Comment Novo Nordisk a changé son reflet dans le miroir et réinventé le marché de l’insuline
16 août 2010
Connaissez-vous la stratégie de l’Océan Bleu ? Sans doute. Si ce n’est pas le cas, rien de grave.
La théorie de l’Océan Bleu est enseignée aujourd’hui avec gourmandise dans de nombreuses business schools prestigieuses. Née du cerveau de deux professeurs de l’Insead, à Fontainebleau, elle consiste à encourager les entreprises à créer leur propre marché (l’Océan bleu) plutôt que de se battre pour des micro-parts de marché dans des marchés matures et hyper-concurrentiels (l’Océan rouge du sang de la bagarre). 
Plus facile à enseigner qu’à faire. Exact. Disons qu’un exemple classique et récent de création d’Océan bleu est l’iPad, de Apple. Avec la tablette électronique, le constructeur californien crée un nouvel usage, une nouvelle expérience, donc un nouveau besoin, un nouveau marché. A la clé, de juteuses marges bénéficiaires.
Les auteurs de « Blue Ocean Strategy » évoquaient, par exemple, le cas de Novo Nordisk, une société pharmaceutique danoise, spécialisée notamment dans le traitement du diabète. L’exemple, qui remonte à quelques années, reste très instructif aujourd’hui.
Un peu de moutonnerie stratégique dans le secteur pharmaceutique
« Historiquement, l’industrie de l’insuline focalisait son attention sur les professionnels les plus influents du secteur, c’est à dire les médecins, expliquaient les auteurs des Blue Ocean Strategy. En ce sens, elle ne se différenciait pas du reste du secteur pharmaceutique. Or, la pureté de l’insuline, déterminant sa qualité, était l’un des critères pris en compte par les médecins pour déterminer leur prescription. Dans les années 80, les compagnies pharmaceutique sont ainsi entrées dans une logique de surenchère, pour améliorer constamment le degré de pureté de leur insuline ».
La pureté de l’insuline est devenue le seul axe sur lequel les producteurs d’insuline se sont fait concurrence. Par voie de conséquence, les produits n’ont cessé de converger technologiquement. Aucun acteur n’émergeait durablement. Les marges s’écrasaient. L’innovation n’avançait que dans une direction. Les caractéristiques d’un Océan rouge…
Oser changer d’optique et d’angle de vue
« Novo Nordisk s’est extraite de cette impasse en changeant de point de mire, poursuit le blog Blue Ocean Strategy. Plutôt que de passer son temps à tenter, uniquement, d’influencer les médecins, Novo Nordisk s’est intéressée au patients. Etonnamment, une initiative peu fréquente dans le monde de la pharma. En écoutant les patients, la compagnie danoise s’est rendue compte que le conditionnement de l’insuline dans des ampoules gênait fortement les utilisateurs. Les ampoules les obligeaient à utiliser des seringues et à doser eux-même le produit en fonction de leur besoin. Cet inconvénient obligeait certains patients à rester chez eux… » 
En 1985, Novo Nordisk eut donc l’idée d’inventer un nouveau système de conditionnement : le Novo Pen. Cet applicateur en forme de stylo contenait une cartouche d’insuline, contenant suffisamment de produit pour une semaine. Un mécanisme interne permettait de parfaitement doser celle-ci.
Creuser son avance … et la conserver
« Une chose était d’engendrer un Océan bleu; une autre était de conserver le lead, sans se faire copier trop rapidement, observe le blog Blue Ocean Strategy. Pour ce faire, Novo Nordsisk n’a cessé d’innover dans son système d’injection, gardant une longueur d’avance sur la concurrence. En 1999, le Pen fut équipé d’un système électronique, muni d’une mémoire et d’un système de contrôle très précis, permettant d’éviter des accidents ou des oublis ».
Plutôt que de continuer à se voir seulement comme un producteur d’insuline, le groupe danois a décidé de devenir une société de traitement du diabète.
Oser se voir autrement
Novo Nordisk n’est pas un cas unique. D’autres entreprises, ont réussi ce basculement identitaire. Comme Cartier, par exemple, qui se dit « non pas dans le business des montres, mais dans le business du luxe ». De même, Apple n’est pas un fabricant d’ordinateur, mais un « enabler » et un producteur d’émotion. Etc.
Ce premier pas, la vision que l’on a de soi-même, permet souvent de réécrire totalement son ADN. Ainsi, de découvrir de nouveaux Océans bleus.
Novo Nordisk a changé le visage de son marché historique. Aujourd’hui, les appareils d’injection d’insuline pré-chargés dominent aujourd’hui le marché au Japon et en Europe. La firme danoise détient 60% de parts de marché en Europe et 80% dans l’Archipel nippon.
La firme occupe désormais près de 30.000 personnes dans le monde. En 2008, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 45 milliards de couronnes danoises. L’essentiel de ses ventes proviennent toutefois de ses services fournis autour du traitement du diabète. Plus de la vente d’insuline pure.
Désormais, l’objectif de Novo Nodirsk n’est rien moins que « Faire disparaître le diabète ! »

Neuf indices pour révèler la réceptivité réelle de votre entreprise à l’innovation
26 juillet 2010
Votre entreprise veut innover ? Mieux vaut alors tenir les senior managers à l’écart.
Telle est presque la conclusion détonante d’une récente étude du cabinet Nielsen menée auprès de 30 d’entreprises américaines actives dans le secteur de l’emballage.
« Les nouveaux produits qui sortent des entreprises dans lesquelles les cadres seniors s’impliquent le plus dans le processus de création génèrent 80% de revenus en moins que les produits issus d’entreprise où le développement de nouveaux produits est nettement moins encadré… »
Nielsen se demandait pourquoi certains spécialistes de l’emballage volaient de succès en succès, avec des solutions très innovantes, tandis que d’autres végétaient.
« Nous avons trouvé la cause : le degré d’intervention des managers expérimentés dans les processus créatifs… »
, constate le bureau d’étude.
Ecoute des employés, liberté… croissance, survie…
La préservation de modèles de management trop cadrés, laissant peu de chance aux nouvelles idées d’être au moins testées, engendre des conséquences fâcheuses.
Certains paramètres favorisant l’émergence d’une réelle culture de l’innovation sont pourtant connus…
« Lorsque le management apporte son grain de sel trop vite dans les processus créatifs, il étouffe les échanges débridés et les idées insolites, source en général des meilleures pistes d’innovation », observe Nielsen.
Résultat : les nouveautés n’apparaissent qu’en marge de l’existant. L’innovation est convenue. Conformiste.
A terme, les clients se détournent. Les revenus reculent…
Pour Nielsen :
« Le management intermédiaire conserve son importance. Mais il doit se définir un nouveau rôle, en accompagnant le processus de développement des nouveaux produits, plutôt que d’intervenir trop tôt dans l’étape de la génération des idées. »
Neuf indices qui dévoilent le manque d’ouverture de votre entreprise à l’innovation
Abondant dans le sens des conclusions de Nielsen, Mark Swiecichowski, du blog The Profit Power of Creativity, propose un test en trois parties pour estimer si un environnement d’entreprise est favorable à l’innovation ou pas…
Voici quelques questions qui, selon lui, peuvent aider une organisation à prendre conscience de son hostilité latente à l’égard des dynamique de création et d’innovation:
- Les personnes dans votre entreprise craignent-elles d’émettre des idées qui sortiraient de leur champ officiel d’expertise ?
- Dans le cadre de ses activités, votre entreprise enregistre de réels progrès dans un domaine. En revanche, d’autres domaine d’activité stagnent et souffre d’un non renouvellement persistant
- Une seule personne est-elle à l’origine de 75% de toutes les nouvelles idées ?
- Le chiffre d’affaires de votre entreprise continue de dépendre du même produit développé voici plus de dix ans
- Il n’existe aucun dispositif pour permettre aux employés de soumettre leurs idées et d’en connaître le suivi
- L’entreprise ne prévoit pas le moindre espace dans le planning de ses employés pour leur permettre de réfléchir, d’explorer et de développer de nouvelles idée
- Les séances de brainstorming ne débouchent sur jamais rien de concret
- Il n’existe pas de consensus sur l’objectif assigné au développement de nouvelles idées, pas plus que de personne désignée à la tâche
- Des dizaines des pages d’idées différentes dorment dans votre tiroir. Vous n’avez jamais le temps d’en faire quelque chose…
Une entreprise ne doit pas attendre d’observer ces situations pour prendre les devants…

Le crowdsourcing gagne en popularité dans les entreprises
15 juillet 2010
Qu’ont en commun General Electric (GE), l’un des plus grands groupes industriels du monde, et la chanteuse britannique Lily Allen ?
L’un comme l’autre recourent aujourd’hui au crowdsourcing.
En d’autres termes, ils s’ouvrent et font appels aux contributions extérieures, d’où qu’elles viennent, afin de leur permettre d’amener de nouvelles idées, de stimuler leur créativité et de diversifier leur offre.
L’un comme l’autre recourent aujourd’hui au crowdsourcing.
En d’autres termes, ils s’ouvrent et font appels aux contributions extérieures, d’où qu’elles viennent, afin de leur permettre d’amener de nouvelles idées, de stimuler leur créativité et de diversifier leur offre.
GE organise un concours d’innovation dans les CleanTech
GE vient de lancer un concours majeur, la « GE open-innovation competition », dotée de 200 millions de dollars.
Objectif : accélérer son développement dans le domaine des technologies vertes. Le public pourra voter pour les meilleures pistes et idées. Les suggestions les plus percutentes pourront recevoir 100.000 dollars et plus… De mêmes, les startups les plus prometteuses pourront bénéficierions d’investissements généreux.
« Nous voulons puiser dans le potentiel de la cloud industry,a expliqué Jeffrey Immelt, le CEO de GE, faisant référence au cloud computing, l’informatique distribuée qui révolutionne aujourd’hui le secteur IT. Nous avons besoin de votre capacité innovation. Vous avez besoin de notre taille, pour atteindre les marchés« .
Small et Big ne sont aujourd’hui beautiful qu’ensemble, dirait-on…
Lily Allen : un clip à 2.000 voix
Pour le clip de « The Fear », de son côté, Lily Allen a fait appel à quelque 2.000 contributeurs qui se sont filmés en vidéo.
Résultat: une séquence composée de centaines de micro-clips.
Lily Allen « The Fear. » mk II from phil tidy on Vimeo.
La chanteuse n’est pas la première à utiliser ce procédé. Des spots publicitaires ont déjà été réalisés en compilant des centaines d’images d’amateurs.
Mais dans les métiers culturels, l’usage du crowdsourcing grandit également… Le réalisateur Ridley Scott s’y met aussi.
Le crowdsourcing gagne en visibilité : Monsieur Toutlemonde devient le département R&D…
Les exemples de mise en place de structures d’innovation participatives sont chaque mois plus nombreux. 
Le groupe Fiat, par exemple, a récemment inauguré un programme de crowdsourcing pour le développement d’un nouveau modèle: la MIO.
Cette voiture compacte est destinée au marché brésilien. Les internautes lusophones pourront soumettre leurs idées en matière esthétique, techniques, etc. Ils seront aussi appelés à voter pour les meilleures propositions.
« Il s’agit d’une approche open-source appliquée à l’automobile », laisse-t-on presque entendre chez Fiat.
Le fabricant de produits de grande consommation Procter & Gamble s’est aventuré, voici plus longtemps, sur le terrain du crowdsourcing, avec son concept d’innovation Connect & Develop. Avec succès, semble-t-il.
La société américaine de location de films en ligne Netflix, quant à elle, récompense depuis plusieurs années les meilleures suggestions faites pas des équipes de développeur pour améliorer son système de recommandation automatique (Cinematch). Grâce à cela, la firme à pu sensiblement perfectionner sa plate-forme.
Le crowdsourcing, bientôt la norme en matière d’innovation ? Pas si vite…
A ce rythme, le crowdsourcing s’imposera-t-il un jour comme une façon naturelle d’organiser l’innovation d’une entreprise, peut-on penser ?
Prudence, prudence…
« Le crowdsourcing est un moyen pour les entreprises – en particulier pour les PME – d’avoir accès à un potentiel global, en utilisant notamment Internet », commentait récemment Klaus-Peter Speidel, fondateur d’Hypios, une plate-forme d’innovation collaborative, sur le site de l’Atelier numérique.
Un bémol, toutefois :
« La difficulté, c’est que ces petites et moyennes entreprises doivent avoir les ressources internes suffisantes pour évaluer la qualité des solutions qu’elles trouvent sur la Toile ».
Dès lors, pour Klaus-Peter Speidel, le crowdsourcing ne correspond en un sens qu’aux entreprises déjà innovantes. Non pas celles ayant déjà toutes les idées à leur portée, mais celles possédant l’ensemble des compétences techniques pour les réaliser une fois qu’elles ont émergé.
Disney-Pixar: pourquoi la créativité nécessite des rapports francs entre les individus
2 juillet 2010
Il n’existe sans doute pas grand chose d’aussi motivant et frustrant, à la fois, qu’une séances de brainstorming.
Dans un brainstorming, les participants se laissent aller. Les tabous tombent. Le groupe réinvente le monde…
Le retour à la réalité s’avère toutefois, souvent, brutal. Ce qui semblait évident dans l’élan du remue-méninges semble, quelques heures plus tard, désespérément irréaliste et inconciliable avec les priorités opérationnelles de l’entreprise.
Le cartoon ci-dessous, repris via le blog churchofcustomer.com, illustre parfaitement ce sentiment…
Une culture d’entreprise prête à accueillir, cultiver… et accompagner les nouvelles idées
Pour que les nouvelles idées percolent et que l’innovation se répande, l’entreprise doit cultiver une culture interne propre à accompagner la mise en oeuvre de ces dernières.
Les géants de l’animation, Pixar ou Disney, donnent quelques sources d’inspiration à ce sujet.
Il faut dire que la survie des deux entreprises repose complètement sur l’exploitation optimale du potentiel créatif de leurs employés. La circulation des idées, la possibilité d’émettre des critiques, positives ou négatives, est, pour elles, vitales.
Chez Pixar, des réunions hebdomadaires de critique positive 
Chez Pixar, le producteur de Up ou Toy Story 3, les animateurs, graphistes ou scénaristes actifs sur différents projets ont l’habitude de se réunir hebdomadairement pour se montrer, entre eux, l’état de leur travail respectif.
« Les pairs expriment naturellement et sincèrement leur point de vue, explique cet article de CIO. Quand les gens sont en confiance, qu’ils ne se sentent pas menacés, ils ne prennent pas toutes les critiques comme une atteinte personnelle. Ces feed backs précoces et réguliers permettent de transformer un bon produit, une bonne idée, en quelque chose d’absolument fantastique… »
Grâce à cette culture d’entreprise, la dynamique créative est libérée. Résultats à la clé.
« Les entreprises dans lesquelles les individus se sentent bien, où ils sont tendent à nourrir la confiance interne. Les échanges créatifs sont dès lors plus francs et fructueux« , note-t-on dans le même article.
Conversations d’égal à égal, plus créatives également, chez Disney 
« Le business prend ses racines dans des idées. Nous sommes convaincus que les idées proviennent d’un environnement dans lesquels les confrontations positives sont permises », disait Michael Eisner, l’ancien patron de Disney.
Les idée des dessins animés La Petit Sirène ou Pocahontas, par exemple, sont sortie de discussions ad hoc et ouvertes, organisées deux ou trois fois par an par la direction de Disney. Lors de ces rencontres, n’importe quel animateur pouvait soumettre un sujet de films ou une idée particulière liée à l’animation.
Ces propositions ne débouchaient pas toujours sur quelque chose de concret. Mais elles permettaient d’affiner le regard, de faire remonter l’énergie créative de la base et de motiver le personnel. A cette occasion, chacun était égal, quelle que soit sa position. Le fait de se sentir au même niveau est fondamental dans le processus créatif, car il assure une certaine franchise.
A ce titre, Michael Eisner confiait qu’il appréciait les réunions particulièrement interminables. Pourquoi ?
« Après 10 heures de réunion ou plus, les individus ont faim et sont fatigués, indiquait l’ancien patron de Disney. Presque plus personne ne perd encore son temps à frotter la manche. L‘authenticité réapparaît. La dernière demi-heure, on assiste alors, en général, à un foisonnement créatif… »
15 caractéristiques du management du 21ème siècle
15 juin 2010
« Le management du futur sera ouvert et globale ! »
Ce n’est pas moi qui le dit, mais Stefan Lindegaard, sur son excellent blog 15inno. Ce spécialiste danois de l’innovation ouverte (open innovation), s’inspire lui-même de Gary Hamel, célèbre professeur de management stratégique à l’université de Harvard.
A distance, l’un et l’autre dégagent quelques caractéristiques clés d’un management efficace. Un management qui pourra mieux répondre aux défis et réalités de ce début de 21ème siècle. 
Voici 15 facettes principales de ce management d’aujourd’hui, un peu, et surtout de demain :
1. Le management de demain intègrera les idées de communauté et de citoyenneté
Les processus et les pratiques en vigueur demain devront refléter réellement et sincèrement l’interdépendance de toutes les parties prenantes, internes et externes à l’entreprise. Plus question de séparer les questions de responsabilité sociale de l’entreprise (CSR), en les logeant dans une antenne périphérique, du reste de l’organisation.
2. Supprimer les pathologies du formalisme hiérarchique
Retrouver les avantages du leadership naturel. Les postes de décision ne doivent plus être le résultat de tractations opaques, en coulisse, ou d’un héritage historique, mais émerger du groupe.
3. Travailler sur la confiance plutôt que sur la peur
La méfiance et la peur, trop souvent présente dans les organisations, pénalisent l’innovation et l’implication des uns et des autres. Les systèmes de management à venir devront veiller, impérativement, à enrayer celles-ci.
4. Réinventer les instruments de contrôle
Afin d’équilibrer au mieux liberté et discipline, les systèmes de contrôle de performances seront géré au plus près, par les cercles proches. Le moins possible au niveau d’autres strates de l’entreprise.
5. Redéfinir la fonction de leader
L’image d’Epinal du leader, un décideur viril et héroïque, correspond aux formes que prend le pilotage des entreprises en ce début de 21ème siècle. Le leader de demain sera davantage un architecte des systèmes sociaux, capable de favoriser l’éclosion de nouvelles dynamiques d’innovation et de collaboration entre les individus.
6. Déployez-vous et exploiter au maximum la diversité des équipes
Le système managérial de demain encouragera la diversité, les désaccords et les divergences de vue autant qu’il valorisera le consensus et, in fine, la cohésion.
7. Déconstruire l’organisation en petites unités
Pour devenir plus innovante, pour accroître leur potentiel d’adaptation, les grandes organisations se restructureront en petites cellules, plus flexibles, créatives et malléables.
8. Laisser chacun participer au choix des directions
La responsabilité relative à la fixation des objectifs devra impliquer la possibilité pour chacun de faire entendre sa voix, sans risque, quel que soit son rang hiérarchique.
9. Mettre en place une démocratie de l’information
Les entreprises ont besoin de systèmes d’information complets et transparents auquel chaque employé doit pouvoir avoir accès, afin d’agir mieux, dans l’intérêt commun.
10. Protéger les rebelles
Les systèmes managériaux doivent donner plus de capacités d’action aux salariés dont les émotions tendent à les tourner dans une perspective de futur plutôt que vers le passé.
11. Elargir le champ d’autonomie des employés
La gestion des équipes doit encourager la prise d’initiatives en provenance de la base ainsi que les expérimentations locales.
12. Créer des marchés internes pour les idées, les talents et autres ressources
L’allocation des ressources via des plates-formes ouvertes pourra s’avérer plus efficace que de laisser la hiérarchie fixer seule la distribution de celles-ci.
13. Dépolitiser les processus de décision
Dans les organisations traditionnelles, les décisions devraient pouvoir être prises indépendamment des stratégies de positionnement personnelles des uns et des autres. Mieux vaut puiser dans la sagesse collective de l’entreprise.
14. Permettre à des communautés de passion d’émerger
Une autre façon de stimuler l’implication et l’énergie des salariés consiste à laisser des communautés passionnées jaillir spontanément au sein de l’organisation.
15. Rééquiper le management pour s’insérer dans un monde ouvert
Les réseaux de création de valeur transcendent souvent les limites de l’entreprise. Ils rendent, de la sorte, obsolètes les outils de management basés sur le pouvoir et l’autorité.
Un nouvel attirail managérial est nécessaire pour bâtir de nouveaux écosystèmes complexes.
Dans le secteur automobile, l’innovation passe de plus en plus par les startups
31 mai 2010
Voici quelques années, les innovations venaient des constructeurs automobiles eux-mêmes.
Daimler Benz, General Motors, PSA, Ford, Mitsubishi… Tous dépensent encore des sommes considérables en recherche et développement.
Il semble pourtant que les véritables innovations de ruptures ne viennent plus aujourd’hui des grands noms du secteur.

Imperia
Les constructeurs automobiles ont perdu le monopole de l’innovation
Les groupes automobiles traditionnels ont perdu leur monopole de l’innovation, en particulier, dans le domaine des véhicules électriques.
« A force de miser en permanence, voire uniquement, sur la réduction des coûts de production, les rachats et les consolidations d’entreprises, les constructeurs ont un peu perdu le sens de l’innovation« , pense Yves Toussaint, l’administrateur délégué de Green Propulsion, une spinoff de l’université de Liège spécialisé dans les motorisations électriques.
A l’instar de secteurs très réactifs comme ceux l’industrie du web ou celle des biotechnologies, dans l’automobile, les innovations de ruptures semblent désormais venir de startups.
Des startups développent aujourd’hui des véhicules complets
Ainsi, Green Propulsion proposera l’Imperia, dans le courant de l’année 2011 (voir photo ci-dessus). Il s’agit d’un petit coupé sport dit « plug-in hybride« , utilisant une motorisation mixte électrique (avec rechargement, entre autre, sur le réseau électrique) et thermique. A peine 50g d’émissions de CO2.
Développement, assemblage, design,… La startup liégeoise maîtrise le processus quasiment de A à Z .
L’Imperia n’est pas une exception dans ce paysage en recomposition du secteur de l’automobile.
D’autres exemples…
Coda, une société californienne, s’apprête à commercialiser également un véhicule électrique familial. La société, partenaire du fabricant de batteries chinois Tiajin Lishen, aurait déjà reçu des commandes en provenance de l’Etat de Californie.
Citons encore la Think, une autre voiture électrique pour l’utilisation urbaine, conçue par une société norvégienne.
Ou encore la BO, dessinée par le designer italien Pininfarina et fabriquée par le groupe français Bolloré.
Tenir à l’oeil les startups 
Certes, certains grands groupes ont été à l’origine de grandes innovations ces dernières années. Le Japonais Toyota, avec la Prius et son moteur hybride, énorme succès commercial aux Etats-Unis, notamment, entre dans cette catégorie.
Même Toyota, néanmoins, s’appuie aujourd’hui sur les startups, semble-t-il, pour gagner du temps en matière d’innovation.
Le champion de la voiture hybride vient d’annoncer un rapprochement avec Tesla, une jeune société californienne qui a mis au point un roadster électrique désormais commercialisé auprès d’une clientèle (très) branchée.
Tesla bénéficiera d’un accès au carnet d’adresses de fournisseurs de Toyota. Ce dernier apportera sans doute également sa force commerciale, son réseau de distribution, son savoir-faire en matière de production…
Encore une fois, les idées neuves et les sursauts technologiques ne sont toutefois plus l’apanage des seuls géant de l’automobile planétaire.
De petits acteurs inconnus peuvent surgir demain avec une révolution en main.
Autant le savoir et guetter de ce côté…
Les plates-formes d’open innovation gagnent du terrain
14 mai 2010
Vous disposez peut-être de la meilleure technologie du monde. Si elle ne répond à aucun besoin ou demande humaine, il est probable qu’elle reste à jamais une belle oeuvre… inutile… 
L’Histoire économique est jonchée de ces exemples de produits magnifiques sur le papier voué à un destin funeste faute de débouché économique véritable à un moment donné. Citons le supersonique Concorde fin des années 60, la voiture électrique Vanguard-Sebring CitiCar, en 1974, le PDA Newton d’Apple, au début des années 90, etc.
Réconcilier technique et demandes de marché
De nouvelles solutions surgissent aujourd’hui pour aider les professeurs Tournesol, isolés dans leurs laboratoires, et les praticiens du marché, en contact quotidien avec les consommateurs, à se rencontrer.
Objectif: échanger leurs meilleures compétences et compenser leurs lacunes respectives.
Au début de la décennie, déjà, le site internet Innocentive avait entrepris de mettre en relation les « problem seekers » et les « problem solvers ».
Plutôt que de chercher des semaines l’information qui permettra d’avancer ou de débloquer une situation, le principe consiste à exprimer simplement son problème ou son idée à la communauté des abonnés de Innocentive.
L’espoir ? Que dans la masse des 200.000 scientifiques et professionnels inscrits, l’un d’entre eux détienne la clé et se manifeste.
Open innovation (innovation ouverte)
Innocentive est sans doute l’une des formes les plus approfondie d’open innovation (innovation ouverte) éprouvée à ce jour, puisqu’elle fait appel à la masse (crowdsourcing).
Cette façon de procéder diminue bien sûr le risque et les coûts des processus d’innovation (les « solvers », fixent eux-mêmes le prix de leur intervention, à partir de 5.000 US$, par exemple).
Néanmoins, encore faut-il trouver pied à la chaussure proposée. Ce qui n’est pas garanti…
Les plates-formes d’innovation ouvertes sont, certes. une piste de résolution de problème ou de confrontation au marché. Elles ne sont pas LA formule miracle…
Hypios, autre plate-forme d’open innovation de plus en plus populaire…
Il n’empêche. Le modèle gagne en force.
La preuve par une autre plate-forme de mise en relation d’opérateurs techniques et d’acteurs de terrain : Hypios.
Hypios regroupe quelque 150.000 scientifiques a levé plus de 1 million de US$. Quelque 150.000 scientifiques y sont, à ce jour, inscrits.
Pour l’anecdote, un appel y a été récemment lancé pour trouver une solution afin d’étanchéifier la fuite de pétrole consécutive à l’explosion de la plate-forme pétrolière de BP au large des côtes de Louisiane, dans le Golfe du Mexique.
La transdisciplinarité des solutions proposées est une importante source de créativité, insistent notamment les fondateurs de Hypios, cités dans un article du quotidien Les Echos. Une question relative a l’extraction pétrolière en eau froide, par exemple, a trouvé une réponse grâce à la proposition d’un spécialiste du ciment »
Des innovations plus proches du marché
Les plates-formes sociales d’innovation ouvertes sont-elles l’avenir de l’innovation ?
Elles méritent en tout cas de s’y intéresser. S’y inscrire, de toute façon, ne coûte rien et peut rapporter.
Ces outils offrent des opportunités, que l’on soit « seeker » ou « solver ».
BetaVine: le modèle d’innovation ouverte dans le mobile
C’est ce qu’à compris à son tour l’opérateur mobile Vodafone avec sa plate-forme BetaVine. 
BetaVine met en relation des opérateurs de terrain en Afrique (des responsables d’ONG, en particulier) et des développeurs d’applications pour téléphones mobiles.
Les développeurs avaient tendance à tous mettre au point le même type d’application, explique-t-on chez Vodafone. Nous avions des centaines d’application d’e-mailing, de météo, etc. En gros, ils manquaient d’imagination. Avec cette plate-forme d’open innovation, ils se voient proposer des idées d’application plus originales susceptibles de trouver un public…
Autrement dit, leurs processus d’innovation produiront moins de déchets…
« IPhonegate »: l’erreur humaine reste la première cause de fuite et ce n’est pas prêt de changer
30 avril 2010
L’affaire de l’ « iPhonegate » rappelle que la protection des secrets de fabrication n’est pas infaillible même dans une entreprise aussi proéminente dans le monde des nouvelles technologies de communication qu’Apple.
Pour rappel, tout est parti d’un ingénieur de la firme à la pomme parti s’amuser un soir dans un bar bavarois de la Silicon Valley où il oublia… un prototype du iPhone GS4, la prochaine version du smartphone le plus populaire du moment.
Pas de chance. On ne sait trop comment, le blog spécialisé Gizmodo a mis la main sur l’appareil. Le rédacteur Jason Chen a sorti immédiatement le scoop sous la forme d’une vidéo descriptive du produit attendu seulement sur les étals dans la deuxième moitié de l’année…
Cette vidéo vaut désormais au journaliste quelques soucis judiciaires. Mais il s’agit d’une autre histoire…
Protection élémentaires des secrets de cuisine, l’erreur est souvent humaine…
Nous avons beau nous mouvoir dans un environnement où l’information n’est plus propriétaire et où l’échange devient la norme… la grande communion de l’ouverture totale demeure un idéal qu’il convient d’encadrer de quelques précautions.
Les murailles sont une chose. La plupart des histoire de fuites et de secrets éventés sont le fait d’une erreur humaine.
Malgré le coffre-fort bâti autour de ses filières d’innovation, Apple n’a pu prévenir le relâchement d’un de ses employés. Les conséquences sont fâcheuses.
Beaucoup de mots de passe sont traçables en constituant un profil des individus grâce aux données personnelles en lignes
Un excellent débat en ligne, enregistré sur par TechTocTV, faisait récemment le point sur le sujet de la protection des données et des menaces posées par des concurrents à l’affût.
Les intervenants soulignaient notamment les risques liés simplement à la faible complexité des mots de passe permettant aux employés d’accéder au système informatique de l’entreprise.
« Trop souvent, on se contente de références personnelles. Or ces données sont aujourd’hui aisément retrouvables en ligne… »
Apparition du social engineering pour reconstitué des flux de données stratégiques…
« Sur Facebook, on retrouve votre date de naissance, le nom de vos parents, de votre petit ami, de votre chien, votre lieu de résidence… Dans une ancienne où je travaillais, la consigne était que le service informatique confiait un mot de passe aléatoire, inchangeable par l’utilisateur », poursuit Guillaume Soulet, président fondateurde l’ILCN, un think tank du numérique. On entre dans le social engineering, où l’on commence à retracer la psychologie de la personne pour deviner son mot de passe…«
Pour Fabrice Frossard, responsable du site internet du magazine L’Usine Nouvelle, les réseaux sociaux ont démultiplié le nombre de personnes en ligne.
Cela dit, les problème de charte existaient avant les réseaux sociaux :
« On se souvient de post-it à côté de l’écran avec le mot de passe inscrit dessus », rappelle-t-il
Pratiques de prédateurs sur les réseaux sociaux
Certains concurrents adoptent des pratiques plus vicieuses encore.
« On voit désormais, parfois, sur LinkedIn, apparaître de fausses offres d’emploi très alléchantes afin de passé au peigne fin le marché des compétences disponibles dans une discipline donnée, puis tracker ensuite un certain nombre de personnes clés ».
Des précautions élémentaires pour protéger ses données 
Sans entrer dans la paranoïa, comment se protéger un minimum, dès lors ?
Pour Fabrice Frossard, si l’humain est très confiant de nature, quelques habitudes sont bonnes à prendre:
« Quand j’appelle et que je dis que je suis journaliste, on ne me demande jamais de me rappeler… C’est pourtant un réflex simple »
« Quand parle d’un client, il vaut mieux pour la société donner un nom de code à celui. Pas parler de la société X, mais l’appeler entre vous Mickey Mouse ou autre. Ainsi, vous pourrez en parler dans des lieux publics sans risque, échanger tranquillement… Le TGV Paris-Luxembourg, par exemple, a donné lieu à plusieurs scandales dans le passé. En procédant de la sorte, les intéressés auraient évité quelques tracas… », illustre-t-il encore.




