Quel que soit le secteur, David gagne de plus en plus souvent contre Goliath
3 octobre 2011
Le groupe Intel est-il en train de perdre la partie dans le domaine des semiconducteurs de nouvelle génération ?
Il semble que oui. 
Depuis plus de vingt ans, Intel domine outrageusement le marché des semi-conducteurs dans le monde informatique. A ce jour, l’entreprise est toujours numéro 1 sur ce segment, avec 86% du marché des ordinateurs personnels.
Toutefois, la croissance aujourd’hui se situe surtout dans le créneau des appareils mobiles (Netbooks, smartphones, tablettes,…). Or, dans ce domaine, le nouveau leader est une entreprise britannique, ARM Holding, dont la taille est 70 fois plus petite que celle du géant californien.
Le modèle basé sur la taille et la standardisation aurait vécu…
Alors que, en bon industriel classique, Intel développe et produit des microprocesseurs standardisés, vendus tels quels aux fabricants, ARM développe une architecture ouverte et optimale pour ses puces. Mais la firme ne le fabrique pas elle-même. Elle vend les plans à ses clients équipementiers, en échange du paiement de licences ou de royalties. Ces derniers laissent la production à des fondeurs indépendants d’ARM (Samsung, Texas Instruments,…).
Cette approche permet à ARM d’offrir des architectures moins gourmandes en énergie. Surtout, les chips sont customizables par les clients finaux, fabricants de smartphones ou de tablettes. Grâce à cette conception ouverte, ces derniers peuvent adapter les proprités de chaque semiconducteur à leurs besoins propres.
Résultat : ARM est, aujourd’hui, de loin, le premier fournisseur de l’industrie du mobile.
D’ici 2014, cette domination devrait encore se renforcer, au point d’ébranler définitivement la position d’Intel (voir grahique ci-dessous, correspondant aux puces Intel et similaires). Les fabricants de décodeurs et de télévision (dont Apple), se tournent désormais, également, vers le Britannique.
Ouverture, flexibilité, réseau agilité… Le nouveau modèle gagnant

Pour Herman Hauser, le modèle économique spécifique de ARM (2.000 personnes, 460 millions de $ de chiffres d’affaires annuel) est tout simplement un « Intel Killer« . En 2011, il consacre la suprématie des organisations souples, agiles et flexibles aux demandes des clients face à l’approche industrielle purement basée sur la taille et le rapport de force.
Disons, en tout cas, que celle-ci ne suffit plus. Pour rappel, Intel occupe 82.000 personnes dans le monde, pour 35 milliards de $ de chiffre d’affaires annuel.
La créativité, le talent, l’écoute et un excellent réseau de connexion avec les acteurs pertinents à travers le monde, sont les premiers atouts de ARM.
Est-ce un hasard, par exemple, si ARM est si actif sur les réseaux sociaux pour interagir avec sa communauté d’innovateurs, illustrant ainsi cette mentalité ouverte qui fait aujourd’hui défaut à d’autres ?
Dommage pour Intel… Le marché des puces électroniques n’a sans doute jamais et aussi porteur. On les retrouve à présent partout (voitures, vêtements, construction, etc). Preuve de cet engouement: le groupe IBM vient, à son tour, d’annoncer son intention de développer sa présence dans ce segment en vogue.
David de plus en plus souvent vainqueur de Goliath ?
Le duel ARM/Intel n’est pas un cas isolé.
David vainqueur de Goliath ?
Ce scénario se reproduit de plus en plus, quel que soit le secteur.
Le ras-le-bol des clients vis à vis des grosses machines impersonnelles qui ne les écoutent pas ou les immenses opportunités de nivellement des coûts offertes par les nouveaux outils du web permettent, de nos jours, à dizaines de petits acteurs de rogner peu à peu la domination des gros.
La « longue traîne » se dessine dans un nombre croissant de secteurs
Voici quelques années, Chris Anderson, célèbre fondateur du magazine Wired, avait décrit cette évolution, en parlant alors de l’économie du web, en la baptisant longue traîne.
L’idée était qu’un nombre croissant de petits acteurs allaient, dans le web, pouvoir se répartir une portion grandissante d’un marché donné sur internet.
Il semble que le principe de la longue traîne soit en train de s’étendre dans la plupart des secteurs. Les positions des acteurs dominants s’effritent. Cela, pour des raisons qui tiennent à l’impact des nouvelles technologies web, à la globalisation, mais, aussi, à l’innovation de business modèle ou à la dérégulation de certaines professions.
Les petits grignotent du terrain dans les secteurs de la banque ou de la pharmacie…
Opérons, ici, un bref tour de quelques secteurs, pour le vérifier.
Banque
Prenons d’abord, par exemple, le secteur de la banque. En Belgique.
Depuis cinq ans, selon le magazine Trends-Tendances, la position des des grandes banques (BNP-Paribas, Dexia, ING, KBC), déjà fragilisées par la crise, s’érode sous les assauts d’une myriade de nouveaux venus.
Certes, il reste du gras aux grandes institutions. Mais celui-ci fond. Déjà de nouveaux modèles bancaires innovants (P2P Lending, mobile banking, etc.) se préparent, lesquels risque de les délester davantage de leurs parts de marché.
Pharma
Dans le secteur pharmaceutique, c’est la montée en flèche des producteurs de médicaments génériques qui mange les marges de progression dans grandes marques classiques.
Les nouveaux venus, souvent venus des pays émergents, s’imposent progressivement sur les segments des maladies les plus répandues.
Parallèlement, les biotechnologies gagnent du terrain, avec des petites structures agiles grignotent les positions des géants de l’industrie pharmaceutiques.

Musique, télévision, presse… Idem
Même schéma dans les médias au sens large.
Télévision
Pour la télévision, plusieurs phénomènes concourent à fragmenter la position des acteurs dominants.
En France, la déréglementation et la technologie, notamment, ont ainsi permis le développement de chaînes numériques hertziennes (TNT). La TNT représente désormais 20% de l’audience TV nationale, selon Telerama. Déjà 60 petites chaînes différentes se partagent le faisceau, rognant peu à peu l’hégémonie du numéro 1 TF1.
Cela, sans compter l’impact de la concurrence d’internet sur les audiences jeunes, notamment.
Musique
Dans le secteur de la musique, là, les jeux sont faits depuis plus de 10 ans. Internet et la digitalisation ont renversé le centre de gravité. Les majors du disque ont dû encaisser. Leur manque de réactivité, l’émergence de nouveaux acteurs en ligne et l’utilisation de nouveaux supports digitaux plus flexibles ont entraîné une vaste redistribution des cartes.
Un nombre beaucoup plus vaste d’opérateurs se partagent, aujourd’hui, le marché de la musique.
Si quelques grands dominent encore, ils ont nettement perdu de leur superbe.

Presse
Faut-il s’étendre sur le lent déclin des journaux classiques, écrasés par la chute des revenus publicitaires, l’évolution des modèles d’information et la multiplication de nouvelles sources en ligne ?
La presse, aussi, rebat en ce moment les cartes. (Ci-dessous, courbe d’évolution des principaux journaux quotidiens en Irlande).
Les gros ne sont pas immmortels non plus dans l’industrie
Mobile
L’industrie n’échappe non plus de ce phénomème de « granularisation ».
Prenons les fabricants de téléphones mobiles. En quatre ans, l’évolution est saisissante, avec, au niveau mondial, l’effondrement de profits de Nokia, Sony-Ericsson et de LG, et l’OPA d’un nouveau venu, certes déjà de taille dans son secteur : Apple.

Source : Asymco.com
L’imprévisibilité devient, encore une fois, la norme…
Avec l’éclosion permanente de petits acteurs agiles et très réactifs, l’imprévisibilité devient, plus que jamais, la norme, quelle que soit le secteur.
Demain, un startup n’importe où dans le monde peut, en deux ou trois ans, renverser totalement le centre de gravité d’un marché réputé stable et mûr…
Mieux vaut s’en rappeler.
Comment le numérique change l’ADN du monde de la bande dessinée
1 juin 2011
Depuis un peu plus d’un an, le Neuvième Art connaît une petite révolution digitale. Au niveau de la distribution, d’abord. Au printemps 2010, les principaux éditeurs de bande dessinée français et belges se sont coordonnés pour lancer une plate-forme de vente de bande dessinée en ligne. Baptisée Izneo, cette dernière offre un large catalogue, composé de publications récentes et de classiques, sous format numérique. L’internaute peut acheter un album complet ou… le louer pour 10 jours.
Révolution au niveau du support, ensuite. L’arrivée sur le marché de l’iPad, la tablette du constructeur américain Apple, procure désormais aux bédéphiles une nouvelle expérience de lecture qui, pour une part, est jugée plus qualitative que ne propose l’impression papier.
« Le rendu des couleurs, par exemple, est plus flashy et globalement meilleur sur une tablette que sur une page papier, reconnaît ainsi Pierre-Paul Renders, scénariste de la série BD Alter Ego. Cette qualité met en valeur le travail des auteurs. Elle est gratifiante pour eux. »
Une nouvelle façon de produire une BD
Les outils digitaux avaient déjà changé beaucoup de choses dans la production même des albums, comme la palette graphique. D’autres outils ont depuis fait leur apparition dans la phase de conception.
Certains auteurs, par exemple, utilisent de nos jours des logiciels de modélisation 3D pour architectes afin de visualiser au préalable les détails d’un décor qu’ils dessineront à la main par la suite. Les planches, elles-mêmes, ne circulent plus de main en main entre les parties prenantes dans la réalisation d’une bande dessinée (scénariste, coloriste, dessinateur, etc.) que sous forme de fichiers numériques. Ces derniers travaillent à distance et, souvent, entre des pays différents.
De nouvelles constructions narratives
Les nouvelles options numérique changent, par ailleurs, l’ADN même de la bande dessinée. Elles introduisent de nouvelles approches narratives se traduisant par une expérience neuve pour les lecteurs. Ainsi, Alter Ego, scénarisée par Pierre-Paul Renders, est paru voici, quelques semaines, simultanément en six tomes non numérotés. Chacun donne un angle différent, via le regard d »un autre protagoniste, sur la même histoire.
« L’idée m’a en partie été inspirée de mon expérience propre dans le monde du jeu vidéo ou de la navigation digitale, qui permettent souvent, eux-même, plusieurs points d’entrée », observe Pierre-Paule Renders.
Le scénariste, qui est aussi cinéaste, est familier des mondes numériques. Voici dix ans, Pierre-Paul Renders réalisait « Thomas est amoureux« , une fable futuriste dans laquelle un jeune homme agoraphobe tentait de nouer des relations affectives via un système de visiophonie. Une décennie plus tard, des services comme Chatroulette ou les réseaux sociaux en général, ont rendu la fiction d’alors quasi réelle de nos jours. Des lecteurs immergés, associés, potentiellement acteurs de l’histoire Le monde de la bande dessinée n’échappe pas, lui non plus, à l’influence des forums et des réseaux sociaux. Le web 2.0 a introduit une proximité nouvelle entre les lecteurs, les auteurs et l’univers même conçu par ces derniers. Les éditeurs, comme Dupuis, accompagnent ainsi de plus en plus souvent la sortie d’un album par la mise en ligne d’un site internet spécifique. Les fans peuvent y interagir avec les personnages de la BD, obtenir des bonus, jouer à des jeux reproduisant l’univers de la BD, voire co-créer des intrigues parallèles à la manière d’un film dont vous êtes le héros. Le web donne également l’occasion d’expérimenter une sorte de BD version « reality TV ». L’approche rencontre un grand succès…
« Certains dessinateurs blogueurs sont aujourd’hui plus populaires que des auteurs de BD renommés n’ont jamais été, indique Pierre-Paul Renders. Les fans font des files kilométriques pour obtenir une dédicace. Ils racontent un mélange de vie réelle et de fiction. Cela colle assez bien aux demandes de l’air du temps… »
Autre exemple avec « Les autres gens« , un feuilleton BD numérique diffusé chaque semaine via internet, tablette ou smartphone. Plusieurs dizaines de dessinateurs collaborent à cette initiative initiée en ligne puis déclinée sous d’autres formes plus classiques. L’équivalent de deux albums de 48 pages sont de la sorte produit chaque mois. La série a déjà donné le jour à un premier album papier.
Le développement numérique et l’attachement au papier
Location de BD en ligne pour dix jours, possibilité de contribuer à l’intringue, immersion des lecteurs dans l’univers de l’histoire, feuilletons BD sur smartphone ou iPad… La bande dessinée a aujourd’hui clairement opéré son entrée dans le 21ème siècle. De nouvelles innovations sont sans doute à attendre pour le Neuvième Art. Le numérique ne devrait toutefois pas tuer la BD papier. Pas tout de suite, en tout cas. L’album papier reste le must pour un très grand nombre de lecteurs et, surtout, de collectionneurs.
« Je crois que les libraires BD sont moins aujourd’hui inquiets que les gérants de librairies traditionnelles », conclut Pierre-Paul Renders.
Anthony Poncier: « Défense, agro-alimentaire, distribution… : l’entreprise 2.0 est applicable dans tous les secteurs »
7 novembre 2010
Jeremy Rifkin: une conférence le 11 mai à Bruxelles
21 avril 2010
Jeremy Rifkin est l’un de ces penseurs de notre temps auxquels les « Grands » de ce monde aiment volontiers prêter l’oreille.
Auteur à succès, ce professeur de la prestigieuse Wharton Business School a conseillé de nombreux CEO’s et chefs d’Etat sur les tendances profondes en train de modifier le relief de la société et de l’économie.
Le 11 mai prochain, Jeremy Rifkin donne une conférence à Bruxelles, organisée par Econopolis. Entreprise Globale est partenaire de cet événement, dont vous pouvez consulter le programme en cliquant sur l’image ci-dessous. Le lien permet également de s’inscrire.
« Une civilisation de l’empathie, plus une économie de l’égoïsme »
Pour Jeremy Rifkin, nous entrons dans la troisième phase de la révolution industrielle. Moins, cela dit, pour des raisons technologiques que pour des raisons culturelles.
Tel est le thème de son dernier livre : « The Empathic Civilization« . 
Des raisons culturelles ? Et bien oui.
L’essayiste se remémore, à ce titre, une discussion qu’il eut avec le Premier ministre espagnol, Jose Luis Zapatero, lors d’une rencontre entre les deux hommes.
« Zapatero est philosophe de formation, relate Jeremy Rifkin, dans une interview video reprise ci-dessous. La première action qu’il prit arrivé à la tête du gouvernement espagnol ne fut ni un geste politique, ni une mesure de caractère économique. Il a dit: je veux me battre contre le machisme dans la société, car ce mode de pensée hiérarchique et patriarcal qui perdure nous empêche d’arriver au monde empathique que nous appelons de nos voeux ».
Capitalisme distribué
Nous entrons désormais dans une ère de capitalisme beaucoup plus distribué.
A mesure que les défis économiques, technologiques et environnementaux, deviennent globaux, les décideurs se verront de moins en moins comme les chefs de territoires délimités mais comme de plus en plus comme les membres d’une « biosphère », la Terre. Dans ce nouveau contexte, ils privilégieront la collaboration par rapport à la confrontation.
Cela vaut pour des Etats. Mais également pour des entreprises…
Inutile de dire, à ce titre, que les valeurs écologiques joueront un rôle encore plus déterminant dans cette économie du futur que ce que nous voyons au présent.
Un homo sapiens qui devient homo empathicus
« Certains diront que c’est impossible. Que l’homme est guidé d’abord par son propre égoïsme et ses intérêts individuels. Si c’est le cas, comment expliquer que des milliers de personnes ont coopéré et coopèrent encore spontanément, à distance, pour créer des choses comme le système opérationnel Linux, l’encyclopédie en ligne Wikipedia ou d’autres projets complexes… ? «
La monté en puissance de nouvelles valeurs dans la société, en particulier chez les plus jeunes, démontre, selon Rifkin, ce passage vers un « Homo Empathicus » préoccupé par des actions qui procurent du bien à lui-même, mais aussi à la collectivité.
« Regardez comment les jeunes communiquent déjà aujourd’hui de façon totalement ouverte et transparente sur internet. La nouvelle génération voit de plus en plus le bonheur selon le prisme de la ‘qualité de vie’ (…) Cette évolution va nous amener à repenser la notion même de propriété individuelle, prévient l’essayiste américain.
Les entreprises devront adapter leur mode de fonctionnement à ce nouveau contexte. Rifkin prône ainsi des formes de management qui impliqueront beaucoup de sensibilité, d’écoute et d’empathie vis-à-vis des employés.
Car, en définitive, la troisième révolution que décrit Jeremy Rifkin est celle dans laquelle le pouvoir est confié à l’individu
« Grâce aux possibilité offertes par les technologies vertes, les individus généreront demain leur propre énergie comme ils génèrent, aujourd’hui déjà, leur propre information [les réseaux sociaux et internet]. Le changement est majeur »
Comment Bosch a réinventé son image et son modèle économique
25 mars 2010
Christian De Neef: « La durée de vie moyenne d’une entreprise est de trente ans… Certaines sont éternelles car elles se réinventent »
30 octobre 2009
Une entreprise est faite pour répondre à des besoins. Pas pour construire des usines… (Christian Roche, à Paris 2.0)
1 octobre 2009
« Je rencontre des entreprises qui connaissent mieux leurs concurrents que leurs clients. Elles s’enferment dans des comportements moutonniers au lieu d’inventer des choses nouvelles ».
Christian Roche, un ancien designer industriel, fondateur de la société Moving Ideas, regrette la paresse dont font preuve à cet égard certaines directions. Ces organisation courent, selon lui, à leur perte. « Les entreprises sont d’abord là pour répondre à des besoins, existants ou nouveaux, dit-il. Leur but premier n’est pas de construire des usines. Or, comment peuvent-elles être au courant de l’évolution de ces besoins si elles n’écoutent pas ce qui se passe autour d’elles ? ».
Dans un contexte de plus en plus mouvant, l’espérance de vie des entreprises qui ne captent plus les signaux de leur environnement est brève, estime dès lors Christian Roche.
[dailymotion:http://www.dailymotion.com/video/xanmt3_le-dilemme-de-la-veille-economique_news]
















