Pourquoi l’open innovation offre de nombreuses opportunités aux startups

6 avril 2012

Les grandes entreprises et les institutions chargées de l’innovation (universités, centres de recherche…) sont confrontés à une complexité toujours plus grande des technologies et des marchés.

Dans le même temps, le niveau de prévisibilité par rapport aux évolutions de l’environnement économique rétrécit chaque année. L’innovation ne peut plus être une activité isolée.

Pour gagner en agilité et en réactivité, les grandes organisations sont de plus en plus prêtes à ouvrir leurs processus d’innovation aux startups.

Présentation donnée par Entreprise Globale à Marseille, le 2 avril dernier, à l’occasion d’une rencontre des responsables de transferts de technologie européens.



Lean startup et Lean innovation : un guide du management « scientifique » de demain

15 mars 2012

Peut-on transformer l’art de l’entrepreneuriat et de l’innovation en science ? Et peut-on en limiter les zones d’incertitude ?

Eric Ries, auteur du best-seller « Lean Startup » le pense. 

Cet ingénieur américain a expérimenté à la dure, et de l’intérieur, la vie d’entrepreneur dans la Silicon Valley.

Expérimenter et apprendre plus vite

Dans les années 2000, Eric Ries a participé à la création de plusieurs startups qui ont échoué.

A partir de cette expérience, ce dernier a mené un profond exercice d’introspection pour comprendre pourquoi les différents signaux pourtant perçus au cours de l’aventure n’ont pas permis de corriger le tir lorsqu’il en était encore temps.

La plupart du temps, constate Eric Ries, ces échecs étaient la résultante du syndrome de la « tour d’ivoire ».

Les innovateurs et entrepreneurs travaillaient seuls dans leurs bureaux jusqu’à la sortie du produit attendu, sans toucher aux hypothèses de départ en cours de processus. Jusqu’au succès ou, beaucoup plus souvent, à l’échec…

Ce schéma risqué ne serait pas une fatalité.

Pivoter : changer de stratégie sans changer de vision

« Après un échec, nous nous consolons en nous disant que, au moins, l’expérience fût riche d’apprentissage. Mais pourquoi faut-il attendre d’avoir échoué pour apprendre ? », s’interroge Eric Ries.

« Si nous intégrions plus vite les leçons que nous procure chaque jour notre projet lorsque nous le mettons au contact de la réalité, sans doute pourrions-nous éviter plus souvent le gâchis que constitue malgré tout un échec. »

Eric Ries a tiré de ces réflexions le concept de « pivot » qui permet de mettre en pratique cet apprentissage rapide. N’importe quelle innovation et/ou projet entrepreneurial est un pari.La part d’incertitude est toujours importante.

« Le pivot consiste à changer de stratégie très tôt dans la vie du projet tout en gardant la vision initiale sur laquelle s’est bâtie l’idée initiale », indique Eric Ries.

La notion de pivot procure un confort d’esprit nécessaire et la flexibilité permettant, sur base des informations et signaux collectés au cours des premières étapes du processus, d’ajuster en temps réel les hypothèses de base.

« A l’époque de notre startup, en créant juste une page web ou un prototype très basique, par exemple, nous aurions pu rapidement tester les idées auprès d’un petit groupe d’utilisateurs cibles et d’acteurs éclairés. Nous aurions pu intégrer ces informations dans notre réflexion et changer de direction avant qu’il ne soit trop tard… »

Tester, mesurer, pivoter

L’entreprise Groupon, illustre Eric Ries, est un exemple d’organisation capable de pivoter.

Après plusieurs mois de surplace, la firme a directement pris la mesure de ses apprentissages. Elle a adapté son approche de produit et de marketing par rapport aux informations qu’elle assimilait au jour le jour.

La firme a réalisé plusieurs pivots successifs.

Résultat, après quelques mois, Groupon a trouvé son modèle à succès, qui n’était pas celui de départ. Loin de là.  Depuis, l’entreprise a signé l’une des plus grandes introductions en bourse des Etats-Unis.

Ce scénario ne se serait sans doute pas produit si la direction s’était accrochée, même quelques mois de trop, à sa stratégie initiale.

Comme une suite d’expériences scientifiques

Le pivot s’apprend.

« Des méthodes existent. Mais c’est l’état d’esprit qui importe le plus, insiste Eric Ries.

Tester, mesurer, comprendre les réactions des consommateurs au contact d’une première proposition concrète.

Et puis, expérimenter encore et encore. Améliorer, re-tester. « Itérer« .

Comme dans le domaine de la recherche. Les découvertes scientifiques ne surviennent souvent qu’au bout de dizaines ou de centaines d’expériences.

Ainsi, l’expérimentation, l’analyse constante des données, peuvent-elles apporter une plus grande sécurité, une dimension plus scientifique, à l’art de l’innovation et de l’entrepreneuriat, estime Ries.

L’approche Lean Startup ou de Lean Innovation (terme inspiré des méthodes de Lean Management inventé par le constructeur automobile japonais Toyota dans les années 70) se distingue ainsi de l’approche classique des « focus groups », par exemple.

« La méthode des focus groups de consommateurs, qui parlent dans le vide, de façon virtuelle, sans avoir rien vu d’un premier prototype, peut avoir des effets pervers que l’approche par pivot n’a pas, ou a beaucoup moins », observe encore Eric Ries.


La technique du « free writing » vous aide à écrire des blogs posts plus rapidement

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Promocity ou comment l’innovation de business modèle rapporte gros

30 mars 2011

Imaginez que vous ouvriez votre smartphone. Sur l’écran s’affichent deux boutons libellés comme suit et appelant à la satisfaction de l’un ou l’autre besoin primaire :

  1. « J’ai faim« 
  2. « Je m’ennuie« 

Cette application débarquera bientôt sur les téléphones portables. Chaque jour, elle renverra vers une promotion exceptionnelle afin de vous sustentez ou de vous divertir dans un cadre différent. A proximité de chez  vous.

N’aurons-nous bientôt plus besoin que de ce type de fonctionnalité pour atteindre la plénitude digitale ? La startup californienne Groupon, à l’origine de l’application, le souhaite, en tout cas…

Promocity, sur les traces de Groupon

Voici deux ans, grâce à une innovation de business modèle, Groupon  a créé un gigantesque nouveau marché en ligne : les coupons de promotion groupés.

Dans la foulée, une multitude de plus petits acteurs locaux se sont jetés dans la brèche. Parmi ceux-ci, au niveau belge, la jeune société  Promocity.

« Nous avions entendu parlé de Groupon. Nous étions aux Etats-Unis. Mon frère et moi-même avons pensé qu’il serait intéressant d’importer ce concept en Belgique », confie Samuel Devyver, co-fondateur de Promocity.

Le principe des coupons de promotion groupés -  et distribués en ligne – étonne presque par sa simplicité : plutôt que d’ensevelir les consommateurs sous des kilomètres d’offres promotionnelles dans lesquelles ils n’ont pas le temps de fouiller, les sites de vente de coupons de promotion groupés ont introduit une pratique inspirée du monde de l’édition : mettre en avant chaque jour UNE seul offre, la PLUS alléchante.

Que ce soit pour un restaurant, un spectacle, un massage… il « suffit » de  renouveler l’exercice chaque jour pour créer une attente, et ainsi fidéliser et augmenter le nombre des visiteurs sur le site web.

Du côté du commerçant, la participation ne coûte rien, à priori. Elle offre l’opportunité de faire découvrir le service à un vaste de nombre de personnes.

Plus de 120.000 utilisateurs, rentable après sept mois

Et cela marche.

En Belgique, Promocity, lancée voici huit mois à peine, dépasse déjà les 120.000 utilisateurs en Belgique. Elle vient d’engager une cinquième personne. L’entreprise est rentable depuis février dernier.

Le business modèle fonctionne, donc.

Promocity creuse son trou dans le paysage du web belge, même si la société a commencé par se positionner sur les plus grosses concentrations urbaines de Belgique : Bruxelles, Liège et Anvers.

« Nous avons aujourd’hui des commerciaux actifs dans chacune de ces villes, indique Samuel Devyver. Il nous faut un deal par jour. C’est indispensable. Nous nous étendrons aussi vite que possible vers d’autres villes belges. Gand, Namur et d’autres sont dans notre viseur. »

Un avantage équivalent à minimum 50% du prix initial

Les internautes commencent à s’habituer au rythme des offres. Promocity voit même émerger des « chasseurs de deals« .

« La semaine dernière, nous avons vendu 600 couverts dans un restaurant indonésien de Bruxelles, détaille Samuel Devyver. La remise était de 56% sur le prix initial du menu ».

« Le restaurant s’y retrouve, ajout-t-il, car l’action lui offre une grande visibilité pendant quelques jours. D’autre part, il remplit sa salle pendant les heures creuses et il se rattrape souvent sur les extras, comme la vente de bouteille de vin. »

Promocity se réserve une commission de 30% sur le montant du coupon vendu à travers son site web. Une marge moins gourmande que ce que d’autres concurrents se gardent, assure-t-on au siège de la startup belge…

La gestion de ce type de promotion ne s’improvise toutefois pas. Les erreurs se paient lourdement. Une offre maintenue trop longtemps, ou pour laquelle il n’existe pas de plafond en termes de nombre de bons distribués, pourra mettre le commerçant dans l’embarras.

Inversement, Promocity doit s’assurer de la fiabilité des prestataires qu’elle sélectionne si elle veut éviter la déception des clients et une éventuelle chute de confiance.

Les mérites du « click & mortar »

Promicity s’assume comme entreprise locale, « click & mortar« . Le web est certes l’interface de prédilection de l’entreprise. Mais Promocity dépend aussi du contact personnel direct avec les commerçants pour négocier chaque coupon.

« L’important est d’assurer une variété suffisante de deals, indique Samuel Devyver, afin d’entretenir la curiosité et l’intérêt. Il faut que tous les matins, les offres que l’on met en ligne soient différentes de celles de la veille. Nous proposons ainsi, alternativement, des offres pour des menus dans des restaurants, mais aussi des essais de voiture de sport, des places pour le théâtre, des soins du visage ou du fish-pédicure. »

« Il faut comprendre que notre identité belge, notre proximité avec le contexte local, est déterminant pour s’assurer de la pertinence de nos offres et de notre service ! », ajoute le co-fondateur de Promocity.

Intensification de la concurrence internationale ?

La concurrence internationale pourrait néanmoins s’intensifier dans les mois à venir…

Voici quelques mois, le géant Groupon – désormais actif en Belgique avec ses propres équipes commerciales, et donc concurrent de Promocity, à l’instar de Groupolitan, autre acteur local – a refusé une offre de rachat de Google de 6 milliards de dollars US.

Econduit, le moteur de recherche américain examine désormais s’il ne pourrait pas lancer lui-même son propre service de promotions groupées.

Et il n’est pas seul à envisager la question…

Facebook, le plus grand réseau social de la planète, pourrais s’aventurer sur ce terrain également avec son service Facebook Deals.

 

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