Un état des lieux du « crowdfunding »
20 décembre 2011
Le crowdfunding, le fait de collecter de très petits montants de financement via une plate-forme en ligne et la participation de centaine d’internautes, est une pratique qui gagne du terrain.
Kickstarter, une des plates-formes les plus populaires, par exemple, a récolté plus de 40 millions de dollars, mi-2011.
Près de la moitié des projets soutenus se terminent par des succès.

Les banques ont désormais besoin d’un écoystème de startups pour innover
10 juin 2011
« Ce qui m’énerve, c’est que l’on parle encore de nous comme si nous étions encore une startup. Mais peut-on parler encore de nous en ces termes alors que nous comptabilisons déjà 600 millions de $ de dépôts à ce jour ? »
Rob Garcia est le responsable stratégie produits de Lending Club, une société californienne active dans le peer 2 peer lending (P2P lending), les prêts, ou investissements, de pair à pair. La plate-forme contourne les intermédiaires en mettant en relation directement, sur le net, emprunteur et prêteur. Le modèle, selon la firme, garantit aux derniers une rémunération supérieure.
Les banques traditionnelles ont arrêté d’innover…
Heureusement, pour le consommateur, les startups prennent aujourd’hui le relais en matière d’innovation dans le domaine financier. Tel était le constat d’un débat organisé au mois de mars dernier à la conférence SXSW de Austin (Texas), à laquelle j’ai eu la chance s’assister, très explicitement intitulé : « Banks: Innovate or die! »
Les banques traditionnelles ont arrêté voici longtemps d’innover. La raison est simple, selon un intervenant :
« Dans les années 70 et 80, les banques sont passées d’un modèle de service à un modèle de vente produits. Le problème est qu’aucune n’a averti ses clients qu’ils ne recevaient plus un service mais désormais un produit… Comme elles sont centrées sur leurs produits, elles n’appportent plus par elles-mêmes aucune innovation au niveau de leur modèle d’affaire ou du type de relation qu’elles peuvent fournir aux utilisateurs. »
Les seules innovations récentes des banques traditionnelles ne sont que des adaptations aux nouvelles disponibilités offertes par la technologie, dit-on. Rien de plus…
De nouveaux acteurs se pressent à la porte du monde bancaire
Aujourd’hui, de sérieux défis se présentent, pourtant, pour les banques traditionnelles. Continuer à adopter une posture statique pourrait leur être fatale.
Déjà, le grand public les déteste. Encore plus depuis la crise de 2008, laquelle a considérablement ombragé leur image.
Par ailleurs, le réseau d’agences physiques qui permet d’accroître la base de clientèle, coûte de plus en plus cher pour un nombre de transactions par agence qui diminue.
Enfin, des acteurs puissants empiètent lentement sur le pré-carré des banques traditionnelles :
- Les opérateurs télécoms, d’abord. qui testent en nombre croissant des applications de paiement via smartphone et combiné portable (mobile payment). Avant eux, le géants de la grande distribution et les assureurs ont également fait des incursions.
- Les leaders de l’internet, ensuite, lesquels lorgnent également sérieusement sur le marché des services bancaires.
Google, avec son Google Wallet, par exemple; Apple, peut-être, demain, ou, surtout, Facebook, qui envisage la création d’un monnaie virtuelle au sein de son propre univers (Facebook Credits)….
Les Chinois, d’ailleurs, ont créé un précédent en la matière.
« En 2006-07, QQ, le plus grand réseau social chinois, a créé une monnaie virtuelle (QQ coin). Celle-ci a eu un tel succès que la Banque de Chine a été obligée d’intervenir : elle menaçait d’entraîner une dévaluation du Yuan..! », a noté un intervenant au SXSW.
L’innovation vient et viendra de l’écosystème des startups
Pour surmonter ces nouveaux obstacles, le secteur des banques s’ouvrent donc à son tour au monde des startups. Implicitement, elles reconnaissent leur incapacité à porter de véritables innovations de rupture.
« L’innovation dans le monde bancaire va venir de l’écosystème des startups, assure Rob Garcia. Un nombre grandissant de banques traditionnelles s’ouvrent déjà à l’imagination des petits acteurs. D’autres suivront, prédit-il. Des rachats s’observent… »
Notons que cette ouverture des opérateurs financiers aux startups est aujourd’hui globale.
Le centre financier global de Hong Kong, par exemple, s’apprête à accueillir de plus en plus de startups. Ces dernières formeront un écosystème qui devrait permettre une évolution nouvelle des services en vue de satisfaire davantage les demandes des clients privés ou des entreprises.
Le chemin, cela dit, est une voie qui s’engage sur le long terme… Les consommateurs moyens ne sont pas encore tous prêts, loin de là, à confier leurs fonds à une startup
« Mobile, P2P, etc… Le marché de masse n’est pas encore éduqué pour ces innovations de rupture », observait Anna O’Brien, VP Social Media Strategy de CitiBank, au SXSW.
8 façons de dissuader un investisseur à risque d’investir dans votre startup
24 septembre 2010
Cynthia Kocialski est une femme d’affaires américain jouissant d’une expérience exceptionnelle dans le domaine du capital-risque (venture capital). Elle s’est impliquée dans le développement de plus d’une vingtaine de startups.
Dans le billet suivant, publié sur son blog, Cynthia Kocialski évoque ce moment qui peut arriver au cours de la présentation d’un projet (pitch) devant des investisseurs à risque quand on voit dans l’oeil de ces derniers qu’ils ne sont soudain plus à l’écoute. Quelque chose dans le monologue de l’entrepreneur leur a déplu. Ils ont déjà décidé de ne pas l’accompagner financièrement dans son projet. 
Quels sont ces choses à ne pas dire ou montrer pour éviter d’effrayer d’emblée les pourvoyeurs de capital-risque ?
Cynthia Kocialski propose la liste non-exhaustive suivante.
Donner l’impression de se moquer de l’argent de l’investisseur
« Lors d’un entretien avec un investisseur potentiel, relate Cynthia Kocialski, le dernier posa la question : que se passera-t-il si votre startup rencontre des problèmes? L’un des deux fondateurs répondit : nous retournerons simplement chez notre ancien employeur. L’investisseur n’a pas apprécié. »
Un capital-risqueur attend qu’un entrepreneur s’investisse à fond dans son projet et fasse tout son possible pour se sortir des problèmes.
Se braquer sur la stratégie de revente de l’entreprise
En insistant trop sur la stratégie d’exit, autrement dit de revente de l’entreprise, un entrepreneur peut amener l’investisseur à s’interroger sur les motivations profondes de ce dernier.
Les entrepreneurs qui réussissent sont en général passionnés par leur idée et leur activité. S’ils sont tout le temps en train de penser à revendre, qui dit que leur implication sera si intense ?
Exagérer les chiffres du marché
« Un marché de la taille de l’Inde »; « Dans trois ans, 80% du marché des propriétaires de chiens »; etc.
Dans leurs prévisions, les entrepreneurs tendent parfois à sur-vendre leur potentiel en laissant entendre que quasiment tous les acheteurs du marché, presque sans exception, se rueront à moyen terme vers leurs seuls produits et services. O
u bien, le marché potentiel « est tellement immense », que même en en capturant qu’un petit pourcentage, nous ferons des vous des hommes encore plus riches…
« D’accord, note Cynthia Kocialski. Mais l’investisseur à risque veut surtout savoir comment vous arriver à ce niveau, en partant de zéro…. »
Insinuer qu’il n’y a pas de concurrent, ou passer sous silence la concurrence possible…
La concurrence existe toujours, sous une forme ou une autre…
« Parfois, la concurrence consiste simplement dans le fait que les consommateurs préfèrent continuer à consommer ce qui existait sur le marché avant votre nouvelle offre »
Ignorer les feed back des consommateurs
Un entrepreneur qui semble ne pas se donner la peine de recueillir les avis des consommateurs assez tôt dans son processus de développement est souvent mal parti.
Plusieurs formules existent : lire ce qui se dit sur le Net, proposer aux premiers utilisateurs de servir de référence, organiser des programmes de rencontre avec les clients, etc. S’en passer, c’est se tirer une balle dans le pied.
Jouez trop radicalement la rupture
Rien de plus difficile à prédire qu’une innovation radicale. En général, on ne les attend pas. Les premiers ordinateurs personnels, par exemple, rappelle Cynthia Kocialski, n’étaient perçus, au départ, que comme des objets pour occuper un hobby.
Prétendre d’office réinventer la roue, même si c’est exact, ne signifie pas encore trouver une clientèle prête à se convertir.
Ne pas connaître suffisamment son industrie
C’est de la compréhension des détails et des subtilités d’un marché et d’une industrie que naissent les succès. Ces nuances ne sont toutefois perceptibles, en général, qu’avec une certaine expérience. Un investisseur cherchera à connaître le niveau de cette expérience. Sans cela…
Donner l’impression de s’interdire un coaching extérieur
Apparaître sur la défensive lorsqu’un investisseur vous soumet une question ou creuse un point de votre projet n’est pas du meilleur effet. Loin s’en faut. Cette absence d’écoute peut s’avérer un facteur de morbidité pour n’importe quelle startup. Elle laisse supposer qu’un entrepreneur n’entendra pas les signaux et les messages importants qui impliquent un nécessaire changement de direction ou de stratégie.
« Le marché du capital-risque est trop peu concurrentiel en Europe »
20 juillet 2009
« Si vous chercher un capital risque n’allez pas forcement voir les sociétés les plus en vue. Ce qu’il faut, c’est quelqu’un qui sera capable de bien vendre votre entreprise« .
Anne Donker est membre du conseil d’administration de SVASE , une organisation sans but lucratif dont le but est d’aider les entrepreneurs à se développer dans la Silicon Valley. Elle est aussi directrice de bureau de conseil de Hubtech21 à San Francisco. D’origine hollandaise, Anne Donker vit depuis presque quinze ans dans la Silicon Valley. La consultante nous livre ici quelques recommandations pour les startups à naître ou déjà en activité. 
1. Restez focalisé sur un objectif
» Je vois souvent les start-ups échouer, car elles perdent de vue leur objectif principal. Elles veulent être présentes en une fois sur de nombreux marchés différents. En général, elles n’ont pas les ressources ». Pour Anne Donker, le secret consiste à ne pas se disperser et bien garder en tête le but qui avait été fixé.
2. Ne cherchez pas la perfection avant de lancer un produit ou un service. Lancez-le !
» Dans le développement de logiciels, par exemple, explique Anne Donker, certaines startups passent trop de temps à affiner le produit avant de le commercialiser. Elles perdent du temps. Rappelez-vous qu’un logiciel, un service en ligne, un site internet… est toujours perfectible. Il est toujours en cours de construction. Il vaut mieux lancer son produit rapidement, même si celui-ci est encore imparfait. Vous lui apporterez des améliorations fréquentes. C’est exactement ce que Google fait. Leur dernier produit (ndlr: Google Wave) a été lancé alors que l’interface est loin d’être achevé. Voyez où en est Google aujourd’hui! »
3. Le marché du capital-risque est trop peu concurrentiel en Europe. L’argent est moins cher dans la Silicon Valley !
D’après Anne Donker, il y a en ce moment 27 milliards de dollars de capital-risque dans la Silicon Valley. La consultante souligne également la grande proportion de firmes de capital-risque dans la Silicon Valley par rapport à leur nombre total.
Selon Anne Donker, le monde compte environ un millier firmes de capital-risque. Quelque 700 seraient présente dans la Silicon Valley. La consultante néerlandais compare, à ce titre, la situation de l’Europe face aux Etats-Unis: » En Europe, le capital-risque est pratiquement inexistant. Les rares opérateurs actifs sur le marché ont donc un monopole. Les entreprises doivent dès lors souvent céder jusqu’à 50% de leur capital pour des sommes ridicules. Ici en revanche, une entreprise ne cède jamais plus de 35% de ses actions. Grâce à un accès plus facile aux capitaux, l’argent est moins cher dans la Silicon Valley qu’en Europe »
4. Ne cherchez pas absolument à attirer chez vous des grands noms du venture capital
Pour Anne Donker, un aspect important à prendre en considération lors du choix d’un capital risqueur va être sa capacité à revendre votre entreprise. Il vaut mieux choisir quelqu’un en phase avec le projet que le choisir sur base de la visibilité de son nom. « J’ai vraiment vu la différence, explique Anne Donker, entre quelqu’un capable de vendre une entreprise 27 millions de dollars et quelqu’un qui va la vendre 400 millions de dollars, la différence est énorme. Il ne faut pas négliger cet aspect, car il est notamment lié à l’appréciation du projet .
Luc jacobs, business angel: « Cherchez d’abord des fonds près de chez vous »
4 mars 2009
Si je lance une nouvelle activité dois-je aller chercher un investissement à l’étranger ? Le business angel Luc Jacobs (Gialco), ancien gestionnaire d’un fonds de capital-risque de Nokia, nous livre son expertise sur la question. D’après l’investisseur, dans un premier temps il vaut mieux chercher du capital au niveau local. Et ce, pour plusieurs raisons :
- Avoir un investisseur local permet d’asseoir la confiance. Un investisseur étranger aura plus de facilité à prêter de l’argent à quelqu’un qui déjà reçut la confiance d’un investisseur local. De l’avis de Luc Jacobs « Avoir 100 en local permet d’avoir 100 à l’étranger »
- En dessous d’un million d’euros, ce n’est pas intéressant d’aller chercher des fonds à l’étranger. La démarche génère des coûts supplémentaires, transport, etc. (on parle de longue distance. Pas de Bruxelles-Paris). Dans le cas de petite somme, ces surcoûts ne sont pas rentables pour l’investisseur.
- Last but not least, cela peut paraître banal, mais une langue et culture commune facilite les échanges. Cela compte encore, de nos jours.
Écoutons Luc Jacobs:
« Les investissements en recherche et développement sont de plus en plus chers », note Luc Jacobs. « Il est donc intéressant pour des grandes structures de mettre leur recherche en commun et de partager les risques. C’est ce que font de plus en plus les compagnies pharmaceutiques, par exemple. A une autre échelle, des constructeurs automobiles, voici un certain nombre d’années déjà, se sont associés pour développer des plates-formes communes. PSA et Toyota, par exemple, avec déjà un million de véhicules produits à Kolin, en République tchèque.
Mais mieux qu’une joint venture, « l’approche propre aux fonds capital-risque est une bonne manière de procéder », poursuit le Venture Capitalist. Ce fond va permettre à plusieurs entreprises d’investir côte à côte dans une start-up ou un réseau de start-ups qui vont être plus créatives et plus réactives. Une fois que ces dernières ont prouvé la viabilité d’une innovation, les grandes entreprises peuvent la rapatrier en interne. Le grand compte peut de cette manière avoir un meilleur contrôle des coûts. L’innovation ne doit plus être planifiée en interne
Qui a encore besoin d’une banque ?
23 février 2009
« Pour un à deux millions de dollars, nous lançons un service de cartes de crédit dans n’importe quel pays. Il s’agit surtout de coûts marketing. Désormais, tous nos systèmes sont centralisées mondialement ». En d’autres termes, vous pouvez demain, pour un investissement dix à vingt fois moindre qu’il y a quelques années, lancer une activité bancaire aux Maldives, au Costa-Rica ou en Nouvelle-Zélande.
La banque en question est britannique et se nomme HSBC. L’une des plus grandes banques du globe. Elle s’est auto-intronisée « The World’s local bank« .
En 2003, cette organisation tentaculaire (85 pays) s’emberlificotait les câbles dans pas moins de 55 systèmes informatiques régionaux; 24 formats et systèmes de traitement pour le paiement par carte de crédit et 40 plateformes distinctes d’internet banking. « La banque a, depuis, divisé ce nombre par trois. En 2010, il n’y aura plus qu’un seul système commun pour tout le groupe HSBC à travers le monde, explique Chris Skinner, un célèbre expert britannique de la banque en réseau. « Nous migrons vers le concept de : banking as a service « , dit-il. Un peu comme si, demain, nous consommions des crédits, des plates formes de paiement, des produits de placement… avec un opérateur à l’autre bout du monde, aussi facilement que si nous ouvrions un compte de messagerie sur Hotmail ou Google.
Certes, pour HSBC, l’investissement s’élève à rien moins que 6 milliards de dollars, essentiellement dans son coeur informatique. Mais désormais, la banque peut se démultiplier quasiment à l’infini.
Arrive la banque low cost
Curieux, en pleine crise financière, suggérer de faire confiance à une institution virtuelle ? Avec quel cadre prudentiel ou régulatoire ?
Vrai. Mais la confiance envers les grandes enseignes est ébranlée, de toute façon. Disons qu’une fois les boulons resserrés au niveau du contrôle bancaire, de nouveaux opérateurs en ligne pourraient faire tache d’huile. Principal argument: le coût.
Dans cette passionnante présentation, Chris Skinner analyse le modèle imbattable de ces purs joueurs financiers sur internet. Wonga (avances en cash à court terme, décision en moins d’une heure, 37 personnes), Zopa (banque peer to peer), eBank Corporation (Japon, 3 millions de clients, 200 employés), PayPal (système de paiement bien connu, filiale d’eBay), SmartyPig (économiser avec d’autres pour un projet particulier),…
Tous ces nouveaux services financiers sont non seulement accessibles de partout. Ils sont significativement moins chers. Les frais facturés ne s’élèvent parfois qu’à une fraction des tarifs facturés par les grandes institutions financières à leurs clients.
D’où cette question de Chris Skinner: qui a encore besoin d’une banque ? Les entreprises trouveront sans doute demain, une fois la tempête mondiale assoupie, de multiples sources diverses de financement.
« Selon Chris Skinner, la seule chose qui coûte encore, c’est le déplacement physique, indique à Entreprise Globale, cette semaine, Pascal Aerens, de la société Telovia, présent au salon Meftec de Bahrein, consacré aux technologies bancaires, où le consultant britannique exposait sa vision. Pour opérer à Oman ou au Pakistan, par exemple, vous devez connaître des gens. Pour le reste… tout est disponibe en ligne! »
Un business viable n’est pas un projet qui nécessite nécessairement des fonds ( Guy Kawasaki )
27 janvier 2009







