Collaborer dans l’entreprise? Pas seulement une question d’outils
4 juillet 2008
Laurie Buczek, la responsable de l’adoption d’outils collaboratifs et sociaux du fabricant de semi-conducteur Intel l’affirme: “La mise en place de ces instruments et application ne transforme pas automatiquement votre entreprise en organisation favorisant la collaboration”. Il faut plus que cela. Le potentiel collaboratif d’une entreprise dépend d’abord des personnes qui les utilisent. Autrement dit, c’est une question de culture. 
Le blog de Entreprise Social Search, société belge basée à Louvain-la-Neuve, relaie le billet ci-dessus. L’auteur adhère à son point de vue.
“Beaucoup de fournisseurs de solutions, observe-t-il, ajoute une couche dite sociale à des plate-formes et des modes d’utilisation préhistoriques”.
“Bien sûr, une mise à jour aisée peut sembler attrayante et donner l’impression d’un retour sur investissement immédiat, poursuit-il. Cela étant, cette approche ne lèvera jamais les deux principales entraves à l’amélioration du potentiel d’innovation et de la productivité dans l’entreprise, à savoir: les silos d’information fermés et… la culture de la collaboration”.
“Ces outils collaboratifs doivent abattre ces silos, estime encore Entreprise Social Search. Certainement pas en créer de nouveaux”. Ils doivent donc pouvoir servir de ciment entre les applications existantes ainsi que “remplir progressivement les espaces vides” avec le savoir des employés. Les outils doivent être flexibles et ne doivent pas être imposés, au départ, en remplacement d’outils de communication habituels, comme l’email. Les choses doivent évoluer progressivement, en douceur. “C’est l’une des clés, ajoute ESS, de la transformation d’une entreprise en organisation ouverte à davantage de collaboration”.
Les entreprises européennes encore fermées à la génération collaborative
28 juin 2008
La Banque mondiale use de l’intelligence collective pour défendre le climat
21 juin 2008
“No, it’s not a joke—the World Bank Group is undertaking consultations right now on its Strategic Framework on Climate Change and Development“. 
La Banque mondiale a(vait?) la réputation d’un organisme monolithique, obèse et n’écoutant que ses experts. Les choses changent, comme le laisse entendre le Private Sector Development Blog, tenu par plusieurs économistes de l’institution née des accords de Bretton Wood. Cette fois, la Banque mondiale lance donc une consultation mondiale qui ne se limite pas aux groupes de pression. Elle veut englober les avis de vous ou de moi. L’objectif est de collecter un maximum d’idées utiles pour mener la lutte contre les changements climatiques. Reste à voir si le staff sera suffisant pour traiter, trier et classer le flot des propositions.
Depuis deux ou trois ans, la Banque mondiale se montre assez proactive dans l’utilisation des nouveaux moyens de communication. Pour élargir son spectre de diffusion mais, aussi, s’ouvrir à l’écoute et aux suggestions extérieures.
. La Banque mondiale s’est convertie au web 2.0 en lançant Private Sector Development Blog. Aujourd’hui, le blog attire plus de trafic que l’ensemble des onze sites d’informations tenus aujourd’hui par l’institution, expliquait cette semaine dans Salon.com Pierre Guillaume Wielezynsk, un responsable de la communication à la Banque mondiale.
Ce dernier est un vibrant défenseur des nouveaux modes de communication intéractifs. Pierre Guillaume Wielezynski a aidé à la création d’un outil de suivi des conversations sur les médias sociaux internet: BuzzMonitor, un autre service de la Banque mondiale. L’initiative est née du constat, explique-t-il, que les actions et messages de la Banque mondiale trois à quatre fois plus commentés sur les blogs et forums que dans les médias traditionnels.
Dans un autre style: Devex.com. La Banque mondiale n’est pas le premier soutien derrière cette “entreprise sociale globale”. Mais grâce à ce site collaboratif, elle peut être mise en relation avec tous les acteurs du développement. La plate forme regrouperait 100.000 membres. Son but, optimiser les échanges d’information et de bonnes pratiques pour rendre, grâce à la philosophie du web collaboratif, le secteur de l’aide au développement le plus efficace possible.
Treize leçons d’Open Innovation
12 juin 2008
“Grâce à de nombreux livres et au succès des logiciels open source, Linux en particulier, un grand nombre de responsables connaissent, au moins passivement, la notion d’innovation ouverte ou d’open innovation”, écrivait le consultant McKinsey en 2006. 
Pour l’Institut de recherche sur l’analyse des nouvelles technologies VINT, un organisme privé néerlandais, s’aventurer proactivement aujourd’hui sur le chemin de l’innovation ouverte est d’ores et déjà le début d’un avantage compétitif. En 2007, VINT a tiré treize leçons, en conclusion d’un rapport sur l’open innovation.
Leçon 1: C’est la fin des modèles d’affaires fermés
L’Innovation ouverte offre une grande variété de possibilités. Les entreprises qui se ferment à ces opportunités, dans une mesure croissante, seront confrontées à des organisations plus innovantes qu’elles. Elles perdront du terrain sur leurs concurrents plus ouverts. La question n’est pas de savoir s’il faut adopter les principes de l’innovation ouverte, mais quand.
Leçon 2. La concurrence du futur viendra de quiconque vient avec des idées
Les concurrents inspirés réussiront grâce à leur capacité à connecter les individus extérieurs avec l’organisation. En cette époque d’hypercompétition, le temps pour mettre les bonnes idées en pratique est de plus en plus court. Avant que nous n’en prenions conscience, la concurrence nous a dépassé. Chez Procter & Gamble, la direction a redéfini la notion de la concurrence, une définition pour elle plus en phase avec l’ère moderne : “My biggest competitor today is a person with an idea.”
Dans “The Cathedral and the Bazaar”, Eric Raymond évoque, lui, l’univers du logiciel libre. Plus les regards sont nombreux sur un programme, plus les éventuels bugs de programmation disparaissent.
N’importe qui peut proposer des améliorations. La communauté des développeurs permet d’accéder aux idées de chacun. Chez Boeing, par exemple, une communauté dédiée à l’innovation porte le nom de World Design Team. Tout un chacun qui lit les discussions publiées sur le site web de Boeing observera des phrases comme “Avez-vous pensé à cette possibilité?” ou “Avez-vous remarqué que…” Ce n’est pas différent du monde du logiciel. L’innovation ouverte permet, ici, de produire de meilleurs avions.
Leçon 3: L’expérience des utilisateurs est essentielle pour l’innovation ouverte
Rien ne remplace l’expérience de l’utilisateur ou du client. Regardez ce qui s’est produit avec l’expérience de quelques kite surfers ayant décidé de construire leur propre kite. Ils ont fabriqué, sur base de leur expérience, à quelques uns, un meilleur produit que ceux de l’industrie distibués jusque là dans le commerce. Un acheteur, un utilisateur, sera toujours plus capable d’évaluer qu’un expert les qualités d’un produit.
Les clients, eux, veulent contribuer. Une étude révèle qu’entre 10 et 40% des consommateurs de plus de trente ans ont déjà personnalisé un produit, d’une façon ou d’une autre. Grâce à internet, tout est plus rapide. tout est possible. Les processus d’innovation changent radicalement.
Leçon 4: La technologie rend possible l’innovation ouverte
grâce à internet, nous avons les logiciels libres, les blogs, le peer to peer… Toutes ces formes de communication ont changé la société. Nous pouvons maintenant faire plus et connaître plus collectivement qu’individuellement. L’expérience et la connaissance sont plus accessibles que jamais, où que l’on soit. Les nouveaux outils digitaux permettent également, aujourd’hui, de co-créer, à distance. Un site internet, une photographie… Tous ces développements se produisent en même temps qu’une génération née avec internet, ouverte au fait de partager sa créativité avec les quiconque. C’est la génération C, C vallant pour contenu, créativité, communauté ( et même codage).
Leçon 5: Prenez une vision digitalisée de votre organisation
Le langage de l’innovation ouverte est numérique. Il faut apprivoiser les outils tels que les webservices, l’audio, les logiciels CAD ou les simples outils de communication web…
Leçon 6: Trouvez les personnes passionnées par le produit
La passion est un important facteur de succès. Linux l’a prouvé. Dans l’aviation, les passionnés d’avions, d’une certaine façon, ont soutenu Boeing. Qui sait si demain les cannes à pêche ne seront pas conçue par les passionnés mêmes de pêche à la ligne? Vous pouvez commencer avec une chaussure, comme la chaussure développée par Anastasia en Russie pour une entreprise souhaitant commercialiser un soulier “open source”. Un grand nombre de personnes créatives sont prête à partager avec les autres, avec une entreprise. Le défi est de se connecter à ces leaders. Ces derniers peuvent être la clé d’une communauté de passionnés.
Leçon 7: L’innovation ouverte implique de céder une portion de contrôle
Les gens extérieurs à l’organisation ne souhaitent pas être dirigés. Une partie du succès dépend donc de la capacité des contributeurs à se gérer eux-mêmes. La bonne allocation des tâches est dès lors déterminante.
Leçon 8: L’innovation ouverte nécessite moins d’encadrement
Karim Lakhani est responsable de la Communauté de recherche Open Source du MIT. Il s’interroge sur la valeur ajoutée qu’apportent encore les managers aujourd’hui.
La production open source est possible avec un minimum de hiérachie. Les gens qui prennent certaines responsabilités le font sur la base uniquement de leur mérites reconnus par les autres. S’ils ne sont pas ) la hauteur, quelqu’un est toujours prêt à prendre le relais. Le portrait est peut être idéalisé, mais chaque manager devrait comprendre cette façon de fonctionner peut-être la source d’excellentes performances. A-t-on encore besoin des managers ? Le constructeur automobile Toyota a incorporé les principes de l’auto-management dans son organisation.
Leçon 9: L’innovation ouverte est bénéfique pour l’image de l’entreprise
Inviter les utilisateurs à collaborer dissout quelque part la limite entre la R&D et le commerce. Brewtopia, Threadless et Lego, tout comme des services agglomérés en ligne comme Amazaon, eBay, Google et Yahoo, ou encore le système opérationnel Solaris u groupe informatique Sun, illustre la question. Tous s’inspirent et s’alimente de la contribution de leurs clients et des tiers. L’innovation ouverte donne à voir un côté positif de l’entreprise. Ouvert est associé avec bon. IBM fait la promotion de Linux pour des objectifs marketing. Fluevog, Boeing, Converse et d’autres exemples d’innovation ouvertes touchent au concept de “démocratie des marques”.
Leçon 10: On peut être partiellement ouvert
Fermé et ouvert ne sont pas mutuellement exclusifs. L’ouverture business est réalisable selon plusieurs voies. Les purs acteurs de l’open source comme Apache, sont aujourd’hui associé à des entreprises commerciales pures. L’un et l’autre se renforcent. Ils ont permis l’émergence d’un marché hybride du logiciel. De la même façon, la librairie en ligne Amazon a compre que partager sa plate-forme internet avec d’autres lui était profitable. Des dizaines de millions de réquisitions parviennent aujourd’hui chez Amazon grâce aux web services d’autres sites.
Leçon 11: Même dans l’innovation ouverte, la propriété intellectuelle doit être protégée
La R&D rapporte financièrement si les droits sont gérés adroitement. jetez un coup d’oeil les licences utilisées par Google pour ses services web ou les contrats en vigueur sur le réseau d’innovation Innocentive.
Leçon 12: Le futur ouvert offre de multiples opportunités
Les logiciles open source ont gagné la partie de plus en plus. En même temps, certaines législations vont à contre courant. Des gens comme Lawrence Lessig ou Lode Wyns prédisent un futur troublé, même s’ils espèrent que le bon sens triomphera. Le domaine de la propriété intellectuelle privée grandit. IBM est ouvert. En même temps, la firme dépose toujours de nombreux brevets.
Leçon 13: L’open innovation est juste
Les développeurs open source ne créent pas des produits sensationnels par accident. L’innovation nous permet de nous fondre à l’état de fluide, condition qui optimise la performance.


