Comment les espaces de coworking deviennent des laboratoires d’innovation pour grandes entreprises

18 septembre 2012

Cette semaine, Microsoft aurait laissé filtrer l’information selon laquelle l’éditeur informatique s’apprêtait à ouvrir un espace de coworking dédié aux startups, en Région parisienne.

A Londres, Google soutient le Google Coworking Campus, un immeuble de plusieurs étages comprenant une salle d’événement, une cantine et, surtout, plusieurs étages de coworking. Sur ces plateaux de bureaux ouverts, plusieurs dizaines d’individus s’affairent sur des projets différents dont le point commun est, le plus souvent, d’être lié au web.

Espace de coworking, laboratoire d’un format nouveau

L’intérêt des grandes entreprises pour le modèle du coworking grandit. L’attention ne se limite d’ailleurs pas aux industries de l’informatique.

L‘assureur américain StateFarm, par exemple, a ouvert son propre espace de Coworking ouvert au public dans l’Illinois.

A Londres, le groupe britannique de médias Pearson est partenaire de l’espace de coworking TechHub.

Labo de l’édition, Paris

En France, l’industrie de l’édition a investi, avec la ville de Paris, dans un espace ouvert similaire (le Labo de l’édition) où tous les travailleurs, employés, salariés, entrepreneurs, liés de près ou de loin au monde du livre ou de l’édition, peuvent venir occasionnellement y travailler.

Citons encore l’espace de coworking Fishburners, à Sydney, en Australie, soutenu par l’opérateur mobile local Optus.

L’exemple de PepsiCo

Aux Etats-Unis, le mouvement s’étend aujourd’hui à l’agro-alimentaire.

Le géant PepsiCo, par exemple, a noué un partenariat avec WeWork Labs, un espace de coworking pour jeunes entrepreneurs.

Cette manoeuvre résulte d’une conviction forte, chez PepsiCo, qu’une partie de ses innovations futures seront initiées et mises en oeuvres par de jeunes entreprises.

Déjà, 10% du budget de communication digitale du groupe aux Etats-Unis – un poste fort important pour la firme puisqu’il concerne de nombreuses marques telles que PepsiCola – est investi dans diverses startups.

En échange d’un soutien financier à l’espace de Coworking, des représentants de PepsiCo ont la possibilité de fréquenter régulièrement le lieu. Ils sont disponibles pour assister les entrepreneurs de l’espace quand ils en ont besoin. Ils les présentent à des spécialistes utiles (spécialisés dans la technologie, la distribution, le marketing, etc.). Il leur donnent divers commentaires et conseils sur les prototypes qu’ils présentent.

En retour, les représentants de PepsiCo recueillent les feedbacks et regards originaux de travailleurs innovants, motivés et très avertis des dernières évolutions dans divers secteurs.

Les startups remplacent les agences créatives

« Dans le passé, nous nous reposions sur les agences créatives (pub, com,…) pour apporter de nouvelles idées, indique Shiv Singh, le responsable des activités digitales de PepsiCo, cité dans ce billet. Aujourd’hui, toutefois, les choses vont beaucoup vite, notamment sur le plan tehnologique. Nous nous apercevons que nous nous devons d’être directement en contact avec les innovateurs en pointe dans tous ces domaines pour capter les nouvelles tendances et les adapter à nos besoins. »

Les employés de PepsiCo se mélangent donc avec les entrepreneurs et les développeurs/consultants freelance, au sein de l’espace de Coworking WeWork Labs. Ces derniers les éveillent à d’autres rythmes et souplesses de travail et de développement.

Pour les membres de l’espace de Coworking, ajoutons que PepsiCo ouvre des portes et apporte, parfois, un support financier (via l’accès à un fond d’amorçage).

La collaboration est mutuellement bénéfique.

D’autres espaces de coworking s’aventurent également sur le terrain de la collaboration avec de grandes entreprises. RocketSpace, aux Etats-Unis, ou BetaHaus, en Allemagne, par exemple.

 

Les applications possibles du Coworking dans différents contextes

27 mars 2012

Le modèle coworking est né d’abord d’initiatives individuelles.

Aujourd’hui, des espaces de coworking sont mis en oeuvre dans d’autres contextes : c’est le réseau social physique, ou réseau social 3D.

Des campus d’université, des développeurs urbains, des centres de recherche, des incubateurs et même des entreprises mettent aujourd’hui sur pied des espaces de coworking pour favoriser l’interaction, la créativité, l’échange et la collaboration.

Résumé de ma présentation à Austin (Texas), lors de la conférence américaine sur le Coworking.



Pourquoi votre entreprise ressemblera-t-elle bientôt à un espace de Coworking

24 janvier 2012

Ce que les entreprises peuvent apprendre du Coworking

9 novembre 2011



Vers l’entreprise-écosystème

28 août 2011

Voici une interview de moi publié vendredi dernier dans le quotidien belge La Libre, où j’évoque le principe de l’entreprise-écosystème.

En voici quelques extraits :

Le travail segmenté et hiérarchisé a du plomb dans l’aile, affirme J.-Y. Huwart.
Qu’est-ce que ces “coworkers” peuvent vous apporter si vous ne travaillez pas pour le même employeur ?

(…) Des espaces de coworking comme « The Hub » synthétisent une évolution vers un monde du travail plus souple, plus mobile, plus autonome, qui fait davantage place à l’innovation. Plus immatériel aussi : le travail dépend moins d’un cadre physique et structurel qu’avant. La connaissance et les idées circulent vite grâce aux réseaux. En évoluant dans un environnement créatif où un tas de métiers se côtoient sans obligation, on s’ouvre à des idées, des connexions, des partages. (…)

Ce sont surtout des indépendants et des petites structures qui optent pour ce type de cadre de travail…

Qu’est-ce qui empêcherait des employés d’une grande société de travailler ici ? (…)  Aux Etats-Unis, j’ai entendu de vive voix des gros bras tels Citibank reconnaître que l’innovation dans le domaine bancaire était portée par les start-up ! Je ne suis pas sûr que les banquiers belges en diraient autant. (…)

(…) On évolue vers des « entreprises-écosystème » où les acteurs seront bien plus autonomes. Ce qui leur donne la possibilité d’innover, de créer, et de donner du sens à leur travail. On n’aime plus trop travailler mécaniquement pour quelqu’un dont on ignore s’il vous épargnera en cas de restructuration… (…)

Y a-t-il déjà des entreprises qui appliquent ce modèle coopératif ?

(…) Ça n’atteint pas tout le monde au même moment. L’IT est très exposé, parce qu’on y innove à grande vitesse. Les banques ou la sidérurgie composent avec des cultures et des contraintes différentes. Mais elles ont aussi leur génération Y et on parle aussi d’elles sur les réseaux. Elles doivent aussi innover, et être réactives (…)

Les décisions doivent pouvoir suivre cette accélération du tempo…

C’est pour cela que la lourdeur du système pyramidal, avec une hiérarchie omniprésente, est inadaptée. Il faut donner de l’autonomie aux acteurs, en les laissant agir par essais-erreurs. Si cette logique itérative s’inscrit dans une vraie transparence, le public comprendra les échecs au lieu de les dénoncer. Il exige cette transparence et se soucie de la crédibilité des réputations. Mais il est vrai que l’environnement est baigné d’incertitudes … (…)

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Coworking : l’innovation et l’esprit d’entreprise développé en communauté

8 juillet 2011

En 2011, lancer une startup web coûte 100 fois moins cher qu’en 1997

20 mai 2011

Est-ce une forme de déflation profonde qui frappe le monde de l’entrepreneuriat ?

Non, simplement l’énorme impact de la démocratisation de la technologie et de l’essor du plus gigantesque système de mutualisation de ressources jamais vu au cours de l’Histoire de l’Humanité : le Cloud computing.

En 2011, il faut engager 100 fois moins de fonds qu’en 1997 pour démarrer une startup internet.

« Voici quatorze ans, la mise sur pied d’un projet d’entreprise prenant place sur le web nécessitait un montant d’investissement de départ d’environ 5 millions de dollars US, explique Don Tapscott, célèbre théoricien de l’économie des réseaux. En 2002, le capital d’amorçage n’était plus que de 500.000 dollars US. Aujourd’hui, vous démarrez une activité de service en ligne avec moins de 50.000 dollars US. »

Les emplois du futur viendront des startups

Aux Etats-Unis, comme en Europe, les startups sont le moteur de la création d’emplois nouveaux. Même si l’emploi dans les entreprises de moins de 5 ans ne représente que 12% de l’emploi total américain, par exemple, ces dernières ont donné le jour à 40 millions d’emplois nouveaux au cours des 13 dernières années. Depuis des années, les entreprises plus mûres, elles, ne participent plus à la création nette d’emploi. Restructurations, rachats, fusions ou faillites obligent…

Economiquement, le fait que le seuil d’accès à la création d’entreprises nouvelles se soit à ce point effondré est donc une excellente nouvelle pour les pays développés.

Prolifération de nouveaux acteurs (innovateurs, partenaires ou concurrents)

Logiquement, le recul des barrières financières à l’entrepreneuriat donne et donnera le jour à une prolifération de nouvelles initiatives et de nouvelles entreprises.

C’est heureux pour la croissance économique future. Mais cela signifie aussi un paysage sectoriel dont les contours seront toujours plus mouvants, avec la multiplication des opportunités de partenariat (en matière de commercialisation, d’innovation…) … ou de se faire concurrencer.

Cela dit, d’autres défis demeurent pour accélérer le mouvement de création de startups. Comme le souligne Don Tapscott, si les fonds de départ peuvent être réunis sans trop de difficulté, une fois en phase de croissance, les structures de financement classiques doivent prendre le relais. Or, l’industrie du capital-risque n’est pas encore adaptée à travailler sur de si petits montants de financements…

Une solution pourrait provenir des plates-formes de crowdfunding (telles que Vencorps).

Le développement du mentoring et la multiplication des espaces de coworking seront un autre facteur stratégique de développement.

 

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