Comment Yammer transforme SD Worx en Entreprise 2.0
6 janvier 2010
L’information circule souvent mal dans les entreprises.
Les employés pensent que la direction sait. Les directeurs sont convaincus de la connaissance d’une problématique par leurs employés. Or, bien souvent, la chaîne de l’information se rompt à différents endroits, fortuitement ou délibérément (rétention, jeux de pouvoir, stratégie personnelle…).
Les réunions d’échange d’information, elles, sont souvent inefficaces et difficiles à organiser. L’information y est souvent dépassée.
De nouveaux outils digitaux ouverts d’échange d’information apparaissent aujourd’hui dans l’entreprise. 
La plate-forme de micro-blogging interne Yammer est l’un de ces solutions nouvelles qui se répand dans un certain nombre d’organisaitions.
Premier impact concret de l’utilisation de Yammer chez SD Worx
Depuis quelques semaines, SD Worx, une société de conseil en ressources humaines, basée en Belgique et qui occupe 1.800 personnes, teste la plate-forme Yammer.
Au moment de l’interview (fin 2009), 350 employés de SD Worx s’étaient inscrits spontanément sur Yammer.
Yammer permet la diffusion de messages très courts (maximum 140 caractères), suffisants pour échanger un maximum d’information et être au courant des dernières tendances.
Frédéric Williquet, directeur régional de SD Worx, explique cette expérience dans la vidéo ci-dessous
Certes, les 350 personnes n’utilisent pas le service avec la même intensité. Une poignée d’acteurs plus motivés animent la plate-forme. Mais c’est suffisant, indique Frédéric Williquet, pour ramener des résultats, des réactions, et commencer à fluidifier nettement la circulation de l’information stratégique au sein de l’organisation.
Des informations qui n’auraient pas été connues de certaines responsables de l’entreprise, faute de modes de communication appropriés, le sont désormais grâce à la transparence de la plate-forme.
Yammer habitue à utiliser Twitter, en externe
Le défi, à présent, pour SD Worx, est de susciter plus de réactions en retour.
« Cela se fait encore peu, c’est vrai. Mais c’est cette dynamique bi-directionnelle qui nous intéresse aussi beaucoup »
Les feed backs de l’extérieur, en particulier, en provenance de clients, d’autres experts en RH (ressources humaines), de concurrents, attisent la curiosité de la compagnie.
« Avec l’habitude, grâce à Yammer, de communiquer sur ce que l’on fait, sur nos succès mais aussi ce que nous devons améliorer, nous apprenons également, petit à petit, à communiquer de cette façon vers l’extérieur », ajoute Frédéric Williquet.
Depuis quelques temps, des responsables de SD Worx se sont engagés sur Twitter, le réseau social qui, après Facebook, progresse le plus dans le monde.
« Seulement une poignée d’employés, à ce stade, utilisent Twitter, détaille encore Frédéric Williquet, dans cette autre vidéo. Les réactions sont encore peu nombreuses, là aussi. La qualité des conetnus, toutefois, est élevée ».
« Pour l’heure, l‘apport concret de Twitter pour SD Worx se situe, d’une part, au niveau de notre visibilité. Elle s’est accrue. D’autre part, nous avons accès grâce à Twitter à la veille des spécialistes les plus réputés dans notre domaine RH. Cela, en temps réel… C’est un formidable filtre à information« .
Vers l’entreprise 2.0
SD Worx s’achemine ainsi sur la voie de l’entreprise 2.0 : ouverte, collaborative, en réseau.
« Nous attendons que beaucoup plus de personnes, aujourd’hui, s’inscrivent sur ces plates-formes d’échange, sourit Frédéric Williquet. Nous voudrions beaucoup plus de conversation et d’échange. Ce serait génial ! »
Comment tuer son intranet
9 décembre 2009
Google Wave va-t-il doper l’innovation ouverte ?
2 octobre 2009
J’ai eu la chance d’assister, en mai dernier à San Francisco, au lancement officiel de Google Wave. Après quelques mois de test, le groupe de Mountain View s’apprête à ouvrir le service à 100.000 chanceux.
D’aucuns ont prédit que Google Wave allait ouvrir une nouvelle ère dans la communication en ligne. D’autres affirment que le champ ouvert par la « vague » dépasse largement le seul aspect de la communication. Google Wave pourrait rendre l’exercice de la collaboration en entreprise totalement naturel. Au point de remettre en question l’utilité de nouvelles plates-formes collaborative et autres intranets participatifs dont l’offre commence à pulluler ? Qui sait…
Pour ceux à qui Google Wave n’évoque (encore) rien, voici une petite démonstration pédagogique façon Plain English :
Google Wave pour doper l’innovation ouverte
En matière d’innovation, ou plus exactement en termes d‘innovation ouverte (open innovation), l’impact de Google Wave pourrait s’avérer majeur, s’avance en tout cas le blog openinnovation.
« Le concept de l’email a près de 50 ans. Il est temps de passer à autre chose. Non seulement, Google Wave combine l’email, le chat et les mises à jour collaboratives instantanées en un seul outil. Mais en plus, Google Wave est aussi un protocole ouvert, que chacun peut installer sur son propre serveur interne… [Il deviendra enfantin d'adapter sa plate-forme pour ses besoins corporate propres] Comme tout le monde développera ses propres applications, il est probable que Google Wave ouvre de nouvelles voies à l’innovation ouverte… »
Si certaines percées sont le résultat des explorations d’individus isolés, la majorité des innovations sont le fruit d’actions de groupe, rappelle le blog Openinnovation. La communication est la dimension la plus importante dans le processus d’innovation distribuée entre de multiples participants.
Dans ce contexte, réunir en un point tout ce que la technologie offre comme outils de communication ne sera pas sans apporter un effet positif aux dynamique d’échange et donc de création. Document, messagerie, conversation… Tout et tous sont intégrés, puisque, avec Google Wave, les absents du début bénéficient d’une transparence complète sur l’amont du processus… Personne ne devrait rester à l’écart. Les ruptures dans les chaînes d’emails, les oublis dans les listes de destinataires,… Fini.
« La communication en ligne deviendra, de la sorte, plus efficace et moins chronophage »
Google Wave, tout tourne autour de la communication
Thierry Hubert confie lui, sur son blog, qu’il n’avait plus été surpris positivement par une initiative de cette ampleur en matière d’outil de communication depuis 20 ans.
Google Wave truly rethinks communication streams and collaboration as it should be with today’s connected world. Google did not reinvent the wheel, they just proved that it a sphere.
En bonus, ci-dessous, l’interview de Lars Rasmussen, co-créateur de Google Wave, rencontré par Entreprise Globale à San Francisco, lors de l’annonce du lancement du service. Il en explique la genèse.
Lire aussi sur l’impact possible de Google Wave en matière d’innovation:
http://www.tecoman.info/article-32032519.html
http://www.inprincipo.com/fr/google-wave-une-innovation-tsunami
L’open source, ce n’est pas la démocratie
17 mars 2009
D’aucuns évoquent le mouvement open source comme le modèle absolu de la démocratie économique. Sans doute en est-on pourtant assez éloigné.
La création de Linux, le système opérationnel ouvert concurrent de Windows, est certes le fruit de la coopération à distance de milliers de développeurs informatiques à travers le monde. Il n’en reste pas moins qu’une poignée de personnes, au premier rang desquelles le Finlandais Linus Torvalds, ont toujours assuré une supervision sur l’évolution du système et de ses dérivés. Et donc de ces contributions extérieures multiples. 
« Le mouvement open source n’est pas une démocratie« , souligne ainsi Chris Anderson, du magazine Wired, auteur du célèbre livre sur l’économie de la longue traîne.
« Au 20ème siècle, on admettait comme acquis que les entreprises étaient mieux gérées dans un régime dictatorial, poursuit Anderson. A l’inverse, on reconnaissait également que les pays étaient mieux gérés dans le cadre de régimes démocratiques. Selon une théorie du management, une explication réside dans le fait que la raison d’être des organisations est un objectif commun partagé, alors que les pays existent pour les gens qui l’habitent ».
Un objectif commun partagé exige une vision bien construite, du leadership et un contrôle par le haut. En revanche, le service des citoyens résulte de la reconnaissance de besoins communs de la part de la base, exprimés dans le cadre d’un processus de décision collectif (le vote).
Où voulons-nous en venir ?
Avec la montée en puissance de la fièvre collaborative, la philosophie open source semble amenée demain à pouvoir être transposée dans de multiples secteurs. D’aucuns y discernent l’apparition d’une vaste démocratisation de la vie économique. En politique, l’avènement de l’ère Obama, à la Maison-Blanche, inspire à d’autre le concept de démocratie « open source ».
Attention, prévient Chris Anderson. « On pense, à tort, que les projets open source émergent d’eux-mêmes, sont auto-organisés et démocratiques. En fait, il s’agit plutôt du contraire. En fait, la plupart des projets open source sont pilotés par un ou deux dicateurs bénévoles. Le succès d’un projet open source dépent du leadership. Point à la ligne. Tout démarre de la façon suivante: une ou deux personnes élaborent une vision bien articulée, ils commencent à avancer et amènent à bord d’autres personnes auxquelles ils délèguent des tâches précisent et des autorisations ».
Chris Anderson pointe ainsi une différence claire entre la production de contenus sur des médias et réseaux sociaux et la conduite d’un projet open source. Cela n’a rien à voir, selon lui. Placer des photos sur Facebook ou Flickr relève d’une démarche individuelle. La somme des contenus n’est que le résultat de démarches séparées. Par contre, toute une série de développements logiciels, dans les jeux vidéo, les plates-formes collaboratives, les applications serveurs, ont pu être menés à bien grâce à l’implication et au respect inspiré par les leader.
L’open source ne bannit pas les hiérachies. Mais il lui demande de donner du sens. Le constat n’est pas limité à l’informatique.
Gouvernement 2.0: l’administration du Portugal passe au blog (interview avec la Secrétaire d’Etat Maria Marques)
6 mars 2009
“Le modèle actuel est basé sur une structure hiérarchisée et inflexible. Tout est orienté sur l’offre. Les services sont fermés en silos et standardisés. L’accès est complexe. Et le sommet veut tout savoir… Dans l’avenir, nous voulons glisser vers un modèle beaucoup plus transversal, orienté vers la demande. Nous voulons une offre de services intégrés et personnalisée. Tout cela dans une parfaite transparence”. 
Cette déclaration de foi émane-t-elle d’une société informatique en phase avec les nouveaux modes de communication interactifs ? D’un cluster de PME innovantes ? Non. Ces propos sont ceux de Maria Manuel Leitao Marques, secrétaire d’Etat en charge de la modernisation administrative du gouvernement portugais.
Comme d’autres pays, le Portugal s’est lancé voici quelques années dans le vaste chantier de la simplification administrative. Le programme SIMPLEX a permis, entre autres choses, d’instaurer un guichet unique pour la création d’entreprise (délai réduit de 52 jours à 37 minutes), de diffuser une meilleure responsabilisation des services publics, de centraliser les données administratives, etc.
Récemment, le gouvernement portugais a franchi un pas supplémentaire en direction de ce que d’aucuns nomment le gouvernement 2.0. “Fin 2008, nous avons lancé une boîte à suggestions en ligne, qui s’apparentait un peu à un blog”, explique la secrétaire d’Etat, croisée à l’occasion de la participation à une conférence au Caire. “C’était une initiative temporaire. Le but était de recueillir les suggestions des usagers. En deux mois, nous avons collecté quelque 900 commentaires. Certains étaient de simples critiques. Parfois ils étaient très mal écrits ou peu compréhensibles. Mais d’autres étaient de vraies suggestions”.
L’une d’entre elles proposait de mettre en place un système de page personnalisée pour chaque citoyen. “Nous avons retenu cette suggestion et mis en place une espace personnalisé en ligne, lors des contacts avec l’administration”, illustre la secrétaire d’Etat.
Gouvernement 2.0: le portugal passe donc au blog
A Lisbonne, l’expérience a été jugée suffisamment intéressante pour transformer la boîte à suggestions en blog permanent.“Il sera en ligne dans les jours qui viennent”, indique Maria Manuel Leitao Marques.
Pourquoi approfondir ?
“Nous voulions aller plus loin, répond la secrétaire d’Etat. Le blog boîte-à-suggestions restait une initiative relativement passive, car bilatérale. La nouvelle version donnera la publicité et la transparence aux suggestions. Nous risquons aussi de donner de la visibilité aux critiques. Mais nous assumons. Cela vaut la peine”.
“Le gouvernement 2.0, c’est probablement l’avenir, souligne Maria Manuel Leitao Marques. Cela va changer très vite. La prochaine génération ne se contentera pas d’accéder à l’administration, ou de devoir donner son avis, via l’e-mail, uniquement. L’e-mail est dépassé. Ils seront plus exigeants. La difficulté réside, toutefois, aujourd’hui, dans notre capacité à offrir et à adapter ces nouveaux modes de communications pour les seniors et les personnes âgées”.
La secrétaire d’Etat évoque également une question d’image. “Ce blog participe aussi à l’oeuvre de démystification de l’administration, relève Maria Manuel Leitao Marques. Nous montrons ainsi que, derrière, ce sont des hommes et des femmes qui sont capables de montrer de la souplesse, d’écouter, et de corriger, s’il le faut”.
Quatre personnes ont la tâche de gérer et de répondre aux commentaires. Gouvernement 2.0 oblige: tous les commentaires recevront une réponse. Parfois, simplement un “merci” ou “nous avons bien noté”. Mais une réponse plus précise ou circonstanciée suivra. Au niveau du contenu, toutes les nouvelles initiatives seront publiées sur le blog et soumise aux commentaires des usagers.
Lire aussi sur le sujet
Obama ouvre la voie du gouvernement 2.0
Obama va réinventer le gouvernement 2.0
Governement 2.0: The rise of Goverati
Suisse: les temps sont mûrs pour l’e-government 2.0
Lisbon Council: Government 2.0
La résistance interne de l’administration US aux outils 2.0 malgré Obama
Le Twestival : trois semaines pour créer un événement dans 180 villes du monde… Le pouvoir de l’auto-organisation
16 février 2009
Prenez une bonne cause (ici, donner l’accès à l’eau potable aux populations en développement). Prévoyez un débat, suivi d’une soirée de concert. Puis reversez les recettes à une ONG (Charity Water) qui investira l’argent dans quelques projets concrets. En soi, le Twestival n’avait rien de bien exceptionnel. Louable, certes. Mais, diront les cyniques, banal… Oui. Sauf que l’événement en question était répliqué simultanément (ou presque, vu les décalages horaires) dans près de 200 villes du monde. Et que cette organisation mondiale a été exécutée en moins de… trois semaines, pour un investissement dérisoire. 
Comment ? Pas de titan de l’événementiel global comme Clear Channel, MTV ou Live Nation à la manoeuvre ? Pas d’armées de sponsors et de champion du ticketing dans la danse ? Et bien non. Simplement un outil: Twitter, la plate-forme de micro-blogging qui monte.
On prédit en 2009 à Twitter le même destin vertigineux que Facebook. En gros, Twitter permet de fédérer des communautés d’intérêt. Vous êtes concernés par l’acuponcture, la vie des dauphins, les normes comptables IFRS,… Il vous est possible d’entrer en contact avec des personnes actives sur les thèmes thématiques que vous. Et des les « suivre » (si nécessaire, un petit cours de Twitter ici).
C’est ce qui s’est passé pour le Twestival. La thématique commune des participants, dans ce cas, était double :
1. Démontrer la puissance de Twitter pour organiser un même événement de façon décentralisée à travers le monde.
2. La volonté d’adhésion à une action noble susceptible susceptible de gagner en résonnance grâce à ce « web multiplexage » planétaire
Objectif atteint. Beyrhout, Melbourne, Glasgow, Quezon City, Recife, Austin, Vienne, Bogota, Vancouver, Lagos,… Et des dizaines d’autres villes à travers le monde ont hébergé simultanément leur propre édition du Twestival. En cumulé, des milliers de personnes ont rejoint leur version locale de l’événement. Quelque 800 personnes à Londres, 130 à Clermont-Ferrand, 200 à Toronto (et 6.500 CA$ levés)… Ce n’est pas Wembley à chaque fois. Mais les petits rûts alimentent aussi les grands fleuves. Ainsi, 20.000 « Twitterers », quand même, auraient communié à distance dans les Twestivals. Pas si mal pour un événement improvisé en trois semaines.
La force de l’auto-organisation (self-organizing)
L’organisation illustre en tout cas aujourd’hui le potentiel immense de l’économie des communautés et leur capacité d’auto-organisation. Improviser, à ce titre, n’est peut-être pas le bon terme. Car la mise sur pied de l’événement a demandé un pilotage local. Lors du Twestival de Bruxelles, par exemple, ce rôle a été pris en charge par une poignée de bénévoles. Un coordinateur (Christian Deneef, dans ce cas) se chargeait de la cohérence de l’ensemble. Pour veiller à l’homogénéité du concept, les initiateurs du concept Twestival, au Royaume-Uni, mettaient également à disposition un logo, un habillage et de site internet identique. Dès lors, cette organisation mondialement décentralisée n’avait rien d’anarchique. Débats (avec l’association anglaise Onroadmedia.org, par exemple) et musique toute la soirée. Avec même un système de ticketing digne des grands concerts, grâce au service en ligne d’aide à l’organisation d’événement Amiando.


Photos Lone Black Ridder
Le Twestival est le prototype même de l’organisation sans chef, décrit notamment dans le best-seller de Ori Brafman et Rod Beckstrom: The Starfish and the spider – the unstoppable power of leaderless organization. Nous en avons déjà parlé sur Entreprise Globale.
Mouvement Open source, musique en ligne, Al Quaeda,… Les exemples d’auto-organisation se multiplient, notamment grâce au Net. Les points communs, pour que le modèle d’auto-organisation décentralisé fonctionne, on l’a vu, sont
- Une thématique forte et fédératrice
- Une capacité à coordonner les choses. Pas à les diriger.
Ce qui marche pour 20.000 personnes ou plus, peut fonctionner aussi pour 500 experts à travers le monde, dans des niches thématiques très pointues et ciblées.
A suivre de toute façon lors du prochain Twestival.
Plus de réunions interminables, plus d’avalanche d’e-mails: l’entreprise collaborative
30 janvier 2009
La révolution psychologique et sociologique du management ( conversation avec Jean-Marc Bellot, Blue Kiwi )
29 janvier 2009





