Dans l’intrapreneuriat, le voyage vaut autant que la destination


L’intrapreneuriat, visage des processus d’innovation du futur ?

Incontestablement.

Les participants réunis lors de la conférence Intrapreneurship 2012, organisée par Entreprise Globale, l’ont rappelé récemment. 

Pas seulement pour des spinoffs et des startups

Pour ceux qui le pratiquent, la tentation existe de considérer l’intrapreneuriat (pour rappel, mettre en oeuvre des initiatives personnelles au sein d’un employeur à la façon d’un entrepreneur) uniquement comme l’occasion de créer, à partir de l’organisation qui le supporte, de nouvelles entreprises, spinoffs ou startups.

Il s’agit certes de l’objectif le plus naturel de l’intrapreneuriat. Tel n’en est toutefois pas, de loin, la seule retombée positive potentielle.

L’enrichissement vient parfois plus du voyage que de la destination

La destination importe, bien sûr. En matière d‘intrapreneuriat, le voyage est en général, souvent, la partie la plus enrichissante.

Le travail de prise de contacts, d’expérimentation et de prototypage qui accompagne les initiatives intrapreneuriales dignes de ce nom permet d’explorer de nouveaux territoires; de tester des hypothèses ; d’ouvrir des portes… ou d’en fermer.

De ce voyage, les porteurs de projets, mais aussi l’organisation qui les supporte, ressortent mieux informés, plus experts, mieux interconnectés avec leur environnement qu’ils ne l’étaient au début du parcours intrapreneurial.

Apprendre en faisant

Comme dans le monde entrepreneurial, neuf initiatives intrapreneuriales sur dix ne débouchent, à terme, sur aucune commercialisation d’un nouveau produit ou service. Encore moins à une nouvelle entité juridique.

Certes, si l’un des projets aboutit à la mise sur pied d’une nouvelle business line : champagne ! Cet objectif doit rester en point de mire de chaque intrapreneur.

Néanmoins, succès ou échec, l’expérience en termes d’apprentissage, de veille, de décloisonnement, de développement personnel et relationnel, est rémunératrice pour chacun.

« Apprendre en faisant » est la façon la plus efficace de se former et de s’informer, comme le rappelle aussi Joris Van Heukelom, un spécialiste du soutien à l’intrapreneuriat basé aux Pays-Bas.

L’intrapreneuriat lubrifie les rouages de l’organisation …

Les programmes de support au développement de l’intrapreneuriat se multiplient, aujourd’hui, dans un certain nombre d’organisations pionnières.

En général, les structures qui mettent ces dispositifs en place ne limitent pas (plus), pour l’évaluation du retour sur investissement de ces derniers, à la seule création de nouvelles activités.

La dynamique intrapreneuriale instaure une nouvelle chimie positive au sein de l’organisation. Elle huile les rouages et engendre des comportements nouveaux qui, eux, peuvent conduire au final à la mise sur le marché de nouveaux produits et services innovants à haute valeur ajoutée.

C’est clairement la perspective qui conduit  Alcatel-Lucent, par exemple, à organiser son BootCamp interne depuis plus de six ans.



Le consultant danois Stafen Lindegaard, lui, trace un lien évident entre culture intrapreneuriale et innovation ouverte.



Dans le secteur public, également, l’intrapreneuriat conquiert, petit à petit, certains esprits. Il s’avère un agent de changement.

Le département d’Etat américain a grand besoin de décloisonnement. Le ministère des Affaires étragères US fut un des pionniers dans l’introduction de réseaux sociaux virtuels internes. La mise sur pied de dispositifs de soutien et d’encouragement à l’intrapreneuriat est aujourd’hui une étape naturelle dans cette évolution, selon Richard Boly, responsable de eDiplomacy au US State Dpt.



Au fond, l’intrapreneuriat apporte une dynamique supplémentaire dans la liquéfaction des rapports au sein des organisations modernes, grâce à l’autonomie donnée aux porteurs de projet dans ce cadre. Il apporte donc un ressort plus grand à l’organisation.

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