Relocalisation: la pratique gagne du terrain
7 mai 2008
Les entreprises ont une tendance naturelles à chercher les lieux de moindre coût pour effectuer certaines tâches spécifiques. Comme l’eau qui ruisselle vers une dépression. Les délocalisations touchent aussi les services (offshoring,nearshoring…). On le sait. La pratique gagne du terrain, selon une enquête du magazine américain CFO Magazine. Bien que le rythme soit lent. 
Plus de la moitié (53%) des cadres financiers interrogées n’envisagent aucun transfert de service internet vers un pays à salaire plus bas. Trente-cinq pour-cent ont déjà délocalisé un ou plusieurs départements administratifs ou commercial. Une dizaine de pour-cent considèrent la question. Les grosses entreprises, pesant plus de 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires, tendent à opter plus facilement pour une relocalisation.
C’est que les fonctions “offshorables” se multiplient. Les sous-traitants, eux, qu’ils soient en Inde, aux Philippines, au Maroc ou en Pologne, se professionnalisent. Dès lors, la question de la relocalisation n’en est même plus une chez un nombre croissant d’entreprises. L’incertitude porte plutôt sur où?, quand? et comment ? . Précision: si la réduction des coûts reste l’une des premières motivations, elle n’est plus, depuis longtemps, la seule à guider la décision. La volonté de gagner en flexibilité, de se concentrer sur son coeur de métier, d’élargir le volume des compétences disponibles entrent de plus en plus souvent en ligne de compte.
Selon un consultant de Booz Allen, interrogé par CFO Magazine, les entreprises n’hésitent plus à relocaliser des tâches jadis considérées comme enracinées domestiquement. “Dans le domaine des soins de santé, dit-il, citons par exemple la gestion de bout en bout du traitement des réclamations. Mais il y a aussi la recherche juridique, le traitement des procédures de dédommagement pour les assureurs, des actes médicaux de routine (comme la lecture des résultats de tests). Tous sont aujourd’hui offshorés et offshorables. On a dépassé le stade de la seule maintenance informatique en Inde ou des opérateurs de centres d’appel”.
Des équipes managériales voient le jour, en interne, pour gérer les processus de relocalisation. Car le succès d’une opération de ce genre repose notamment sur une excellente communication bilatérale entre les parties, rappelle l’article. Sinon, le risque est grand de se retrouver, comme ce vendeur américain d’articles de plomberie, à vendre des siphons aux bords tranchants comme des lames de rasoir. Il avait oublier de mentionner à son intermédiaire chinois la nécessité de biseauter ces derniers…
La frontière entre informatique professionnelle et grand public s’estompe
6 mai 2008
Google, Facebook, MySpace, Yahoo, SkyRock, Skynet, Meetic, eBay et autres rois du web grand public tiendront-ils bientôt autant de place dans l’entreprise que les Excel, SAP, Oracle, Adobe, et autres outils professionnels ? Pourraient-ils un jour les remplacer? 
Sans aller jusque là, il faut quand même constater que la frontière entre les deux mondes s’estompent, constate Joe McKendrick, sur son blog FastForward, faisant notamment référence à un article publié sur Knowledge@Wharton.
Ces derniers temps, “nous avons observé une convergence des segments grand public et professionnels, car les besoins des utilisateurs convergent. Ainsi, pour les employés d’une entreprise, les outils de recherche interne, par exemple, doivent être aussi conviviaux qu’un site comme Google. Il n’est pas concevable qu’il en soit autrement”, estime Christian Terwiesch, professeur à l’université de Wharton, cité par FastForward. Le bureau de consulance spécialisé Gartner prédit que, à terme, les employés ajusteront et mettront en place eux-mêmes, en fonction de leurs besoins spécifiques, jusqu’à 90% des technologies qu’ils utilisent.
Quelque part, le mélange des genres entre les technologies que l’on utilise pour soi et celles utilisées au bureau reflète aussi un estompement de la limite entre vies privées et professionnelles. Les employés effectuent des tâches privées au travail (comme regarder la dernière vidéo drôle sur Youtube ou faire du shopping sur Amazon). Inversément, ils terminent de plus en plus souvent leur travail chez eux.
En fait, l’organisation telle que nous la connaissons est sans doute elle-même en train de disparaître, note Joe Mc Kendrick. Certes, les lois et réglementations définissent toujours ce qu’est un salarié. Elles encadrent la façon de prester le travail. Mais grâce aux technologies de l’information, et aux réseaux, les organisations peuvent fonctionner plus efficacement comme des confédérations d’entrepreneurs plutôt que des structures pyramidales lourdes et rigides.
Beaucoup d’entreprises se sentent toujours mal à l’aise avec l’idée de faire traiter des données à l’extérieur de leur périmètre. Ce nouveau modèle engendre des problèmes, auxquels il faut trouver des solutions. Mais nous avons vraisemblablement atteint un point de non retour. Pour Joe Mckendrick, l’utilisation des outils grands publics dans l’entreprise devrait enrichir les processus, accroître la motivation du personnel et, finalement, gonfler la productivité économique.
Europe: il n’y a jamais eu une meilleure époque pour devenir entrepreneur
6 mai 2008
Conditions pour devenir entrepreneur à succès
6 mai 2008
Encore des bonnes recettes pour conduire un entrepreneur au succès ? Oui. Si certaines expériences se ressemblent, il n’est jamais sans intérêt d’énumérer quelques points clés. 
Voici un pense-bête déniché sur le site CeoWorld.biz.
“Les gens sont souvent surpris par la façon de fonctionner du cerveau d’un entrepreneur. Comment parvient-il à réussir?, interroge l’auteur.
C’est bateau, mais un entrepreneur doit commencer par élaborer des idées fortes et originales. Vous devez évaluer si cette idée à quelque chance de réussir. Après avoir réuni l’information, dit ce blogueur, décidez de poursuivre ou de simplement stocker cette idée pour la mettre en oeuvre plus tard. Vous continuez ? Très bien. Maintenant, il faut réunir le capital.
“Entreprendre un projet nécessite cependant une approche prudente. Evitez, bien sûr, les marchés saturés ou bien établis. La compétitition y est sans doute déjà telle que les chances sont grandes de courir au suicide”.
“Si vous voulez devenir entrepreneur à succès, insiste l’auteur, vous devez vous penchez sur des concepts tels retour sur investissement, financement, économies d’échelle, temps nécessaire pour obtenir un rendement sur les affaires entamées, etc. Le succès ne sera pas au rendez-vous si vous boudez ces notions. Dès lors, informez-vous et apprenez constamment. Si vous avez l’occasion de vous forger des connaissances en gestion, de suivre des cours, n’hésitez pas. Disposer des connaissances appropriées est un atout énorme”.
Mais une formation ne suffit pas. Comme entrepreneur, pousuit l’auteur, vous devez ajouter certaines attitudes et qualités. Vous ne devez pas ménager votre peine. Ne pas avoir peur de consacrer un volume d’heures énorme à votre projet, jour et nuit, surtout si vous démarrez. Environ 8% de votre temps sera alloué au fait d’encourager et démarcher vos clients. Dans le cas d’une affaire sur internet, vous devez attirer un énorme trafic sur votre site, sinon, ce sera l’échec.
Autre volet très important: la capacité de prendre des risques. “La plupart des entrepreneurs n’ont pas peur des prendre des risques. Cela ne veut pas dire qu’ils foncent les yeux fermés. Ils se lancent après avoir longuement étudié les conditions et les chances de réussite. Ils apprennent de leurs erreurs”.
“Enfin, les entrepreneurs à succès doivent être bien organisés. Ils doivent savoir comment interagir avec des genres de personnes différentes. Si vous gagnez la confiance de vos abonnés, de vos clients, votre affaire réussira. Si vous alignez ces qualités, vous êtes certainement sur le bon chemin. Mais que ce soit sur internet ou au niveau local, assurez-vous qu’il existe un besoin par rapport à ce que vous lancez”.
Gagnez en créativité, pratiquez l’art de l’oubli
3 mai 2008
Le philosophe grec Heraclité (l’auteur de la célèbre maxime: on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve) est le premier professeur de créativité de l’Histoire, estime Roger Von Oech, lui-même consultant dans ce domaine. Pour Roger Von Oech, l’une des contributions majeures d’Héraclite est d’avoir éveillé ses lecteurs aux vertus de l’oubli dans le cadre de toute démarche créative. ![]()
Oubliez ce que nous savons à un moment donné nous permet de gagner en vision et en perspicacité, indique le consultant. Le détachement permet de s’extraire du corset des réponses toutes faites et de nos propres stéréotypes. Il nous motive à déceler et à générer de nouvelles idées.
Pour revenir à la Grèce, poursuit Roger Von Oech, un jour, un autre philosophe, Pythagore, se promenait sur l’île de Samos. Il entendait le forgeron marteler une barre de fer. “Pythagore oublia un moment que ce qu’il entendait était du bruit, narre le consultant. Il prit le son comme une information. Plus tard, il découvrit que le ton d’un morceau de musique était une fonction de la longueur du matériel frappé - son premier principe de physique mathématique”.
“Henry Miller disait: ma capacité d’oublier a été presque aussi important dans mon succès que mam mémoire. Chacun à la capacité d’oublier. L’art est de savoir quand s’en servir. Que se passerait-il si vous passiez outre la première réponse qui vous vient à l’esprit, dictée par votre vécu, et vitre bagage, et vous mettiez en route systématiquement pour une nouvelle ?”.
Les entreprises paieront pour obtenir moins d’informations
3 mai 2008
Voici quelques mois, deux des plus grandes agences mondiales d’information économique, Thomson Financials et Reuters, annonçaient leur fusion. Tom Glocer est le patron du nouveau groupe. Il tient un blog. Le rapprochement entre les agences résulte du besoin de plus en plus exprimé des entreprises pour l’ information dit intelligente.
En 1977, un visionnaire célèbre appelé Marc Uri Porat, estimait que notre société était entrée dans l’économie de l’information lorsque le temps passé à créer, traiter et distribuer l’information avait excédé le temps consommé par les trois secteurs économiques traditionnels (agriculture, industrie et services). Ce cap a été franchi en 1967, déjà, selon Porat, note Tom Glocer. Cette année là, 53% des revenus de travail dérivé de l’ensemble des travailleurs étaient lié au secteur de l’information.
Inutile de préciser que les choses ne se sont pas arrangées depuis. Mais quarante plus tard, le besoin est aigu de trouver la bonne information. Plus seulement l’information en général. Selon Glocer, l’internet a généré une demande globale d’information intelligente.
“Qu’est que l’information intelligente?”, demande-t-il. “Des textes éclairés et bien écrits, certainement. Mais c’est aussi du contenu dynamique livré sous format électronique, auto-descriptif, s’organisant de lui-même et dirigé vers l’action. Dès lors que nous passons du Web 2.0 vers le Web 3.0 (ou web sémantique), l’information intelligent deviendra le langage commun. ” En d’autres termes, les professionnels ne voudront plus payer que pour l’information qui leur est pertinente, et qui leur est utile à un moment bien déterminé. Glocer prend l’exemple des avocats, médecins, scientifiques, comptables et autres experts financiers payeront pour recevoir… moins d’informations. Mais pour obtenir l’information appropriée à leur activité, qui les aide à prendre de meilleures décisions, plus vite.
Tom Glocer va plus loin et explique que personne ne paie déjà plus pour recevoir les prévisions météo. Ce genre d’information est une commodité, un produit standard. Pour celui qui fournit cette information, le seul moyen de gagner sa vie est d’y accoler de la publicité. En revanche, si ce dernier est spécialisé dans la prévision d’ouragans, les compagnies d’assurances habitation paieront sans hésiter”. On pourrait rajouter, d’autant plus s’il accompagne cette information d’analyses fouillées et riches.
L’émergence de la Chine et de l’Inde, pays assoiffés de connaissances nouvelles et d’ambition à conquérir les marchés mondiaux, tire la demande pour l’information intelligente davantage encore. Dans le même temps, constate le patron de Thomson Reuters, les industries physiques se transforment elles aussi en sociétés d’information. “On l’a vu jadis dans les marchés financiers quand on a abandonné l’étalon or et introduit les transactions électroniques. Une transformation similaire est à l’oeuvre dans le secteur pharmaceutique, qui de producteur et constructeur d’usines est passé au modèle immatériel, où l’activité consiste surtout à décoder, analyser, manipuler, par exemple, le génome humain. Il s’agit d’une opportunité immense pour les fournisseurs d’information intelligente”. A commencer par Thomson Reuters, forcément, souligne son patron…, qui devrait recruter dans l’avenir des “information majors”, des experts dans une série de secteurs stratégiques, disposant d’une vision globale et innovante… Est-ce la fin du journaliste d’agence?




