Comment réfléchit un investisseur à risque

23 janvier 2013

Cette infographie tente de se mettre à la place d’un invesisseur à risque et de décoder les étapes de son analyse et de son raisonnement.

L’intrapreneuriat se développe également dans le secteur public

1 décembre 2012

Susciter et encourager les comportements d’entrepreneurs au sein de grandes entreprises privées, voila déjà un défi…

Mais une administration publique peut-elle avoir un intérêt, elle aussi, à engendrer en son sein le développement de vocation d’intrapreneurs ?

D’après Richard Boly, patron de eDiplomacy au Département d’Etat américain, la réponse est sans conteste positive.

Une des missions de ce haut fonctionnaire de Washington, spécialiste de l’entrepreneuriat, consiste aujourd’hui à inciter les employés de l’administration américaine des affaires étrangères à proposer et entreprendre des initiatives innovantes dans un environnement de travail obsédé par la stabilité et, par définition, rétif à toute prise de risque.

Administration 2.0 et Intrapreneuriat

Richard Boly sera orateur lors de notre conférence Intrapreneurship 2012, le 13 décembre prochain, à Paris.

Au lendemain des attaques sur le World Trade Center, l’administration fédérale américaine s’était rendu compte des problèmes créés par ses lourdeurs, rigidités et cloisonnements internes. L’affaire WikiLeaks, quelques années plus tard, fut un traumatisme supplémentaire pour  le ministère américain des Affaires étrangères.

Au cours de la dernière décennie, le Département d’Etat a donc remis en question certains de ses modes de fonctionnement.
Richard Boly et d’autres ont proposé la mise en place d’une structure interne plus ouverte et agile, indispensable pour répondre aux enjeux posés par un monde devenu plus complexe.

Une des premières étapes a ainsi été l’installation d’outils collaboratifs au sein du ministère US : réseaux sociaux internes, blogs, wikis, etc. Ces derniers ont fait migré l’ancien modèle d’organisatin du Département d’Etat américain vers un modèle davantage  2.0.

Libérer les énergies individuelles dans un cadre de confiance

Il ne suffit toutefois pas de mettre en place de nouveaux canaux de communication ouverts et point à point pour métamorphoser une structure telle qu’une administration, a fortiori de la taille du U.S. State Department.

Pour que l’ensemble fonctionne, les individus doivent, d’une part, pouvoir obtenir un degré d’autonomie plus grand.

D’autre part, ils doivent bénéficier d’un climat et d’un cadre qui leur inspire confiance pour adopter les comportements plus entrepreneuriaux. Ils doivent notamment être rassurés sur le fait que le gain engendré par leur prise d’initiative, quel que soit sa forme (reconnaissance, mérite, pourquoi pas financier…), ne leur sera pas entièrement confisqué.

Enfin, les employés, pour pouvoir se transformer en intrapreneurs, doivent obtenir, quand c’est pertinent, le support nécessaire, managérial et/ou logistique, pour mettre en oeuvre les initiatives jugées intéressantes pour l’organisation.

Un fond de soutien aux initiatives intrapreneuriales

Comment, dès lors, stimuler ces nouveaux types de comportements et favoriser l’innovation à travers les intrapreneurs ?

De multiples expériences ont été tentées et une série de projets sont désormais mis en oeuvre par l’administration US des Affaires étrangères.

Le plus marquant de ces projet est sans doute, depuis quelques temps, la mise sur pied de ce fond d’investissement intrapreneurial par le Département d’Etat américain, en collaboration avec d’autres investisseurs à risque. Ce dernier a pour vocation de financer la mise en oeuvre de certaines idées et projets imaginés par les employés des ambassades américaines dans le monde.

Richard Boly parlera de ce fond d’investissement, et d’autres choses, lors de la conférence Intrapreneurship 2012, organisée par Entreprise Globale, en partenariat avec Novancia Business School, le 13 décembre prochain à Paris.

Pour plus d’information sur le programme et les dernières possibilités d’inscriptions, consultez le site web : www.intrapreneurshipconference.com

Pourquoi l’intelligence collective propre au crowdfunding rend vos projets plus forts

19 juin 2012

Un état des lieux du « crowdfunding »

20 décembre 2011

Le crowdfunding, le fait de collecter de très petits montants de financement via une plate-forme en ligne et la participation de centaine d’internautes, est une pratique qui gagne du terrain.

Kickstarter, une des plates-formes les plus populaires, par exemple, a récolté plus de 40 millions de dollars, mi-2011.

Près de la moitié des projets soutenus se terminent par des succès.

Les banques ont désormais besoin d’un écoystème de startups pour innover

10 juin 2011

« Ce qui m’énerve, c’est que l’on parle encore de nous comme si nous étions encore une startup. Mais peut-on parler encore de nous en ces termes alors que nous comptabilisons déjà 600 millions de $ de dépôts à ce jour ? »

Rob Garcia est le responsable stratégie produits de Lending Club, une société californienne active dans le peer 2 peer lending (P2P lending), les prêts, ou investissements, de pair à pair. La plate-forme contourne les intermédiaires en mettant en relation directement, sur le net, emprunteur et prêteur. Le modèle, selon la firme, garantit aux derniers une rémunération supérieure.

Les banques traditionnelles ont arrêté d’innover…

Heureusement, pour le consommateur, les startups prennent aujourd’hui le relais en matière d’innovation dans le domaine financier. Tel était le constat  d’un débat organisé au mois de mars dernier à la conférence SXSW de Austin (Texas), à laquelle j’ai eu la chance s’assister, très explicitement intitulé : « Banks: Innovate or die! »

Les banques traditionnelles ont arrêté voici longtemps d’innover. La raison est simple, selon un intervenant :

« Dans les années 70 et 80, les banques sont passées d’un modèle de service à un modèle de vente produits. Le problème est qu’aucune n’a averti ses clients qu’ils ne recevaient plus un service mais désormais un produit… Comme elles sont centrées sur leurs produits, elles n’appportent plus par elles-mêmes aucune innovation au niveau de leur modèle d’affaire ou du type de relation qu’elles peuvent fournir aux utilisateurs. »

Les seules innovations récentes des banques traditionnelles  ne sont que des adaptations aux nouvelles disponibilités offertes par la technologie, dit-on. Rien de plus…

De nouveaux acteurs se pressent à la porte du monde bancaire

Aujourd’hui, de sérieux défis se présentent, pourtant, pour les banques traditionnelles. Continuer à adopter une posture statique pourrait leur être fatale.

Déjà, le grand public les déteste. Encore plus depuis la crise de 2008, laquelle a considérablement ombragé leur image.

Par ailleurs, le réseau d’agences physiques qui permet d’accroître la base de clientèle, coûte de plus en plus cher pour un nombre de transactions par agence qui diminue.

Enfin, des acteurs puissants empiètent lentement sur le pré-carré des banques traditionnelles :

  • Les opérateurs télécoms, d’abord. qui testent en nombre croissant des applications de paiement via smartphone et combiné portable (mobile payment). Avant eux, le géants de la grande distribution et les assureurs ont également fait des incursions.
  • Les leaders de l’internet, ensuite, lesquels lorgnent également sérieusement sur le marché des services bancaires.

Google, avec son Google Wallet, par exemple; Apple, peut-être, demain, ou, surtout, Facebook, qui envisage la création d’un monnaie virtuelle au sein de son propre univers (Facebook Credits)….

Les Chinois, d’ailleurs, ont créé un précédent en la matière.

« En 2006-07, QQ, le plus grand réseau social chinois, a créé une monnaie virtuelle (QQ coin). Celle-ci a eu un tel succès que la Banque de Chine a été obligée d’intervenir : elle menaçait d’entraîner une dévaluation du Yuan..! », a noté un intervenant au SXSW.

L’innovation vient et viendra de l’écosystème des startups

Pour surmonter ces nouveaux obstacles, le secteur des banques s’ouvrent donc à son tour au monde des startups. Implicitement, elles reconnaissent leur incapacité à porter de véritables innovations de rupture. 

« L’innovation dans le monde bancaire va venir de l’écosystème des startups, assure Rob Garcia. Un nombre grandissant de banques traditionnelles s’ouvrent déjà à l’imagination des petits acteurs. D’autres suivront, prédit-il. Des rachats s’observent… »

Notons que cette ouverture des opérateurs financiers aux startups est aujourd’hui globale.

Le centre financier global de Hong Kong, par exemple, s’apprête à accueillir de plus en plus de startups. Ces dernières formeront un écosystème qui devrait permettre une évolution nouvelle des services en vue de satisfaire davantage les demandes des clients privés ou des entreprises.

Le chemin, cela dit, est une voie qui s’engage sur le long terme… Les consommateurs moyens ne sont pas encore tous prêts, loin de là, à confier leurs fonds à une startup

« Mobile, P2P, etc… Le marché de masse n’est pas encore éduqué pour ces innovations de rupture », observait Anna O’Brien, VP Social Media Strategy de CitiBank, au SXSW.

 

 

 

8 façons de dissuader un investisseur à risque d’investir dans votre startup

24 septembre 2010

Cynthia Kocialski est une femme d’affaires américain jouissant d’une expérience exceptionnelle dans le domaine du capital-risque (venture capital). Elle s’est impliquée dans le développement de plus d’une vingtaine de startups.

Dans le billet suivant, publié sur son blog, Cynthia Kocialski évoque ce moment qui peut arriver au cours de la présentation d’un projet (pitch) devant des investisseurs à risque quand on voit dans l’oeil de ces derniers qu’ils ne sont soudain plus à l’écoute. Quelque chose dans le monologue de l’entrepreneur leur a déplu. Ils ont déjà décidé de ne pas l’accompagner financièrement dans son projet.

Quels sont ces choses à ne pas dire ou montrer pour éviter d’effrayer d’emblée les pourvoyeurs de capital-risque ?

Cynthia Kocialski propose la liste non-exhaustive suivante.

Donner l’impression de se moquer de l’argent de l’investisseur

« Lors d’un entretien avec un investisseur potentiel, relate Cynthia Kocialski, le dernier posa la question :  que se passera-t-il si votre startup rencontre des problèmes?  L’un des deux fondateurs répondit : nous retournerons simplement chez notre ancien employeur. L’investisseur n’a pas apprécié. »

Un capital-risqueur attend qu’un entrepreneur s’investisse à fond dans son projet et fasse tout son possible pour se sortir des problèmes.

Se braquer sur la stratégie de revente de l’entreprise

En insistant trop sur la stratégie d’exit, autrement dit de revente de l’entreprise, un entrepreneur peut amener l’investisseur à s’interroger sur les motivations profondes de ce dernier.

Les entrepreneurs qui réussissent sont en général passionnés par leur idée et leur activité. S’ils sont tout le temps en train de penser à revendre, qui dit que leur implication sera si intense ?

Exagérer les chiffres du marché

« Un marché de la taille de l’Inde »; « Dans trois ans, 80% du marché des propriétaires de chiens »; etc.

Dans leurs prévisions, les entrepreneurs tendent parfois à sur-vendre leur potentiel en laissant entendre que quasiment tous les acheteurs du marché, presque sans exception, se rueront à moyen terme vers leurs seuls produits et services. O

u bien, le marché potentiel « est tellement immense », que même en en capturant qu’un petit pourcentage, nous ferons des vous des hommes encore plus riches…

« D’accord, note Cynthia Kocialski. Mais l’investisseur à risque veut surtout savoir comment vous arriver à ce niveau, en partant de zéro…. »

Insinuer qu’il n’y a pas de concurrent, ou passer sous silence la concurrence possible…

La concurrence existe toujours, sous une forme ou une autre…

« Parfois, la concurrence consiste simplement dans le fait que les consommateurs préfèrent continuer à consommer ce qui existait sur le marché avant votre nouvelle offre »

Ignorer les feed back des consommateurs

Un entrepreneur qui semble ne pas se donner la peine de recueillir les avis des consommateurs assez tôt dans son processus de développement est souvent mal parti.

Plusieurs formules existent : lire ce qui se dit sur le Net, proposer aux premiers utilisateurs de servir de référence, organiser des programmes de rencontre avec les clients, etc. S’en passer, c’est se tirer une balle dans le pied.

Jouez trop radicalement la rupture

Rien de plus difficile à prédire qu’une innovation radicale. En général, on ne les attend pas. Les premiers ordinateurs personnels, par exemple, rappelle Cynthia Kocialski, n’étaient perçus, au départ, que comme des objets pour occuper un hobby.

Prétendre d’office réinventer la roue, même si c’est exact, ne signifie pas encore trouver une clientèle prête à se convertir.

Ne pas connaître suffisamment son industrie

C’est de la compréhension des détails et des subtilités d’un marché et d’une industrie que naissent les succès. Ces nuances ne sont toutefois perceptibles, en général, qu’avec une certaine expérience. Un investisseur cherchera à connaître le niveau de cette expérience. Sans cela…

Donner l’impression de s’interdire un coaching extérieur

Apparaître sur la défensive lorsqu’un investisseur vous soumet une question ou creuse un point de votre projet n’est pas du meilleur effet. Loin s’en faut. Cette absence d’écoute peut s’avérer un facteur de morbidité pour n’importe quelle startup. Elle laisse supposer qu’un entrepreneur n’entendra pas les signaux et les messages importants qui impliquent un nécessaire changement de direction ou de stratégie.

« Le marché du capital-risque est trop peu concurrentiel en Europe »

20 juillet 2009

«  Si vous chercher un capital risque n’allez pas forcement voir les sociétés les plus en vue. Ce qu’il faut, c’est quelqu’un qui sera capable de bien vendre votre entreprise« .

Anne Donker est membre du conseil d’administration de SVASE , une organisation sans but lucratif dont le but est d’aider les entrepreneurs à se développer dans la Silicon Valley.  Elle est aussi directrice de bureau de conseil de Hubtech21 à San Francisco. D’origine hollandaise, Anne Donker vit depuis presque quinze ans dans la Silicon Valley.  La consultante nous livre ici quelques recommandations pour les startups à naître ou déjà en activité.

1. Restez focalisé sur un objectif

 » Je vois souvent les start-ups échouer, car elles perdent de vue leur objectif principal. Elles veulent être présentes en une fois sur de nombreux marchés différents. En général, elles n’ont pas les ressources ». Pour Anne Donker, le secret consiste à ne pas se disperser et bien garder en tête le but qui avait été fixé.

2. Ne cherchez pas la perfection avant de lancer un produit ou un service. Lancez-le !

 » Dans le développement de logiciels, par exemple,  explique Anne Donker, certaines startups passent trop de temps à affiner le produit avant de le commercialiser. Elles perdent du temps. Rappelez-vous qu’un logiciel, un service en ligne, un site internet… est toujours perfectible. Il est toujours en cours de construction. Il vaut mieux lancer son produit rapidement, même si celui-ci est encore  imparfait. Vous lui apporterez des améliorations fréquentes. C’est exactement ce que Google fait.  Leur dernier produit (ndlr: Google Wave) a été lancé alors que l’interface est loin d’être achevé. Voyez où en est Google aujourd’hui!  »

3. Le marché du capital-risque est trop peu concurrentiel en Europe. L’argent est moins cher dans la Silicon Valley !

D’après Anne Donker, il y a en ce moment 27 milliards de dollars de capital-risque dans la Silicon Valley. La consultante souligne également la grande proportion de firmes de capital-risque dans la Silicon Valley par rapport à leur nombre total.

Selon Anne Donker, le monde compte environ un millier firmes de capital-risque. Quelque 700 seraient présente dans la Silicon Valley. La consultante néerlandais compare, à ce titre, la situation de l’Europe face aux Etats-Unis:  » En Europe, le capital-risque est pratiquement inexistant. Les rares opérateurs actifs sur le marché ont donc un monopole. Les entreprises doivent dès lors souvent céder jusqu’à 50% de leur capital pour des sommes ridicules. Ici en revanche, une entreprise ne cède jamais plus de 35% de ses actions. Grâce à un accès plus facile aux capitaux, l’argent est moins cher dans la Silicon Valley qu’en Europe »

4. Ne cherchez pas absolument à attirer chez vous des grands noms du venture capital

Pour Anne Donker, un aspect important à prendre en considération lors du choix d’un capital risqueur va être sa capacité à revendre votre entreprise. Il vaut mieux choisir quelqu’un en phase avec le projet que le choisir sur base de la visibilité de son nom. « J’ai vraiment vu la différence, explique Anne Donker, entre quelqu’un capable de vendre une entreprise 27 millions de dollars et quelqu’un qui va la vendre 400 millions de dollars, la différence est énorme. Il ne faut pas négliger cet aspect, car il est notamment lié à l’appréciation du projet .

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