Les banques ont désormais besoin d’un écoystème de startups pour innover
10 juin 2011
« Ce qui m’énerve, c’est que l’on parle encore de nous comme si nous étions encore une startup. Mais peut-on parler encore de nous en ces termes alors que nous comptabilisons déjà 600 millions de $ de dépôts à ce jour ? »
Rob Garcia est le responsable stratégie produits de Lending Club, une société californienne active dans le peer 2 peer lending (P2P lending), les prêts, ou investissements, de pair à pair. La plate-forme contourne les intermédiaires en mettant en relation directement, sur le net, emprunteur et prêteur. Le modèle, selon la firme, garantit aux derniers une rémunération supérieure.
Les banques traditionnelles ont arrêté d’innover…
Heureusement, pour le consommateur, les startups prennent aujourd’hui le relais en matière d’innovation dans le domaine financier. Tel était le constat d’un débat organisé au mois de mars dernier à la conférence SXSW de Austin (Texas), à laquelle j’ai eu la chance s’assister, très explicitement intitulé : « Banks: Innovate or die! »
Les banques traditionnelles ont arrêté voici longtemps d’innover. La raison est simple, selon un intervenant :
« Dans les années 70 et 80, les banques sont passées d’un modèle de service à un modèle de vente produits. Le problème est qu’aucune n’a averti ses clients qu’ils ne recevaient plus un service mais désormais un produit… Comme elles sont centrées sur leurs produits, elles n’appportent plus par elles-mêmes aucune innovation au niveau de leur modèle d’affaire ou du type de relation qu’elles peuvent fournir aux utilisateurs. »
Les seules innovations récentes des banques traditionnelles ne sont que des adaptations aux nouvelles disponibilités offertes par la technologie, dit-on. Rien de plus…
De nouveaux acteurs se pressent à la porte du monde bancaire
Aujourd’hui, de sérieux défis se présentent, pourtant, pour les banques traditionnelles. Continuer à adopter une posture statique pourrait leur être fatale.
Déjà, le grand public les déteste. Encore plus depuis la crise de 2008, laquelle a considérablement ombragé leur image.
Par ailleurs, le réseau d’agences physiques qui permet d’accroître la base de clientèle, coûte de plus en plus cher pour un nombre de transactions par agence qui diminue.
Enfin, des acteurs puissants empiètent lentement sur le pré-carré des banques traditionnelles :
- Les opérateurs télécoms, d’abord. qui testent en nombre croissant des applications de paiement via smartphone et combiné portable (mobile payment). Avant eux, le géants de la grande distribution et les assureurs ont également fait des incursions.
- Les leaders de l’internet, ensuite, lesquels lorgnent également sérieusement sur le marché des services bancaires.
Google, avec son Google Wallet, par exemple; Apple, peut-être, demain, ou, surtout, Facebook, qui envisage la création d’un monnaie virtuelle au sein de son propre univers (Facebook Credits)….
Les Chinois, d’ailleurs, ont créé un précédent en la matière.
« En 2006-07, QQ, le plus grand réseau social chinois, a créé une monnaie virtuelle (QQ coin). Celle-ci a eu un tel succès que la Banque de Chine a été obligée d’intervenir : elle menaçait d’entraîner une dévaluation du Yuan..! », a noté un intervenant au SXSW.
L’innovation vient et viendra de l’écosystème des startups
Pour surmonter ces nouveaux obstacles, le secteur des banques s’ouvrent donc à son tour au monde des startups. Implicitement, elles reconnaissent leur incapacité à porter de véritables innovations de rupture.
« L’innovation dans le monde bancaire va venir de l’écosystème des startups, assure Rob Garcia. Un nombre grandissant de banques traditionnelles s’ouvrent déjà à l’imagination des petits acteurs. D’autres suivront, prédit-il. Des rachats s’observent… »
Notons que cette ouverture des opérateurs financiers aux startups est aujourd’hui globale.
Le centre financier global de Hong Kong, par exemple, s’apprête à accueillir de plus en plus de startups. Ces dernières formeront un écosystème qui devrait permettre une évolution nouvelle des services en vue de satisfaire davantage les demandes des clients privés ou des entreprises.
Le chemin, cela dit, est une voie qui s’engage sur le long terme… Les consommateurs moyens ne sont pas encore tous prêts, loin de là, à confier leurs fonds à une startup
« Mobile, P2P, etc… Le marché de masse n’est pas encore éduqué pour ces innovations de rupture », observait Anna O’Brien, VP Social Media Strategy de CitiBank, au SXSW.
Les médias sociaux dans le secteur bancaire
20 mai 2009
Qui a encore besoin d’une banque ?
23 février 2009
« Pour un à deux millions de dollars, nous lançons un service de cartes de crédit dans n’importe quel pays. Il s’agit surtout de coûts marketing. Désormais, tous nos systèmes sont centralisées mondialement ». En d’autres termes, vous pouvez demain, pour un investissement dix à vingt fois moindre qu’il y a quelques années, lancer une activité bancaire aux Maldives, au Costa-Rica ou en Nouvelle-Zélande.
La banque en question est britannique et se nomme HSBC. L’une des plus grandes banques du globe. Elle s’est auto-intronisée « The World’s local bank« .
En 2003, cette organisation tentaculaire (85 pays) s’emberlificotait les câbles dans pas moins de 55 systèmes informatiques régionaux; 24 formats et systèmes de traitement pour le paiement par carte de crédit et 40 plateformes distinctes d’internet banking. « La banque a, depuis, divisé ce nombre par trois. En 2010, il n’y aura plus qu’un seul système commun pour tout le groupe HSBC à travers le monde, explique Chris Skinner, un célèbre expert britannique de la banque en réseau. « Nous migrons vers le concept de : banking as a service « , dit-il. Un peu comme si, demain, nous consommions des crédits, des plates formes de paiement, des produits de placement… avec un opérateur à l’autre bout du monde, aussi facilement que si nous ouvrions un compte de messagerie sur Hotmail ou Google.
Certes, pour HSBC, l’investissement s’élève à rien moins que 6 milliards de dollars, essentiellement dans son coeur informatique. Mais désormais, la banque peut se démultiplier quasiment à l’infini.
Arrive la banque low cost
Curieux, en pleine crise financière, suggérer de faire confiance à une institution virtuelle ? Avec quel cadre prudentiel ou régulatoire ?
Vrai. Mais la confiance envers les grandes enseignes est ébranlée, de toute façon. Disons qu’une fois les boulons resserrés au niveau du contrôle bancaire, de nouveaux opérateurs en ligne pourraient faire tache d’huile. Principal argument: le coût.
Dans cette passionnante présentation, Chris Skinner analyse le modèle imbattable de ces purs joueurs financiers sur internet. Wonga (avances en cash à court terme, décision en moins d’une heure, 37 personnes), Zopa (banque peer to peer), eBank Corporation (Japon, 3 millions de clients, 200 employés), PayPal (système de paiement bien connu, filiale d’eBay), SmartyPig (économiser avec d’autres pour un projet particulier),…
Tous ces nouveaux services financiers sont non seulement accessibles de partout. Ils sont significativement moins chers. Les frais facturés ne s’élèvent parfois qu’à une fraction des tarifs facturés par les grandes institutions financières à leurs clients.
D’où cette question de Chris Skinner: qui a encore besoin d’une banque ? Les entreprises trouveront sans doute demain, une fois la tempête mondiale assoupie, de multiples sources diverses de financement.
« Selon Chris Skinner, la seule chose qui coûte encore, c’est le déplacement physique, indique à Entreprise Globale, cette semaine, Pascal Aerens, de la société Telovia, présent au salon Meftec de Bahrein, consacré aux technologies bancaires, où le consultant britannique exposait sa vision. Pour opérer à Oman ou au Pakistan, par exemple, vous devez connaître des gens. Pour le reste… tout est disponibe en ligne! »
FriendsClear: une solution bancaire en ligne… sans banques
9 octobre 2008
Voici un très intéressant billet publié par Damien Van Achter, journaliste, blogger et pionnier du web 2.0 en Belgique. Il rapporte sur son blog une nouvelle expérience de banque en peer to peer (P2P). Un système d’allocation financière où prêteur et emprunteur se trouvent directement sur le Net, sans intermédiaires.
La première fois que j’ai eu l’occasion de discuter avec Jean-Christophe Capelli, c’était l’an dernier à l’occasion d’un Barcamp organisé ici à Bruxelles par Peter Forret. Jean-Christophe avait fait le déplacement depuis Paris pour nous expliquer ce qu’était la Tontine des bloggeurs, et, plus largement, le P2P Banking.

Si philosophiquement l’idée de pouvoir se prêter légalement de l’argent entre particuliers me semblait assez intéressante (le petit coté anarchiste de la chose n’étant pas pour me déplaire) j’avais toutefois un peu de mal à imaginer que ce genre d’activité pourrait un jour être suffisamment “mature” pour être mise en pratique à grande échelle.
Moins de 12 mois plus tard, et en pleine crise de confiance de marchés financiers, force est de constater que Jean-Christophe avait vu juste en creusant cette piste. Mieux. Il a tellement bien mené sa barque que depuis vendredi dernier, il est l’heureux co-fondateur de FriendsClear, un site entièrement dédié au “social banking”, un mouvement qui, selon le Gartner Group concentrera, toutes plateformes confondues, 10% du marché mondial du secteur en 2010.
Le Podcast de l’interview peut être écouté chez Damien Van Achter.
–>(à lire aussi l’excellent article mis en ligne par Rue89 “Prêts : quand les bons amis font les bons comptes“
Une banque retient ses travailleurs jeunes grâce à des outils sociaux
4 octobre 2008
Entendu parlé de la banque Wachovia ? Bien sûr. La quatrième banque des Etats-Unis a défrayé la chronique cette semaine emportée par la crise financière. Rachetée d’abord par Citigroup, croyait-on, après s’être mise en grande difficulté en raison d’une forte exposition aux crédits subprime, c’est sa compatriote Wells Fargo qui a repris le morceau. 
Wells Fargo a déjà un point commun avec avec Wachovia. L’une comme l’autre ont tenté l’expérience de l’utilisation des outils de web social, afin de fluidifier les relations et la communication. En interne ou à l’extérieur. Wells Fargo a mené différents tests dans cette direction. Exemple: The Student Loandown. Ce site intéractif donne d’abord la parole à d’anciens étudiants, aujourd’hui salariés de la banque, ayant financé leurs études grâce à un crédit bancaire. Ces derniers commentent, donnent des conseils sur la gestion d’une dette, aux étudiants qui sont à présent dans la même situation. Ils créent ainsi une relation particulière, parfois une complicité.
Chez Wachovia, la démarche 2.0 vise notamment à attirer, et à retenir, la jeune génération (génération Y, née entre 1979 et 1994), nous apprend InformationWeek. « Ils ont grandi dans un monde plat. Ils ont l’habitude de jouer à des jeux vidéo avec des gosses en Pologne », selon Peter Fields, le responsable eBusiness de la banque. Ce dernier constate que les jeunes travailleurs américains voit leur implication dans le travail baisser un an, en général, après leur entrée en fonction. « Il leur manque un moyen de faire entendre leur voix ».
Ainsi, Wachovia charge ses jeunes employés de former les salariés seniors aux blogs, aux wikis, aux outils collaboratifs, aux réseaux sociaux.
Mais les nouveaux outils internet, comme la vidéo-conférence sur internet, chez Wachovia, poursuit l’article, a permis des choses plus prosaïques comme de réduire les frais de voyage et le temps de navette. La mise en place de certains outils a été financée par la réduction de ces coûts. Pour la banque, ces outils permettent aussi de préserver et de mieux distribuer le savoir et les savoir-faire interne.
Le test devrait être étendu à l’ensemble du personnel de la banque à moyen terme. Et au delà.
La suite, ici.
Le financement P2P ?
1 avril 2008
[http://fr.youtube.com/watch?v=3yusSne1ZuQ]







