10 juin 2011 à 19:51

    Bravo pour votre initiative Anthemis !
    La photo sur votre homepage est plus qu’explicite :-)

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