Les PME restent, de loin, les plus conservatrices vis à vis du modèle de l’entreprise 2.0

4 juillet 2012

« Les grandes entreprises sont les plus lourdes à changer que les petites et moyennes entreprises, toujours réactives et agiles »

Cette perception est communément admise. 

La réalité est toutefois moins figée, semble-t-il. En tout cas en ce qui concerne la décentralisation des circuits d’information et l’autonomie laissée (un peu) aux groupes de salariés.

La récente enquête consacrée à l’Entreprise 2.0 en France par l’Institut de l’Entreprise 2.0 de la Grenoble School of Management montre en effet que les grandes entreprises tendent à se convertir plus rapidement que les PME aux nouveaux outils de communication digitale, au sein de l’organisation.

En dépit de leur bureaucratie généralement écrasante, les grandes entreprises apparaissent moins rétives à l’adoption d’approches plus ouvertes en matière d’innovation. De même, étonnement, l’aménagement physique de leurs bureaux reflèterait en moyenne aujourd’hui moins la structuration hiérarchique  que ce que laissent entrevoir les PME.

Les PME de 50 à 249 personnes les plus conservatrices…

Seules les très petites entreprises, selon le rapport, affichent une ouverture comparable voire nettement supérieure aux organisations de grande envergure vis à vis du modèle de l’entreprise 2.0 (circuits d’information décentralisés, autonomie des équipes, chaîne de commandement souple, flexibilité, etc.).

Selon l’enquête, si 29% des TPE françaises utilisent les outils et disent s’inscrire quasi sans réserve dans un esprit 2.0, à peine 10% des PME de 50 à 249 employés se reconnaissent dans ce cas de figure. Et même moins de 8% des entreprises dont l’effectif se situe entre 250 et 10.000 salariés.

Pire, près de 60% des PME de 50 à 249 salariés se tiennent à distance des principes de l’entreprise 2.0.

Moins d’un tiers des multinationales de plus de 10.000 salariés sont dans ce cas…. 

Les approches 2.0 gagnent du terrain partout

Quoi qu’il en soit, si les rythmes d’adoption ne sont pas similaires dans les PME, les startups ou les grandes entreprises, le modèle de l’entreprise 2.0 grignote du terrain dans toutes les formes d’organisation.

Ainsi, 90% des entreprises sondées indiquent quand même qu’elles entendent lancer, à terme, un projet de type 2.0 (implémentation d’outils sociaux en ligne tel un réseau social d’entreprise ou des fichiers collaboratifs, une communication externe interactive, etc.).

Mieux, environ deux tiers des organisations autorisent déjà, désormais, à leurs salariés, l’accès aux réseaux sociaux externes (Facebook, LinkedIn, Twitter, etc.)

Approfondir et amplifier les usages

Ces usages peuvent être considérés comme les prémisses de la transformations des dynamiques internes de l’entreprise vers un schéma plus décentralisé, collaboratif et agile.

Il reste cependant du chemin à parcourir, constate l’étude.

« Le concept du 2.0 est encore mal connu par les entreprises, observe-t-elle. Les entreprises ont des difficultés à savoir si leur(s) projet(s) relève(nt) du 2.0″.

D’après le rapport, les objectifs des démarches 2.0 aujourd’hui en entreprise concernent essentiellement des besoins internes (moyens d’améliorer la communication et l’échange d’informations entre les différents départements de l’entreprise, entre les collaborateurs, ….

Si le e-Learning se répand de plus en plus dans les organisations, ces dernières ignorent encore complètement les promesses du social learning.

Quant à la veille concurrentielle dans une logique de réseau, cela semble Terra Incognita dans une immense majorité d’entreprises. En particulier les PME…

L’imprimante 3D annonce l’arrivée de l’industrie sans usine

12 mai 2011

Les constructeurs aéronautiques n’auront-ils bientôt plus besoin d’usines pour produire les composants de leurs avions ?

On n’y est pas encore, mais EADS (Airbus) et General Electric (GE) testent déjà, aujourd’hui, le recours à des « imprimantes 3D » pour fabriquer à distance des pièces très sensibles. 

Le laboratoire EADS de Fulton, au Royaume-Uni, a pu ainsi produire des pièces de métal en utilisant un système utilisant des lasers pour chauffer un matériau à base de poudre métallique pour lui donner la forme indiquée.

GE, de son côté, envisage de faire produire à l’aide d’ « imprimante 3D » certains composants de ses moteurs d’avion, comme des pâles de turbine, pour les utiliser d’abord dans le cadre de simulations. Le conglomérat industriel américain examine, par ailleurs, l’opportunité d’étendre cet usage dans ses autres domaines d’activité comme les appareils médicaux.

Précision, légèreté et coût de l’ « imprimante 3D »

Les imprimantes 3D ont plusieurs avantages.

Le premier est sans doute celui de la réduction des coûts et du poids des objets produits.

Contrairement aux techniques traditionnelles de fabrication de pièces via usinage (on sculpte les pièces avant de les assembler), l’imprimant 3D peut produire celle-ci directement par moulage et, surtout, la reproduire. Les pièces sont littéralement parfaites, identiques, sans défaut. D’où, des économies de matière, puisqu’il n’y a pas de déchets, et de poids (il n’y a pas de surplus).

Autre avantage, bien sûr : l’ubiquité. Les coordonnées sont transmises par voie digitale. Une même pièce peut être fabriquée instantanément à l’autre bout du monde.

Le programme FabLab (mené par le centre Bits and Atoms, du MIT) a permis, par exemple, la production de prototype à distance, dans des implantations au Ghana ou en Inde.

Mass-customization : l’usine à domicile

La perspective de dématérialiser la production d’objet n’appartient déjà plus tellement à la science fiction. Certains opérateurs chanceux l’utiliseraient déjà depuis plusieurs années.

Mais à l’ère du time to market et des coûts élevés de l’énergie, les opérateurs observent attentivement l’évolution de la technologie en matière de printer 3D.

En 2010, le groupe d’expédition DHL, sentant sans doute le vent se lever à long terme, a organisé en son sein un atelier à cette thématique.

Dans l’avenir, grâce à la production 3D, la mass-customisation apportera la possibilité aux consommateurs d’accéder à un produit à la fois industrialisé, et donc moins coûteux, et personnalisé. Les matériaux utilisés par les « imprimantes 3D » deviennent de plus en plus nombreux : métal, plastique, bois, résine,… Même le prix des équipements baisse. Certaines imprimantes 3D s’achètent aujourd’hui à partir de 10.000 $. Pas encore de quoi la garder dans son salon. Mais l’appareil (de base) est d’ores et déjà accessible pour des entreprises ou des groupements d’acheteurs.

D’autres services, par ailleurs, comme Shapeways, aux Etats-Unis, permettent déjà de produire un objet en téléchargeant les données techniques via un site internet. A l’instar d’un service de développement de photos en ligne…

L’industrie sans usine, l’usine digitale, l’entreprise totalement décentralisée…

On pouvait déjà outsourcer les services et tâches non directement stratégiques de l’entreprise. L’open innovation permet de décentraliser les efforts en matière de R&D et d’innovation en s’insérant dans des réseaux.

Avec le 3D printing, la distribution de l’entreprise franchira une étape supplémentaire.

« Le temps nécessaire entre le design d’un produit et sa livraison directe auprès de l’acheteur va encore s’effondrer », prédit Will Sillar, un consultant britannique, dans le billet suivant.

Pourquoi les économies d’échelle compteront moins, demain, que la capacité à naviguer dans les réseaux virtuels

27 décembre 2010

Au 20ème siècle, le succès économique est souvent né de la capacité qu’ont montré les entreprises à développer des économies d’échelle.

Pour gagner en efficacité, les industries ont augmenté leur taille, par rachat ou croissance interne. Pour continuer à piloter ces navires de plus en plus gros, le management s’est professionnalisé, avec une attention soutenue sur la mise en place de processus très contrôlés, des règles formelles ainsi qu’une culture du savoir.

En 2011, une grande partie de notre bien être économique et des emplois créés en Europe ou aux Etats-Unis dépendent encore de ce savoir-faire en matière d’organisation.

La maîtrise des processus demeure l’un des différenciateurs majeurs en termes de création de valeur dans le monde de l’entreprise. Même aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir les produits les plus inventifs. Il convient aussi de les produire et de les distribuer de façon efficace pour gagner sur le terrain économique.

Le meilleur produit ne suffit pas pour être le plus rentable…

Prenons l’exemple de BMW. Quelle marque automobile est-elle plus admirée dans le monde ?

Pourtant, malgré la popularité planétaire de ses modèles, le constructeur bavarois enregistre des marges bénéficiaires significativement inférieures à celles de ses deux grands concurrents Mercedes Benz et Audi.

A la différence de BMW, groupe indépendant, Mercedes et Audi profitent de l’effet de taille lié à leur appartenance à un conglomérat industriel plus vaste.

Audi réduit ses coûts grâce aux synergies réalisées au sein du groupe Volkswagen, tandis que le puissance d’achat de Daimler benz (aussi actifs dans la production de camions et l’aéronatique) permet également, entre autres choses, de réduire le prix des composants.

Dans ce cas, les économies d’échelle font la différence.

Reste que la recherche de la taille maximale se paie en général par un autre prix : rigidité des structures internes, communication interne limitée voire défaillante, opacité, jeux politiques, manque d’innovation et de soutien à la motivation des travailleurs.

Ces maux brident souvent le potentiel de réaction et d’innovation des grandes entreprises, un handicap qui peut se payer cher à l’heure où l’imprévisibilité devient la règle…

A l’aube de cette nouvelle décennie, le Graal serait de créer des entreprises aussi innovantes et agiles que des startups, tout en préservant l’avantage économique lié à la taille.

Danser au son de l’entreprise 2.0 sans sacrifier ses marges ?

Gageure ? Certes. Mais des pistes apparaissent.

L’entreprise 2.0 apparaît comme l’un des modèles d’entreprise d’avenir, qui permettrait de transformer les éléphants dodus en danseuses étoiles.

Comment éviter, cela dit, que la décentralisation, liée au modèle 2.0, n’entraîne une diminution substantielle des économies d’échelle et, dès lors, de la marge bénéficiaire des grandes entreprises ?

Dans cet excellent billet, Marc Buyens, consultant chez Xpragma, pensent que la question de ne doit plus être posée en ces termes… :

« Nous assisterons de toute façon, dans les années qui viennent, a l’érosion rapide de l’avantage procuré par les économies d’échelles au sein d’une même entreprise, affirme Marc Buyens. Demain, les économies d’échelles se feront par le biais du Net, du cloud, via des plates-formes spécialisées. Cela ne se produira par du jour au lendemain. Mais nous allons dans cette direction. »

Les entreprises se focaliseront davantage sur leur coeur d’activité. En même temps, elles seront au centre de réseaux beaucoup plus étendus.

« La pression concurrentielle amènera ces entreprises à chercher [sur la Toile] de nouveaux interlocuteurs et partenaires. Ils deviendront des nomades dans leurs écosystèmes économiques. Ils adapteront en permanence leur trajectoire au destinations nouvelles qui s’imposent [...] Les entreprises devront développer des compétences identiques pour trouver au dehors, sur le cloud, les profils et les opportunités de demain »

La capacité de naviguer sur les réseaux virtuels procurera l’avantage compétitif de demain

La capacité de se transformer en entreprise nomade numérique induit, cependant, pour les employés de pouvoir maîtriser totalement la navigation sur les réseaux virtuels.

Ainsi, les réseaux sociaux deviennent déjà des ressources économiques majeures.

Kripashankar Rajappa, vice-président de CapGemini Financial Services au niveau mondial, va jusqu’à dire qu’une partie de l’activité économiques va se transférer sur les réseaux sociaux. L’innovation, la gestion de clientèle ou les opérations se passeront, pour une part, sur ces plates-formes sociales…

« Twitter, Facebook ou LinkedIn joueront un rôle croissant, par exemple, dans l’analyse des profils de clients, prédit Rajappa, dans les colonnes du Times of India. L’activité sur ces derniers ne se limitera plus, demain, à de simples fonctions de clavardage (chat) ou à d’échange avec des amis. Pas plus qu’ils ne seront uniquement le terrain de récréation des recruteurs. Chaque industrie, chaque entreprise commencera sans doute, prochainement, à utiliser les réseaux sociaux pour amélioration l’efficacité de leur communication, accroître leur productivité, engager ou définir le profil de leurs futurs clients« 

Pour Rajappa, les banques et les institutions financières, par exemple, adapteront leurs modèles classiques d’évaluation de la solvabilité et du crédit de leurs clients pour tenir compte de cette évolution.

La qualité du réseau et le niveau d’implication dans les « hubs » virtuels entreront de plus en plus en ligne de compte pour estimer la qualité de ceux-ci.

On peut penser que la démarche s’appliquera autant pour les individus que pour les entreprises.

Une nouvelle économie prend forme…

NB : Pour améliorer votre capacité à naviguer sur les réseaux sociaux et le web en 2010 sur le plan international, vous pouvez vous procurer le livre ‘Utiliser internet pour vendre à l’étranger » http://www.amazon.fr/Utiliser-internet-vendre-l%C3%A9tranger-Jean-Yves/dp/2805200888/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1293461623&sr=8-1

Comment une PME de 17 personnes a développé sa propre tablette tactile en quatre mois

28 octobre 2010

LePointNet, une entreprise de 17 personnes basée à Genval, installe et équipe des parcs d’ordinateurs dans d’autres entreprises. La PME, qui réalisera en 2010 un chiffre d’affaires proche du million d’euros, affichait jusqu’ici un profil plutôt local….

Jusqu’ici car LePointNet se retrouve propulsé aujourd’hui sur le terrain de jeu mondial des géants de l’informatique tels qu’Apple, Lenovo, HP, RIM ou Samsung…

Une tablette tactile indépendante, maintenant soutenue par Microsoft

La jeune entreprise brabaçonne s’est lancée dans un étonnant défi: celui de développer sa propre tablette ordinateur tactile. Elle existe.

La Dune est une tablette ordinateur totalement opérationnelle. Mieux, la tablette wallonne bénéficie désormais du soutien promotionnel d’un parrain de choix : Microsoft, le premier éditeur de logiciels au monde.

Microsoft va nous aider à promouvoir la Dune en mettant à notre service une batterie de canaux marketing dont nous n’aurions pu rêver, à commencer par MSN, Hotmail, ou encore le rally annuel des événements Microsoft”, explique Benjamin Vanopbroek, entrepreneur de 26 ans, co-fondateur de LePointNet.

« Nous sommes arrivés au bon moment »

Mais pourquoi s’être lancé dans la conception et la fabrication d’une tablette tactile à l’instar d’un grande industriel de l’électronique ?

In tempore non suspecto… “L’année dernière, lorsque nous avons décidé de lancer notre projet de tablette tactile, ce marché n’était pas dans l’air du temps, indique Benjamin Vanopbroeck. Entre-temps, Appel a lancé son iPad. La firme a créé un énorme appel d’air mondial, qui aujourd’hui nous aspire”.

De fait, Dune arrive simplement au moment rêvé avec un produit prêt à l’emploi. La tablette wallonne tourne pour l’heure sous le système opérationnel Windows. Or, Microsoft cherche à maximiser les opportunités de positionner ce dernier sur les tablettes tactiles… L’enjeu est considérable. Goldman Sachs, par exemple, estime à 35 millions le nombre total de tablettes ordinateurs qui seront vendues dans le monde en 2011.

Si Apple (iOS) et Google (Android) ont pris une certaine avance sur leurs concurrents, Nokia (MeeGo), RIM (Playbook), HP (WebOS) ou Microsoft (Windows 7 et Windows Phone 7), pour ne citer qu’eux, sont en embuscade. Ces derniers redoublent maintenant d’efforts pour convaincre les constructeurs d’adopter leur plate-forme logicielle. Une initiative comme Dune arrive donc à point nommé pour le groupe de Bill Gates.

Le monde est un grand supermarché de composants

Mais comment une PME d’à peine 17 personnes est-elle parvenue à avancer si rapidement sur le terrain des multinationales de l’électronique de masse ? Car entre l’idée et la production du premier prototype de la Dune, il ne s’est écoulé que… quatre mois !

“Sept personnes ont travaillé sur le développement de la tablette”, précise Benjamin Vanopbroeck.

LePointNet n’était pas tout seul dans l’aventure. L’entreprise s’est appuyée sur le savoir-faire d’une entreprise partenaire, TechnyHub, autour de laquelle gravitent notamment d’anciens cadres expérimentés de grands groupes informatiques internationaux.

“Ces derniers connaissaient la musique, indique Benjamin Vanopbroeck. Ils connaissaient certaines fournisseurs de composants”.

C’est que l’univers de l’industrie fonctionne aujourd’hui comme un grand supermarché global.

“Processeurs, écrans, batteries, coques, cartes mères, etc. : chacun peut aujourd’hui se procurer les composant auprès des fournisseurs en Asie, note Benjamin Vanopbroeck. Apple ou Samsung s’approvisionnent d’ailleurs chez les mêmes”.

La firme belge s’est occupée de la conception, de la coordination du processus et des tests. Après quelques navettes entre l’Europe et la Chine, Benjamin Vanopbroeck a pu déballer la première Dune.

Imagerie pour entreprise

LePointNet négocie maintenant des accords de distribution pour la Dune, y compris dans de grandes chaînes internationales. La PME pourrait, comme d’autres, devenir une micro-multinationale.

La firme ne communiquera pas sur ses estimations de vente. Mais elle espère, pourquoi pas, pouvoir capter une petit partie du prometteur marché des tablettes tactiles.

Dans l’immédiat, cependant, LePointNet entend utiliser sa tablette dans le cadre d’application pour des usages commerciaux. C’était l’objectif initial du projet de tablette.

“Notre métier, au départ, est de fournir des solutions d’imagerie pour les entreprises et les show rooms, détaille Benjamin Vanopbroeck. Nous avions déjà des tables à écran tactile pour afficher des contenus dans des espaces commerciaux. Il nous manquait un outil convivial et de proximité pour les vendeurs, afin qu’ils puissent améliorer la relation avec leurs clients, de façon plus poche. Une tablette tactile, tel était l’outil idéal…”

Travail du futur : personne ne paiera plus pour un diplôme ou une localisation

24 février 2010

Dix tendances qui devraient se confirmer en 2010

8 décembre 2009

Exercice de style habituel au mois de décembre : les prédictions pour l’année qui vient. Le magazine américain Forbes est l’un des premiers à s’y risquer, en collaboration avec le consultant Catalyst. N’oublions pas que nous n’entamerons pas seulement, dans trois semaines, une année nouvelle. 2010, c’est aussi une décennie neuve qui s’ouvre.

Les applications migrent vers le cloud (selon l’image d’un nuage d’ordinateurs en réseau)

Une évidence, depuis quelques temps. Mais le mouvement va s’intensifier, prédit Tyler Newton, de Catalyst. Les contenus et les logiciels vont quitter la quiétude des disques durs pour rejoindre l’immensité du web. Ce transfert aura également des répercussions sur le type de terminaux que nous utilisons pour naviguer sur la Toile. Les Netbooks, iPods, Blackberrys et autres Kindles prendront encore de l’essor. Les logiciels, eux, tourneront en ligne.

La médecine décentralisée, ou la diminution de l’usage de l’hôpital

L’utilisation de l’hôpital va diminuer au profit de la médecine à domicile ou des consultations vidéos en ligne. Les spécialistes pourront aussi se déplacer avec de l’équipement high tech rendu beaucoup plus facilement transportable. Le modèle de soins, dont l’hôpital est toujours le centre, ne facilite pas le transfert d’information. En revanche, explique Catalyst, la médecine en réseau tourne autour du partage automatique des données médicales, personnelles à chaque patient. La médecine de prévention personnalisée prendra ainsi davantage d’ampleur. De nouveaux outils de traçage de données, notamment la prise en compte des données génétiques, et l’amélioration constante des systèmes d’analyse devraient révolutionner le traitement des maladies, en intégrant aussi des aspects liés à la nutrition, par exemple.

L’émergence de l’internet tribal

Les tribus sur internet se bâtiront spontanément autour d’affinités naturelles et d’intérêts communs. Peu à peu, les contenus sur internet s’organiseront autour d’elles. Ces communautés gagneront progressivement en pouvoir. Les actions marketing du futur ne réussiront que si elles parviennent à gagner la confiance de ces tribus virtuelles, qui seront enclines à recevoir des messages publicitaires (voire demandeuses).

Déconnecté trente secondes ? L’horreur…

A mesure que nous arrivons à nous connecter à internet de plus en plus souvent, d’un nombre grandissant d’endroits et à n’importe quel moment, le fait d’être déconnecté, même deux minutes, nous semblera insupportable…

L’internet devient de plus en plus intelligent

La vitesse avec laquelle les chefs d’entreprise et les responsables marketing pourront réagir aux changements de leur environnement d’affaires va s’accroître significativement, grâce à de nouveaux instruments d’analyse de plus en plus sophistiqués. Le volume d’informations diffusées sur internet devient gigantesque. Mais, moyennant les bons instruments, la situation permet d’augmenter l’intelligence des entreprises.

Des capteurs partout

L’internet machine to machine (M2M) est un vieux concept. Ce dernier se rapproche toutefois de plus en plus de la réalité. Des capteurs de mesure prolifèrent partout. Combiné avec le web intelligent, cette nouvelle donne devrait offrir aux entreprises un bond de productivité jusqu’ici jamais vu.

La décentralisation de la formation et de l’éducation

L’apprentissage se passera de moins en moins à l’intérieur des établissements scolaires et de plus en plus sur internet. Le modèle unique de l’éducation pour tous perdra de sa pertinence. Les écoles supérieures et les universités se transformeront de plus en plus souvent en entreprises commerciales.

La contruction des autoroutes de l’électricité

De nouveaux systèmes de stockage d’énergie vont apparaître qui permettront de gérer plu efficacement les productions intermittentes d’électricité provenant de panneaux solaires ou d’éoliennes. La part des particuliers dans la production générale d’électricité, grâce à des installations individuelles, va croître. Les coûts de l’énergie devraient se lisser. Plus besoin de compteur jour et de compteur nuit. La popularité montante des véhicules électriques, par ailleurs, réduira progressivement la dépendance à l’égard du pétrole.

Des moyens de transport de plus en plus intégrés

Les investissements dans le transport ferroviaire, longue distance et urbain, vont s’accélérer. Depuis des décennies, aux Etats-Unis, en tout cas, les populations s’éloignent des centres villes, mais au prix d’une hausse continue de très coûteux embouteillages. Les banlieues devraient prendre davantage les allures de la ville (cfr le projet de supermétro à Paris, par exemple). D’autre part, au niveau du transport aérien, également, les connexions devraient s »optimiser. Les liaisons moins fréquentées devraient, dans l’avenir, être desservies par des appareils plus petits et légers. Les navetteurs tendront également à décaler dans le temps leurs heures de déplacement.

Les travailleurs du monde entier sont interconnectés

Quelques 3 milliards d’êtres humains devraient être connecté à internet d’ici 2011, soit près de 50% de la population mondiale. De nouvelles compagnies et de nouvelles idées vont surgir de nulle part et se répandre à travers le monde aussi vite. De très grandes entreprises traditionnelles pourront disparaître en un clin d’oeil. La crise financière, les difficultés de General Motors, la NDE de la banque Fortis ou la disparation de Lehman Brothers ne sont que quelques exemples. Les idées les plus fraîches viennent souvent des personnes jeunes, sans attaches émotionnelles avec d’autres modèles. Comme l’immense partie des moins de 25 ans dans le monde résident dans les pays émergents, beaucoup des idées neuves de demain afflueront sans doute du monde en développement. Les Etats et les pays organisés sur base d’un modèle hiérarchique auront du mal à tenir leur place dans un dans un monde sans cesse plus volatile et décentralisé.

L’entreprise organisée comme un orchestre symphonique, c’est terminé. Place à l’entreprise « Jazz band »

22 octobre 2009

L’entreprise doit laisser de la place à la créativité, comme dans un groupe de jazz

Marc Timmerman est directeur exécutif Europe pour la gestion de Talent pour le groupe international Hudson, spécialisé dans le conseil en Ressources humaines.

Dans notre contexte actuel post-20 ème siècle, explique-t-il dans la vidéo ci-dessous, beaucoup d’entreprise sont organisées de façon rigides, directive, à la façon d’un orchestre symphonique. Peu à peu, ces dernières vont migrer vers un modèle laissant plus de place à la créativité et à l’improvisation encadrée. Dans cette nouvelle configuration, le leader se trouvera au milieu du groupe, plus au-dessus d’eux. Comme dans un orchestre de jazz (cf aussi les théories de Mintzberg, à ce sujet).

Les entreprises évaluent les compétences et le Q.I. de leurs employés. Elles ne cherchent pas à connaître leurs aspirations personnelles. C’est une erreur…

Les entreprises, selon Marc Timmerman, dans la vidéo suivante,  conservent par ailleurs une approche très traditionnelle, limitative, en matière d’évaluation et de connaissance de leurs employés et cadres. Elles n’ont pas encore véritablement intégré les changements de valeurs dans la société, ni transposé celles-ci dans leurs propres politiques de gestion des ressources humaines (RH).

Ainsi, note Marc Timmerman, la génération des Baby boomers, qui a pratiquement toujours vu sa carrière comme une longue progression continue, ne comprend pas que quelqu’un de plus jeune, aujourd’hui, puisse refuser une promotion. Selon l’ancien système de valeur, une telle attitude est incompréhensible.

Mais le système de valeurs à changé. Les générations Gen X (trentenaires) et Gen Y (moins de 28 ans) ont vu leur parents sacrifier beaucoup de choses pour leur travail, pour un gain somme toute maigre, estiment-ils. Beaucoup n’en veulent plus.

Les départements RH doivent prendre conscience de cette nouvelle réalité, clame Marc Timmerman. Elles doivent notamment apprendre à connaître et à cartographier les aspirations individuelles.

De plus en plus, les personnes construisent leur propre plan de développement et de carrière (voir cette enquête menée en Belgique, par exemple). Elles définissent l’équilibre qu’elles veulent entre leur vie privée et leur vie professionnelle. Ils bâtissent tout seul leur propre réseau professionnel.

Le phénomène va s’accélérer avec l’utilisation grandissante des réseaux sociaux et du web 2.0. Et la génération Y va amplifier le glissement.

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