Pourquoi les intranets de première génération sont dépassés


En 2010, Thierry Breton, le patron du groupe de services informatiques Atos Origin, déclarait que l’email en tant qu’outil de communication principal n’était plus adapté au monde de l’entreprise moderne.

« Le déluge d’informations sera un des plus importants problèmes que l’entreprise devra gérer », indiquait-il.

Mais par quoi le remplacer ?

L‘intranet semble devoir prendre la main. Cette plate-forme virtuelle interne compte toutefois déjà 12 ans au compteur. Une éternité, à l’ère de la communication digitale.

Or, il fait bien le constater, dans beaucoup d’entreprises, l’intranet s’est installé dans une sorte d’habitude molle. Il s’est transformé, comme l’indique le blog Green SI 2020, en grande fille fainéante…

Les intranets de première génération sont dépassés

Conçu à une époque pas si lointaine où la communication d’entreprise était une démarche univoque et patriarcale, le mode de fonctionnement de ces outils reste souvent figé dans ce esprit.

Autrement dit, un intranet d’entreprise reste souvent, de nos jours, un canal descendant ayant la physionomie d’un gros portail en ligne, avec accès aux documents officiels, aux newsletters internes et à différents services et plates-formes à accès réservé… Du fonctionnel pur. Mais rien de très dynamique, ni engageant, il faut bien le dire.

Dans la présentation ci-dessous, un des responsables de la stratégie informatique de la Lyonnaise des Eaux, filiale de Suez Environnement, trace cet intéressant historique de l’évolution de l’intranet.

Voici ces différentes étapes reprises dans un ordre chronologique :

  1. Entrée des technologies internet dans l’entreprise
  2. Un outil de communication au service des directions de la communication
  3. L’accès aux ressources et documents de l’entreprise
  4. Portail, point d’entrée des services
  5. Ouverture vers les partenaires, fournisseurs, avec l’extranet
  6. Gestion des connaissances (knowledge management)

Source de frustration plus que d’agilité…

Mais où sont les fonctionnalités sociales ? Les échanges entre pairs ? Les communautés de pratiques qui se créent spontanément ? Ces échanges d’information spontanés, contextuels et donc pertinents, auxquelles s’ajoute toute l’information tacite parfois plus importante que le contenu formel ?

Hélas dans l’univers de l’intranet d’aujourd’hui, souvent nulle part…

A l’heure de Twitter et de Facebook, l’intranet d’entreprise version papa s’avère même, quelques fois, une source de frustration faute de possibilités réelles d’échange. Sans parler des pertes de productivité et de compétitivité dues à la circulation limitée de l’information, aux carences de transparence lesquelles entraînent des lenteurs en termes de réactivité.



Collaboratif, social, ouvert…

Petit à petit, l’idée de plates-formes de collaboration plus ouverte, mettant en place de fonctionnalités de socialisation, fait son chemin dans les grandes et moyennes entreprises.

Selon l’étude Global Intranet Trends, 22% des intranets incluent aujourd’hui des fonctionnalités permettant directement aux employés de commenter des contenus en place voire d’échanger directement entre eux.

C’est encore peu. Mais cette proportion grandit d’année en année.

De même, 10% des intranets proposeraient des outils collaboratifs à tous les membres du personnel permettant aux équipes de travailler entre directement en ligne. Dans 20% des cas, cet accès est partiel…

Les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) n’ont pas encore gagné la bataille dans beaucoup d’organisation. Les responsables de la communication gardent souvent la haute main main sur la gestion de ces derniers, alors que la plate-forme devrait idéalement être de la responsabilité de toutes les unités stratégiques.

Mais ils mangent chaque mois un peu plus de terrain, laissant ainsi entendre que le RSE deviendra à terme la norme.

Dans les grandes entreprises comme dans les PME.


 

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