L’avenir de l’industrie automobile passe-t-il par l’open source et les micro-usines ?

19 avril 2013

StreetScooter : une voiture électrique développée en « crowdsourcing » à Aix la chapelle

20 janvier 2012

Il n’est pas nécessaire de courir en Californie pour admirer les nouveaux modèles révolutionnaires de micro-voitures électriques.

Certaines initiatives européennes valent le déplacement.

Le StreetScooter appartient à cette catégorie. Malgré son nom, il s’agit bien d’une voiture. D’origine allemande, elle est le fruit d’une collaboration, co-création, entre 50 entreprises différentes sur base d’un modèle qualifiable d’open source, chapeauté par l’Université de Aix la Chapelle.

Open innovation, co-création et crowdsourcing dans l’automobile

Le StreetScooter est un assemblage de modules développés par des équipes d’ingénieurs séparés et spécialisés dans un domaine.

Chaque désaccord entre certaines équipes est transféré et arbitré par un groupe de supervision ad hoc. 

Le prototype du StreetScooter fut mis au point en 12 mois à peine.

« Un constructeur traditionnel aurait put-être mis 12 ans , sur base des méthodes traditionnelles de développement », affirme Achim Kampker, directeur du consortium StreretScooter

Le groupe de courrier express DHL et la Poste allemande ont déjà passé commande du véhicule, qui devrait être officiellement commercialisé en 2013.
Pour d’aucuns, ce type d’initiative, de même que Local Motors, un projet comparable lancé aux Etats-Unis, préfigure l’arrivée de l’approche et de la mentalité du web development dans le monde de l’industrie physique.

Une Europe économique entre discours défensif et vision optimiste

27 mai 2011

Question d’une représentante du groupe américain General Electric (GE) en Europee à l’un des panels réunis sur scène à l’occasion de la Conférence mondiale sur les investissements de La Baule (WIC2011), en France :

« Comment  adaptez-vous vos organisations aux nouvelles formes de collaborations ouvertes en matière d’innovation ainsi qu’à l’essor des échanges sur les réseaux sociaux ? »

Réponse de Thomas Enders, CEO du constructeur aéronautique Airbus, un des cinq panélistes :

« J’aimerais, personnellement, que mes employés cesse de passer leur temps sur Facebook… »

Fin de la discussion…

« Je veux bien croire qu’il estime que ses employés perdent trop de temps sur Facebook, confiait,en marge du panel, la responsable de GE ayant posé la question. Mais, dans ce cas, ce n’est pas la question que je lui posais. Il n’y a pas répondu… »

Discours classique et défensif vs enthousiasme et optimisme

L’anecdote illustre le fossé qui subsiste dans la conception que se font certaines grandes entreprises industrielles américaines et européennes en matière de communication en ligne et d’innovation ouverte (open innovation)…

Les acteurs des l’économie européenne semblent se diviser aujourd’hui en deux grandes catégories :

Une catégorie s’accroche à des schémas d’organisation et des discours relativement traditionnels en ce qui concerne la politique industrielle, l’innovation, la compétitivité. Ils sont très défensifs.

L’autre catégorie manifeste sa volonté d’entrer dans une nouvelle ère, d’intégrer une dynamique plus ouverte, collaborative, en un mot, positive

Remettre la politique industrielle sur la table ?

Philippe Varin, patron de PSA Peugeot Citroën, par exemple, semblait, à La Baule, appartenir à la première catégorie. Le PDG du constructeur français s’est ainsi étendu sur les malheurs frappant l’industrie européenne et le manque d’attention accordé à « son » secteur…

« Environ 10% de l’emploi total en France et en Allemagne est lié au secteur de l’automobile, s’est plaint Varin. Or, le montant des investissements de recherche et développement (R&D) consacrés notamment par les pouvoirs publics dans ce secteur ne correspond pas au poids qu’il représente dans l’économie. Pourtant, de la défi de la Chine est à nos portes. D’ici une décennie, le marché automobile chinois représentera 30% du marché mondial… »

Sans politique industrielle forte, l’économie européenne sombrera, clament les adeptes du discours classique.

« Il faut investir dans une politique industrielles européenne. Il faut investir dans l’industrie, car un emploi créé dans l’industrie génère quatre à cinq emplois dans les services… »

D’accord. Il faut plus d’investissements en R&D. Mais pour investir dans quoi ? Dans de nouvelles capacités de production ? De nouveaux bancs de test ? De la R&D pour de la R&D ?

A vrai dire, on ne sait pas trop…

Combinaison de services, de technologie et la force de la créativité

A l’opposé, les partisans d’une ligne davantage optimiste ont dessiné une perspective plus réjouissante pour l’économie européenne, mettant en avant la valeur ajoutée de nouvelles approches.

« Qu’on le veuille ou non, nous sommes passé dans une ère post-industrielle aujourd’hui, a rétorqué, de son côté, Martin Vial, directeur général du groupe Europe Assistance. L’économie européenne repose, aujourd’hui, à 70% sur les services. Et cela va continuer d’augmenter. L’avenir de l’industrie européenne passe par une offre combinée de haute technologie et d’une batterie de services sophistiqués pour lesquels les Européens sont particulièrement bien armés. »

Forcément, cette démarche implique des changements au niveau de l’organisation et du management d’une entreprise industrielle.

« Je suis optimistes, a pour sa part déclaré Jan Mühlfeit, le président de Microsoft Europe. C’est vrai que la Chine absorbe de plus en plus d’activités industrielles. Mais la valeur des logiciels embarqués dans une voiture Mercedes, par exemple, est aujourd’hui supérieure à celle des pièces physiques qui la compose. Les premiers continuent à être produit en Europe, notamment. »

Pas que des ingénieurs…

La vision de Martin Vial (Europe Assistance) ou Jan Müllfheit (Microsoft) diffère ainsi nettement de l’approche beaucoup plus défensive de Thomas Enders (Airbus) ou de Philippe Varin (Peugeot Citroën).

« L’Europe a tout en main pour continuer à rester en avance, souligne néanmoins le président de Microsoft Europe, à condition de faire évoluer son modèle économique. L’Europe n’a pas seulement besoin d’ingénieurs. Nous avons besoin de personnalités munies d’aptitudes émotionnelles fortes. Le défi de l’innovation se joue également, pour l’Europe, au niveau du développement de nouvelles approches en matière de gestion des ressources humaines. Nous avons besoin d’un groupe d’optimistes brutaux. Nous devons encourager l’essor d’une mentalité de startup et développer nos trésors de curiosité. »

Toyota commercialise ses technologies dans de nouveaux secteurs grâce au crowdsourcing

12 avril 2011

Qu’ont en commun un système de ventilation pour une tente installée dans le désert et un logiciel de simulation des chocs entre des joueurs dans le cadre d’un match de football américain ?

Les deux technologies sont des dérivés d’applications développées par le groupe japonais Toyota.

Ces deux applications, a priori très étrangères au secteur de l’automobile, ont été inspirées par des internautes. Ces derniers ont été invités à suggérer leurs idées sur un espace de crowdsourcing baptisé Ideas for Good.

Se réinventer grâce au grand public..

Qui sait, Toyota ne sera peut-être pas éternellement un constructeur de voiture…

Ce n’est pas pour demain. Mais autant s’y préparer…

Quoi qu’il en soit, dans l’immédiat, le groupe nippon s’ouvre à l‘exploration de nouveaux univers différents de ceux de l’automobile pour valoriser les technologies déjà en magasin  (comme la récupération d’énergie, les interfaces de commande, les systèmes de modélisation, etc.). Toyota mène par ailleurs ces explorations avec des partenaires différents de ses partenaires classiques dans le domaine de la R&D.

« Pendant des années, nous avons innover en partenariats avec des universités ou des hôpitaux, explique un spot vidéo de Toyota. Aujourd’hui, nous partageons nos technologies avec vous. Nous avons besoin de vos idées. »

Chacun peut envoyer ses idées via le portail mis en ligne à cet effet. Différentes catégories sont proposées.

En ce qui concerne Ideas for good, un jury professionnel est chargé de sélectionner les meilleures idées. Les autres participants peuvent également donner leur avis. Les auteurs des projets les plus originaux pourront, s’ils le veulent, rejoindre une équipe de spécialistes pour développer leur idée avec eux. En prime, ils peuvent également espérer recevoir un véhicule neuf.

http://youtu.be/fSOLSWtXBDA

L’open innovation poussée dans de nouveaux retranchements

Toyota n’est bien sûr pas le premier à puiser dans les idées de la masse pour créer de produits plus originaux et/ou innovations.

PepsiCo, Danone ou Starbucks ont également emprunté la voie du crowdsourcing dans des sphères limitées (Danette ou Défi Fruix, par exemple, pour Danone) ou stratégiques de leurs activités d’innovation (C’est le cas de MyStartbucksIdea).

La tendance vers des modèles d’innovation toujours plus ouverts (open innovation) se renforce donc (voir graphe EG ci-dessous).

Ce qui ne gâche rien, le crowdsourcing est aussi considéré par un nombre croissant de marques comme un instrument de marketing et d’implication des clients très intéressant. De quoi accentuer encore le recours à ce dernier dans les mois à venir…

http://www.youtube.com/watch?v=D9ipXtEa_TY&feature=player_embedded

 

Comment Renault entend éliminer la logique de silos en devenant une entreprise 2.0

3 janvier 2011

Juliette Girard est responsable du programme Web 2.0 du constructeur automobile Renault.

La firme faisait de l’e-collaboration depuis plus de dix ans, à travers des outils comme de la web-conférence, du « chat », etc. Mais les silos structurels subsistaient dans ce cadre de communication.

Aujourd’hui, dit-elle, le groupe Renault est mûr pour adopter des systèmes de communication sociaux, autrement dit 2.0, qui permettent plus de transversalité. Des blogs, des plates-formes sociales, de la vidéo, etc. Grâce à cette évolution, Renault veut devenir plus rapide et plus innovante encore, dit Juilette Girard.

Projet pilote après projet pilote, le constructeur automobile Renault se transforme en véritable Entreprise 2.0, collaborative.

(Enregistré lors du Enterprise 2.0 Summit de Francfort)

La vision de Toyota concernant l’arrivée de la voiture électrique

9 juin 2010

Dans le secteur automobile, l’innovation passe de plus en plus par les startups

31 mai 2010

Voici quelques années, les innovations venaient des constructeurs automobiles eux-mêmes.

Daimler Benz, General Motors, PSA, Ford, Mitsubishi… Tous dépensent encore des sommes considérables en recherche et développement.

Il semble pourtant que les véritables innovations de ruptures ne viennent plus aujourd’hui des grands noms du secteur.

Imperia

Les constructeurs automobiles ont perdu le monopole de l’innovation

Les groupes automobiles traditionnels ont perdu leur monopole de l’innovation, en particulier, dans le domaine des véhicules électriques.

« A force de miser en permanence, voire uniquement, sur la réduction des coûts de production, les rachats et les consolidations d’entreprises, les constructeurs ont un peu perdu le sens de l’innovation« , pense Yves Toussaint, l’administrateur délégué de Green Propulsion, une spinoff de l’université de Liège spécialisé dans les motorisations électriques.

A l’instar de secteurs très réactifs comme ceux l’industrie du web ou celle des biotechnologies, dans l’automobile, les innovations de ruptures semblent désormais venir de startups.

Des startups développent aujourd’hui des véhicules complets

Ainsi, Green Propulsion proposera l’Imperia, dans le courant de l’année 2011 (voir photo ci-dessus). Il s’agit d’un petit coupé sport dit « plug-in hybride« , utilisant une motorisation mixte électrique (avec rechargement, entre autre, sur le réseau électrique) et thermique. A peine 50g d’émissions de CO2.

Développement, assemblage, design,… La startup liégeoise maîtrise le processus quasiment de A à Z .

L’Imperia n’est pas une exception dans ce paysage en recomposition du secteur de l’automobile.

D’autres exemples…

Coda, une société californienne, s’apprête à commercialiser également un véhicule électrique familial. La société, partenaire du fabricant de batteries chinois Tiajin Lishen, aurait déjà reçu des commandes en provenance de l’Etat de Californie.

Citons encore la Think, une autre voiture électrique pour l’utilisation urbaine, conçue par une société norvégienne.

Ou encore la BO, dessinée par le designer italien Pininfarina et fabriquée par le groupe français Bolloré.

Tenir à l’oeil les startups

Certes, certains grands groupes ont été à l’origine de grandes innovations ces dernières années. Le Japonais Toyota, avec la Prius et son moteur hybride, énorme succès commercial aux Etats-Unis, notamment, entre dans cette catégorie.

Même Toyota, néanmoins, s’appuie aujourd’hui sur les startups, semble-t-il, pour gagner du temps en matière d’innovation.

Le champion de la voiture hybride vient d’annoncer un rapprochement avec Tesla, une jeune société californienne qui a mis au point un roadster électrique désormais commercialisé auprès d’une clientèle (très) branchée.

Tesla bénéficiera d’un accès au carnet d’adresses de fournisseurs de Toyota. Ce dernier apportera sans doute également sa force commerciale, son réseau de distribution, son savoir-faire en matière de production…

Encore une fois,  les idées neuves et les sursauts technologiques ne sont toutefois plus l’apanage des seuls géant de l’automobile planétaire.

De petits acteurs inconnus peuvent surgir demain avec une révolution en main.

Autant le savoir et guetter de ce côté…

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