Alain Thys (Future lab): « Le modèle publicitaire est devenu inefficace. Les créatifs se regardent le nombril »
1 avril 2009
« Les marqueteurs n’écoutent plus les consommateurs. Ils diffusent des messages que personne n’écoute. Résultat les entreprises investissent en vain » déclare Alain Thys, cofondateur de Future Lab, une société de consultance en stratégie marketing, basée à Bruxelles, Moscou et Shanghai, notamment.
« Le marketing, de métier est devenu une industrie à fabriquer du visuel (publicité TV, affichages, etc.). Cette industrie n’est plus efficace. Les créatifs se regardent le nombril. Les envies des consommateurs ne sont plus au cœur de ces préoccupations » explique Alain Thys. « Les budgets en jeux et les liens entre les différents acteurs sont tel que beaucoup ont intérêt à garder un statu quo. Ce qui explique le peu de changement dans les pratiques du marketing » poursuit le consultant.
La crise du modèle publicitaire: annonceurs et clients mécontents
Le mode traditionnel de production publicitaire a atteint ses limites. Mais quelles sont les alternatives, alors ? Alain Thys livre quelques pistes pour développer un marketing efficace et innovant:
- Être à nouveau en prise avec le réel. Descendre dans la rue. Parler aux consommateurs. Arrêter de rester rivé sur les statistiques et des audiences brutes. En bref, promouvoir le dialogue avec ses clients. C’est entre autre ce que propose le « gourou » en marketing Linda Resnik.
- Parler aux consommateurs potentiels au bon moment, sans importuner les autres. Le spécialiste en marketing prend l’exemple de l’achat de sa voiture » au moment ou j’étais à la recherche d’une nouvelle voiture une pub de 20 minutes étais la bienvenue. Aujourd’hui je suis imperméable à toute publicité du secteur automobile »
- Ne pas être intrusif, ne pas s’imposer. Il faut proposer du contenu qui a de la valeur pour le consommateur. Que ce soit par un retour à l’origine du Soap opéra. Il s’agit à l’origine d’un show télévisuel créé pour vendre du savon (soap). Pas de coupure intempestive, juste un message d’introduction du style « Ce programme vous est offert par… ». La création de jeux en réalité alternée (altenate reality game), est également une piste à explore. Il s’agit d’une sorte de jeux de piste améliorés dans lequel il y a un mix entre la réalité virtuelle et le monde réel. Le placement de produit dans des films est encore une autre voie. Quand à savoir si de telles pratiques ne vont pas dénaturer les produits culturels Alain Thys a confiance, » Le consommateur aura toujours le dernier mot. Si des marques vont trop loin ou exagèrent, personne ne sera à l’écoute de leurs messages ».
Interview d’Alain Thys par Jean-Yves Huwart (Merci à l’Hôtel Marriot Bruxelles).
Bonus
Plusieurs de nos articles parlent de l’utilisation du blog en entreprise :
Six étapes pour apprendre le marketing à faible coût (2.0 )
Chez Microsoft, 1.500 employés tiennent un blog
Pourquoi les blogs sont de plus en plus utiles pour les entreprises
39% du Top 500 des gazelles américaines tiennent un blog
Pourquoi toute entreprise devrait commencer un blog
Alain Thys évoque dans cet extrait les avantages du blogging sur son business. « Ce n’est pas directement le blog qui va nous ramener des contrats. Mais il va nous permettre de rentrer plus facilement en relation, et d’assoir une crédibilité face à nos clients. » explique le marketeur. Ce blog comptabilise 10 000 visiteurs par jour et une trentaine de contributeurs.
Photo: Flickr Chansiuman24
Une star du marketing US explique les nouvelles règles de la communication au 21 siècle
26 mars 2009
Aux Etats-Unis, Linda Resnik appartient à cette catégorie d’experts en marketing élevés à l’état de dieu par leur corporation. L’auteur de « Rubies in the Orchard » compte à son actif quelques lancements de produits parmi les plus réussis dans l’histoire de la grande consommation. Les marques Fiji Waters, première marque d’eau minérale importée aux Etats-Uni, et POM Wonderful, un jus de pommes-grenades devenu un véritable hit chez l’Oncle Sam, figurent en bonne place dans son palmarès.

Lynda Resnik
Marketing des valeurs
Linda Resnik a compris très vite l’importance des valeurs véhiculées par les produits. Le consommateur n’est pas sensible qu’au goût, au coût ou à l’utilité. Il aime que son achat ait du sens, indique-t-elle dans un récent livre « Rubies in the orchard« .
Pour Fiji Water, Linda Resnik a changé le positionnement (« un goût du paradis ») pour mettre en avant la dimension écologique du produit (l’eau vient d’une région à l’écart de la pollution) ainsi que de l’ensemble du processus de collecte, d’embouteillage, de transport et de distribution. Zéro émission de carbone. Protection de la forêt et du biotope, emballage réduit, recyclage… Suffisant pour toucher l’âme écolo qui sommeille en tout américain, semble-t-il. Même principe pour POM Wonderful, mais sur la santé. L’un des slogans n’y va pas par quatre chemins pour souligner les vertus guérisseuses des pommes-grenades, et du jus 100% authentique, selon la notice : « Les prostates sont en danger. Nous sauvons les prostates! »
Développer un ensemble de valeurs, établir une « proposition de vente unique » (unique selling proposition)… Voici deux premiers principes de marketing, cités par Linda Resnik. Du relativement classique, jusque là, pour tout étudiant en marketing un peu assidu.
Le troisième principe mis en avant par la marketeer est plus intriguant: établir les liens avec la communauté et jouer sur la transparence.
Avec 40 ans de carrière dans les départements marketing dans quelques grands groupes de produits de consommateur américains, Linda Resnik n’a rien d’une geekette 2.0. « La communauté du 21ème est un concept martelé partout, en ce moment. Cela dit, je pense qu’il s’agit du futur », indique-t-elle dans l’entretien ci-dessous au Wall Street Journal. « La transparence est nécessaire car notre planète devient une petite ville. N’importe qui peut, quand il veut, où qu’il soit, connaître votre business, via la blogosphere ».
Le dialogue, la meilleure communication de crise
Sur internet, Fiji Water et Pom Wonderful ont été attaqués par des associations activistes. Ces dernières contestaient les vertus écolos des deux produits. « L’émergence de cet internet social et interactif est une bonne chose pour les entreprises et la marques, néanmoins, à conditon que celles-ci fassent leur travail, explique Linda Resnik. Votre travail consiste à suivre tous les blogs de la Terre qui parlent de votre marque ou de vos produits. Il consiste à vous asseoir aux tables de discussion en ligne et d’entamer la conversation, de façon très transparente ».
Au 19ème ou 20ème siècle, la réponse classique face aux attaques était d’aller devant les tribunaux de justice, poursuit la papesse du marketing. Au 21ème siècle, la réponse est de se soumettre au verdict du tribunal de l’opinion publique. « En ce qui nous concerne, nous avons perdu huit mois. Finalement, nous avons engagé la conversation et argumenter avec les activistes. En 24 heures, la polémique avait pratiquement disparu
Au 19ème ou 20ème siècle, la réponse classique face aux attaques était d’aller devant les tribunaux de justice, poursuit la papesse du marketing. Au 21ème siècle, la réponse est de se soumettre au verdict du tribunal de l’opinion publique.
Start-ups et PME, vous êtes les nouveaux rois
En tout cas, estime Linda Resnik, les conditions économiques difficiles placent les PME et les start-ups dans une position relativement favorable. Big n’est plus beautiful, aujourd’hui. Le terrain de jeu est désormais mis au même niveau pour tous les acteurs, petis ou grands. Si vous êtes une PME, vous risquez moins d’être soumis au poids d’une dette immense, notamment. Votre capacité à intervenir sur le champ marketing, avec un message attractif et efficace, est très sugnificativement accrue, aujourd’hui. Grâce à internet, entre autres, de nouveau.
Lire aussi
“We know that pomegranates are very expensive to grow and harvest, and we know that hardly anyone knows what a pomegranate is,” I agreed. “But I don’t consider those reasons to go the way of all packaged goods. I see those reasons as the inspiration to create a new category of food.”http://www.usairwaysmag.com/index.php?/articles/rubies_in_the_orchard/
« Building brands is, first and foremost, not about numbers. It is about value and people. If, on the marketing side, you have people with faith in the value of the brand, you can communicate and extend that faith to consumers. If even a small core of consumers begins to have faith in your product, you’ve got the building blocks of a winner ».
http://blog.lyndaresnick.com/2009/03/why-do-i-need-search-engine-optimization-marketing/
Bubok: un modèle économique qui tire parti de la crise
24 mars 2009
Tirer parti de la situation économique actuelle, c’est possible. Bubok, un site d’auto-publication espagnol doit une partie de son succès à la crise. « D’une part, le marché de la publication est très fermé en Espagne. D’autre part, la mauvaise conjoncture économique actuelle fait que beaucoup de projets d’édition ont été abandonnés » nous précise Jose Pascua, sales manager chez Bubok.
Bubok, à l’image du célèbre lulu, l’un des premiers sites d’ »auto-publication » à avoir vu le jour sur le Net, offre la possibilité de tout à chacun de publier son livre. Aucune contrainte de volume de vente, de potentiel commercial ou de valeur littéraire. Chacun publie à compte d’auteur, et imprime le nombre d’exemplaires qu’il souhaite.
En peu de temps le site à réussi à drainer un million de visiteurs, dans le monde hispanophone. Bubok a déjà publié 5.000 livres.
José Pascua explique les raisons de cet engouement.
« En Amérique latine on va devoir s’adresser à chaque pays de manière spécifique. Avoir la même langue ne suffit pas. »
Les concurrents de Bubok sont en majorité anglo-saxons. Bubok bénéficie de sa spécificité hispanique. La langue n’est toutefois pas tout. Partager le même idiome avec plusieurs centaines de millions d’individus ne dispense pas d’adapter le site aux goûts et attentes du public local, au Venezuela, en Colombie ou au Mexique. « Avant de s’implanter en Amérique du Sud, il faut que nous comprenions parfaitement chaque pays, car malgré une langue commune ils sont tous différents », déclare José Pascua. Pour Bubok cet aspect est essentiel, car cela va leur permettre d’engager une relation efficace avec leurs futurs clients.
L’auto-publication, comment ça marche? Explication par José Pascua de Bubok.
« N’importe quelle personne qui souhaite imprimer un livre peut venir chez nous. Il suffit de transférer un document PDF. En cinq minutes le livre est créé », explique le directeur commercial.
Il n’y a pas de contrainte de vente les livres sont imprimés au fur et à mesure de la demande, ils peuvent être commandé et payé à l’unité. Le volume des ventes importe peu, car Bubok va fonctionner dans la logique de la longue traine. C’est à dire vendre peu, mais sur beaucoup de produits différents. C’est la cas d’Amazon, qui réalise 58% de ses ventes sur des livres qui ne sont pas disponibles en magasin, car trop peu connu. Ce modèle peut s’avérer payant dans le cas de l’autopublication, car il n’y pas de stock à gérer, les livres sont imprimés suivant la demande. Concernant les aspects qui font la spécificité d’un éditeur classique: le suivi, l’édition, la correction, mise en page, la traduction, etc. Bubok les propose en option.
Aujourd’hui, concevoir une voiture est à la portée de tous. Ou presque…
27 février 2009
La Tata Nano arrivera donc sur les routes européennes et nord-américaines dans le courant de l’année 2009. Moult péripéties (liés notamment à l’implantation de la première usine d’assemblage) avaient retardé ce très attendu lancement. Voici une nouvelle raison de trembler pour l’industrie automobile traditionnelle. Au moment où General Motors, Chrysler et Ford agonisent, que Saab et le constructeur Sino-Coréen Ssangyong réclament la protection contre leurs créanciers, le conglomérat indien Tata enfonce un nouveau coin dans un secteur en déroute.
Tata Nano
La Tata Nano devrait être commercialisée au prix imbattable de 5.000 euros en Europe. Trois fois moins cher (1.500 euros) en Inde.
En ce temps de disette, nuls doutes que la Tata Nano pourrait conquérir de nombreux coeurs en Europe et aux Etats-Unis, comme dans les pays émergents. Elle pourrait s’inscrire dans le sillage du succès de la Logan. Alors que le modèle low cost de Renault est quand même vendu 60% à 80% plus cher, à ce jour.
La crise actuelle du secteur automobile mondial est bel et bien structurelle, on le sait. Le visage de l’industrie ne sera plus le même, demain.
Bill Reinert, responsable aux Etats-Unis du Groupe des technologies avancées du constructeur japonais Toyota, prédit la mise en place dans le secteur automobile d’organisations plus petites, souples et effilées. Ces dernières devront revoir leurs plans de production et vérifier qu’ils sont bien en ligne avec les desideratas économiques, mais aussi écologiques, des clients.
« Nous allons voir émerger un marché beaucoup plus concurrentiel, indique Bill Reinert. Avec plus d’acteurs spécialisés. Nous verrons aussi une dualisation du marché automobile. D’un côté, un marché de véhicules standards, de commodités, pour les personnes qui se moquent de la forme ou de la marque de leur voiture. De l’autre côté, un marché des automobiles ‘icônes sociales », à la manière des derniers produits d’Apple (iPod, iPhone,…) ». Et tout cela, en réduisant son empreinte carbone, s’il vous plaît.
Inutile de dire que les vastes plans de licenciements qui ne manqueront pas d’être annoncés dans les semaines et mois à venir ne suffiront pas à rendre les constructeurs automobiles traditionnels agiles et réactifs, estime Bill Reinert. En tout cas, les constructeurs actuellement en difficulté
Car, outre des challengers venus d’Inde, comme Tata Motors, ce sont des nouveaux venus, parents très éloignés du secteur, qui s’installent à présent sur le marché auto. Ces derniers rappellent que ce domaine d’activité n’est plus réservés à quelques patriarches de l’automobile, nés, pour la plupart, avant la seconde guerre mondiale.
L’industrie auto est peut-être à l’aube d’un phénomène identique à celui qu’ont connu les mondes de l’électronique et de l’informatique. Le taïwanais Asus, fabricant historique de cartes-mères pour les grands fabricants américains d’ordinateurs, a accumulé suffisamment d’expertise pour se lancer , voici quelques années, sous sa propre marque. Asus n’était qu’un acteur de second rang. Mais grâce à sa récente percée dans le domaine des mini-PC portables, Asus est aujourd’hui le constructeur d’ordinateur le plus en vue du globe (+190% de ventes au quatrième trimestre 2008 rien qu’en Europe).
Qui sait si de futurs Asus ne viennent pas déjà, à présent, mordre les mollets des GM, Volkswagen ou autres PSA.
Ainsi, le groupe français Bolloré, lui, n’a rien d’un pionnier de l’automobile. Avec tenacité, le consortium s’est accroché à son concept de voiture électrique: la Blue Car, aujourd’hui rebaptisée BO (B Zero). Pour l’heure, le modèle, dessiné par le célèbre designer automobile italien Pininfarina, promet une autonomie de 250km. Le véhicule est légé et fabriqué en matériaux recyclables.
A quelques milliers de km de là, le groupe californien Tesla Motors, démontrent de grandes ambitions avec son propre véhicule électrique compact. La firme de San Carlos, qui a déjà conçu un premier roadster propre, bénéficie entre autres de l’appui inconditionnel du gouverneur de l’Etat, Arnold Schwarzenegger.
Tesla ou Bolloré ont emprunté une voie que les constructeurs automobiles traditionnels savent aujourd’hui être celle de l’avenir. Un peu tard, hélas. La question est de savoir s’ils disposent de la capacité d’adaptation et du temps pour éviter de se faire, entre-temps, brûler la politesse par les Tata, Bolloré ou Tesla.
Le secteur automobile vit aujourd’hui sa révolution globale. De nouveaux concurrents, connus (ailleurs) ou inconnus, vont surgir. Ils seront plus petits, plus ciblés. Ils pourront venir de n’importe où dans le monde. Ils seront capables d’assembler les compétences adéquates en interconnectant des réseaux, selon le principe de l’open innovation. Ils inventeront des nouveaux modèles économiques pour l’industrie auto, a l’instar, de Tata. En effet, ou son prix défiant toute concurrence, le processus de production de la Nano est également très novateur. Il pourrait se rapprocher de celui en vigueur dans le domaine du meuble en kit. On assemble le véhicule au plus près du client. Une hérésie pour la chaîne de production/livraison centralisée en vigueur dans le secteur auto.
Le monde économique change. Et cela va très vite. Autant s’en rendre compte.
Qui a encore besoin d’une banque ?
23 février 2009
« Pour un à deux millions de dollars, nous lançons un service de cartes de crédit dans n’importe quel pays. Il s’agit surtout de coûts marketing. Désormais, tous nos systèmes sont centralisées mondialement ». En d’autres termes, vous pouvez demain, pour un investissement dix à vingt fois moindre qu’il y a quelques années, lancer une activité bancaire aux Maldives, au Costa-Rica ou en Nouvelle-Zélande.
La banque en question est britannique et se nomme HSBC. L’une des plus grandes banques du globe. Elle s’est auto-intronisée « The World’s local bank« .
En 2003, cette organisation tentaculaire (85 pays) s’emberlificotait les câbles dans pas moins de 55 systèmes informatiques régionaux; 24 formats et systèmes de traitement pour le paiement par carte de crédit et 40 plateformes distinctes d’internet banking. « La banque a, depuis, divisé ce nombre par trois. En 2010, il n’y aura plus qu’un seul système commun pour tout le groupe HSBC à travers le monde, explique Chris Skinner, un célèbre expert britannique de la banque en réseau. « Nous migrons vers le concept de : banking as a service « , dit-il. Un peu comme si, demain, nous consommions des crédits, des plates formes de paiement, des produits de placement… avec un opérateur à l’autre bout du monde, aussi facilement que si nous ouvrions un compte de messagerie sur Hotmail ou Google.
Certes, pour HSBC, l’investissement s’élève à rien moins que 6 milliards de dollars, essentiellement dans son coeur informatique. Mais désormais, la banque peut se démultiplier quasiment à l’infini.
Arrive la banque low cost
Curieux, en pleine crise financière, suggérer de faire confiance à une institution virtuelle ? Avec quel cadre prudentiel ou régulatoire ?
Vrai. Mais la confiance envers les grandes enseignes est ébranlée, de toute façon. Disons qu’une fois les boulons resserrés au niveau du contrôle bancaire, de nouveaux opérateurs en ligne pourraient faire tache d’huile. Principal argument: le coût.
Dans cette passionnante présentation, Chris Skinner analyse le modèle imbattable de ces purs joueurs financiers sur internet. Wonga (avances en cash à court terme, décision en moins d’une heure, 37 personnes), Zopa (banque peer to peer), eBank Corporation (Japon, 3 millions de clients, 200 employés), PayPal (système de paiement bien connu, filiale d’eBay), SmartyPig (économiser avec d’autres pour un projet particulier),…
Tous ces nouveaux services financiers sont non seulement accessibles de partout. Ils sont significativement moins chers. Les frais facturés ne s’élèvent parfois qu’à une fraction des tarifs facturés par les grandes institutions financières à leurs clients.
D’où cette question de Chris Skinner: qui a encore besoin d’une banque ? Les entreprises trouveront sans doute demain, une fois la tempête mondiale assoupie, de multiples sources diverses de financement.
« Selon Chris Skinner, la seule chose qui coûte encore, c’est le déplacement physique, indique à Entreprise Globale, cette semaine, Pascal Aerens, de la société Telovia, présent au salon Meftec de Bahrein, consacré aux technologies bancaires, où le consultant britannique exposait sa vision. Pour opérer à Oman ou au Pakistan, par exemple, vous devez connaître des gens. Pour le reste… tout est disponibe en ligne! »
De futurs Microsoft, Ikea ou Décathlon vont naître de la crise de 2009
13 janvier 2009
Les crises sont propices aux remises en question. Les remises en question ouvrent la porte au changement et à l’innovation. Tim Draper, de la firme de capital à risque Draper Fisher Jurvetson, relayé par la site LBI, s’attend a une poussée d’innovations en sens divers alors que perdure la période de récession (troisième trimestre de croissance économique négative dans la zone euro, à ce jour).
Il est probable que 2009 verra la création des Microsoft, Google ou Ikea de demain. 
Le boom technologique des trente dernières années a débuté, en fait, pendant la période de récession du début des année 80, rappelle-t-il. Microsoft est né pendant la régression économique de 1974. Les premiers semi-conducteurs sont apparus sur le marché lors de la récession de 1957 aux Etats-Unis. La grande dépression du début des années 30 ne fait même pas exception: de futurs géants des nouvelles technologies, tels que Hewlett Packard, Texas Instruments, et United Technologies. L’innovation ne se fatigue jamais. Elle prolifère parfois mieux dans la grisaille qu’au soleil.
Le consultant Alain Laufenburger rappelle aussi que c’est en temps de crise (pas nécessaire conjoncturelle, d’ailleurs) que certains virages payants ont été pris. Et de citer l’exemple de la chaîne française de distribution d’articles de sport Décathlon.
En 1986, un fournisseur de cycles refusait de livrer son dernier modèle à la firme. Décathlon a alors choisi de développer ses propres bicyclettes. Les équipes se sont mises à l’oeuvre. L’entreprise a créé un pôle de design. Elle a trouvé les sous-traitants et les bonnes filières logistiques. Résultat: « Tous les ingrédients du succès sont là: intégration maîtrisée de A à Z, une qualité supérieure à la moyenne du marché, des plus produits en pagaille,… Ce sera l’un des premiers moutain bike VTT du marché « . Cette histoire ce passe aussi dans une entreprise, un géant mondial, qui réussit à maintenir un esprit de créativitié et découte constant de sa clientèle (cf le musée des horreurs de produits défectueux rapportés). « Il règne un esprit start-up dont nous sommes très fiers », indique l’un de ses responsables marketing.

Alors, d’où pourraient venir les grandes percées technologiques innovantes dans l’avenir plus ou moins proche et difficile ?
Tim Draper s’attend, par ailleurs, à quelques révolution dans des domaines explorés depuis longtemps mais dont les avancées pourraient s’accélérer.
Selon l’investisseur, ces domaines sont les habitations passives, la chirurgie non invasive (endoscopique, notamment), l’éducation en ligne pour les masses, les automobiles électriques sans conducteur, l’informatique en réseau ( cloud computing, qui a aussi ses détracteurs comme le guide du mouvement du logiciel libre Richard Stallman) , les divertissements en trois dimensions, la prédiction des maladies génétiques, les repas frais stockables ou encore l’accès internet à très haut débit ( 100 mégabits/sec) à domicile (où les choses avancent à leur rythme, c’est à dire lentement, cf Orange en France).
(Photos Flickr Cepascal et Brajeshwar)
Le capital à risque connaît-il encore le risque (en temps de crise) ?
2 janvier 2009
Fin novembre, se tenait à Burlington, aux Etats-Unis, le sommet du capital-risque de la Nouvelle-Angleterre, intitulé fort opportunémant « Bridging the capital gap ». L’époque de récession et de crise financière a, sans surprise, déteint sur l’ambiance, résolument maussade. Confirmation: aux Etats-Unis, les société de capital à risque investissent encore… mais dans des dossiers sûrs, dont les modèles de revenus ont passé l’épreuve du feu. Et, si possible, active dans des segments de marché en croissance affirmée. A ce stade, la question se pose de savoir si les sociétés de capital-risque portent encore bien leur nom, tant la notion de risque semblent désormais gommée de leur vocabulaire quotidien.

« Sur sept investisseurs à risque participant à l’un des panels, toutes avaient procédé à des opérations dans les huit semaines écoulées, rapporte Don Dodge, un entrepreneur en série présent à l’événement. Ces opérations consistaient toutefois, pour l’essentiel, à l’apport d’argent frais dans des entreprises dans lesquelles ils avaient déjà investis. La plupart des investisseurs à risque se focalisent, ces derniers mois, sur la préservation de leurs actifs déjà en portefeuille. Ils s’assurent de garder suffisamment de liquidités pour pourvoir aux besoins en financement futurs dans les deux années à venir ».
Certes, Don dodge cite un de ces investisseurs à risque heureux de signaler que sept entreprises sur huit dans son portefeuille disposaient de suffisamment de réserves pour atteindre au moins le cap de 2010.
Les conditions se resserrent, néanmoins, indéniablement. Les fonds de capital-risque durcissent leurs conditions jusqu’à demander aux entrepreneurs et start-ups de jouer eux-mêmes au VC. Sherbrooke Capital, par exemple, mentionne Don Dodge, réclame aujourd’hui que les fondateurs investissent avec lui à hauteur de 10% du montant levé lors du premier tour de table. Ainsi, s’il faut lever 2 millions d’euros, les fondateurs sont appelés à amener 200.000 euros de leur poche, dont 15% déposé au moment de la signature. Si les objectifs du business plan sont rencontrés dans les trois ans, les fondateurs ne paient qu’une partie du solde. En cas de retard, ils paient le même prix que les autres financiers invités au capital.
Le risque se réduit, très partiellement pour les VC’s. Pour les fondateurs, cependant, la barrière à l’entrée s’élève substantiellement. « Au moins, il s’agit d’un incitant pour les entrepreneurs, qui peuvent enregistrer un gain rapide. Mais s’agit-il d’un incitant suffisant? Pour ma part, j’ai toujours de l’argent personnel investis très tôt dans mes entreprises… Ce dispositif est en tout cas très intéressant du point de vue de… l’investisseur », note, de son côté, Darren Herman, entrepreneur, expert en publicité, en médias et technologie.
Les mois à venir montreront s’il s’agit d’une nouvelle attitude durable dans le chefs de société de capital-risque. On d’un raidissement ponctuel, comme après une douche glacée…







