Extraits du rapport européen 2013 sur l’Open Innovation

23 mai 2013

Les 20 et 21 mai 2013 se tenait à Dublin, sous l’égide de la présidence irlandaise de l’Union européenne, la conférence Open Innovation 2.0 .

C’est l’occasion, pour la Commission européenne, de présenter l’édition 2013 de son rapport annuel sur l’innovation ouverte : Open innovation 2.0 Yearbook 2013

« Dans le contexte européen, le terme Open innovation est devenu synonyme d’un processus moderne, très dynamique et interactif, indique le document. Les états d’esprit linéaires et séquentiels changent progressivement vers une approche plus opportuniste, audacieuse et orientée vers l’action. Nous devons migrer du modèle du ‘plan parfait pour hier’ vers une culture qui encourage l’expérimentation et le prototypage dans des conditions de vie réelle. Cette nouvelle culture de l’innovation produit simultanément des changements technologiques et sociétaux« 

Parmi ces nouveaux concepts associés à l’Open innovation qui vont prendre une dimension croissante dans les années qui viennent, les différents auteurs du rapport citent la co-création, l’open data, l’entrepreneuriat, le crowdsourcing notamment…

Le rapport de la Commission européenne sur l’Open Innovation, fruit d’un travail collectif entre différents experts européen, peut parfois paraître un peu touffu. Il n’évite pas non plus certaines redondances.

Le document s’arrête néanmoins sur quelques phénomènes majeurs qui vont modifier durablement la manière par laquelle, demain, les entreprises innoveront.  Il souligne, en particulier, l‘impact du modèle des « smart cities », fondement du développement de nouveaux écosystèmes, ainsi que l’expansion du recours au crowdsourcing interne et externe dans les organisations.

Le recours grandissante au crowdsourcing

Le crowdsourcing, ou l’apport d’idées et de contributions innovantes de la part d’acteurs extérieurs à l’organisation indépendamment de leur profil de départ, se confirme comme une tendance phare du modèle moderne d’innovation ouverte, confirme le rapport.

InnovationEcosystem

« Le développement du crowdsourcing peut être mis en perspective avec le développement parallèle du cloud computing, explique-t-il. L’un comme l’autre découlent de la prise de conscience des organisations du fait qu’elles étaient incapables de s’adapter suffisamment vite aux changements technologiques ou autres en recourant à leurs seules ressources internes ».

Danone, Henkel et beaucoup d’autres entreprises ont testé et mis en place aujourd’hui des initiatives en matière de crowodsourcing.

Le crowdsourcing présente beaucoup d’avantages, comme une approche moins stéréotypée de l’innovation, par exemple.

Le crowdsourcing apporte aussi au marché une nouvelle forme de transparence, ceci, à travers un accès élargi à l’information et à la mise en place de plates-formes de dialogue avec les clients, les prospects, les employés, les partenaires ou le public au sens large.

Comme tout nouveau modèle, le crowdsourcing génère cependant aussi de nouveaux types de risques. Il convient d’apprendre à les gérer. Le document pointe ainsi quelques questions auxquelles il convient de fournir des réponses avant de mettre sur pied des plates-formes de crowdsourcing. Les voici :

  1. A quelle problématique précise souhaitez-vous trouver une réponse à travers le recours aux contributions externes ?
  2. De quel public attendez-vous un retour ?
  3. Qui sera propriétaire des innovations susceptibles de découler d’un processus de crowdsourcing ?
  4. Comment valorisez-vous les contributeurs ? Quel retour peuvent-ils personnellement espérer de leur participation ? Est-il suffisant s’assurer d’une implication réelle ou pour éviter une démobilisation rapide ?

Open Innovation et émergence des Smart Cities

Autre facette de l’Open innovation sur laquelle s’attarde longuement le rapport 2013 de la Commission européenne, le développement du concept de Smart City .

« Beaucoup de villes européennes développent aujourd’hui des stratégies pour se transformer en « smart city » ou « villes intelligentes« , souligne le document. Ces stratégies s’appuient sur l’évaluation des besoins supposés des cités du futur ainsi que sur une compréhension nouvelle de l’innovation, ancrée dans la logique d’écosystème, de chaînes d’innovation globales, de l’autonomie des citoyens capables de créer leur propre plan de développement urbain… »

« Ces nouvelles formes d’innovation se caractérisent en premier lieu par un niveau élevé d’implication des citoyens dans la co-création de services dans tous les domaines de l’économie et de la société à travers l’utilisation d’internet. Dans un second temps, par l’émergence de nouvelles formes de collaboration entre autorités locales, instituts de recherche, universités et entreprises… « 

Exemple de mise en place d’action liée à l’approche Smart City, le Simplicity Idea Market, mis en plance en 2011 par la ville de New York. L’objectif de l’initiative était de participer à la simplification du fonctionnement des services de la  mairie. Les 300.000 employés des quelque 70 agences de la ville ont été invités à proposer des idées d’amélioration. Chacun pouvait proposer des idées, les laisser commenter par des tiers. Un vote désignait les meilleures.

La ville de Barcelone, elle, développe son profil de smart city à travers une volonté de développer un environnement ouvert, basé sur des clusters, la mise à disposition libre de données publiques et l’activation de Living Labs.

« Le modèle standard de la ville intelligente est intimement liée à l’intégration de trois composants : ville, innovation et espace digital« , souligne encore le rapport

Selon les auteurs, le développement des écosystèmes urbains aura un impact certain sur l’ouverture des processus d’innovation des entreprises, fortement influencées quoi qu’elles en disent par leur environnement local.

StreetScooter : une voiture électrique développée en « crowdsourcing » à Aix la chapelle

20 janvier 2012

Il n’est pas nécessaire de courir en Californie pour admirer les nouveaux modèles révolutionnaires de micro-voitures électriques.

Certaines initiatives européennes valent le déplacement.

Le StreetScooter appartient à cette catégorie. Malgré son nom, il s’agit bien d’une voiture. D’origine allemande, elle est le fruit d’une collaboration, co-création, entre 50 entreprises différentes sur base d’un modèle qualifiable d’open source, chapeauté par l’Université de Aix la Chapelle.

Open innovation, co-création et crowdsourcing dans l’automobile

Le StreetScooter est un assemblage de modules développés par des équipes d’ingénieurs séparés et spécialisés dans un domaine.

Chaque désaccord entre certaines équipes est transféré et arbitré par un groupe de supervision ad hoc. 

Le prototype du StreetScooter fut mis au point en 12 mois à peine.

« Un constructeur traditionnel aurait put-être mis 12 ans , sur base des méthodes traditionnelles de développement », affirme Achim Kampker, directeur du consortium StreretScooter

Le groupe de courrier express DHL et la Poste allemande ont déjà passé commande du véhicule, qui devrait être officiellement commercialisé en 2013.
Pour d’aucuns, ce type d’initiative, de même que Local Motors, un projet comparable lancé aux Etats-Unis, préfigure l’arrivée de l’approche et de la mentalité du web development dans le monde de l’industrie physique.

Comment les PME peuvent tirer profit des « idea market places »

17 juin 2011

Dwayne Spradlin est le patron de InnoCentive, l’une des plus grandes places de marché aux idées (Idea market place) aujourd’hui actives sur internet.

Le principe d’une idea market place est simple:  un membre, en général une grande entreprise, expose sur le site web un problème qu’elle rencontre et pour lequel elle ne trouve pas de solution, malgré les efforts déployés par ses équipes internes en charge de l’innovation. Des innovateurs du monde entier peuvent proposer une solution. En échange de leur contribution, si celle-ci est sélectionnée, ils seront gratifié d’une prime, pouvant aller de 10.000 à 100.000 dollars, par exemple, selon la complexité du défi à relever.

Tous les domaines sont couverts, que ce soit la recherche d’un processus de synthèse pour une protéine, la nécessité de trouver un nouvel élément pour la conception d’un lentille de téléscope, etc.

Le taux de réussite tourne aux environ de 40%. Autrement dit, les solutions apportées s’avéreront répondre de façon optimale à la problématique dans quatre cas sur dix.

Les autres contributions, en revanche, n’amènent qu’une solution partielle, toujours bonne à prendre, néanmoins.

Open innovation : de nouveaux clients et partenaires pour le PME

Les Idea Markets illustrent, encore une fois, l’ouverture des processus d’innovation des grandes entreprises aux acteurs de petite taille. C’est ce que souligne Dwayne Spradlin dans un entretien avec le site internet Open Forum.

Les porteurs de solutions sont soit des innovateurs individuels (chercheurs, ingénieurs ou même Monsieur Toutlemonde). Mais ce sont aussi, souvent, des PME, des TPE voire des startups.

Certaines PME se sont ainsi transformées en fournisseurs de solutions technologiques intégrées dans les produits de grandes marques, qui leur permet de générer d’importants revenus de royalties, à l’instar de Olay, une crème cosmétique développée par Procter & Gamble (P&G) en partenariat avec une petite PME française.

Il est d’ailleurs possible aujourd’hui, pour n’importe quelle entreprise, de soumettre ses idées via le site web de P&G.

Cela dit, le chemin inverse est possible également. Des PME en manque de ressources propres pour persévérer dans certaines directions peuvent faire appel à la communauté des innovateurs au sens large et ainsi utiliser leur contribution comme bras de levier pour améliorer rapidement leurs produits et services.

Les PME et TPE peuvent elles-mêmes recourir à ou créer leur propre « idea market place »

Le patron d’InnoCentive narre ainsi l’exemple d’une PME basée aux Etats-Unis :

« Precyse Technologies est spécialisée dans les technologies RFID (système d’identification radio). A l’instar de nombreuses entreprises de pointe, Precyse était à la recherche d’un moyen d’améliorer la durée de vie de ses batteries sur ses produits sans fil. Ils ont expliqué le « défi » sur un Idea Market. Pas loin de 500 contributeurs ont répondu à l’appel. Ils provenaient de 64 pays différents, afin de résoudre la question. Au total, après 90 jours, Precyse avait reçu 33 propositions utiles. L’une des idées suggérait de récupérer une partie de l’énergie diffusée dans les ondes radios afin de limiter l’utilisation de la batterie. Cette solution fut retenue. Son auteur a été rémunéré ».

En procédant seule, la PME aurait mis beaucoup plus de temps et n’aurait sans doute pas imaginé une option au originale qu’efficace…

Cela dite, selon Dwayne Spradlin, l’approche ouverte n’est pas limitée qu’aux PME positionnées sur des métiers à haute valeur technologique. L’innovation ouverte est d’abord un état d’esprit et une culture.

« Un restaurant, un commerce de nettoyage à sec peuvent aussi, à leur niveau, adopter ce même type d’approche. Si vous êtes un restaurant, posez une question précise via un carton sur la table, par exemple, ou dans le menu, directement sur la vitrine ou via votre site web… Vous pourrez impliquer vos clients. Vous apprendrez sans doute beaucoup de chose de leurs réponses, et vous améliorez en même temps votre image »

Rien n’empêche donc de créer son propre « idea market place »…


Toyota commercialise ses technologies dans de nouveaux secteurs grâce au crowdsourcing

12 avril 2011

Qu’ont en commun un système de ventilation pour une tente installée dans le désert et un logiciel de simulation des chocs entre des joueurs dans le cadre d’un match de football américain ?

Les deux technologies sont des dérivés d’applications développées par le groupe japonais Toyota.

Ces deux applications, a priori très étrangères au secteur de l’automobile, ont été inspirées par des internautes. Ces derniers ont été invités à suggérer leurs idées sur un espace de crowdsourcing baptisé Ideas for Good.

Se réinventer grâce au grand public..

Qui sait, Toyota ne sera peut-être pas éternellement un constructeur de voiture…

Ce n’est pas pour demain. Mais autant s’y préparer…

Quoi qu’il en soit, dans l’immédiat, le groupe nippon s’ouvre à l‘exploration de nouveaux univers différents de ceux de l’automobile pour valoriser les technologies déjà en magasin  (comme la récupération d’énergie, les interfaces de commande, les systèmes de modélisation, etc.). Toyota mène par ailleurs ces explorations avec des partenaires différents de ses partenaires classiques dans le domaine de la R&D.

« Pendant des années, nous avons innover en partenariats avec des universités ou des hôpitaux, explique un spot vidéo de Toyota. Aujourd’hui, nous partageons nos technologies avec vous. Nous avons besoin de vos idées. »

Chacun peut envoyer ses idées via le portail mis en ligne à cet effet. Différentes catégories sont proposées.

En ce qui concerne Ideas for good, un jury professionnel est chargé de sélectionner les meilleures idées. Les autres participants peuvent également donner leur avis. Les auteurs des projets les plus originaux pourront, s’ils le veulent, rejoindre une équipe de spécialistes pour développer leur idée avec eux. En prime, ils peuvent également espérer recevoir un véhicule neuf.

http://youtu.be/fSOLSWtXBDA

L’open innovation poussée dans de nouveaux retranchements

Toyota n’est bien sûr pas le premier à puiser dans les idées de la masse pour créer de produits plus originaux et/ou innovations.

PepsiCo, Danone ou Starbucks ont également emprunté la voie du crowdsourcing dans des sphères limitées (Danette ou Défi Fruix, par exemple, pour Danone) ou stratégiques de leurs activités d’innovation (C’est le cas de MyStartbucksIdea).

La tendance vers des modèles d’innovation toujours plus ouverts (open innovation) se renforce donc (voir graphe EG ci-dessous).

Ce qui ne gâche rien, le crowdsourcing est aussi considéré par un nombre croissant de marques comme un instrument de marketing et d’implication des clients très intéressant. De quoi accentuer encore le recours à ce dernier dans les mois à venir…

http://www.youtube.com/watch?v=D9ipXtEa_TY&feature=player_embedded

 

Les cinq degrés de l’open innovation

27 février 2011

On le sait : les modèles d’innovation d’hier, concentrés sur le seul département de recherche (R&D) des entreprises, ne parviennent plus à relever les défis posés par les besoins modernes. Tout devient plus complexe. Tout devient plus rapide.

Dans le secteur du médicament, les investissements en recherche ont décuplé au cours des cinquante dernières années. Pourtant, le nombre de nouvelles molécules approuvées chaque année par les autorités est inférieur à ce qu’il était voici un demi siècle…

En Europe, la commissaire européenne en charge de la recherche, Maire Geoghegan-Quinn, évoque une situation d’urgence. La productivité des investissements en innovation des entreprises et des Etats membres de l’Union européenne reculent chaque année.

Innovez avec les autres !

L’un des nouveaux modèles aujourd’hui prônés pour sortir du cul de sac actuel est celui de l’ « Open Innovation« .

L’idée de l’innovation ouverte est simple : n’innovez plus seuls !

En soit, le principe n’est pas neuf.

Les sociétés scientifiques du 18ème siècles déjà, par exemple, avaient pour but le partage des connaissances et l’échange des découvertes entre les membres de la communautés des Sciences.

Les boîtes à idées, autre forme de pré-innovation ouverte, avaient fait leur apparition dès le début du 20ème siècle. A l’instar des concours d’innovation. En 1927, Charles Lindbergh inaugura ainsi la première traversée aérienne sans escale de l’océan Atlantique motivé par la récompense offerte par un homme d’affaires américain à quiconque réussirait l’exploit.

Diversité, créativité, rapidité… : l’avenir par l’open Innovation

Mais près d’un siècle plus tard, le modèle de l’innovation ouverte s’impose progressivement, poussé par différents moteurs :

  • Les cycles d’innovation se raccourcissent et requièrent des échanges plus rapides, réactifs et spontanés.
  • L’émergence des nouvelles plates-formes en ligne, ainsi que la popularisation croissante des réseaux sociaux sur internet, ouvre un champ de possibilités immense aux principes d’open innovation.
  • Plus la diversité des participants est grande, plus les chances de générer des solutions créatives sont élevées. L’innovation ouverte offre un air extérieur frais aux environnements d’innovation confinés et clos.

De grandes variations existent, toutefois, encore quant au degré d’ouverture de ces processus d’innovation.

Les différents degrés de l’open innovation

1. Les PREMIERES ouvertures en matière d’innovation collaborative concernent les laboratoires de recherche.

Voici trente ans, les universités ont commencé à partager leurs résultats de recherche avec les entreprises. Des clusters et des pôles de compétitivité ont vu le jour, notamment dans les pays européens. Ces derniers ont structuré ces échanges scientifiques dans des cadres de collaborations formels élargis.

Cette dimension de l’open innovation reste toutefois, le plus souvent, limitée à l’innovation de type technologique et à la R&D.


2.  Le DEUXIEME stade de l’innovation ouverte implique l’ensemble des membres de l’organisation, au-delà des seuls départements R&D. Peu importe la discipline ou l’unité opérationnelle dans lesquelles ils sont occupés.

Les professionnels du marketing, des ressources humaines, de l’informatique, et autres, tous sont invités à participer à l’échange et à explorer de nouveaux champs inconnus.

L’innovation n’est plus réservée aux blouses blanches (voir la présentation d’Angela Koch, ci-contre).

L’évolution des business models, des schémas d’organisation, des approches en matière de communication, etc. tiennent une place aussi importante dans l’ensemble des processus d’innovation.

 

3. Le TROISIEME degré de l’open innovation ouvre la démarche de création et de développements aux clients.

Le temps de réaction par rapport aux signaux du marché se raccourcit. Dans ce contexte, les aptitudes d’écoute et de réaction aux signaux du marché deviennent déterminantes.

L’entreprise devra parfois être prête à impliquer ses clients dans certains de ses choix stratégiques, de façon transparente.

Plusieurs supports permettent cette connexion avec les besoins des acheteurs. Le relais et le traitement systématisé des informations remontant des vendeurs et du réseau de distribution en sont un. Internet, et plus spécifiquement les réseaux sociaux, en sont un autre. L’impact de ces plates-formes en ligne est grandissant.

 

4. La QUATRIEME degré de l’innovation ouverte, quant à lui, envisage de puiser dans la fertilité créative des communautés extérieures.

« L’association des spécialistes de la biochimie du cortex », les « collectionneurs de timbre d’Auvergne », les « fans de Leonard Cohen »,… Nous sommes entourés de millions de communautés. Chacune à son identité, sa taille et ses dynamiques propre.

Jadis, les communautés se fédéraient grâce à réunions, des structures juridiques, des médias communs. Désormais, les communautés interagissent, grandissent et naissent également sur internet.

Innover au sein des communautés peut prendre plusieurs formes.

Les clusters et les pôles de compétitivité, déjà cités, sont des communautés à part entière, structurelles. Pour l’heure, ces derniers sont toutefois surtout liés à des territoires ou à des secteurs définis. Aujourd’hui, les modèles communautaires d’innovation peuvent toutefois aller bien au-delà de collaborations initiées sur la base d’un lien géographique, institutionnel et/ou disciplinaires.

Les communautés d’innovation peuvent également se former sur une base ponctuelle.

Les « Idea markets« , par exemple, sont des espaces innovants d’échange qui reposent sur l’appel à des idées neuves en vue de résoudre un problème défini. Les concours d’idées appartiennent également à cette catégorie.

Toutefois, l’innovation peut aussi surgir des discussions entre individus, au sein des communauté, sans agenda prédéterminé. Sur les réseaux sociaux virtuels, par exemple, des groupes de discussion professionnels échangent sur des sujets parfois très pointus.  Elles peuvent amener de nouvelles collaborations, qui pourront déboucher, le cas échéant, sur de nouveaux services ou produits innovants.

 

5. Le CINQUIEME degré de l’open innovation est celui qui voit l’entreprise recourir aux idées et aux inputs de l’ensemble de la population.

Pas de pré-sélection, professionnels comme amateurs. Chacun se voit offrir la capacité de participer au processus d’innovation.

Plusieurs voies existent. Le crowdsourcing, littéralement l’appel à la foule, est aujourd’hui, sans doute, le concept le plus connu en ce qui concerne cette forme élargie d’innovation ouverte.

Le modèle peut aller plus loin encore. On parlera alors d’entreprises distribuées, d’équipes qui se forment et se déforment en fonction des opportunités, des rencontres, des affinités et des projets.

L’innovation ouverte bascule alors dans l’ « Open Enterprise », l’entreprise globale ouverte.

Pensez écosystème, plus produit

En résumé, la notion d’open innovation peut recouvrir plusieurs seuils d’intensité.

Ces derniers reposent sur le degré d’ouverture qu’une entreprise est prête à accepter dans le cadre de ses activités, dans le respects des contraintes qui sont les siennes en matières légales, commerciales, stratégiques et opérationnelles.

Plus généralement, l’open innovation envisage l’innovation non plus comme une démarche démarrant de la volonté de développer un produit prédéfini mais comme une approche visant à créer de la valeur à partir d’un ou plusieurs écosystèmes existants ou à contruire.

Plus de collaboration, d’ouverture, de partage de données, un contexte approprié… = plus d’innovation

8 février 2011

« En 2008, la FDA (l’agence fédérale américaine du médicament) n’a approuvé que 21 nouvelles molécules. Nous ne faisons pas mieux qu’il y a un demi-siècle… »

Les Etats-Unis, comme l’Europe ou le Japon, font aujourd’hui face à un grave problème d’inefficacité des processus d’innovation.

Si les investissements en R&D ne cessent de croître, les « délivrables », eux, ne suivent pas au même rythme. Et dans l’Union européenne, les performances sont encore moins bonne qu’ailleurs, révèle une récente étude de référence.

Le développement de nouvelles approches plus créatives et/ou efficace en matière d’innovation devient donc un enjeu d’avenir quel que soit le continent sous revue.

Mais comment faire ?

Mise en situation d’urgence dans le cadre d’une simulation

Aux Etats-Unis, la Myelien Repair Foundation a mis sur pied une expérience originale pour explorer de nouveaux modes de stimulation des processus classique d’innovation et lutter contre le problème d’inefficience dans le domaine médical.

La fondation a lancé un jeu d’anticipation, ouvert à tous.

Organisé au mois d’octobre 2010 et intitulé Breaktroughs for Cures, le jeu était basé sur la simulation une situation d’urgence collective, lors desquelles toutes les bonnes idées pour accélérer le processus d’innovation serait bienvenues.

Le scénario plaçait les participants en 2020. D’après le script, une grave maladie menacera alors un tiers de la population américaine.

« Le temps presse. Il n’y a que quelques mois pour développer un remède », déclare solennellement, le futur président des Etats-Unis dans une allocation télévisée fictive.

Selon le contexte du jeu, compte tenu de l’urgence, il faut contourner l’inertie du processus actuel d’innovation dans le secteur pharmaceutique. L’urgence incite dès lors à la créativité et à une sortir des modèles traditionnels pour atteindre l’objectif le plus vite possible : distribuer le médicament efficace en quelques mois à plus de 100 millions de personnes.

Des modèles évidents quand on sait regarder le système du dehors…

Quelque 400 participants (médecins, étudiants, patients…) ont soumis un total de 3.000 idées, via une plate-forme de crowdsourcing.

« En général, la population n’a aucune idée de la façon dont les processus de recherche se déroulent dans le monde médical, ni de pourquoi ils ne délivrent pas les traitements efficaces dont le public a besoin, explique l’un des initateurs de l’expérience au magazine FastCompany. L’un des intérêts de l’expérience était de montrer les limites du modèle classique. Elle visait aussi à démontrer que le fait de s’ouvrir à des idées de bon sens venant de l’extérieur pouvait améliorer la situation… »

L’une des raisons de la lenteur des processus de développement de médicament est liée au longues étapes de tests cliniques, ont appris les participants. Il faut des établissements ad hoc et des patients prêts à participer aux essais. Cette organisation, les phases de sélection et de recrutement sont très lourdes à gérer, d’autant que la densité de population ne permet pas toujours de travailler sur de grandes masses de population.

« Pourquoi, dans ces conditions, ne pas organiser un système de laboratoires mobiles pour les tests cliniques, associé à un système de consultation sur Skype des données recueillies automatiquement auprès des patients par des capteurs et du télé-monitoring ? », on proposé des participants.

Une telle proposition rompt avec le système très sophistiqué qui fonctionne aujourd’hui entre firmes pharmaceutiques et hôpitaux, lequel guide le développement de l’innovation pharmaceutique aujourd’hui. Mais ce qui peut paraître inconcevable ou iconoclaste pour un expert du sérail, paraît couler de source pour un individu extérieur doté d’une intelligence normale qui se contente de regarder les choses de façon détachée et rationnelle.

Plus de collaboration, d’ouverture, de partage de données… = plus d’innovation

Selon le rapport final publié au terme de l’expérience Breaktroughs for Cures, les problèmes principaux du système actuel d’innovation identifiés par les participants sont principalement dus au manque d’échange, d’ouverture, de confiance et de collaboration entre les parties prenantes du monde de l’industrie ou de la recherche.

Pour améliorer l’efficacité du modèle actuel il faut donc, suggèrent-ils, plus de transparence, de lieux d’échange et de collaboration…

Voici quelques pistes de solution envoyées sur la plate-forme :

  • la mise en place de « cartes de connaissance » ouverte
  • la mise sur pied d’incentives pour encourager les organismes à partager leurs données
  • la création de structures sans but lucratif qui seraient propriétaires de quelque brevets clés dont elles pourraient autoriser l’utilisation à des tiers dans le cadre du développement de remèdes universels ou stratégiques
  • créer des réseaux sociaux en ligne, transdisciplinaires
  • Encourager la transparence sur les recherches non-abouties et dédramatiser les échecs
  • etc.

Créer des espaces de contexte plus informel

Amusant, les participants au Breaktroughs for Cures ont également mentionné la nécessité de créer des espaces d’échange plus informels, physiques et virtuels, pour faciliter encore les échanges ainsi que le croisement des expériences diverses.

« Beaucoup de participants ont suggéré d’offrir aux chercheurs et innovateurs des opportunités de sortir de leur isolement en expérimentant des environnements plus conviviaux et moins formels, écrit la Fondation dans son rapport final. Ces environnements peuvent être des jeux de simulation ou un espace physique conçu pour encourager les échanges entre chercheurs/innovateurs issues de disciplines différentes ».

Le jeu et les espaces communs peuvent faciliter les interactions et le brainstorming dans des cadres moins oppressants, moins formel et donc plus ouvert.

Tout ceci rappelle un autre concept qui se développe aujourd’hui à grande vitesse : le coworking (dont nous avons déjà parlé sur Entreprise Globale).

Quoi qu’il en soit : ouverture, échange, innovation, collaboration, contexte (comme celui d’un jeu ou d’un espace de coworking)… Il semble que ces ingrédients tiendront une place élevée dans le cuisine des innovateurs de demain, qu’ils soient actifs dans le monde médical ou ailleurs…

Innovation, marketing… : l’essor des plates-formes de crowdsourcing

18 janvier 2011

En décembre 2010, a vu le jour à San Francisco Festo Engineering Network,  une plate-forme d’échange destinée aux professionnels de l’énergie photovoltaïque mondiale.

Les experts de cette industrie peuvent se retrouver sur cet espace virtuel pour relayer des articles, partager des études diverses, innover ensemble, entreprendre de nouveaux projets, ou faire appel aux idées de la communauté, etc.

Festo Engineering Network constitue l’une des dernières initiatives internationales de crowdsourcing qui soit apparue ces dernières années. 

But : donner aux industries l’opportunité d’utiliser le potentiel de la masse pour enrichir son processus d’innovation.

Les entreprises expérimentent de plus en plus ce approche ouverte.

Le crowdsourcing devient ainsi  l’une des formes ultimes d’innovation ouverte (open innovation).

Une multiplication de plates-formes de crowdsourcing d’innovation depuis 2000

Les premières plates-formes de crowdsourcing destinées à doper la dynamique d’innovation sont apparues au début des années 2000, déjà.

Innocentive, mise sur pied par le groupe pharmaceutique Eli Lilly, fût l’une des premières.

Depuis, de multiples autres ont éclos : NineSigma, Innoget  ou encore YourEncore, par exemple

Si certaines initiatives, comme le Français CrowdSpirit, semblent avoir disparu, la popularité des plates-formes de crowdsourcing ne se dément pas à ce stade.

Le mode de fonctionnement peut varier, selon les cas. En général, cependant, chaque plate-forme affiche un « challenge » à relever.

Dans la R&D, les thématiques peuvent forcément être très pointues et s’adresser à des profils scientifiques très spécialisés. La firme espère qu’une personne dans la communauté scientifique, quelque part dans le monde, sera d’accord de proposer une solution pour elle, en échange d’une généreuse prime.

« We’re looking for devices and methods that help the symptoms of skin conditions, but that are NOT absorbed into the skin or ingested by the consumer », propose, par exemple, une entreprise biotech américaine spécialisée en dermatologie, sur le site Innoget.

Le crowdsourcing bon également pour l’image de l’entreprise

Quoi qu’il en soit, l’expérience du crowdsourcing plaît tellement à certaines marques qu’elles étendent à présent leur recours au crowdsourcing, au delà de leurs activités R&D.

Le constructeur automobile Toyota vient ainsi de nouer un partenariat avec Innocentive dans le cadre d’une campagne d’image intitulée « Idea for good« . Le but: encourager les clients à suggérer sur le site internet de Toyota des idées d’innovation « qui permettront de rendre le monde meilleur » (sic).

Le crowdsourcing devient également, de la sorte, un véritable instrument d’implication et de marketing.

Une liste de plates-formes de crowsourcing

Jan Spruijt, un spécialiste néerlandais de l’open innovation,  a réalisé une liste de plates-formes de crowdsourcing aujourd’hui opérationnelles. Il les a classéess sur la base de leurs objectifs respectifs : recherche et développement (R&D), marketing, design, co-création avec les clients, etc.

Voici, ci-dessous, reproduite une partie de cette liste :

Crowdsourcing en R&D :

  • Innocentive – solutions open innovation
  • TekScout – solutions R&D crowdsourcées
  • IdeaConnection – place de marché pour les idées
  • Yet2.com – place de marché en matière de droits de propriété intellectuelle
  • PRESANS (beta) – présentation de problèmes à la communauté pour tenter de le résoudre
  • Hypios – résolution de problèmes en ligne
  • Innoget – intermédiaire de recherche
  • One Billion Minds – challenge d’innovatin
  • NineSigma – résolution de problème ans des domaines high tech

Marketing, Design, Création…

  • NewsFutures – Intelligence collective
  • Ushahidi – Crowdsourcing over de crisis
  • Kaggle – Data-verzameling en voorspellen

Services d’innovation ouverte

Initiatives de crowdsourcing lancées par des entreprises

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