Jacques Lewiner : les leçons d’apprentissage d’un grand scientifique et entrepreneur de notre temps

3 avril 2012

Cette semaine, je participais à Marseille à une journée d’échange sur les transferts de technologie.

Le professeur Jacques Lewiner, de l’ESPCI Paris Tech était invité à prendre la parole.

Ce physicien de renom a travaillé directement avec deux prix Nobel de physique français, Georges Charpak et Pierre-Gilles de Gennes. Au cours de sa carrière, Jacques Lewiner a déposé plus de 1.000 brevets. Il est ainsi le recordman de la discipline dans l’Hexagone.

Lewiner a toujours voulu décloisonner les mondes scientifique, industriel et entrepreneurial.

Un pionnier du pont entre science et industrie

La réputation de Jacques Lewiner est aussi celle d’un homme d’affaires avisé. Il a emprunté avec succès le chemin difficile qui navigue entre la recherche scientifique pure et dure, d’un côté, la faculté de valoriser le résultat de ces recherches et développer de nouveaux produits commercialisables, de l’autre.

A ce titre, il a défendu très tôt la possibilité pour les scientifique de déposer des brevets en nom personnel, conseil qu’il s’est en premier lieu appliqué à lui-même.

Il fit les grands titres du journal Le Monde, voici plusieurs décennies lorsqu’il fut l’un des premiers scientifiques « statutaires » à louer un stand commercial lors d’un Salon professionnel.

« A l’époque, cela était encore perçu comme une hérésie », se souvient Jacques Lewiner. Nous étions censés nous limiter aux conférences académiques. »

Un apprentissage construit à coups d’erreurs

Jacques Lewiner n’est pas né avec le sens de la valorisation chevillé dès le départ au corps.

Sa faculté entrepreneuriale s’est construite au bout d’un lent apprentissage résultant de l’accumulation d’erreurs diverses.

« Un grand enseignement est que la valeur d’une information ou d’une recherche n’est pas toujours où l’on peut penser qu’elle se trouve au départ », dit-il.

« Avec une collègues, nous avions travaillé des mois durants sur l’expérimentation de ce que nous avions baptisé Electret, poursuit le professeur de ESPCI Paris Tech. Après de longs essais, nous étions parvenus à stabiliser la technologie et à pouvoir répéter les résultats. Au terme de ce long processus, hélas, que cela avait été inventé déjà un siècle plus tôt… Faute de débouchés clairs, à l’époque, cette découverte avait été abandonnée, puis oubliée… »

Le travail n’était pas perdu puisqu’il permit à Jacques Lewiner, pragmatique, de remettre cette technologie au goût du jour. Sans en être l’initiateur historique ou le propriétaire direct, il a pu adapter celle-ci et saisir les opportunités industrielles qui se présentaient cette fois.

Le chercheur a noué un partenariat avec un groupe industriel japonais. Aujourd’hui, ce dernier contrôle 50% du marché mondial des Electrets et réalise sur ce poste 1,3 milliard de $ de chiffre d’affaires.

La technologie n’est pas ce qui importe le plus, mais bien la compréhension du besoin

Quelques années plus tard, Jacques Lewiner et son équipe réfléchirent à l’utilisation des Electrets dans les claviers pour ordinateurs.

Cette application devait permettre de réduire le coût de production des claviers.

De nouveau, Jacques Lewiner put convaincre un partenaire industriel. De nouveau, toutefois, le postulat technologique de base n’a servi que d’amorce vers un parcours qui allait mené le chercheur sur une direction inattendue.

« Un jour, mon contact chez notre client industriel me raccompagne à ma voiture, relate Jacques Lewiner. Il me dit se réjouir de notre collaboration et me confie sans rire: ‘Ce serait encore mieux si nous pouvions fonctionner sans l’electret…’. J’ai cru défaillir. Cela semblait tellement contradictoire. L’electret était la raison d’être de notre collaboration… En y réfléchissant,  j’ai toutefois compris que les avaient évoluer. L’electret avait été le prétexte qui nous avait permis d’entrer dans l’entreprise. »

« Cela nous avait permis de comprendre le besoin industriel du client et de formuler différentes solutions, poursuit-il. L’electret n’était plus le centre de nos échanges. Une fois que nous avions compris cela, nous avons continué notre collaboration, sans l’electret… »

Grâce aux échanges, le scientifique a pivoté et pu développer une technologie appliquée mieux adaptée. Cette réactivité et cette écoute ont rendu l’approche meilleure.

L’équipe de Lewiner a pu faire la distinction avec la mission qu’elle s’était assignée, sans se coincer sur la question en s’enfermant sur son option technologique de départ.

« Ce genre d’expérience vous apprend mieux que n’importe quoi la différence concrètre entre la connaissance de laboratoire et la connaissance industrielle », pointe-t-il.

Ouverture à de multiples secteurs

Une technologie ou un entrepreneur ne doit pas non plus nécessairement, selon le physicien, se marier pour la vie à un seul secteur.

Jacques Lewiner ne s’est jamais laissé enfermer dans une logique uni-sectorielle. Il s’est ouvert à la chimie fine, à la biologie moléculaire ou aux télécoms. Là aussi, avec une approche très souple et pragmatique.

A la fin des années 90, le physicien, avec d’autres, avait repéré le potentiel d’une nouvelle technologie radio : bluetooth.

  »Nous avons créé un startup, Inventel, que nous avons décrite comme The bluetooth company, explique Jacques Lewiner. Nous étions convaincu du succès de bluetooth et voyons le Wi-Fi de haut. Nous avions tort. Le Wi-Fi, en fait, l’a emporté ».

« Nous avons analysé. Nous avons appris et avons viré sur l’aile. Nous sommes devenus Wi-Fi enabled. Nous nous sommes rebaptisés : The wireless company. »

De nouveau, ce pivot, consécutif à une longue phase d’apprentissage, s’est révélé payant. Inventel a mis au point le décodeur numérique pour l’accès internet haut débit numéro 1 du marché français.

Plus tard, l’entreprise fut reprise par le géant Thomson… qui n’a pu sauvegarder la dynamique d’innovation qu’avait la startup lorsque’elle était autonome… Quelques années plus tard, Thomson a perdu le marché.

L’importance des startups, de l’utilisation éthique du brevet et de la vision du présent

Cette expérience renforce aujourd’hui Jacques Lewiner dans la conviction que les startups ont un intérêt vital pour l’économie et la dynamique d’innovation.

Le brevet est aussi un outil majeur de création de valeur pour les structures et les individus. « Mais à condition d’être utilisé de façon éthique« , insiste Jacques Lewiner. Pas pour enrichir des cabinets d’avocats et faire de la prédation dans les tribunaux.

Enfin, le physicien français souligne la nécessité d’une attitude pragmatique, ouverte et attachée aux résultats tangibles.

« Lorsque les scientifiques, chercheurs et experts de la technologie tentent de mettre sur pied leur propre entreprise, il est important de les convaincre de ne pas vouloir absolument mettre sur pied la technologie et l’application de demain. Il faut mettre au point le produit ou le service que les consommateurs veulent aujourd’hui !« , conclut-il

 

Les entrepreneurs sont des gens plus heureux que les autres. Une enquête le confirme…

20 octobre 2010

Les entrepreneurs sont-ils des gens plus heureux que les autres ?

Cela dépend de l’état de leurs affaires. Tous les entrepreneurs ne sont par ailleurs pas devenus entrepreneurs par choix. Des contraintes extérieures les y ont parfois amenés…

Malgré les difficultés immenses qu’ils rencontrent, pourtant, oui, les entrepreneurs sont souvent plus heureux.

Pourquoi ? D’abord parce qu’ils sont plus libres !

L’indépendance plutôt que plus d’argent ou de jours de congé

Le Small Business Hapiness Index, commandité par la TD Bank, confirme l’existence réelle de cette (semi-)béatitude… Selon son étude :

69% des entrepreneurs interrogés se disent, en moyenne, très heureux et 61% pensent être plus heureux que leurs pairs.

Mieux encore :

61% des entrepreneurs interrogés ne renonceraient pas à leur indépendance pour gagner plus d’argent…

Ci dessous, une infographie résumant les résultats de l’enquête :

Découvert via ContactMe.com

Straton IT: « S’insérer dans un écosystème augmente les chances de réussite d’une start-up »

18 mai 2009

« Dans une grande structure, même si vous avez une bonne place. Convaincre tout le monde que vous avez une bonne stratégie peut prendre plusieurs mois voir plusieurs années. Or dans une petite structure, on est beaucoup plus flexible. Il est vrai qu’il est plus facile se planter, mais on peut corriger le tir beaucoup plus vite« .

Frederic Hay, fondateur de Straton IT, une jeune start-up basée à Lille, est depuis toujours passionné d’informatique. « J’en ai fait mon métier ». L’entrepreneur a suivi le parcours classique d’un bon élément dans une grande entreprise de services informatiques. Il a gravi un à un les échelons jusqu’à devenir en charge d’une équipe de quelque 117 personnes.

Les ors de la hiérachie ne satisfaisaient toutefois pas Frédéric Hay. « J’ai plein de projets que j’ai envie de mettre en oeuvre. Dans une grande structure, les initiatives individuelles ne trouvent pas toujours leur place. Elles sont parfois jugées trop utopiques. Seul le fait d’être autonome une petite structure me permettait de les réaliser. Je me suis donc lancé en tant qu’entrepreneur ». Straton IT est né.

Profiter de la dynamique d’un vaste incubateur/essaimeur

La jeune société de deux associées s’est installée dans un immense incubateur/essaimeur d’entreprises implanté dans les locaux flambant neufs d’Euratechnologies.  Un écosystème positif, selon Frédéric Hay.

« Nous n’échangeons pas encore nos expertises. C’est trop tôt. Nous ne nous connaissons pas encore. Et il faut le temps de construire la confiance. Mais il y a déjà énormément d’échange sur nos galères de créateurs. C’est source de soutien et une aide déjà précieuse ».  Même s’il existe des sucess stories d’entreprises qui ont commencée seul dans leur garage (Google), l’entrepreneur estime qu’il vaut mieux être entouré et intégré dans environnement. « Cela augmente nos chances de réussite « , affirme t-il.

[dailymotion: http://www.dailymotion.com/video/x9a9ma_frederic-hay_news]

Malgré notre petite taille, travailler en collaboration nous a permis de concurrencer de grands groupes

Straton It n’a pas encore emprunté d’argent. La société finance son développement en prestant des services. « Emprunter c’est important en phase de croissance, relève Frédéric Hay. Pour le moment nous en sommes pas là. On est en phase de « proof of concept ». Ce n’est pas le bon moment pour contracter un prêt« . L’informaticien poursuit  » Je travaille en 4/5e en tant que prestataire de service. Le reste de mon temps est consacré aux développements des futurs produits de l’entreprise ».

La jeune start-up a déjà réussi à figurer dans la sélection finale d’appels d’offres en concurrence avec des grands groupes internationaux. Frederic Hay évoque sa stratégie: « Nous travaillons en partenariat avec des sociétés reconnues et on crée une offre commune. Ce qui permet d’avoir la taille et l’expertise suffisantes pour concurrencer les grands du secteur « .

Pour le moment, le partenariat est une nécessité étant donné le jeune âge de l’entreprise. Cependant, il s’agit d’un mode de fonctionnement qui pourrait perdurer dans le futur. « Mon souhait est qu’en grandissant nous gardions la flexibilité que nous avons aujourd’hui. Peut-être que nous resterons concentrés sur notre expertise. Et ce que nous ne serons pas capables de faire en interne le réaliser avec collaboration avec d’autres » déclare le patron de Straton IT. Nous verrons bien« .

[dailymotion: http://www.dailymotion.com/video/x9bl7z_frederic-hay-2_news]

« Je ne sais pas a quoi ressemblera ma société dans un an. Mais elle s’appellera Netlash »

28 avril 2009

Bart De Waele avait suivi une formation de comptable, avant d’être engagé dans une banque. En 2006, ce passionné de technologies de l’information lance Netlash, une agence de conception de sites internet basée à Gand. De deux fondateurs initialement, la société croît rapidement. Trois ans plus tard, ils sont quatorze. Sans le moindre centime d’euro dépensé en publicité…

Par contre, Bart De Waele est particulièrement actif sur les réseaux sociaux. Ils lui servent de plate-forme de visibilité, de canal marketing, d’outil de relation publique, de lieu de formation, etc. Tout a commencé avec le blog de Netlash. Bart De Waele partage ses expériences. Ses sentiments. Ses interrogations, comme en 2006 avec ce billet interpellant sur les critères locaux de recherche retenu par Google. C’était il y a trois ans. Parallèlement, Netlash s’est aussi dupliqué sur les sites de réseaux sociaux (Twitter, etc.).

Le principe de Bart De Waele: je donne, donc je reçois. « J’ai un business modèle open source, dit-il. Je mets mon expertise et mon savoir  gratuitement à disposition sur mon blog. Ce que je vends c’est le service.  L’implémentation des outils, des sites internet, etc. » explique Bart De Waele.

Mettre ainsi son expertise au vu et su de tous a permis à Netlash de se faire connaitre sans avoir recours au marketing traditionnel. Sa PME a pu s’en passer. Les clients et les contrats rentrent.

[dailymotion:http://www.dailymotion.com/video/x94e4a_netlash-change-is-inevitable_news]

Management: un fonctionnement par cellules autonomes

Netlash a adopté une politique innovante d’auto-marketing. Le mode de fonctionnement décentralisé de l’entreprise gantoise mérite également un coup d’oeil. Pas d’account managers ni de chaîne de commandement interminable. Mais un management par cellules indépendantes.

« Pour chaque projet, une cellule de trois personnes est créée. L’idée est de construire des petites entreprises au sein de notre société. Dans un environnement qui change de plus en plus vite, cela nous permet d’être beaucoup plus réactif » explique le cofondateur de Netlash. Cette façon de procéder permet d’économiser sur les salaires d’une hiérarchie qu’il aurait fallu mettre en place dans un système traditionnel. Cependant comme le dit Bart De Waele  » Nos employés ont donc beaucoup de responsabilités, ils doivent agir comme des mini entrepreneurs au sein de la compagnie  ».

L’avantage de cette méthode de management est la capacité d’adaptation de la société à son environnement. « Nous changeons tout le temps. Nous sommes en perpétuelle phase d’adaptation. Je ne sais pas dans quelle compagnie je travaillerai demain, mais je sais qu’elle s’appellera Netlash« , sourit Bart De Waele.

Innovateurs, ignorez les esprits raides

22 avril 2009

Guy Kawasaki est l’une des personnalités les plus célèbres du web. L’un des premiers évangélistes des nouvelles technologies. Voici quelques réflexions ou recommandations sur l’innovation qu’il émettait en 2006. Toujours d’actualité. Ne vous laissez pas désarçonner par les esprits raides, indiquait-il notamment.

Innover: quelques réflexions

1. Auparavant, un fabricant de machines d’imprimerie se disait ma prochaine innovation sera d’ajouter le caractère Helvetica 24 points. Désormais, elle devrait passer à l’impression laser. La véritable innovation se produit quand on franchit une autre courbe. Mieux, quand on invente une nouvelle courbe d’innovation, dissociée de la précédente.

2. Un véritable innovateur se moque de presenter un produit qui comporte encore des défauts, si ce dernier apporte quelque chose de vraiment neuf. Le premier Macintosh d’Apple n’avait ni logiciel, ni disque dur, nit prise, ni couleur. Si une entreprise attend que tout soit parfait avant de présenter un nouveauté, le consommateur pourra encore attendre longtemps.

3. Cela ne veut pas dire qu’il ne convient pas d’améliorer constamment les produits. L’innovation n’est pas un événement qui survient une fois. C’est un processus.

4. Ne pas tenter de contenter tout le monde. Le pire est quand l’on ne déclenche aucune réaction passionnée. Et cela se arrive, en général, quand les entreprises tentent de rendre tout le monde heureux. (Attention au consensus)

5. La vie n’est pas juste. Plus vos actions sont innovantes, plus les forces du statu quo vont ériger des barrières sur votre chemin. Les entrepreneurs doivent le comprendre dès le départ. Ils ne doivent pas se morfondre si le marché tarde à accepter leur nouvelle proposition. Le plus sûr moyen d’abattre les barrières, c’est de laisser les gens y goûter eu même et se faire leur avis.

6. Le but des innovations n’est pas de produire des produits ou des technologies cool, mais de rendre les gens heureux. (Garder cela à l’esprit permet de mieux innover)

7. Ne vous laissez pas abattre pas les esprits raides. Ces derniers expliqueront à une entreprise que ce qu’elle fait n’est pas réalistee, ne devrait pas voir le jour ou n’est simplement pas nécessaire. Certains de ces esprits raides sont des perdants. On peut les ignorer sans états d’âme. Mais les plus dangereux sont les esprits raides riches, puissants et célèbres. Ils ont accumulé tant de succès que, finalement, ils dissuadent les entrepreneurs qui pensent qu’ils ont raison. Ils ne le sont pas. Ce sont seulement des individus qui ont réussi… sur la courbe d’innovation précédent. S’ils n’ont rien à voir avec la courbe d’innovation suivante, leur avis n’est pas plus crédible qu’un autre.

    Marc Roisin: « Dans les grandes entreprises, ce n’est pas parce qu’une décision est bonne qu’elle est mise en oeuvre »

    16 mars 2009

    Le travail efficace, les idées qui se concrétiser rapidement,…  Marc Roisin ne parvenait plus à retrouver ce genre d’expérience dans la banque qui l’employait. Amoureux du vin, l’entrepreneur cajolait également  une idée: créer un catalogue de vin pour les gens qui n’y connaissent rien; ceux obligés de choisir une bouteille au hasard dans le supermarché, faute de savoirs oenologiques suffisants.

    Munis des ces deux motifs, Marc Roisin a quitté son emploi pour lancer Vinogusto, une plate-forme d’information et de recomandation de vins par les internautes. Depuis décembre 2008, Vinogusto rencense 500 000 visiteurs par mois. Vinogusto compte à présent, selon son fondateur, parmi les cinq sites internet consacrés au vin les plus visités de la planète. Quelque 100 000 vins y sont aujourd’hui repris, venant de 65.000 contributeurs.

    Entreprise Globale a rencontré Marc Roisin lors de l’édition 2009 de Plugg. Vinogusto faisait partie des 20 start-ups sélectionnées pour participer au Plugg Start-ups Rally.

    « Dans les grandes entreprises, ce n’est pas parce qu’une décision est bonne qu’elle est mise en oeuvre »

    « Dans une grande structure il est compliqué de mettre en œuvre une décision, même si elle est excellente. Les conflits internes, le calcul politique… tout cela fait partie d’une série de facteurs qui peuvent étouffer des bonnes initiatives ». Voilà de bonnes raisons pour se diriger vers une structure à taille humaine, estime Marc Roisin.

    « Travailler dans une petite structure présente de multiples avantages. Les personnes qui y travaillent sont souvent les fondateurs ou les partenaires. Tout le monde à intérêt à reconnaitre ses erreurs le plus vite possible, ce qui de facto permet d’apporter des corrections plus rapides et au final un meilleur produit. L’entrepreneur s’est tout de suite plu dans cet univers très réactif « plus besoin d’écrire 500 pages avant de lancer le moindre projet, on griffonne sur un bout de papier l’idée à mettre en place et c’est parti ».

    Aller à l’essentiel, de ne pas perdre du temps dans des fioritures, passer rapidement du concept à la mise en œuvre, voila qui  convient enfin à notre passionné de vin.

    Vinogusto: un demi million de visiteurs par mois. Voici pourquoi.

    Attirer des utilisateurs sur Vinogusto est essentiel, car ce sont eux qui vont noter les vins. Le site se décline en cinq langues. « France, Espagne, Benelux…: Nous sommes désormais leader en Europe, dans le domaine du vin. Nos principaux concurrents, eux, sont aux Etats-Unis ou en Nouvelle-Zélande ».

    Pour atteindre 500 000 personnes visiteurs par  mois (en un an et demi), quelques inconditionnels :

    1. Soigner la simplicité d’utilisation. La plateforme doit pouvoir être utilisée et comprise par tous.
    2. Faire attention à son « référencement« , c’est à dire au fait d’ être visible par les moteurs de recherche comme Google.
    3. Mettre en ligne soi-même du contenu et de l’information utiles pour les internautes. Une partie de ces 100.000 références de vin reprises sur le site ont été encodées manuellement.

    Un autre élément clé pour Marc Roisin consiste à suivre les besoins des utilisateurs et évoluer eux. Vinogusto adapte ainsi sa carte ou son contenu en fonction des périodes de l’année (été, fêtes…). Le site est également partenaire d’un réseau de gîtes ruraux pour préparer un voyage viticole (Toprural.com « prête » ainsi 15 000 descriptions de gîtes ruraux).

    « Dans l’internet social,  les contributions des internautes ne suffisent pas: il faut produire sois-même du contenu »

    « Réécrire Facebook n’a aucun sens » déclare Marc Roisin.  « Pour réussir dans le « Web 2.0″ ou « l’Internet social » , il est important de se focaliser sur la réponse d’un besoin. Dans la cas de Vinogusto, il s’agissait de répondre à deux questions: Quels vins acheter?  Où les acheter? »

    Pour Vinogusto, l’aspect social et les contributions volontaires ne sont en quelque sorte que des produits annexes. « Si j’avais dû attendre uniquement l’apport de contributions volontaires, dans 10 ans la plateforme n’aurait pas encore son niveau de contenu actuel » explique Marc Roisin.

    « Ingénieur, 25 ans, pourquoi je suis entrepreneur plutôt que consultant »

    13 janvier 2009

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