AB Inbev s’inspire d’Apple pour innover

15 mars 2010

Apple, Apple, Apple…

Lorsque l’on évoque entreprises à la fois les plus audacieuses, les plus créatives et celles qui collectent les gains les plus significatifs, la marque à la pomme revient à la vitesse d’un métronome dans la bouche des observateurs de la vie du management.

Le fabricant du Mac, pouvait-on néanmoins penser, inspirerait majoritairement les acteurs de l’industrie des technologies de la communication et du divertissement. Ce temps est dépassé.

Aujourd’hui, des entreprises actives dans des secteurs beaucoup plus anciens et traditionnels tentent également de répliquer certains aspects de la dynamique créative instaurée par Steve Jobs.

C’est le cas de Anheuser-Busch Inbev, confie Patrick O’Riordan le responsable de l’innovation du premier groupe brassicole de la planète, lors de l’événement Front End Innovation d’Amsterdam.

Aborder la création de nouvelles bières comme Apple a abordé la création de l’iPod

Qu’est-ce qui relie l’iPod au monde de la bière ? De prime abord,… rien… En fait…

« …  Apple a suivi une stratégie d’innovation passant par la création d’une plate-forme. Cette dernière associait une extension des capacités de production, de nouveau design de produits et la création d’un nouveau service ad hoc. C’est cet ensemble qui a permis à Apple d’exploiter au mieux le potentiel de l’iPod, explique Patrick O’Riordan, dans des propos rapportés par Bloomberg. Dans le même esprit, AB Inbev souhaite développer des plates-formes pour de nouvelles boissons ».

Distinguer « Rénover » et « Innover »

Le directeur de l’innovation d’AB Inbev distingue deux formes de stratégie d’innovation.

« Rénover, consiste à renforcer les lignes de produits existantes par le biais de nouvelles campagnes marketing ou de quelques modifications à la marge (Ndlr: comme la création d’une bière blanche rosée, par exemple ?). Innover, en revanche, implique la mise au point de tous nouveaux types de produits ».

Important : ces deux formes d’innovation ne sont pas exclusives l’une de l’autre. Au contraire, elles sont complémentaires.

« Vous n’iriez pas construire une annexe à votre maison si la structure et les fondations de cette dernière n’étaient pas solide »

Dialogue avec les clients

Aujourd’hui, AB Inbev entend mettre en place un  processus d’innovation double.

En première ligne, un processus d’innovation dont le but est d’amorcer un plus grand dialogue avec les consommateurs, et de les embrigader ainsi dans le processus d’innovation du producteur de Leffe, Stella Artois, Budweiser ou Brahma.

Ces derniers sont invités à formuler des idées, soumettre leurs découvertes, etc.

« Il s’agit de la partie souple du processus. Il n’y a pas de contrainte ».

En deuxième ligne, d’autres équipes prennent en mains l’évaluation et la mise en oeuvre pratique des suggestions. Cette partie est beaucoup plus procédurière et rigide.

S’ouvrir l’esprit, mais garder le cap

Le groupe belgo-américano-brésilien veut augmenter sa part de marché, relève l’article du HBS. Logique. Mais en tant qu’opérateur global dominant, pour y parvenir, il doit désormais flairer d’autres territoire à cultiver. Pousser ses clients à consommer ailleurs, autre chose…

En somme, AB Inbev est face à un défi que bien d’autres groupes de même taille affronte.

La réponse consiste à garder l’esprit ouvert, dégagé des scories de l’habitude et des préjugés, sans rien concéder cependant à la nécessaire efficacité des opérations.

80% des plus grandes entreprises du monde sont présentes sur les réseaux sociaux

2 mars 2010

En 2009, les réseaux sociaux sont devenus l’un des axes de curiosité, puis de préoccupation, des entreprises et de leurs départements marketing.

Les 100 plus grandes entreprises du monde ne font pas exception: 79% des multinationales du Fortune Global 100 (parmi lesquelles retrouvent des géants comme HP, Toyota, Shell, Microsoft, Exxon, Ford, Wal Mart, Coca Cola, P&G, HSBC etc.) sont désormais présentes sur au moins un réseau social.

Une étude du cabinet spécialisé Burson-Marsteller a opéré le recensement. Plus précisemment, parmi les cent plus grandes entreprises du globe:

  • 65% ont ouvert un compte Twitter
  • 54% ont mis en place une page Facebook
  • 50% ont ouvert une chaîne sur YouTube
  • 33% disposent d’un blog
  • seules 20% d’entre elles, cependant, utilisent les quatre plates-formes sociales

Etats-Unis et Europe sur Twitter, l’Asie championne du blogging

Notons qu’un classement global sous-entend différence géographique. Les voici :

Les plus grandes entreprises du monde utilisent volontiers Twitter quand elles viennent d’Europe ou des Etats-Unis.

Les multinationales asiatiques recourent proportionnellement moins à Twitter.

« Les grandes entreprises asiatiques vont sur Twitter pour démarcher le marché occidental. note l’étude Burson-Martseller. C’est le cas de Toshiba, par exemple« 

Le blog, par contre, est plus populaire dans les entreprises asiatiques que dans leurs homologues occidentales.

Les grands entreprises américaines gardent une avance en ce qui concerne l’usage de la vidéo pour leur communication.

Relativement actifs sur les réseaux sociaux

Les grandes entreprises américaines ne font pas seulement de la figuration sur les réseaux sociaux. En tout cas, elles alimentent leurs comptes sur Youtube ou Facebook plus ou moins régulièrement.

Burson-Marsteller 2010 Global Social Media Check-up report.pdf (page 7 of 46)-1-thumb-600x213-14514

Bémol: les plus grandes entreprises du monde qui utilisent Twitter ne suivent, en revanche, qu’une moyenne de 731 personnes. Un chiffre encore très faible, peut-on penser, en regard de la taille de ces organisations.

Reste que le dialogue prend forme.

Un nombre croissant d’entreprises du Fortune Global 100 joueraient le jeu de la conversation avec leur audience.

Ainsi, en moyenne, 38% des grands marques répondent au messages qui les concernent sur le réseau social, à l’instar de Vodafone UK. 32% ont fait un re-tweet d’autres contenus (Verizon Careers, par exemple, est cité dans l’étude).

L’Europe suscite le plus d’engouement sur ses pages Facebook

Pour finir, remarquons que, toujours selon Burson-Marsteller, les entreprises européennes incluses dans le  Fortune Global 100 (comme Munich Re, Crédit Agricol, Fiat, Nestlé, Deutsche Telekom, Barclays, EDF, etc.) sont celles qui suscitent le plus de réactions sur leurs pages Facebook.

Deux fois plus que leurs pairs américains.

Comment l’Europe a perdu son leadership dans le domaine du mobile

15 février 2010

Cette semaine se tient, à Barcelone, le Mobile World Congress, la plus grande foire consacrée, dans le monde, au téléphone mobile. Equipementiers, fournisseurs de services, fabricants sous-traitants, opérateurs télécoms, centres de R&D… La famille planétaire du cellulaire est entièrement réunie.

Voici dix ans, quand l’événement se tenait à Cannes, les stars de l’événement s’appelaient Siemens, Alcatel, Nokia ou Ericsson…

La mobilophonie était une affaire européenne, alors. La norme GSM avait été inventée sur le Vieux continent. Elle s’était ensuite répandue sur les cinq continents… Les groupes européens avaient ainsi pris la tête de cette immense industrie naissante…

Les Européens effacés par les Américains et les groupes asiatiques

Dix ans plus tard, le paysage de la mobilophonie européenne s’est terni.

Siemens a vendu sa division téléphones portables au Chinois BenQ (lequel l’a mise en faillite un an plus tard).

Alcatel a fusionné avec l’Américain Lucent. Le mariage est peu convaincant jusqu’ici.

Ericsson conserve une position forte dans les réseaux, mais a fusionné son département combinés portables avec le Japonais Sony. Ensemble, ils ont formé SonyEricsson.

De la bande européenne, seul Nokia garde quelques beaux restes.

La firme Finlandaise domine toujours le marché mondial du téléphone portable. Mais si la croissance dans les pays émergents reste intense, Nokia s’essouffle dans les pays développés et dans le segment des smartphones. Quant à la division réseaux de Nokia, regroupée avec Siemens, elle est déficitaire

Un renversement en quelques années à peine…

En 2010, les héros du Mobile Congress de Barcelone ont pour nom Google, Apple, HTC (Taïwan), Blackberry, Samsung, LG,…

Le retournement de situation est pour le moins spectaculaire. Il s’est pourtant produit en quelques années, à peine…

Les raisons de ce tassement sont sans doute multiples.

Le péché d’orgueil, d’abord… Première erreur

Les équipementiers européens ont surestimé leur position dominante en misant sur leur avance technologique plus que sur la qualité des services et la pertinence des usages.

Ainsi, ils ont convaincu les opérateurs télécoms de s’engager dans la surenchère technologique.

En poussant leurs clients à se saigner aux quatre veines pour acquérir des licences UMTS, au début des années 2000, les Siemens, Ericsson, Alcatel et autres ont asphyxié financièrement les opérateurs télécoms.

Ces derniers ont mis trois à quatre ans pour s’en remettre.

Trois ou quatre ans… une éternité dans l’économie moderne. Ceci est la deuxième erreur : les Européens n’ont pas anticipé la maîtrise technologique grandissante de constructeurs asiatiques, taïwanais ou chinois, notamment. En très peu de temps, ces derniers, comme HTC, sont passés du statut de sous-traitant à celui de constructeur final.

Troisième erreur (conjointe des équipementiers et des opérateurs télécoms européens, cette fois) : la difficulté de s’ouvrir à des tiers et de respecter le besoin exprimé par l’utilisateur final.

Comme le rappelle cet article de The Observer, les opérateurs télécoms ont tout fait pour empêcher l’accès ouvert à internet via le mobile.

C’est ce que demandait pourtant les usagers.

Les opérateurs mobiles se sont enlisés dans  l’illusion qu’ils pourraient à jamais enfermer leurs utilisateurs sur leurs propres portails de contenu (à l’instar de Vodafone Life). Il  n’y a donc jamais eu de réel incitant pour les fabricants de téléphones portables de commercialiser des combinés mobiles permettant une navigation libre et conviviale sur le net, adaptée au monde nomade ainsi que le développement de nouveaux modèles économiques ad hoc.

La technologie européenne contournée

On connaît la suite.

Le Canadien Blackberry s’est engouffré dans la brèche des smartphones.

Surtout, l’Américain Apple et sont iPhone ont bouleversé le monde de l’internet mobile avec un appareil offrant un usage totalement différent, bien plus conforme aux aspirations de individus.

Enfin, avec le nouveau Nexus, Google est entré également dans la danse du téléphone portable. Le moteur de recherche, par ailleurs, avec son système Androïd, est en train de remporter la bataille des systèmes opérationnels sur les réseaux mobiles.

Il s’agit d’un camouflet supplémentaire pour le système européen Symbian, défendu jusqu’ici par Nokia…

De nouveaux acteurs peuvent balayer le paradigme d’un secteur en quelques mois…

Qui aurait crû, en 2005, que Google et Apple, cinq ans plus tard, battraient la mesure de l’évolution du secteur du mobile ?

Qui aurait imaginé qu’en 2010, Nokia souquerait pour garder son mot à dire ?

Les Européens ont manqué le virage de l’internet mobile…

Le marché du mobile était une  affaire européenne. Désormais, les grandes tendances sont fixées en Californie et en Extrême-Orient.

L’épisode est tristement riche d’enseignements pour toute entreprise européenne. Retenons quatre faux pas principaux :

  • Sous-estimer le pouvoir d’innovation des entreprises à l’autre bout du monde
  • Sur-estimer la résistance de la position des acteurs historiques et des modèles économiques à l’oeuvre dans son secteur
  • Ne pas être à l’écoute des demandes de ses clients finaux
  • Miser seulement sur la technologie, en ignorant la dimension service

Les industriels européens du mobile ont commis les quatre. Celles-ci leur ont coûté leur avance… et, sans doute, une partie de leur croissance future…

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Le Brésil ou quand les BRIC’s se mettent aussi à l’intelligence stratégique

1 février 2010

Voici quatre ans, les géologues brésiliens découvraient, dans les profondeurs de l’Atlantique, le plus grand gisement d’or noir exhumé depuis très longtemps.

Le champ sous-marin de Campos, au large de Rio de Janeiro, fera bientôt du Brésil l’un des plus importants exportateurs de pétrole de la planète. Le pays boxera dans la même catégorie que le Canada ou le Nigeria.

Petrobras, la compagnie nationale brésilienne, qui exploitera la zone, a fait l’objet d’un rally boursier peu commun. Valorisée à 220 milliards de dollars, le groupe figure désormais dans le top dix des plus grandes capitalisations boursières du monde.

Convoitise, curiosité et espionnage

Petrobras est l’un de ces acteurs venus des BRIC (le quatuor formé de la Chine, du Brésil, de l’Inde et de la Russie) qui pourrait battre la mesure de l’économie mondiale au cours de la prochaine décennie.

Tant de puissance émergente suscite bien sûr la convoitise. Les BRIC sont à leur tour la cible des barbouzes de l’espionnage industriel.

Début 2008, une affaire de vol de données stratégiques a défrayé la chronique à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Recife.

Les informations stockées dans des ordinateurs portables revenant des champs d’exploration offshore ont été dérobées au port.

Très vite, les autorités brésiliennes ont soupçonné la firme américain Halliburton (une vieille connaissance de l’ancien vice-président Dick cheney) responsable du transport des données. Finalement, les coupables étaient ailleurs. Mais l’épisode a éveillé les consciences au Brésil sur la nécessité de protéger ce capital national.

Les multinationales du Brésil à l’heure de l’intelligence stratégique

Le constat ne vaut pas que pour Petrobras. Les multinationales brésiliennes sont chaque année plus nombreuses dans le palmarès des plus grandes entreprises du globe.

Vale, Embraer, Votorantim ou le belgo-brésilien AB Inbev, dévoreur de Budweiser, la plus célèbre marque de bière aux Etats-Unis, gagnent des parts de marché en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord, dans des secteurs divers (aéronautique, agro-alimentaire, industrie,…)

La modernisation de l’économie brésilienne appelle donc logiquement la même phase de professionnalisation des pratiques de gestion qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Cette étape passe notamment par l’apprentissage de nouvelles pratiques de réseau et d’intelligence stratégique.

Comme l’indique la présentation reprise ci-dessous, les universités brésiliennes mettent en place de nouveaux cursus d’apprentissage pour les managers locaux.

Au menu de ces dernières : optimiser les investissements en R&D; accroître la valeur ajoutée des produits de base; encore créer des ressources globales d’information pour pousser les entreprises brésiliennes à s’étendre mondialement, etc…

Veille participative

Le Brésil, ajoute Frédéric Donier, l’auteur de la présentation ci-dessous, teste également de nouvelle forme collective de veille participative.

Chaque département de l’entreprise désigne des traqueurs d’information et de signaux faibles. L’information stratégique est drainée vers un pilote qui synthétise celle-ci au niveau de l’entreprise.

Oui, ce genre de pratique s’insinue dans la culture managériale du Brésil.

Ainsi, non seulement, le pays gagne ses galons de membre du gotha des plus grandes puissances économiques mondiales. Mais les entreprises brésiliennes adoptent aussi, peu à peu, l’arsenal des pratiques managériales ouvertes du 21ème siècle. D’aucuns parlent de management 2.0.

Dans ce domaine, les Brésiliens ne semblent pas en retard. Autant le savoir…


ConféRence Jiee´09 FréDéRic Donier 10.12.09

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(via http://www.vedocci.fr/2010/01/25/lintelligence-economique-bresil/)

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Le nouveau métabolisme de l’entreprise organique

17 janvier 2010

Une entreprise, dans la définition classique, était un organisme réalisant des fonctions de production.

Des inputs, d’un côté, des outputs de l’autre, et, entre les deux, une série de processus relativement encadrés, rigoureux et pilotés.

Les fonctions de production, donc, étaient donc les organes vitaux de l’entreprise, appelons-la fonctionnelle.

Les choses changent.

Aujourd’hui, nous voyons émerger un autre métabolisme d’entreprise, celui de l’entreprise organique.

A 90% formée de capteurs sens et de connexion nerveuses

Comme un corps humain constitué à 90% d’eau, une entreprise organique est constitué à 90% d’influx d’information, à travers un système nerveux, de capteurs sensoriels et de support de communication, conformément à la représentation donnée dans le schéma ci-dessous.

Les processus de production proprement dits, les domaines automatisés forment certes, encore, le squelette de l’organisation. Mais ils n’accomplissent plus qu’une petite partie des fonctions accomplies par l’organisation.

Cerveau, réseau nerveux, sens, système sanguin…

Voici quelques quartiers de ce corps d’organisation organique :

  • Réseau nerveux

Le réseau nerveux représente les abonnements aux flux RSS, la veille d’information permanente, la capacité de se mettre en alerte…

  • Cerveau

Le cerveau est le siège privilégié de la collaboration. Avant, les lieux de collaboration étaient les salles de réunion. Désormais, les documents partagés en ligne (Wiki), le tagging, décuplent les possibilités de collaboration.

  • Système sanguin

Le système sanguin représente les interactions et l’échange de connaissances. Les réseaux sociaux facilitent ces échanges.

  • Sens

Ce sont les lieux de discussion et d’information sur internet, dirigés vers l’extérieur.

Entreprise organique, circuit d’information

Ce schéma de l’entreprise organique n’est bien sûr qu’une représentation sans doute très simplifiée.

Elle permet néanmoins de prendre conscience que les flux d’informations sont ce qui permet à une entreprise de tourner et de produire la richesse.

Les performances dépendent de la capacité de capter ces signaux de l’extérieur et de faire circuler l’information en interne, à travers tous les canaux disponibles.

(schéma découvert via le réseau Psst)

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Comment GDF-Suez anticipe les glissements dans son modèle économique

3 janvier 2010

Les autorités de la ville de Bâle entendent rendre la ville totalement indépendante des énergies fossiles à l’horizon 2011. L’effort encore à accomplir, il est vrai, n’est plus très conséquent. Entre 80 et 90% de l’approvisionnement énergétique de la cité helvète provient déjà de sources renouvelables (hydroélectricité, solaire, etc.).

Une économie disruptive, quel que soit le secteur

Pour les quidams que nous sommes, cette information est plutôt sympathique. Mais pour un grand groupe producteur d’électricité, la décision de Bâle détonne.

« Bâle, c’est 180.000 habitants, observe Alain Ballot, responsable de la cellule d’intelligence économique du groupe GDF-Suez. Imaginons demain que, en Europe, toutes les villes de plus de 150.000 habitants fassent le même choix. Qu’est-ce que cela changerait pour nous, GDF-Suez ? ».

Aujourd’hui, même une activité aussi lourde, séculière et intensive en capital que la production et la distribution d’énergie n’est plus immunisée contre les chambardements rapides qu’engendre notre époque.

La décision bâloise est le signal d’un glissement majeur dans le métier. Il convient dès lors, non seulement, d’en capter les premières secousses. Mais il faut aussi être capable d’en donner une interprétation correcte.

Interpeller en interne: une démarche décisive

« Voici seulement six ans, en 2003, les dirigeants considéraient que les énergies renouvelables étaient et resteraient un gadget en comparaison du nucléaire, observe Laurent Hassid, conseiller en intelligence économique du groupe GDF, dans la video ci-dessous (enregistrée par TechtocTV). Nous venons de très loin, en la matière »

Il a fallu convaincre la direction d’explorer cette voie.

Suez (alors encore séparé de GDF) s’est engagée dans la voie du renouvelable. Mais peut-être un peu tard.

En 2007, Suez, via sa filiale Electrabel, a racheté la Compagnie des vents pour 750 millions d’euros. Une somme élevée, critiquée à l’époque. Si le groupe de Gérard Mestrallet avait anticipé plus rapidement, un ou deux ans plus tôt, Electrabel aurait sans doute racheté la Compagnie des vents pour un montant très inférieur.

Les efforts insuffisants en termes d’anticipation ont, dans certains cas, un coût économique très mesurables.

L’information que l’on a détectée révèle l’information que l’on n’a pas encore

Alors, comment procède aujourd’hui GDF-Suez ?

Pour que la captation des signaux faibles se traduisent par des décisions décisives pour l’avenir de l’entreprise, la façon d’interpeller les dirigeants en interne est déterminante.

Dans le cas de GDF, Alain Ballot a montré que BP Solar, filiale du groupe pétrolier BP, réalisait, déjà en 2003, 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le domaine de l’énergie solaire. La direction du groupe a alors pris conscience des conséquences de la croissance de cette activité pour le futur de l’entreprise française.

Une information pertinente est souvent le point de départ de l’interpellation réussie. A partir d’elle, tout peut s’enchaîner :

« Première étape: on identifie en quoi l’action de quelqu’un ou quelque chose (à l’instar de la décision des autorités de Bâle) est porteuse de rupture, détaille Laurent Hassid. Ensuite, on examine ce que font les best in class dans ce domaine. L’information que l’on a détectée révèle ainsi l’information que l’on n’a pas encore. Une fois relevé le cas de BP Solar, la question amenée : que font les autres pétroliers ? Cette approche fournit un fil conducteur pour opérer des recherches approfondies. Enfin, une fois les conclusions tirées, reste ensuite à transposer en actions à prendre pour soi. »

« Autre information déterminante, alors: en 2002-2003, nous avions aussi constaté que le ticket moyen des acteurs dans les énergies renouvelables était passé de 300 millions à 500 millions d’euros, ajoute Alain Ballot. Ce n’était plus négligeable. Avant c’était presque rien. La donne changeait ».

Etre prêt à tout et à l’écoute de tout

Aujourd’hui, la cellule d’intelligence économique de GDF-Suez n’exclut aucun signal, d’aucune source.

« Google, voici quelques temps, a montré sa vision de l’énergie à l’horizon 2030. Google n’est pas un acteur de l’énergie classique, tels qu’E.ON, EDF ou nous. Mais nous nous devons d’être attentifs. Qu’est-ce que cela veut dire ? Y a-t-il un contenu stratégique pour nous ? »

GDF-Suez est attentif à d’autres tendances lourdes susceptibles de métamorphoser très profondément le modèle économique du secteur de l’énergie.

De plus en plus de consommateurs, par exemple, deviennent producteurs autonomes d’électricité. Ils n’hésitent plus à se débrancher du réseau de distribution classique (grid). Qu’est-ce qui peut remettre davantage en cause le socle sur lequel repose le métier d’un groupe tel que GDF-Suez ? Aux Etats-Unis, en 2006, déjà, 180.000 familles étaient « déraccordées » du grid. Leur nombre augmente de 33% par an. D’autres foyers connectés, par ailleurs, deviennent de plus en plus souvent des fournisseurs nets d’électricité pour le réseau. Le centre de gravité se déplace donc.

Aura-t-on encore besoin, demain, des gestionnaires de centrales électriques ou de gaz comme GDF-Suez ?

Certes, il reste encore de la marge. Mais une entreprise, pour sécuriser son avenir, se doit d’être en position d’imaginer l’impensable. De repenser les bases de son modèle ancestral.

« La maîtrise de l’énergie va devenir fondamentale, pointe Alain Ballot. Pour GDF-Suez, aider les gens à ne pas consommer de l’énergie deviendra peut-être, demain, aussi important que la leur vendre »

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Dix outils utiles pour faire de l’intelligence compétitive efficace

15 décembre 2009

L’époque bouge plus vite. Les concurrents également. Il est de plus en plus important de pouvoir identifier leurs mouvements et anticiper leurs virages stratégiques.

Lakeshore Branding, une agence marketing basée à Chicago, a répertorié une série d’outils en ligne susceptibles de faciliter la recherche d’information sur les actions et préoccupation de ses concurrents.

Ces derniers permettent de professionnaliser l’approche des entreprises en matière d’intelligence compétitive.

Voici une liste de dix de ces services, parmi les plus utiles pour les entreprises, quelle que soit leur taille :

Intelligence compétitive: dix outils utiles

1. Copernic Tracker:

Commençons la liste par Copernic Tracker. Celui-ci est un logiciel qui vous avertit quand quelque chose change dans les pages internet du site web d’une entreprise concurrente. Vous recevez un email à chaque mise à jour. Le travail sur l’intelligence compétitive est ainsi rendu automatique, pour une part.

copernic tracker

2. Statbrain:

Statbrain vous donne une estimation du trafic que reçoit n’importe quel site web. Ce n’est toutefois qu’une estimation.

statbrain

3. Yahoo! Site Explorer:

Il s’agit d’un service gratuit offert par le portail en ligne Yahoo! Vous tapez l’adresse internet d’un site web concurrent. Vous voyez apparaître tous les autres sites internet qui parlent et font un lien vers lui.

yahoo site explorer

4. Google Trends for Websites:

Google Trends est un service gratuit de Google qui vous permet d’identifier le volume de trafic du site de vos concurrents et, surtout, d’identifier (plus ou moins) l’origine géographique des visiteurs. Le service autorise la comparaison simultanée de cinq sites internet.

google trends for websites

5. Google Insights for Search:

Cet outil, également fourni gratuitement par Google, vous permet de faire des analyses sur les types de recherche opérées sur le moteur de recherche Google. Le service permet de faire des tris selon critères précis (géographie, saisons, etc.). Très précieux également pour apprendre à mieux connaître l’évolution des besoins sur le marché.

google insights

6. Microsoft Keyword Forecast Tool:

Ce service proposé par Microsoft prédit la distribution des recherches de mots-clés sur internet, sur base de critères démographiques. Utile pour anticiper l’émergence de tendances dans certaines couches de la population.

microsoft keyword trends

7. SpyFu:

Ce service vous permet de découvrir les mots clés sur lesquels misent vos concurrents en matière de positionnement sur les moteurs de recherche.  Le service regarde aussi quels sont les Adwords, ces mots-clés sponsorisés que l’on peut acheter sur Google, achetés par vos concurrents. Un véritable livre ouvert sur leur stratégie.

spyfu

8. WayBack Machine:

Il est parfois utile de comprendre l’évolution du positionnement d’un concurrent en se remémorant sa façon de se présenter il y a deux ans, cinq ans, dix ans. Ce service permet de retracer le parcours et les changements réalisés sur le site internet d’un concurrent. Il peut remonter jusqu’en 1996, pour autant que le site étudié soit archivé.

wayback machine

9. Web Page Readability:

On ne prête par toujours attention à la lisibilité d’un site internet. Si votre concurrent vend davantage que vous, à un moment donné, c’est peut-être dû à une présence plus efficace sur le Net. son site internet est peut-être plus clair et plus lisible… Ce service attribue des points, en fonction de différents critères, qui donnent une idée du degré de lisibilité d’un site web.

web page readability

10. BoardTracker:

Vos clients parlent peut-être de vous, mais aussi de vos concurrents, dans des forums de discussion en ligne. Ce n’est pas un luxe de connaître le contenu de ces conversations.

Cet outil reste néanmoins très axé sur les forums en anglais. Dans le même domaine, signalons également l’existence de Attentio.

board tracker

Pour information, Lakeshore Branding fournit une liste plus longue d’outils d’intelligence compétitive sur ce lien-ci.

L’information est aujourd’hui de plus en plus facilement disponible. Le problème est plus souvent de se retrouver dans ce labyrinthe.

Cette constellation d’outils et de services, plus ceux qui naissent chaque jour, sont des appuis de grandes valeurs pour permettre aux entreprises de persévérer dans leur travail d’intelligence, de rester conscientes de l’évolution de leur environnement. Elles peuvent, de la sorte continuer d’anticiper, et se ménager une longueur d’avance pour demeurer compétitive.

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Des concurrents chinois fabriquent le même produit que moi ? Et alors…

30 novembre 2009

La société Option, un fabricant de clés mobiles 3G pour ordinateurs portables basé à Louvain, appartient une race de PME insubmersibles. Depuis sa création, l’entreprise a connue de multiples crises, dans un secteur très concurrentiel. Elle s’est réinventée quasi à autant de reprises. La recette : une grande ouverture d’esprit et une capacité à nouer les accords pertinents avec quelques grands noms de la place mondiale.

Aujourd’hui, ce sont les fabricants chinois d’équipement télécoms qui rendent la vie dure à la firme de Louvain... Option en a vu d’autres.

Option, ressuscitée tant de fois…

Pour la petite histoire, voici une vingtaine d’années, il avait pris à cette entreprise basée à Leuven de fabriquer des modems pour ordinateurs portables. Profitant d’une opportunité dans le marché, Jan Callewaert, le patron et fondateur de l’entreprise, s’était ensuite glissé sur le segment des cartes GSM.

Quelques dangereux creux passés, Jan Callewaert a ensuite signé des transactions magnifiques avec de grands opérateurs mobiles internationaux (Vodafone, BT, T-Mobile…).

La société, dont les analystes doutaient de la durabilité douze mois auparavant, a vu son chiffre d’affaires décupler en l’espace de quelques années. En 2007, les revenus ont atteint les 300 millions d’euros en 2007 (pour 2,4 millions de cartes vendues).

Si une information stratégique vous échappe, l’important est, quand vous en prenez conscience, de pouvoir prendre le virage à 180° qui s’impose…

Option a commis et commet des erreurs, reconnaît son fondateur.

Clé Huawei 3G

Clé Huawei 3G

Récemment, Jan Callewaert n’a pas vu venir, par exemple, le succès des clés « USB » 3G. Option restait attaché aux anciennes formes de clés.

« Or, aujourd’hui, les utilisateurs veulent utiliser un connecteur universel USB pour ce type d’équipement, pas un autre format propre », indique le fondateur d’Option.

Des concurrents chinois tels que le groupe Huawei, eux, ont vu venir l’émergence d’une demande dans ce domaine plus vite que la société de Louvain.

En quelques mois, Huawei et d’autres ont ainsi enlevé de grosses parts de marché à Option.

Cette erreur, sans doute due à un manque d’attention à l’égard de changements dans l’usage quotidien des utilisateurs d’ordinateurs portables – autrement dit à une démarche de veille trop restrictive – la société louvaniste l’a compensée en étant capable de prendre rapidement une autre direction. Une question d’état d’esprit.

Personnalisation et design pour se distinguer des offres de gros chinoises

Concurrence chinoise oblige, la firme de Louvain explore aussi, aujourd’hui, le terrain du design et du graphisme pour se différencier, un univers jusque là inconnu d’elle…

« Avant, nous vendions des produits standardisés, explique Jan Callewaert. Des opérateurs télécoms achetaient des volumes de cartes PC avec modules. Certes, le logo changeait, selon l’opérateur. Mais il n’y avait pas d’autre distinction. Désormais, nous permettons à chacun de créer des habillages différents. L’intégration d’une démarche design et personnalisable nous permet de nous distinguer par rapport à des concurrents chinois qui misent surtout sur la compétitivité des prix. »

Tout pour se différencier de la concurrence chinoise

Au début de l’année 2009, l’entreprise a connu un fort recul de son chiffre d’affaires, dû au manque d’anticipation évoqué plus haut. Après presque trois trimestres, Jan Callewaert semble avoir remis l’entreprise sur le bon axe. Les analystes boursiers apprécient, en tout cas.

Outre le fait de permettre une plus grande personnalisation graphique et design des clés, Option va se focaliser, maintenant, davantage sur le développement logiciel.

Le logiciel est un domaine sur lequel la concurrence chinoise est moins féroce.

Ce revirement, en outre, s’accompagne d’un autre partenariat innovant avec la société Moto, un équipementier électronique travaillant notamment sur une plate-forme adaptée à système opérationnel pour mobile Androïd, soutenu par Google.

Un autre virage pour Option, qui ne sait pas encore quel sera le suivant, mais qui s’y prépare d’ores et déjà…

Trois vérités sur le changement de comportement des PME dans l’économie mondialisée

11 novembre 2009

Le monde économique a changé ? C’est peu de le dire. Rien de tel, pour en prendre la mesure, qu’une volée de témoignages de la part d’observateurs de terrain.

Prenons quatre présidents de Chambres de commerce régionales (CCI) en France. L’Assemblée générale des CCI françaises a réalisée une petite vidéo (reprise ci-dessous) sur base de leurs interventions. Voici quelques messages forts et interpellants émis par ces derniers sur les réalités de l’économie moderne :

« Miser sur la croissance des volumes, stop ! Aujourd’hui, le plus important, c’est de développer des services autour des produits »

Jadis, dans le secteur de l’emballage, par exemple, le premier objectif était d’accroître la production et les volumes. A tout prix.

« Ce temps là est terminé, affirme Jocelyne Duplain, présidente de la CCI de Haute Loire. Aujourd’hui, il faut développer des services autour de nos produits. C’est la priorité! »

« Les microclusters sont aussi importants que les clusters »

Les clusters sont ces grappes d’entreprises qui favorisent l’échange, le partage de connaissance et la coordination de projets communs menés par les acteurs d’un même secteur. A côté de ces clusters, la CCI de Lyon favorise aujourd’hui l’apparition de micro-clusters, explique Guy Mathiolon, son président. « Ces microclusters ont pour objectif l’échange d’idées et de bonnes pratiques entre des entreprises sur des choses très concrètes et pratiques ». Moins formels, ces regroupements plus petits permettent une circulation de l’information plus fluide entre les membres.

Dans la Silicon Valley, d’aucuns distinguent également la notion de clusters et de microclusters. Les clusters ont parfois déjà une taille certaine qui ne facilite pas un échange fluide. Les microclusters, en revanche, de par leur taille réduite (car centrés sur une sous-région ou un créneau plus spécifique), permettraient de maximiser les interactions. Ainsi, les microclusters auraient joué un rôle déterminant dans le développement de la Silicon Valley.

« Fini de gérer des dossiers individuels. La priorité aujourd’hui, c’est de créer du lien »

« La mondialisation a tout changé, constate Jocelyne Duplain Notre manière de fonctionner et de répondre, en premier lieu. Naguère, nous pouvions suivre les entreprises individuellement, en faisant des dossiers spécifiques. Aujourd’hui, notre priorité pour que les actions soient efficaces, c’est de créer du lien entre les acteurs« .

Les actions isolées de PME ont moins de chances d’aboutir à un résultat satisfaisant.

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