Polyvalent ou spécialiste? Les deux, pour gagner en créativité
15 mai 2008
Dans le domaine de la communication, votre prochain collègue pourrait être un “mash-up” communicator, constate ce blog d’origine suédoise, Media Culpa. Autrement dit un être professionnel hybride qui cumulerait des compétences et des expériences un peu dans toutes les directions.
Ce qui vaut pour le secteur de la communication vaut sans doute pour d’autres. 
Dans ce domaine spécifique, néanmoins, les entreprises recherchent des individus avec un assez bon bagage en finance, un peu vendeur de voiture sur les bords, mais aussi avec une présentation irréprochable, experts en création de communauté, excellents diplomates, bons raconteurs d’histoires, etc. Les profils recherchés n’ont plus grand chose à voir avec les monocompétences passées. Le job d’agent marketing non plus.
“Déjà voici dix ans, note pourtant l’auteur de Media Culpa, l’agence de communication qui m’a recruté engageait des personnes des bagages très différents: journalistes, économistes, des poètes mêmes. C’était bien vu. En amenant des personnes aux parcours et aux aptitudes diversifiés, ils seront ensemble plus créatifs et plus efficaces que si l’on regroupe un régiment de clones. Bien sûr, on connaît des organisations de services professionnels, comme les firmes de consultance en management, qui fonctionnent sur base de modèles très stricts. Où les gens ont des backgrounds identiques. Ils suivent des formations pour travailler d’une certaine façon. Le fait de travailler et d’adopter des approches standardisées peut, dans ce cas, être un avantage. Mais dans les professions requérant un travail créatif soutenu, la variété est un atout à cultiver”, dit-il.
Toutefois, la logique est encore poussée plus loin, aujourd’hui, dans la mesure où d’aucuns souhaitent voir cette diversité concentrée dans les personnes elles-mêmes. “Les personnes qui font de la fertilisation croisée, tant en termes de fonction que de géographie, sont très demandées à ce jour, selon Jane Stevenson, chez Heidrick & Struggles, à Chicago. Les responsables marketing ayant occupé auparavant un poste dans la vente ou la finance, qui ont en outre vécu dans un autre continent, ces individus sont ceux qui bénéficient des bonus une fois au top de l’entrepriese”.
Selon une enquête suédoise menée auprès de centaines de professionnels de la communication, il faudra dans ce secteur faire preuve d’une polyvalence toujours accrue. Ne fut-ce que parce que l’augmentation du nombre de moyens de communication, en particulier les nouveaux supports internet2.0, qu’il faudra maîtriser davantage de compétence. Mais il faudra aussi se spécialiser pour ne pas être submergé. Paradoxe?
“On peut se rabattre sur le profile classique en T”, rétorque l’auteur du billet. Maisà quel point la barre horizontale du T devra-t-elle s’étendre pour répondre aux attentes ?
Quota d’idées et changement de perspective
14 mai 2008
Pourquoi les blogs sont de plus en plus utiles pour les entreprises
12 mai 2008
La question ne se pose pas encore tant que cela en Europe. Aux Etats-Unis, où la blogosphère a pris une dimension bien supérieure, les blogs deviennent de plus en plus incontournables dans la vie politique comme dans la vie des affaires. On y dénombre plus d’une centaine de millions. 
Pourquoi, donc sont-ils donc de plus en plus utiles pour les entreprises ? Dans le Star Bulletin, un journal d’Hawaï, la coach américain Deborah Micek apporte sa réponse.
“Quand vous examinez l’histoire du marketing et de la communication, dit-elle, un blog multiplie de façon exponentielle la forme la plus ancienne, fiable et favorite d’échange d’information, à savoir le bouche à oreille. Les gens adorent partager ce qu’ils savent avec leurs pairs et amis. A quel conseil faites-vous le plus confiance lorsqu’il s’agit d’opportunités, d’achat ou de choix? En général, il s’agira d’un conseil venant de quelqu’un comme vous, qui partage les mêmes centres d’intérêt, avec qui vous entretenez des conversations et des relations personnelles. Quand votre blog est intégré à une stratégie d’ensemble de marketing sur les nouveaux médias, il apporte tout cela en même temps.”
Un blog est beaucoup plus qu’un journal intime en ligne, rappelle Deborah Micek. Ce sont des instruments de publication instantanée. Ils permettent d’adapter rapidement les messages, de créer des relations avec de nouvelles personnes.
“La puissance d’un blog ne réside pas dans la technologie, poursuit la coach. Sa puissance réside dans la conversation bidirectionnelle qui engendre de nouvelles relations personnelles. Un blog devient une extension de son auteur, qui crée des relations en répondant aux réactions des clients et des lecteurs”.
Pour être utiles, les blogs doivent toutefois contenir autre chose que des communiqués de presse, des relevés de produits ou des information sur l’entreprise. Ils sont une porte de communication ouverte via laquelle les clients, prospects ou autres fournisseurs ont le droit d’exprimer leurs opinions, d’apporter leur brique dans le développement des produits et, in fine, installer une forme d’esprit de famille.
Aujourd’hui, les blogs sont devenus extrêmement populaires aux Etats-Unis. Aussi, indique Deborah Micek, dans la communautés des experts marketing. Ces derniers utilisent les blogs pour améliorer, par exemple, leur repérage par les moteurs de recherche sur internet.
Les blogs sont aussi un moyen pour le grand public d’être informé indépendamment du canal des médias de masse. Un nouveau besoin.
Toyota élargit notre conception de l’innovation
10 mai 2008
Avec Apple et Google, Toyota est sans doute l’entreprise dont le potentiel d’innovation est le plus admiré dans le monde. Le groupe japonais a arraché l’année dernière à General Motors la ceinture de champion du monde des constructeurs automobiles. Ce n’est pas un hasard. Le New Yorker revient cette semaine sur les principaux mérites de celui qui a vendu au premier trimestre 60.000 véhicules de plus que le géant de Detroit. 
Pour ceux qui n’ont jamais eu connaissance du Kaizen (cette culture de l’écoute et de la participation dans laquelle baigne l’ensemble des sites Toyota de la planète) qualifier le constructeur nippon peut paraître étranger, note le New Yorker. Les Toyota se vendent depuis tujours plus par raison que par passion.
“Mais si Toyota n’est par perçue par la plupart des quidams comme une entreprises innovante, c’est parce que notre conception de l’innovation (cool, design, trendy, technologique…) est trop étroite, écrit le journal américain. L’innovation chez Toyota se concentre en grande partie sur les processus de production, pas uniquement sur les produits. Sur la chaîne de montage plutôt que sur le showroom. Ce n’est pas parce que ces trésors d’innovation sont moins visibles qu’ils sont moins puissants”. Même si le moteur hybride de la Toyota Prius est sans doute l’une des plus grande innovation de la décennie).
Peu de temps après guerre, déjà, un ingénieur du nom de Taiichi Ohno a mis au point un système visant à tirer le meilleur de chaque machine et de chaque employé.
“Déjà à l’époque, les principes étaient évidents, explique le New Yorker: limitez les gaspis, faites en sorte que les pièces arrivent au moment précis où les ouvriers en ont besoin, résolvez les problèmes dès qu’ils surviennent. Ohno faisait lui-même référence à Henry Ford au modèle des supermarchés américains. Mais Toyota l’a fait en mieux, mettant en place des inventions comme le cordon Andon (chaque travailleur a la possibilité de tirer le cordon pour stopper la chaîne dès qu’il soupçonne un problème) ou le Kanban (un système de lecture de carte utilisée par les ouvriers pour signaler quand ils ont besoin de nouvelles pièces). Le constructeur a aussi réorganisé l’espace pour permettre une circulation plus fluide des composants et des véhicules. Toutes ces améliorations ont accéléré le processus de production de Toyota, le rendant plus compétitif”.
Mais on peut ajouter à ce qu’écrit le New Yorker que le toyotisme est aussi le prototype d’un management basé sur la confiance dans la capacité d’analyse et d’innovation de chaque travailleur au sein de l’entreprise.
Au cours des dernières décenniers, le système Toyota a inspiré plus de 3.000 ouvrages. Il a été copié par la plupart des autres constructeurs automobiles.
L’approche Toyota en matière d’innovation se caractérise par un processus de petites avancées successives. Il n’y a pas d’illumination soudaine et de grand bond. L’amélioration est constante, quotidienne.
“Toyota rejette ainsi la convention voulant que les innovations proviennent que quelques individus éclairés. Chaque personne apporte sa contribution, tous les jours. Toyota met en oeuvre un million de nouvelles idées par an, et la plupart viennent des travailleurs de base. Les compagnies japonaises tirent cent fois plus d’idées et suggestions de leurs employés que la moyenne des entreprises occidentales. La plupart concerne des niches. Mais leur accumulation fait la différence pour Toyota”, observe le journaliste du New Yorker.
Mais pourquoi les autres entreprises ne parviennent-elles pas à transposer chez elles le modèle Toyota?
“Essentiellement parce que ces dernières restent organisées sur une base pyramidale, et des relations top-down. Elle ne responsabilise pas les personnes de terrain. C’est aussi parce que les éléments fondamentaux du kaizen - des micro-améliorations successives - vont à l’encontre de la conception que beaucoup d’entreprises occidentales se font du changement. Elles pensent que les choses se produisent du jour au lendemain”.
Chez Microsoft, 1.500 employés tiennent un blog
8 mai 2008
Mille cinq cents salariés-blogueurs. Même pour une compagnie active dans les technologies de l’information, c’est beaucoup, constate le secrétaire général de Microsoft, Brad Smith. 
Microsoft a eu maille à partir, au début, avec le phénomène du blogging. Le célèbre évangéliste du blog, Robert Scoble, ancien salarié de Microsoft, ne démentira pas. Reste qu’après un temps de réticence, Microsoft a intégré le principe du blogging. Pour le groupe comme pour ses employés. Au point de lui consacrer un portail. Sur celui-ci, les développeurs, par exemple, peuvent échanger leur vision, leurs préoccupations ou se mettre en quête de solutions, avec les autres membres de Microsoft, mais aussi l’extérieur.
Reste que, autant de blogueurs, ce n’est pas simple à gérer, note Brad Smith dans Inside Counsel.
Afin d’encourager le processus, tout en l’optimisant, Microsoft a élaboré en 2005 un certain nombre de guidances, notamment pour s’assurer du respect de certaines règles en matière de confidentialité. Ou pour demeurer en ligne avec la politique maison dans une série de domaines. La compagnie a toutefois aussi fourni des trucs et ficelles pour améliorer la qualité ou la lisibilité des blogs.
Aujourd’hui, Microsoft considère les blogs comme un outil important de partage d’information, à l’instar de l’intranet. “L’émergence des technologies de vidéo en ligne améliore aussi notre capacité à toucher plus efficacement les gens, de façon plus adéquate, y compris dans le cadre de programme de formation”, souligne Brad Smith, qui souligne dans son cas que le web 2.0 améliore la façon dont les avocats et managers collaborent ensemble.
C’est surtout la possibilité d’intéragir qui offre l’impact le plus important, estime le secrétaire général (en charge notamment des affaires juridique). Le feed back des employé, mais aussi des clients, permet aujourd’hui de prédéfinir, de façon plus conforme aux besoins exprimés, de nouvelles initiatives.
Enfin, signale Brad Smith, le web 2.0 oblige aussi à repenser la communication vers l’extérieur. Ainsi, toujours au niveau juridique, de plus en plus d’entreprises soumettraient aujourd’hui des avis juridiques non plus sous la forme de communiqués de presse mais de manière plus informelle, en publiant un billet sur leur propre blog.
Tout ceci, inévitablement, soulève de nouvelles questions, termine-t-il. Mais la voie du futur semble tracée.
Bangalore est-elle prête pour être une capitale IT ?
8 mai 2008
Telle est la question que se pose Time Magazine cette semaine à travers le témoignage de plusieurs représentants de cette nouvelle génération de consommateurs Indiens. 
Le développement économique de la ville, qui accueille aujourd’hui les plus grands centres de recherche (IBM, General Electric, Microsoft…) a été si rapide… L’urbanisme n’a pas eu le temps de s’adapter. Les infrastructures non plus. Conséquence: un trafic totalement saturé et d’interminables heures perdues dans les bouchons. Les capacités énergétiques et aéroportuaires, malgré de gros investissements en cours, restent limitées.
Mais c’est surtout dans les mentalités et la vie quotidienne que l’essor (trop) rapide de la région est source de décalage. Parfois de déstabilisation. Les modes de vie s’occidentalisent, chariant avec eux les maux de notre époque. Les médecins rapportent une hausse significative du nombre de maladies liées au stress. Les jeunes se plaignent du manque de place laissé par leur travail à leur vie privée. Les ménages s’endettent grâce à l’accès neuf aux cartes de crédit. Faute d’expérience et de préparation. certains s’emballent. L’aubaine se transforme pour eux en drame financier. Sans compter l’entrée en collision avec les traditions, en particulier celle des mariages arrangés entre familles. A lire dans Time Magazine.




