Open Innovation ? Le Japon voudrait bien, mais ne peut point…

19 mai 2010

Voici quelques années, les entreprises japonaises contrôlaient la totalité du marché mondial des écrans à cristaux liquides. De nos jours, elles ne détiennent plus qu’une maigre part de marché inférieure à 10%.

Champion mondial de la technologie depuis l’après-guerre, le pays du Soleil levant peine à négocier le virage de l’économie globalisée ainsi que l’accélération des processus d’innovation. Le segment des écrans liquides n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres. Le modèle économique qui fit le succès du Japon affronte une quasi crise systémique.

Ouverture, collaborations internationales, remède évident, et pourtant….

Ouverture, collaboration, innovation en réseau, partenariats internationaux… En Europe, où le défi posé par l’intensification de la concurrence internationale n’est pas moindre, nous voyons émerger des réponses conceptuelles visant à remodeler nos processus de fonctionnement.

You need to a flashplayer enabled browser to view this YouTube video

Au Japon, les acteurs de terrain semblent adhérer au même diagnostic. La différence réside néanmoins dans la mise en oeuvre…

Tel est le sentiment qui me reste après deux journées passées dans l’archipel dans le cadre d’une mission consacrée à l’innovation…

Culture insulaire, respect de la hiérarchie… Le Japon encore loin de la « cloud economy »

Nous avons rencontré les responsables dans deux universités d’Osaka, la Chambre de commerce de Kyoto ainsi qu’une délégation de la prestigieuse Japan Science and Technology Agency (JST).
Comme le montrent mes interlocuteurs dans les interviews vidéos ci-jointes, chacun au Japon est bien conscient de la nécessité de s’ouvrir. Plus facile à dire qu’à faire, cependant, pour un pays insulaire, habitué au structures rigides, au respect de la hiérarchie et au contrôle de bout en bout…

Yasua Kanematsu, par exemple, responsable de la politique de collaboration industrielle de la Osaka University, déplore la difficulté qu’ont les entreprises nippones à s’ouvrir aux partenariats intégrés avec de grandes entreprises, des PME, des startups, des centres de recherche ou d’autres université à l’étranger.

De son côté, un cadre de Kyocera croisé dans le Kansaï reconnaissait que son entreprise restait ancrée dans une culture de l’innovation très étanche à l’extérieur.

Pourtant, nombre des interlocuteurs rencontrés à ce stade opinent également pour dire que l’avenir de leurs industries respectives passe inévitablement par l’immersion dans des réseaux d’échange et d’innovation globaux.

You need to a flashplayer enabled browser to view this YouTube video

Akera Myui (vidéo ci-dessus), directeur d’un service d’innovation dans le domaine de la chirurgie réparatrice, à l’hôpital universitaire de la Osaka University, l’affirme ci-dessous: nous devons nous insérer dans ces réseaux.

Amener aussi le le Japon vers une économie de la créativité

Hiroshi Okano, professeur de management à la Osaka City University, estime lui – compte tenu de la concurrence internationale acharnée qui vide, comme chez nous, l’Archipel de centaines de ses usines – qu’il est nécessaire de tirer le tissus économique nippon sur un socle davantage basé sur la créativité.

Le Japon n’est pas mal armé de ce point de vue. La littérature, le cinéma, la musique  et les Arts japonais en général s’exportent notamment très bien dans le reste de l’Asie.

Une nouvelle ère économique s’ouvrira-t-elle ?

You need to a flashplayer enabled browser to view this YouTube video

Opera: « Appareils photo, frigos, alarmes… constitueront, demain, une des bases du web »

10 avril 2010

Jon von Tetzchner est le CEO et co-fondateur de Opera, l’un des cinq grands navigateurs internet aujourd’hui disponibles sur le marché mondial, sur les traces des Firefox (open source), Internet Explorer (Microsoft), Chrome (Google) ou Safari (Apple).

Opera, basé en Norvège, est devenue une petite multinationale qui occupe 700 personnes dans le monde, pour 55 nationalités représentées. L’entreprise a vu ses frontière géographique disparaître. Mais elle promeut également une forme d’univers agnostique pour ses produits.  Opera se veut un navigateur opérationnel sur n’importe quel type d’apparail aujourd’hui, ou demain, connecté au réseau. A savoir : des ordinateurs, des téléphones portables, les liseuses électroniques, les décodeurs digitaux, les téléviseurs, les appareils photos, caméra, ou encore… des frigos, des GPS ou des chaudières…

You need to a flashplayer enabled browser to view this YouTube video

Le cloud ou les bouleversements de l’informatique distribuée

« Le cloud computing est un mouvement naturel, relève Jon von Tetzchner. Les systèmes opérationnels, tels que Windows, auront dans l’avenir de moins en moins d’important. Les applications et les contenus ne seront plus hébergés dans un ordinateur ou sur un serveur en particulier, mais sur des milliers de serveurs connectés à travers le monde, selon des algorithmes intelligents »

Le patron de Opera voit toutefois plus loin. Selon lui, le concept de cloud computing ne va pas assez loin, car l’évolution ira jusqu’à intégrer n’importe quel objet.

« Prenez un appareil photo numérique, poursuit-il. La plupart de vos photos restent en général logées dans la carte mémoire de l’appareil. Cela prend du temps de prendre un câble, de le raccorder à un ordinateur, de transférer les données puis de partager l’ensemble avec ses amis. Il en serait tout autrement si vous pouviez demain donner accès à vos amis directement à la mémoire de votre appareil photo. Ce dernier serait directement relié au Net, grâce à une adresse IP propre et un clé autorisant l’accès aux personnes que vous souhaiter.

Le développeur norvégien y voit l’avenir et, bien sûr, son avenir.

Tout est permis par l’open data

Ce nouvel univers ne serait pas possible sans le soutien grandissant de l’open data : mes données sont librement exploitables et pas fermées dans un environnement défini.

De ce point de vue, Opera rappelle ses racines européennes.

« L’Europe a toujours joué un grand rôle pour évoluer vers ce principe de la standardisation, note Jon von Tetzchner. Souvenez vous de la norme GSM, poussée par l’industrie européenne. Les pays émergents joueront un plus grand rôle dans l’avenir, en termes d’innovation de services et de business modèles. Seule 17% de la population en Asie est aujourd’hui en ligne. Le potentiel de croissance est encore énorme pour les années à venir. Le futur viendra aussi de là… »

Le FMI a-t-il vraiment appris de ses erreurs ? (Netcast)

18 mars 2010

Mon vieil ami Damien Van Achter a capté hier le flux de tweets que je postais à l’occasion d’une conférence de Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, organisée par l’école de commerce HEC- ULG.

Dans la foulée, ce matin, nous en avons tiré un Netcast que voici:

Ci-dessou, mon live-tweet :

- Last 8 y, Africa has taken right economical steps. Now economy recovers as fast as the others. 1st time in History#dsk #imf

- IMF has learned the mistakes it did in the past #dsk #imf

- The crisis has hidden the global unbalances for a while. Now, appearing again #IMF #dsk

- The US consumer is now making savings. It’s a revolution! But chinese consumption won’t offset decrease of US consumption so soon #IMF

- Supervision is even more important than regulation in financial sector #dsk #fmi

- IMF had played its role, according to Keynes & Cie’s definition in 1944. #dsk #IMF

« J’ai 29 ans. Je lance mon entreprise en Chine »

5 mars 2010

Le Brésil ou quand les BRIC’s se mettent aussi à l’intelligence stratégique

1 février 2010

Voici quatre ans, les géologues brésiliens découvraient, dans les profondeurs de l’Atlantique, le plus grand gisement d’or noir exhumé depuis très longtemps.

Le champ sous-marin de Campos, au large de Rio de Janeiro, fera bientôt du Brésil l’un des plus importants exportateurs de pétrole de la planète. Le pays boxera dans la même catégorie que le Canada ou le Nigeria.

Petrobras, la compagnie nationale brésilienne, qui exploitera la zone, a fait l’objet d’un rally boursier peu commun. Valorisée à 220 milliards de dollars, le groupe figure désormais dans le top dix des plus grandes capitalisations boursières du monde.

Convoitise, curiosité et espionnage

Petrobras est l’un de ces acteurs venus des BRIC (le quatuor formé de la Chine, du Brésil, de l’Inde et de la Russie) qui pourrait battre la mesure de l’économie mondiale au cours de la prochaine décennie.

Tant de puissance émergente suscite bien sûr la convoitise. Les BRIC sont à leur tour la cible des barbouzes de l’espionnage industriel.

Début 2008, une affaire de vol de données stratégiques a défrayé la chronique à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Recife.

Les informations stockées dans des ordinateurs portables revenant des champs d’exploration offshore ont été dérobées au port.

Très vite, les autorités brésiliennes ont soupçonné la firme américain Halliburton (une vieille connaissance de l’ancien vice-président Dick cheney) responsable du transport des données. Finalement, les coupables étaient ailleurs. Mais l’épisode a éveillé les consciences au Brésil sur la nécessité de protéger ce capital national.

Les multinationales du Brésil à l’heure de l’intelligence stratégique

Le constat ne vaut pas que pour Petrobras. Les multinationales brésiliennes sont chaque année plus nombreuses dans le palmarès des plus grandes entreprises du globe.

Vale, Embraer, Votorantim ou le belgo-brésilien AB Inbev, dévoreur de Budweiser, la plus célèbre marque de bière aux Etats-Unis, gagnent des parts de marché en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord, dans des secteurs divers (aéronautique, agro-alimentaire, industrie,…)

La modernisation de l’économie brésilienne appelle donc logiquement la même phase de professionnalisation des pratiques de gestion qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Cette étape passe notamment par l’apprentissage de nouvelles pratiques de réseau et d’intelligence stratégique.

Comme l’indique la présentation reprise ci-dessous, les universités brésiliennes mettent en place de nouveaux cursus d’apprentissage pour les managers locaux.

Au menu de ces dernières : optimiser les investissements en R&D; accroître la valeur ajoutée des produits de base; encore créer des ressources globales d’information pour pousser les entreprises brésiliennes à s’étendre mondialement, etc…

Veille participative

Le Brésil, ajoute Frédéric Donier, l’auteur de la présentation ci-dessous, teste également de nouvelle forme collective de veille participative.

Chaque département de l’entreprise désigne des traqueurs d’information et de signaux faibles. L’information stratégique est drainée vers un pilote qui synthétise celle-ci au niveau de l’entreprise.

Oui, ce genre de pratique s’insinue dans la culture managériale du Brésil.

Ainsi, non seulement, le pays gagne ses galons de membre du gotha des plus grandes puissances économiques mondiales. Mais les entreprises brésiliennes adoptent aussi, peu à peu, l’arsenal des pratiques managériales ouvertes du 21ème siècle. D’aucuns parlent de management 2.0.

Dans ce domaine, les Brésiliens ne semblent pas en retard. Autant le savoir…


ConféRence Jiee´09 FréDéRic Donier 10.12.09

View more presentations from fdonier.
(via http://www.vedocci.fr/2010/01/25/lintelligence-economique-bresil/)

logo-ase

Chine : la « sinisation » du monde plus rapide qu’escomptée

21 janvier 2010

Dernièrement, les économistes s’entendaient encore pour affirmer que la Chine ne deviendrait la première économie de la planète qu’à l’horizon 2040. Peut-être même 2050.

Patatras. Selon le bureau de conseil PwC, la Chine passera devant les Etats-Unis… dans dix ans. En 2020.

L’économie de la Chine se déploie à un rythme plus rapide que prévu. Au quatrième trimestre 2009, le taux de croissance a encore atteint 10,7%, pendant que l’économie des pays occidentaux peine encore à reprendre son souffle, après la crise de 2008.

La Chine, plus seulement l’usine du monde

On aurait tort de penser que la Chine se limite à être la plus grande usine du monde.

Le train le plus rapide de la planète roule désormais en Chine.

Et comme à peu près tout ce qui se vend dans le pays le plus peuplé du monde s’accompagne de transferts de technologies (européennes, notamment, dans ce cas), il ne faudra sans doute pas attendre des décennies avant de voir des industriels chinoises vendre à leur tour des trains à grande vitesse conçu et fabriqués en Chine.

Leur compatriote Huawei, dans les télécoms, engrange déjà les parts de marché sur le Vieux continent.

Chine, et autres pays d’Asie, dejà leaders dans les technologies vertes (cleantech)

Mais la Chine avance à grandes enjambées également dans des secteurs d’avenir, non encore défrichés par les pays occidentaux.

Selon le rapport “Rising Tigers, Sleeping Giant” (qui étudie la compétitivité de l’Asie par rapport aux Etats-Unis dans le domaine des technologies vertes (cleantech) ) la Chine, le Japon et la Corée du Sud sont aujourd’hui devant l’Oncle Sam au niveau production dans toutes les technologies vertes sous revues.

Dans les cinq ans à venir, les investissements asiatiques en cleantech pourraient être triples du volume d’investissement que les opérateurs américains consacreront aux technologies vertes.

Le rapport n’évoque pas l’Europe.

La science mondiale prend des saveurs de plus en plus chinoises

Au delà de ce secteur particulier, la Chine décuple ses efforts pour devenir un centre de développement de premier plan en matière de sciences et de technologies. L’Empire du milieu attire maintenant des scientifiques du monde entier.

Entre 1996 et 2007, la Chine a augmenté ses investissements en R&D de 20% par an. Le pays a poussé la part de l’Asie dans le total des dépenses R&D du globe à 31% (venant de 24%). Pendant ce temps, la part des investissements nord-américain en R&D a dégringolé de 40% à 35%, sur la période.

Nous avions pris l’habitude de consommer japonais. Nous consommerons de plus en plus chinois dans l’avenir. Des marques et des technologies chinoises.

Le monde se sinise à (très) grande vitesse.

Connectés globalement, notre vie va changer

20 janvier 2010

Paul Krugman: A quoi ressemblera la mondialisation après la crise ?

27 novembre 2009

Faut-il présenter Paul Krugman ?

Cet économiste, spécialiste des échanges internationaux, a reçu en 2008 le prix Nobel d’économie. Il est en outre l’un des éditorialistes les plus célèbres du quotidien américain New York Times.

You need to a flashplayer enabled browser to view this YouTube video

Dans cette interview vidéo accordée à Entreprise Globale, Paul Krugman laisse entendre que le processus de globalisation de l’économie ne devrait pas être trop affecté par la crise financière.

« Nous verrons peut-être quelques restrictions sur les flux de capitaux. Mais cela devrait demeurer relativement contenu. Les contours de la mondialisation devraient demeurer plus ou moins identiques à ce que l’on a connu avant la crise », dit-il.

Qu’en est-il du rôle des petites et moyennes entreprises, dans cette économie mondialisée ? Voit-il ces dernière prendre une part grandissante du gâteau global ?

« La part de l’emploi total généré par les multinationales est en régression. Le glissement n’est toutefois pas encore radical. Certes, il est facile aujourd’hui, pour une entreprise de 25 personnes, d’assurer une présence à la fois aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie. C’était beaucoup moins faisable voici vingt ans. Donc, oui, les gros prendront moins de place dans l’économie mondiale. Mais non,  les gros ne vont pas disparaître« , explique Paul Krugman.

Depuis de nombreuses années, ce démocrate américain défend l’apport économique de la globalisation, notamment pour un certain nombre de pays en développement et de pays émergents. Cela dit, depuis quelques temps, Paul Krugman reconnaît aussi l’influence néfaste de la mondialisation sur un certain nombre de points. Le premier est celui de l’augmentation des inégalités. Pouvons-nous résoudre ce déséquilibre ?

« Oui, grâce à un meilleur filet de sécurité sociale, une couverture de soins de santé, etc. C’est pour cela que le débat actuel sur la couverture universelle est si importante aux Etats-Unis »

Trois prédictions sur l’évolution de la globalisation

29 septembre 2009

En 1990, les 100 plus grandes entreprises de la planète produisaient 3,5% de la richesse mondiale. Quinze ans plus tard, le Top 100 produit 4,3% du PIB mondial. Les 50 entreprises les plus importantes du globe emploient 1,6% de la force de travail dans les pays industrialisé et 0,2% de l’ « humanité active ».

Entre-temps, toutefois, la récession mondiale est passée par là. Les réseaux collaboratifs prennent de l’amplitude. A mesure qu’il est possible de se coordonner à distance, dans de multiples domaines, la taille d’une organisation n’est plus le seul déterminant qui peut définir l’existence ou non d’une empreinte globale.

Bref: impossible d’apprécier si la tendance va se renforcer et de dire si, dans quatre ou cinq ans, les plus grandes entreprises auront renforcé encore, ou non, le poids qu’elles représentent dans l’économie globale.

Quel sera le visage de la globalisation ? Nul ne sait vraiment.

Quelques évolutions probables de la globalisation dans les années qui viennent

Sans se risquer à d’impossibles pronostics, le bureau de consultance McKinsey s’est néanmoins risqué à évoquer trois évolutions probables du paysage de la globalisation dans les années à venir.

1. La sous-traitance et les délocalisations vont se poursuivre

« Tant que des écarts salariaux subsisteront entre les régions du monde, les délocalisations vers les pays à plus bas salaire continueront », écrit McKinsey

L’écart de salaire entre les travailleurs chinois et les travailleurs des pays développés se réduit, certes. Mais il reste élevé.

2. La concurrence entre les pays à bas coûts devrait s’intensifier

Le fabricant d’équipement de sport Nike, par exemple, a déplacé une partie de sa production de Chine au Vietnam. Pour la première fois, Nike devrait y fabriquer plus de chaussures. En une décennie, les salaires chinois ont en effet triplé par rapport au niveau de rémunération en vigueur au Vietnam.

Certaines entreprises voudront toutefois, sans doute, diversifier davantage leur présence géographique, quitte à rapatrier une partie de leur production plus près des marchés développés. Le Maroc ou le Mexique serait alors de grands bénéficiaires.

3. Les gouvernements auront encore leur mot à dire

Les autorités publiques continueront à exercer une grande influence sur l’évolution de l’économie globale. Pensons aux plans de sauvetage des banques, aux programmes de relance et autres « stimulus plans« . Quand le gouvernement chinois décide de rééquilibrer l’ensemble de l’économie nationale vers une plus grande part laissée à la consommation intérieure plutôt qu’aux seules exportations, ses décisions ont un impact sur l’ensemble de l’économie mondiale. (Ne parlons pas de l’achat, comme aujourd’hui, de trains à grande vitesse au constructeur canadien Bombardier, pour 2,8 milliards d’euros)

Le politique n’est pas mort. Au contraire.

Source photo: Flickr d’n'c

Page suivante »