The « care economy » : comment l’avenir de la technologie dépend de services personnalisés

5 septembre 2011

IP Trade : une micro-multinationale spécialisée dans les téléphones pour salles de marché

3 mars 2011

A quoi ressemble une salle de trading en 2011 ?

Une immense pièce où des dizaines de courtiers et de cambistes s’agitent frénétiquement devant des écrans d’ordinateur.

Contrairement aux années 80, néanmoins, la majorité des transactions financières se réalisent aujourd’hui par voie électronique.

Toutes les transactions ? Non. Le téléphone reste l’outil de communication privilégié pour 5% des opérations nouées entre salles de marché.

Le contact humain direct, vocal, par téléphone, demeure en effet nécessaire pour les très grosses transactions financières ou pour les produits complexes, comme les dérivés sur titre. Par ailleurs, certains courtiers travaillent aussi avec des investisseurs institutionnels (comme des assureurs ou des hedges funds) auxquels ils vendent des placements à plus long terme. Ces opérations nécessitent encore un contact direct avec les acheteurs afin de leur expliquer les éléments techniques (analyses sectorielles, études macro-économiques ,etc.) qui justifient, par exemple, le montant des primes de risque.

Un spécialiste liégeois de la communication entre traders dans les salles de marché

IP Trade, une startup basée à Liège, s’est positionnée sur ce créneau de pointe des téléphones pour salles de marché.

La firme développe et produit des solutions de communication vocale basée sur la technologie dite Voix sur IP (VoIP). Pratiquement, à la différence des systèmes téléphoniques analogiques classiques, avec la VoIP, le signal vocal est en fait transformé en paquets de données, diffusés ensuite sur le réseau internet.

IP Trade – qui occupe 27 personnes et a récemment ouvert un bureau à Hong Kong – équipe à présent 2.000 traders, répartis dans 27 pays du monde. Ce parc installé représente environ 1% du marché mondial.

La gamme de téléphones d’IP Trade est davantage adaptée pour les petites salles de marché, de quinze ou vingt traders.

« La technolgie VoIP est plus facile à mettre en place dans les réseaux de salles de marché décentralisés, explique Benoît Dewonck, co-fondateur de IP Trade. Dans les grandes banques, le système téléphonique est souvent plus ancien et très lourd, car basé sur de nombreux routeurs analogiques qu’il est plus complexe de remplacer intégralement. Notre solution VoIP est par contre plus flexible. Elle permet de s’appuyer sur des serveurs centralisés en un endroit, même si les connexions relient plusieurs localisations ».

Entrée par la porte des départements informatiques

Malgré sa petite taille dans un marché dominé par de très grands joueurs (l’Américain IPC, France Télécom et British Télécom sont les concurrents principaux aujourd’hui de la firme liégeoise), IP Trade a pu s’imposer dans ce segment grâce à sa compréhension des problématiques rencontrées par les départements informatiques des banques.

Les co-fondateurs de la société ont passé une partie de leur vie professionnelle antérieure dans les rangs de grands équipementiers informatiques et télécoms. Ils y ont appris une certaine efficacité commerciale et en ont répliqué les pratiques.

Outre son propre réseau commercial, IP Trade utilise un réseau de revendeurs contractuels. IP Trade voit aussi parfois les prospects arriver d’eux-même grâce à son site internet. L’avantage d’un positionnement de niche.

Diversification vers les centres de dispatching, les call centers et même les terminaux pour réceptionnistes

Entre-temps, la crise financière de 2008 a frappé. La croissance d’IP Trade s’est arrêtée nette avec le gel brutal des budgets d’investissement des grandes banques.

Si les traders ont dû faire ceinture au niveau de leurs investissements en nouveaux équipements.

IP Trade a dès lors choisi de prendre une voie de traverse. En ligne de mire, cette fois : les call centers, les centres de dispatching et le marché des réceptionnistes.

« Beaucoup de fonctionnalités développées pour répondre aux besoins des traders sont utiles dans d’autres contextes, note Benoît Dewonck. Après tout, même s’il ne faut pas le dire aux traders, une salle de marché n’est rien d’autre qu’un gros call center. La différence est que les lignes restent ouvertes en permanence. On ne met personne en attente, puisque l’on veut effectuer la transaction… »

Ce nouveau virage commence à porter ses fruits.

Le centre de gestion des problèmes de l’énergéticien écossais Scottish Power, par exemple, utilise aujourd’hui les terminaux IP Trade. La firme liégeoise travaille, également, avec un géant bancaire américain en vue de livrer, cette fois, non les traders dans les salles de marché mais des guichets de réceptionnistes.

Cette nouvelle activité non liée aux salles de marché représente pour l’heure 10-20% du chiffre d’affaires de IP Trade (3 millions d’euros).

« Mais cette proportion devrait monter à 50% d’ici 2013″, indique l’entreprise.

IP Trade: une micro-multinationale active dans les salles de marché du globe

1 mars 2011

Freecaster TV : une plate-forme vidéo indépendante plus forte qu’Eurosport ou ESPN sur les sports extrêmes

26 janvier 2011

« J’étais à la tête de la division marketing de l’Union cycliste internationale. J’ai ensuite été engagé par Red Bull, en Autriche, dont j’ai piloté la politique internationale de sponsoring sportif. J’ai été le responsable du marketing de la société en charge de gérer les droits de la Champion’s League de football. A Munich, lors d’une finale, j’avais amené sur le terrain la Coupe aux Grandes Oreilles… »

Le curriculum vitae de Raymond Dulieu ferait saliver n’importe quel chasseur de tête de la planète. Mais dans ses locaux du petit village d’Erpent, à côté de Namur, le fondateur de Freecaster TV savoure, lui , les joie de l’entrepreneuriat.

Freecaster TV, la plate-forme en ligne qu’il a créé voici près d’une décennie, est aujourd’hui leader mondial pour la diffusion de contenus vidéos spécialisés dans les sports extrêmes.

« Les championnats du monde de Snow Board ou de Moutain Bike sont plus regardés sur Freecaster TV que sur la chaîne de télévision Eurosport », sourit Raymond Dulieu.

Une plate-forme vidéo lancée avant Youtube

Freecaster TV est née en 2004, au départ d’un partenariat marketing mis en place avec une célèbre marque allemande de rasoirs électriques.

« L’image de cette marque était trop faible dans le segment des 15-25 ans. Elle songeait à fabriquer des contenus vidéo sur internet. Or, d’une part, aucune plate-forme de partage n’existait à l’époque. D’autre part, si des contenus vidéos digitaux étaient disponibles dans le marché,  ils ne l’étaient souvent que sous format DVD, ou TV. Cela coûtait cher de les mettre en ligne, car il fallait effectuer la compression des fichiers, etc. Nous avons proposé de récupérer des contenus existants (y compris produits par d’autres marques), de les agréger et de les mettre en ligne sur une plate-forme unique… »

La plate-forme Freecaster TV était née. Thématique choisie : les sports extrêmes (parmi lesquels le BMX, le KiteSurf, le Snowboarding, leMoto-Cross,… )

Droits exclusifs mondiaux pour les retransmissions en direct sur le Net

Le partenariat avec la marque de rasoirs électriques s’est poursuivie jusqu’en 2008. Freecaster TV intégrait simplement des contenus propres des contenus de tiers (démonstration de sauts, escalade, moto-cross, etc.).

Entre-temps,toutefois, les plates-formes de partage de vidéo comme Youtube et DailyMotion sont montées en puissance. Freecaster devait réagir.

« Petit à petit, nous nous sommes dès lors concentrés sur les retransmissions en direct », indique Raymond Dulieu.

Réaction payante !

Freecaster TV a décroché l’exclusivité mondiale pour la retransmission en ligne d’un certain nombre de disciplines phares, comme le Moto-Cross ou le Snowboarding (sauf pour les Jeux Olympiques). Contrairement aux droits de retransmission pour le football, qui sont verrouillés en ce qui concerne internet, les droits de retransmission sur le web de compétitions de sports extrême et/ou de sports de glisse étaient accessibles. Freecaster en a profité.

Un staff d’une dizaine de personnes, 2 millions de vidéos vues chaque mois

La firme réalise aujourd’hui 10% de ses contenus par elle-même. Les 90% restants sont des contenus de tiers, filtrés (en fonction notamment du niveau de qualité) et édités par l’équipe de Freecaster TV.

« Nous sommes présents sur une quinzaine de disciplines sportives principales. Nous gérons et organisons la production avec des équipes techniques internationales qui se déplacent ensuite sur place », explique Raymond Dulieu, de retour d’une compétition à Davos, dont Freecaster TV était en charge de la captation.

Freecaster TV est désormais active aux quatre coins du monde.

Le noyau du staff est pourtant réduit, à peine une dizaine de personnes, réparties entre Namur, Londres et Berlin. Pour les prestations plus ponctuelles, l’entreprise recourt à un vaste réseau de cameramen, cadreurs ou preneurs de son indépendants…

Les statistiques n’en son pas moins significatives.

Environ 2 millions de vidéos sont vues chaque mois sur Freecaster TV, pour un total de 4.000 heures de contenu disponible.

« Une retransmission en direct d’un événement attire en moyenne de 25.000 à 150.000 internautes au même moment », note le fondateur de Freecaster TV

Freecaster TV est aujourd’hui la plate-forme digitale video officielle de la chaîne de télévision britannique Extreme.

Extension aux retransmission de conférences ou aux défilés de modes…

Parlant d’avenir, la firme entend à présent valoriser son expertise de captation et de retransmission d’événement en direct sur le Toile dans d’autres domaines.

Ainsi, Raymond Dulieu couvre aujourd’hui les défilés de la marque Louis Vuitton. De même, la société est présente chaque année à New York, pour la Fashion Week.

Plus récemment, Freecaster TV a pénétré le marché de la captation et de la web-diffusion en direct de conférences internationales.

La plate-forme de vidéo digitale pourrait-elle envisager, un jour, de rejoindre les ogres que sont DailyMotion ou Youtube ? Ces derniers lui font-elles du pied ?

« Ces acteurs souhaitent principalement intégrer mon contenu. Youtube ou DailyMotion ont besoin d’énormément de contenus pour valoriser leurs services publicitaires. Cela ne me tente d’espérer récupérer une hypothétique fraction des revenus générer par sur cette base. Mais peut-être auront-ils, un jour, autre chose en tête… ? », rétorque l’entrepreneur namurois.

« Le coworking ne fabrique pas l’innovation, il la cultive organiquement »

10 janvier 2011

La première conférence européenne sur le Coworking : un immense succès !

24 novembre 2010

Près de 150 participants venant de 22 pays différents…

Chez Entreprise Globale, nous avons eu, au mois de juin, l’idée d’organiser Coworking Europe 2010, la première conférence européenne sur le Coworking. L’événement s’est avéré un immense succès.

Le mouvement du Coworking décolle en Europe. Des entrepreneurs, des travailleurs indépendants et d’autres sentent le besoin de se retrouver en un même lieu pour travailler chacun sur son propre projet, dans un environnement convivial dans lequel ils ne doivent se justifier de rien.

Comme le soulignait Jacob Sayles, co-fondateur de Office Nomads, spécialement venu de Seattle pour la conférence, aujourd’hui « le coworking fonctionne parce que les individus en ont besoin » (voir vidéo de son speech ci-dessous).

87% des espaces de coworking sondés affirment que de nouveaux projets sont déjà nés chez suite à la rencontre entre des membres

Entreprise Globale, en collaboration avec Tech4i2, a réalisé une enquête au niveau européen sur l’évolution du Coworking (Coworking Europe 2010 Survey).

Plus de 150 espaces se sont créés à ce jour, en Europe.

Sur l’échantillon sondé (47 espaces), près des deux tiers ont vu le jour au cours de 24 derniers mois. La croissance s’accélère donc nettement.

D’ici quelques années, il n’est pas interdit de penser que  toutes les grandes villes et villes moyennes d’Europe, hébergeront au moins un ou plusieurs espaces de coworking.

Mieux, l’enquête confirme le postulat que les espaces de coworking se transforment rapidement en écosystèmes créatifs. Ainsi, sur l’échantillon des responsables d’espaces de coworking sondés, 87% indiquent que de nouveaux projets sont nés chez suite à une rencontre entre deux membres (ou davantage).

Le modèle économique fonctionne, même si certains espaces ont dû aussi fermer ou cours de la période récente.

Trois quarts des espaces de coworking sont des organisations privées et commerciales. En général, les initiatives sont indépendantes. D’autres, néanmoins, comme La Cantine, The Hub, Cowo ou BetaHaus, se classent dans une forme de modèle de franchise.

Du networking sans effort

Pour les entrepreneurs et travailleurs nomades, le coworking présente des avantages aussi multiples que divers.

D’abord, le Coworking est le royaume du networking sans effort.

En général, réseauter prend du temps. Il convient de décrocher son téléphone, de multiplier les emails et de fréquenter une maximum d’événements, de cocktails et de conférences.

Ne nous leurrons pas : ce genre d’activité demeure un passage obligé pour développer son activité. Mais le coworking permet de faire du networking sans efforts, auprès de pairs. Naturellement, les discussions s’enclenchent entre les coworkers. Des liens se tissent parfois. Les uns et les autres posent des questions et donnent accès à leur réseau personnel. La recommandation joue à plein. Des compétences complémentaires se trouvent organiquement. Cela, sans rien forcer. Juste en étant là…

La communauté, souvent, précède l’espace, c

Sur la base de mon expérience personnelle au Hub Brussels, le premier espace de coworking lancé en Belgique, j’ai pu me rendre compte :

  • De l’exceptionnelle valeur ajoutée d’un espace dans lequel je pouvais travailler, être productif, tout en étant en contact avec d’autres personnes dans le même état d’esprit que moi : des néo-entrepreneurs, des travailleurs indépendants ou des travailleurs nomades.
  • J’ai découvert un écosystème stimulant, grâce l’exceptionnelle énergie positive qu’irradient les individus qui se lancent dans un nouveau projet et à leur foi dans l’avenir.
  • J’ai pu également bénéficier des compétences de certains et du réseau personnel d’autres.
  • Enfin, je dois avoir démarré deux ou trois projets nouveaux suite à ma rencontre avec certains « coworkers ».

Que peut apprendre le coworking à l’univers corporate ?

L’univers du coworking peut-il apprendre quelque chose au monde des entreprises traditionnelles ?

Indéniablement.

Le Coworking est d’abord une attitude, comme l’ont rappelé différents participants. Une attitude conviviale et ouverte au contact, consciente de l’intérêt des échanges et portée sur la création de produits, services ou projets innovants.

Les participants sont capables de travailler en réseau et de communiquer via les nouveaux outils de communication en ligne.

Par ailleurs, les employeurs et les employés s’accordent de plus en plus souvent pour autoriser le télétravail. Plutôt qu’être isolé chez soi, un espace de coworking peut figurer au rang des alternatives, conviviales et utiles. Ainsi, le coworking entre en ligne de compte comme option en matière de politique de mobilité.

Enfin, les espaces de coworking peuvent servir d’exemple en matière de management, afin de créer des espaces dynamiques et créatifs au sein ou à côté de l’organisation. Ce que l’on appelle aussi des « innovation sandbox ».

Les résultats de la première enquête européenne sur le coworking, par Entreprise Globale

22 novembre 2010

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