Comment les PME peuvent tirer profit des « idea market places »


Dwayne Spradlin est le patron de InnoCentive, l’une des plus grandes places de marché aux idées (Idea market place) aujourd’hui actives sur internet.

Le principe d’une idea market place est simple:  un membre, en général une grande entreprise, expose sur le site web un problème qu’elle rencontre et pour lequel elle ne trouve pas de solution, malgré les efforts déployés par ses équipes internes en charge de l’innovation. Des innovateurs du monde entier peuvent proposer une solution. En échange de leur contribution, si celle-ci est sélectionnée, ils seront gratifié d’une prime, pouvant aller de 10.000 à 100.000 dollars, par exemple, selon la complexité du défi à relever.

Tous les domaines sont couverts, que ce soit la recherche d’un processus de synthèse pour une protéine, la nécessité de trouver un nouvel élément pour la conception d’un lentille de téléscope, etc.

Le taux de réussite tourne aux environ de 40%. Autrement dit, les solutions apportées s’avéreront répondre de façon optimale à la problématique dans quatre cas sur dix.

Les autres contributions, en revanche, n’amènent qu’une solution partielle, toujours bonne à prendre, néanmoins.

Open innovation : de nouveaux clients et partenaires pour le PME

Les Idea Markets illustrent, encore une fois, l’ouverture des processus d’innovation des grandes entreprises aux acteurs de petite taille. C’est ce que souligne Dwayne Spradlin dans un entretien avec le site internet Open Forum.

Les porteurs de solutions sont soit des innovateurs individuels (chercheurs, ingénieurs ou même Monsieur Toutlemonde). Mais ce sont aussi, souvent, des PME, des TPE voire des startups.

Certaines PME se sont ainsi transformées en fournisseurs de solutions technologiques intégrées dans les produits de grandes marques, qui leur permet de générer d’importants revenus de royalties, à l’instar de Olay, une crème cosmétique développée par Procter & Gamble (P&G) en partenariat avec une petite PME française.

Il est d’ailleurs possible aujourd’hui, pour n’importe quelle entreprise, de soumettre ses idées via le site web de P&G.

Cela dit, le chemin inverse est possible également. Des PME en manque de ressources propres pour persévérer dans certaines directions peuvent faire appel à la communauté des innovateurs au sens large et ainsi utiliser leur contribution comme bras de levier pour améliorer rapidement leurs produits et services.

Les PME et TPE peuvent elles-mêmes recourir à ou créer leur propre « idea market place »

Le patron d’InnoCentive narre ainsi l’exemple d’une PME basée aux Etats-Unis :

« Precyse Technologies est spécialisée dans les technologies RFID (système d’identification radio). A l’instar de nombreuses entreprises de pointe, Precyse était à la recherche d’un moyen d’améliorer la durée de vie de ses batteries sur ses produits sans fil. Ils ont expliqué le « défi » sur un Idea Market. Pas loin de 500 contributeurs ont répondu à l’appel. Ils provenaient de 64 pays différents, afin de résoudre la question. Au total, après 90 jours, Precyse avait reçu 33 propositions utiles. L’une des idées suggérait de récupérer une partie de l’énergie diffusée dans les ondes radios afin de limiter l’utilisation de la batterie. Cette solution fut retenue. Son auteur a été rémunéré ».

En procédant seule, la PME aurait mis beaucoup plus de temps et n’aurait sans doute pas imaginé une option au originale qu’efficace…

Cela dite, selon Dwayne Spradlin, l’approche ouverte n’est pas limitée qu’aux PME positionnées sur des métiers à haute valeur technologique. L’innovation ouverte est d’abord un état d’esprit et une culture.

« Un restaurant, un commerce de nettoyage à sec peuvent aussi, à leur niveau, adopter ce même type d’approche. Si vous êtes un restaurant, posez une question précise via un carton sur la table, par exemple, ou dans le menu, directement sur la vitrine ou via votre site web… Vous pourrez impliquer vos clients. Vous apprendrez sans doute beaucoup de chose de leurs réponses, et vous améliorez en même temps votre image »

Rien n’empêche donc de créer son propre « idea market place »…


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