Le FMI a-t-il vraiment appris de ses erreurs ? (Netcast)
18 mars 2010
Mon vieil ami Damien Van Achter a capté hier le flux de tweets que je postais à l’occasion d’une conférence de Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, organisée par l’école de commerce HEC- ULG.
Dans la foulée, ce matin, nous en avons tiré un Netcast que voici:
Ci-dessou, mon live-tweet :
- Last 8 y, Africa has taken right economical steps. Now economy recovers as fast as the others. 1st time in History#dsk #imf
- IMF has learned the mistakes it did in the past #dsk #imf
- The crisis has hidden the global unbalances for a while. Now, appearing again #IMF #dsk
- The US consumer is now making savings. It’s a revolution! But chinese consumption won’t offset decrease of US consumption so soon #IMF
- Supervision is even more important than regulation in financial sector #dsk #fmi
- IMF had played its role, according to Keynes & Cie’s definition in 1944. #dsk #IMF
Paul Krugman: A quoi ressemblera la mondialisation après la crise ?
27 novembre 2009
Faut-il présenter Paul Krugman ?
Cet économiste, spécialiste des échanges internationaux, a reçu en 2008 le prix Nobel d’économie. Il est en outre l’un des éditorialistes les plus célèbres du quotidien américain New York Times.
Dans cette interview vidéo accordée à Entreprise Globale, Paul Krugman laisse entendre que le processus de globalisation de l’économie ne devrait pas être trop affecté par la crise financière.
« Nous verrons peut-être quelques restrictions sur les flux de capitaux. Mais cela devrait demeurer relativement contenu. Les contours de la mondialisation devraient demeurer plus ou moins identiques à ce que l’on a connu avant la crise », dit-il.
Qu’en est-il du rôle des petites et moyennes entreprises, dans cette économie mondialisée ? Voit-il ces dernière prendre une part grandissante du gâteau global ?
« La part de l’emploi total généré par les multinationales est en régression. Le glissement n’est toutefois pas encore radical. Certes, il est facile aujourd’hui, pour une entreprise de 25 personnes, d’assurer une présence à la fois aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie. C’était beaucoup moins faisable voici vingt ans. Donc, oui, les gros prendront moins de place dans l’économie mondiale. Mais non, les gros ne vont pas disparaître« , explique Paul Krugman.
Depuis de nombreuses années, ce démocrate américain défend l’apport économique de la globalisation, notamment pour un certain nombre de pays en développement et de pays émergents. Cela dit, depuis quelques temps, Paul Krugman reconnaît aussi l’influence néfaste de la mondialisation sur un certain nombre de points. Le premier est celui de l’augmentation des inégalités. Pouvons-nous résoudre ce déséquilibre ?
« Oui, grâce à un meilleur filet de sécurité sociale, une couverture de soins de santé, etc. C’est pour cela que le débat actuel sur la couverture universelle est si importante aux Etats-Unis »
Sortie du livre « Wallonie 2.0″ (par Jean-Yves Huwart, Entreprise Globale)
16 novembre 2009
Le livre « Wallonie 2.0″ est une forme de première production, résultant du travail de recherche et de rencontres que j’effectue maintenant depuis une dizaine de mois avec Entreprise Globale. L’ouvrage rassemble à la fois un regard sur l’évolution de l’économie moderne, la montée en puissance des réseaux, de l’innovation et de la collaboration. Il tente d’interpréter l’impact de cette transformation dans un contexte wallon.

« Wallonie 2.0″ est aussi, d’une certaine façon, le tome 2 de mon précédent ouvrage: « Le second déclin de la Wallonie » (paru en 2007 aux éditions Racine).
Ce dernier disséquait les maux et travers qui ont mené la Wallonie, depuis le début des années 80, à accumuler erreurs et gaspillages au niveau de sa politique économique. Ce premier ouvrage m’a valu un succès d’estime certain. Les responsables d’entreprise, des individus d’ici ou là, mais aussi beaucoup de politiques, de tous les partis, ont opiné quant à l’analyse.
« Le second déclin de la Wallonie » se penchait sur le passé récent et se terminait sur une note d’espoir. Après le diagnostic, toutefois, quid de la prescription et du traitement ?
« Wallonie 2.0″ propose un voyage.
Le livre se penche, d’abord, sur le passé glorieux de la Wallonie, du point de vue économique, lorsque la Wallonie était perçue, à l’époque, par les autres pays européens, aussi positivement que le sont aujourd’hui la Finlande ou la Silicon Valley: des territoires dynamiques et pionniers. A la moitié du 19ème siècle, la richesse par habitant était chez nous 25% à 30% supérieure au niveau de vie en France ou en Allemagne.
Comment ? Pourquoi ?
Le livre donne ensuite un coup de projecteur sur les tendances de fond à l’oeuvre dans l’économie mondiale. L’importance de la créativité et des réseaux, les mises en relations, etc. Tant qu’à prendre de nouvelles mesures, autant qu’elles anticipent sur les transformations à venir.
Vient ensuite le temps des recommandations. Pas facile. Mais indispensable. La priorité en Wallonie, si la Région veut un jour espérer un véritable rattrapage économique, autrement dit pas au 22 ème siècle, c’est d’oeuvrer au développement de l’entrepreneuriat. Il n’y a pas d’autre voie.
Cette volonté ne se décrète toutefois pas. Elle nécessite une ambiance, un contexte, une ouverture, un cadre qui maximise les possibilités d’interactions entre individus. Elle nécessite aussi, dans la perspective du renforcement d’une économie de l’innovation et de la créativité, de rendre aux villes une partie de leur rôle économique fondateur, et ne pas laisser aux zonings impersonels le monopole de l’économie.
Obama: « L’esprit d’innovation est au coeur de la reconstruction de l’économie »
3 août 2009
Barack Obama, vous connaissez. Selon de nombreux journalistes américains, ce n’est pas un président, c’est une rock star. Certes, les temps sont un peu plus difficiles sur le plan intérieur pour le champion démocrate. Sa cote de popularité est retombée autour de 50%. Les statistiques économiques viennent quelques motifs de satisfaction à l’hôte de la Maison blanche. 
La fin de la récession est proche, aux Etats-Unis, semble-t-il. L’occasion pour Barack Obama de souligner dans son allocution hebdomadaire qu’une reprise ne sera supportée que par un surcroît d’esprit d’innovation.
« L’innovation a toujours été essentielle pour notre prospérité dans le passé. L’innovation sera essentielle pour notre prospérité future »
Pour le président américain, l’innovation se trouve dans le for intérieur de chacun. Ce n’est pas qu’une question de blouse blanche ou d’expériences scientifiques savantes. L’innovation s’éveille en chaque entrepreneur. Elle résulte aussi de la capacité de regarder les choses avec un regard frais, débarasser de trop de préconceptions et de préjugés.
« Nous devons mettre en place des politiques qui émulent le potentiel de chaque individu de générer quelque chose de nouveau. D’allumer l’étincelle de créativité et d’ingénuité à l’origine de tout ce que nous avons réalisé »
Ce point de vue du président américain abonde dans le sens suivant : de nos jours, pour l’économie d’un pays comme dans l’intimité des entreprises, le constat est le même: l’innovation jaillit d’abord de la créativité et de l’engagement des personnes individuelles. Pour s’inscrire dans un nouvel élan de croissance, il est vital de mettre en place les conditions pour que ce potentiel individuel puisse s’exprimer. Et favoriser ainsi un environnement adéquat afin de traduire les idées en réalisations.
Le discours tenu par Barack Obama pourrait (devrait?) être aujourd’hui celui que les patrons d’entreprise adressent à leurs employés. A condition, bien entendu, de se débarrasser de toute once de paternalisme. Faire confiance, plutôt.
« Les jobs qu’occuperont nos futurs diplômés n’existent pas encore »
14 juillet 2009
» La pensée créative est de plus en plus importante pour les entreprises, mais aussi pour la société de manière générale ».
Samuel Hoi est directeur du Otis College of Art & Design, de Los Angeles. Fondé en 1918, l’institution accueille 1200 étudiants venus des quatre coins du monde. Elle est l’une des écoles d’art les plus réputés du sud de la Californie. L’institution couvre la palette des métiers créatifs pris au sens large: architecture, design, animation, création digitale, etc.
Le Otis College of Art & Design de Los Angeles incarne cette nouvelle catégorie d’acteurs éducatifs ancrés dans leur temps. L’école ne se voit ainsi plus comme une simple usine à fabriquer des artistes, enfermés dans une discipline, déconnectés des problématiques sociales ou, surtout, économiques. 
Au contraire, dans un environnement de plus en plus concurrentiel, Samuel Hoi fait le pari que seule une approche basée davantage sur l’intuition et la créativité (familière aux artistes) permettra aux entreprises de relever les défis posés par les profonds changements en cours dans la vie économique et sociale. Le directeur du Otis College s’inscrit ainsi en ligne avec l’analyse de quelques auteurs récents, tels que Daniel H. Pink, et sa théorie du monde piloté par les cerveaux droits.
Les managers ont des choses à apprendre des artistes, estime-t-on au Otis College.
» Les designers, par exemple, tendent à démarrer leur travail en partant d’un problème de société à résoudre. Les dirigeants d’entreprises gagneraient à aborder de temps en temps les choses de cette façon, plutôt que de partir de l’existant de leur entreprise. Ils seraient plus inventifs »
Et les artistes sont prêts à relever le gant et insuffler un peu de leur regard dans les affaires économiques. « Naguère, les artistes et designers avaient tendance à penser de manière étroite. Ils ne pensait qu’à leur oeuvre. Ils ne sortaient pas de leur champ de compétence immédiat, observe Samuel Hoi. Aujourd’hui, les artistes et les designers ont davantage l’envie de participer à la recherche de solutions pour des problématiques environnementales, sociales ou économiques ».
Les activités créatives sont un moteur de croissance économique dans un environnement changeant
Pour le Otis College, pas question de former des futurs artistes chômeurs. Il n’y a pas de raison qu’ils se retrouvent sans emploi : les emplois créatifs produisent aujourd’hui davantage de valeur ajoutée pour l’économie que la moyenne des métiers. Ils sont donc demandés.
Une étude commanditée par l’école sur l’impact des secteurs créatifs (design, galeries d’art, divertissement, création de meubles, etc.) dans la région de Los Angeles le confirme, d’ailleur : les emplois créatifs enregistrent une croissance de 16 %, c’est à dire supérieure au reste de l’économie. Chaque emploi créatif génère 1,6 emploi indirect. Le design constitue l’une de ces disciplines à forte valeur ajoutée, aujourd’hui. “Le design, par exemple, apporte une part de plus en plus grande dans la valeur des produits, à mesure que le coût de production s’aplatit et se standardise, constate Samuel Hoi. Les exemples foisonnent, aujourd’hui. Que ce soit le baladeur iPod, d’Apple, dont le design est une composante importante du succès. Ou la Volkswagen Beetle, voici quelques années”.
Former des gens à se réinventer sans cesse, en attendant des métiers qui n’existent pas encore
Le College californien a repensé son approche pédagogique pour tenir compte de la plus grande versatilité de l’économie moderne: « Il y a 20 ans, un diplômé d’université avait entre 2 et 3 jobs différents dans sa vie. Les diplômés d’aujourd’hui travailleront dans 7 à 10 ans dans des jobs qui n’existent pas encore aujourd’hui. Notre but est de préparer cette nouvelle génération de façon à ce qu’elle soit capable de se remettre perpétuellement en question »
Vivre dans un bouillonnement créatif comme Los Angeles est est avantage, bien sûr, pour tout « cerveau droit » (créatif, entreprenant) qui se repecte. Le Otis College of Art & Design ne s’en cache pas. Samuel Hoi rejoint à ce égard, le constat d’une autre théoricien célèbre de la créativité, Richard Florida, dont le dernier livre met en avant le concept de « Spiky Cities« .
Si l’on regarde la production économique mondiale en comparant les villes et non les pays, celles qui tiennent le haut du classement ce sont celle qui arrive à être les plus innovantes. Ces villes sont celles qui ont réussi à créer un écosystème favorable en ayant une forte concentration de gens créatifs et en favorisant les interactions des gens entre eux. Samuel Hoi d’ajouter: « Nous avons besoin de plus en de personnes avec une pensée créative à l’heure des grands changements de paradigmes que nous vivons. »
Photo Flickr Otis Admissions
Hal Varian (chef économiste Google): « L’heure est venue des micromultinationales »
19 juin 2009
Une entreprise comme Google a-t-elle besoin d’un économiste en chef ? Sans aucun doute, estime la firme de Mountain View. Par son étendue, son impact sur les nouvelles formes de communication, Google change les règles du jeu et les rapports de force économique. Avec son système de mise aux enchères AdWords (ces liens publicitaires qui apparaissent à côté des recherches Google et qui sont à l’origine de la fortune du groupe), Google aurait recréé une forme de marché quasi parfait.
On ne pensait cela possible que dans les livres de théorie économique. Dans un long article que lui consacre au mois de juin le magazine Wired, Hal Varian, l’économiste en chef de Google expliquait ce principe.
L’ère des micromultinationales
Pour Hal Varian, aussi professeur à l’Université de Berkeley, la période actuelle est extraordinaire pour d’autres raisons également. « Nous passons à l’ére des micromultinationales, explique-t-il. Je reçois aujourd’hui des étudiants qui me présentent des projets d’étude en collaboration avec des amis à Mumbai, Anvers, Singapour, San Francisco… Ils communiquent directement pas messagerie instantanées, par documents partagés (wiki),… Nous sommes entrés dans une ère où les moyens de communication sont devenus tellement bon marché que n’importe qui peut s’organiser à travers le monde pour lancer une activité économique. Nous sommes passé à l’ére des micromultinationales« .
Voici dix ans à peine, ce genre d’organisation transnationale n’était envisageable que pour les très grandes entreprises. « Le coût des communications téléphoniques, les frais de transfert de données, sous oublier les vols transcontinentaux, nécessaires alors car il n’y avait pas d’autre moyen souvent de faire des réunions à plusieurs… Tout cela n’était à la portée que des grandes entreprises. Tout a changé avec l’effondrement de ces coûts. Désormais, les nouvelles compagnies, les startups, les PME, peuvent démarrer digitale et internationale dès le premier jour. Il s’agit d’une chance inouïe« .
Un nouveau champ de créativité à explorer
Pour le chef économiste de Google, les observateurs ne reconnaissent pas encore suffisamment l’impact que ces bouleversements engendreront également sur le plan de la créativité. Pourquoi un impact sur la créativité ? « Parce que grâce à ce bouillonnement de nouveaux échanges d’information, de communication, nous allons pouvoir multiplier les expérimentations de façon exponentielle. Tout un nouveau champ s’ouvre ».
La démocratisation totale des moyens de communication, l’explosion du volume d’information disponible – et son organisation, bien sûr, par Google – ne manquent pas de rappeler les responsables du moteur de recherche – auront un impact aussi important, estime Hal Varian, que l’introduction de la chaîne d’assemblage dans l’industrie, voici un siècle. « On optimise ainsi les flux d’information et d’idées pour l’économie de la connaissance. A l’instar de l’optimisation, jadis, du flux de production de biens physiques, dans l’industrie, d’Henry Ford à aujourd’hui.
Interview vidéo de Hal Varian, réalisée au Lisbon Council, Bruxelles (slides de la présentation sur le site du Lisbon Council)
L’ADN des PME est naturellement porté sur l’innovation
18 mars 2009
Le flot des licenciements en Europe et aux Etats-Unis féconde en ce moment des destins inattendus d’entrepreneurs. Dans sa dernière édition, le magazine Business Week évoque, par exemple, le cas de Brent, un chimiste de 38 ans remercié lors de la fermeture d’une usine du groupe pharmaceutique Pfizer. Brent a racheté une partie de l’équipement de son ancienne usine. Il a lancé, avec quelques collègues, son propre laboratoire, lequel offre aujourd’hui ses services pour des producteurs de médicaments mais aussi des représentants de l’industrie alimentaire. 
Des dizaines de milliers de petites et moyennes entreprises (PME) pourraient bien jaillir de la crise économique. Tel sera au moins un aspect positif, s’il en faut un, de la récession mondiale (que confirme désormais le FMI). Car ce qui s’avère un désastre économique laisse entrevoir quelques alléchantes promesses en matière d’innovation. Et donc, à moyen terme, de création de richesses nouvelles.
Les PME ont l’innovation inscrite dans leur ADN, souligne ce rapport Intuit Future of Small Business, de mars 2009. Elles sont, en général, réactives. C’est une question de survie. Elles s’adaptent mieux au changement. Même si elle n’en ont pas toujours conscience.
« Dans les grandes structures, le terme innovation fait souvent référence au laboratoire. Aux parcs scientifiques, aux équipes de recherche universitaire et à des budgets pharaoniques. Dans les PME, la réalité de l’innovation diffère. Pour ces dernières, le laboratoire, c’est souvent le marché. Les employés, les directeurs sont tous des spécialistes de l’innovation, car les ressources sont rares ».
Intuit repère trois grands moteurs d’innovation dans les PME:
- La nécessité : les PME opèrent dans un marché mouvant et concurrentiel. Les pressions pour réduire les prix et les coûts sont constantes, alors que les ressources en temps et en argent sont limitées. Pas le choix: il faut améliorer les processus et accepter la logique du changement.
- Les opportunités: les PME sont constament à la recherche de nouveaux pistes pour générer des revenus, économiser du temps, améliorer les processus et créer plus de valeur pour leurs clients. Elles saisissent donc toutes les opportunités qui se présentent. Comme elles sont naturellement plus proches de leurs clients, comme les actionnaires sont souvent impliqués dans les décisions, les PME sont mieux placées pour ne pas manquer les occasions qui se présentent.
- L’inégnuité: plus surprenant, ce troisième point. Ici, Intuit se raccroche au commentaire de Guy Kawasaki, célèbre auteur et spécialiste américain de l’entreprise et des communautés. Selon ce dernier, « si vous voulez vous montrer innovant, construisez quelque chose dont vous avez besoin ou que vous avez envie d’utiliser. De nombreuses petites affaires démarrent à partir d’un souhait exprimé pour quelque chose qui n’existe pas encore. Dans le cas où ce besoin est partagé par des millions d’individus, la filière peut dans ce cas devenir une histoire à succès. La boisson énergisante Gatorade, par exemple, a été au départ conçue pour réhydrater les joueurs de football américain. On connaît son succès foudroyant, ensuite, dans le monde. De même, eBay avait été pensé à la base seulement pour faire un peu d’argent en vendant les vieux restes de grenier. Gatorade comme eBay sont nés d’une besoin individuel qui, en fait, a recontré un champ beaucoup plus vaste d’utilisations.
Pour Intuit, les PME ont par ailleurs l’avantage d’agir de façon créative et proactive. Elles réagissent à une modification de l’environnement, à une nouvelle exigence… Mais elles ajoutent parfois, souvent, quelque chose en plus, que simplement rajouter une goutte d’huile dans l’engrenage. Elles hésitent moins à repenser leur business de fond en comble. Elles sont débarrassée des murailles qui enferment nombre de grandes entreprises et les isolent des murmures du marché. Elle ne pâtissent pas du phénomène de silos qui limite les échanges d’information et favorise la concurrence interne. C’est plutôt l’instinct de survie qui guide les PME et les rend génétiquement innovante.
Leur problème: elle ne le font pas assez savoir.
« Dans le domaine du mobile, le Kenya est en avance sur l’Europe »
13 mars 2009
« Un pays comme le Kenya met aujourd’hui en place sur les réseaux mobiles des services bien plus en avance que ce que l’on peut parfois observer en Europe ou aux Etats-Unis ». Nathan Eagle, un chercheur au MIT de Boston, masque mal son enthousiasme lorsqu’il évoque les promesses du téléphone mobile en Afrique.

Paiement par mobile au Kenya (Source TxtEagle)
Alors que le paiement sur mobile demeure encore un gadget dans beaucoup de pays européens, il tend à devenir la norme dans les taxis et les échoppes de Naïrobi ou de Mombasa.
Voici quelques temps, Safari Com, l’opérateur mobile n°1 au Kenya, avait mis en place un service baptisé M-Pesa. Ce service, au départ, visait à permettre le partage et le transfert de minutes de communication à des personnes proches (famille, amis…) qui n’avaient pas les moyens de les acheter. Les gens, toutefois, ont commencé à s’échanger des minutes au délà de leur cercle privé. Si bien que le dispositif s’est transformé en véritable système de paiement. M-Pesa est aujourd’hui la première banque du Kenya. « Je peux payer mes courses avec mon téléphone portable sur le marché ».
L’impact du téléphone mobile sur la société et l’économie kényane est majeur. Avec, entre autres, des répercussions positives sur l’offre de quelques services de base. L’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales, par exemple.
« Naguère, résume Nathan Eagle, dont les propos sont rapportés par le site GigaOm, les villageois devaient avancer une très importante somme d’argent pour se fournir en équipement d’alimentation. Les fonds, en général, manquaient. L’eau potable n’arrivait donc jamais. Dorénavant, les compagnies d’approvisionnement en eau acceptent d’installer gratuitement les équipements. Grâce au téléphone mobile, elles s’assurent ensuite du paiement régulier des factures de consommation… ». Selon le magazine Wired, 30% des usagers kenyans règlent maintenant leur consommation d’eau et d’électricité par ce biais.
Il n’y a pas que le Kenya. Le téléphone mobile change aujourd’hui la vie de millions d’Africains dans des régions et des villes d’Afrique où, comme dans certains quartiers de Naïrobi, le chômage fleurte avec les 50%. Le réseau GSM couvre près de 90% de la population dans l’Est de l’Afrique. Les combinés se vendent 20 $US. Pas étonnant que le marché du mobile en Afrique connaisse aujourd’hui l’une des croissances les plus rapides du monde.
L’extension du téléphone mobile en Afrique une opportunité pour les entreprises européennes et américaine d’accéder à une nouvelle force de travail
Plus largement, la pénétration du téléphone mobile dans le coeur même de l’Afrique rompt l’isolement économique du continent noir par rapport aux pays développés. Partiellement, en tout cas. Nathan Eagle en fait déjà le pari. Sa société TxtEagle propose un ingénieux système de petites tâches rémunérés réalisables via un téléphone portable. Au moyen de la plate-forme TxtEagle, la société Nokia a pu traduire, au Kenya, le menu et les fonctions de ses téléphones dans quinzaine d’idiomes locaux. Les participants étaient des gardes de sécurité, des étudiants, des fermiers… Chacun a accompli une micro-tâche via son téléphone portable. Pour chacune d’entre elles il a reçu un crédit d’appel, monétisable auprès de tiers.
TxtEagle s’est inspiré de Mechanical Turk, une plate-forme de micro-tâches mise en place voici quelques temps par le groupe Amazon, aux Etats-Unis. Ces micro-tâches ont la particularité d’être simples (trier des mots, traduire, étiquetter,…) et de nécessiter un regard humain. TxtEagle propose d’étendre le modèle d’Amazon pour offrir de nouvelles sources de revenus aux personnes qui le souhaitent en Afrique. Côté entreprise, Nathan Eagle imagine, à moyen terme, attirer les opérateurs actifs dans la transcription médicales. Un marché mondial de 10 à 20 milliards de $US…
D’après les estimations de l’entrepreneur américain, 15 millions de personnes en Afrique seraient prêtes à travailler à partit leur mobile.
Depuis 1980, les start-ups sont responsables de tout l’emploi net créé aux USA
15 janvier 2009
Les grandes entreprises, en moyenne, ne créent plus d’emplois. On le savait. Plus étonnant, elles ne créent plus d’emplois nets depuis… 1980. C’est ce que révèle une récente étude du Census Bureau, le Bureau américain des statistiques. En fait, ces vingt-cinq dernières années, l’essentiel de l’emploi net généré aux Etats-Unis l’a été par des start-ups, note Kelly Spors, de Independent Street (Wall Street Journal).
Le calcul est simple: les start-ups américaines occupent 3% de la population active. Ces entreprises sont définies par leur juvénilité, moins d’un an. Il s’agit donc de nouveaux postes de travail. Or, la croissance annuelle de l’emploi privé aux Etats-Unis, entre 1980 et 2005, n’a pas dépassé 1,8%… CQFD. Sans les starts-ups, l’emploi privé total américain aurait reculé au cours des trois dernières décennies.
Autre point frappant, l’extraordinire résistance du tissu des start-ups aux trous d’air dans la conjoncture économie. Leur nombre demeure d’une surprenante stabilité depuis un quart de siècle: environ 600.000. Ces chiffres valent pour le marché américain. Mais il y a fort à parier que les tendances à l’oeuvre ne sont pas très éloignées en Europe.
L’étude US observe néanmoins le recul significatif du nombre de très petites start-ups (une à quatre personnes). En particulier à partir des années 90. Les auteurs y voient notamment l’effet du déclin des très petits commerces et l’impact de la montée en puissance constante des grandes chaînes de distribution. Inversément, l’analyse révèle l’augmentation de la valeur ajoutée de ces nouvelles entreprises. Elles maîtrisent mieux les technologies et ont un accès aux capitaux qui leur permet, sans doute, de croître plus rapidement. Les starts-ups voient aujourd’hui, dès le premier jour, peut-être plus loin en termes de cible de marché. Régional ou national, plutôt que local. L’émergence du web au cours de la dernière décennie expliquerait, évidemment, en partie, ce glissement en termes de positionnement.
Comme l’évoque le billet de Kelly Spors, qui dit cependant que la crise actuelle n’aura pas raison de cette stabilité. A la différence des autres orages conjoncturels, cette fois, l’étage du financement est endommagé. Pour combien de temps? Mystère.
« Ces chiffres montrent, en tout cas, l’extraordinaire importance de la création de start-ups dans notre pays », soulignent triplement les auteurs de l’étude. Si les données sont américaines, il est sans doute possible d’en extrapoler les conclusions à l’Europe.
Les grandes entreprises structurent l’économie européenne, comme l’économie américaine. Le rôle demeure déterminant. Mais poussée vers l’amélioration constante de leur efficacité, elles sont vouée à réduire leurs effectifs constamment, à moins de grands virages stratégiques.
Les nouvelles initiatives à la marge, les bonds en termes d’innovation et de croissance viennent et viendront de plus en plus des nouveaux entrepreneurs. Des start-ups.
(Photos Flickr de-lienation)




