Vers l’entreprise-écosystème
28 août 2011
Voici une interview de moi publié vendredi dernier dans le quotidien belge La Libre, où j’évoque le principe de l’entreprise-écosystème.
En voici quelques extraits :
Le travail segmenté et hiérarchisé a du plomb dans l’aile, affirme J.-Y. Huwart.
Qu’est-ce que ces “coworkers” peuvent vous apporter si vous ne travaillez pas pour le même employeur ?
(…) Des espaces de coworking comme « The Hub » synthétisent une évolution vers un monde du travail plus souple, plus mobile, plus autonome, qui fait davantage place à l’innovation. Plus immatériel aussi : le travail dépend moins d’un cadre physique et structurel qu’avant. La connaissance et les idées circulent vite grâce aux réseaux. En évoluant dans un environnement créatif où un tas de métiers se côtoient sans obligation, on s’ouvre à des idées, des connexions, des partages. (…)
Ce sont surtout des indépendants et des petites structures qui optent pour ce type de cadre de travail…
Qu’est-ce qui empêcherait des employés d’une grande société de travailler ici ? (…) Aux Etats-Unis, j’ai entendu de vive voix des gros bras tels Citibank reconnaître que l’innovation dans le domaine bancaire était portée par les start-up ! Je ne suis pas sûr que les banquiers belges en diraient autant. (…)
(…) On évolue vers des « entreprises-écosystème » où les acteurs seront bien plus autonomes. Ce qui leur donne la possibilité d’innover, de créer, et de donner du sens à leur travail. On n’aime plus trop travailler mécaniquement pour quelqu’un dont on ignore s’il vous épargnera en cas de restructuration… (…)
Y a-t-il déjà des entreprises qui appliquent ce modèle coopératif ?
(…) Ça n’atteint pas tout le monde au même moment. L’IT est très exposé, parce qu’on y innove à grande vitesse. Les banques ou la sidérurgie composent avec des cultures et des contraintes différentes. Mais elles ont aussi leur génération Y et on parle aussi d’elles sur les réseaux. Elles doivent aussi innover, et être réactives (…)
Les décisions doivent pouvoir suivre cette accélération du tempo…
C’est pour cela que la lourdeur du système pyramidal, avec une hiérarchie omniprésente, est inadaptée. Il faut donner de l’autonomie aux acteurs, en les laissant agir par essais-erreurs. Si cette logique itérative s’inscrit dans une vraie transparence, le public comprendra les échecs au lieu de les dénoncer. Il exige cette transparence et se soucie de la crédibilité des réputations. Mais il est vrai que l’environnement est baigné d’incertitudes … (…)
Lire la suite de l’article ici
Comment le gourou du management Peter Drucker aurait-il enseigné l’entreprise 2.0
20 juillet 2011
Pourquoi les intranets de première génération sont dépassés
3 juillet 2011
En 2010, Thierry Breton, le patron du groupe de services informatiques Atos Origin, déclarait que l’email en tant qu’outil de communication principal n’était plus adapté au monde de l’entreprise moderne.
« Le déluge d’informations sera un des plus importants problèmes que l’entreprise devra gérer », indiquait-il.
Mais par quoi le remplacer ?
L‘intranet semble devoir prendre la main. Cette plate-forme virtuelle interne compte toutefois déjà 12 ans au compteur. Une éternité, à l’ère de la communication digitale.
Or, il fait bien le constater, dans beaucoup d’entreprises, l’intranet s’est installé dans une sorte d’habitude molle. Il s’est transformé, comme l’indique le blog Green SI 2020, en grande fille fainéante…
Les intranets de première génération sont dépassés
Conçu à une époque pas si lointaine où la communication d’entreprise était une démarche univoque et patriarcale, le mode de fonctionnement de ces outils reste souvent figé dans ce esprit.
Autrement dit, un intranet d’entreprise reste souvent, de nos jours, un canal descendant ayant la physionomie d’un gros portail en ligne, avec accès aux documents officiels, aux newsletters internes et à différents services et plates-formes à accès réservé… Du fonctionnel pur. Mais rien de très dynamique, ni engageant, il faut bien le dire.
Dans la présentation ci-dessous, un des responsables de la stratégie informatique de la Lyonnaise des Eaux, filiale de Suez Environnement, trace cet intéressant historique de l’évolution de l’intranet.
Voici ces différentes étapes reprises dans un ordre chronologique :
- Entrée des technologies internet dans l’entreprise
- Un outil de communication au service des directions de la communication
- L’accès aux ressources et documents de l’entreprise
- Portail, point d’entrée des services
- Ouverture vers les partenaires, fournisseurs, avec l’extranet
- Gestion des connaissances (knowledge management)
Source de frustration plus que d’agilité…
Mais où sont les fonctionnalités sociales ? Les échanges entre pairs ? Les communautés de pratiques qui se créent spontanément ? Ces échanges d’information spontanés, contextuels et donc pertinents, auxquelles s’ajoute toute l’information tacite parfois plus importante que le contenu formel ?
Hélas dans l’univers de l’intranet d’aujourd’hui, souvent nulle part…
A l’heure de Twitter et de Facebook, l’intranet d’entreprise version papa s’avère même, quelques fois, une source de frustration faute de possibilités réelles d’échange. Sans parler des pertes de productivité et de compétitivité dues à la circulation limitée de l’information, aux carences de transparence lesquelles entraînent des lenteurs en termes de réactivité.
Collaboratif, social, ouvert…
Petit à petit, l’idée de plates-formes de collaboration plus ouverte, mettant en place de fonctionnalités de socialisation, fait son chemin dans les grandes et moyennes entreprises.
Selon l’étude Global Intranet Trends, 22% des intranets incluent aujourd’hui des fonctionnalités permettant directement aux employés de commenter des contenus en place voire d’échanger directement entre eux.
C’est encore peu. Mais cette proportion grandit d’année en année.
De même, 10% des intranets proposeraient des outils collaboratifs à tous les membres du personnel permettant aux équipes de travailler entre directement en ligne. Dans 20% des cas, cet accès est partiel…
Les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) n’ont pas encore gagné la bataille dans beaucoup d’organisation. Les responsables de la communication gardent souvent la haute main main sur la gestion de ces derniers, alors que la plate-forme devrait idéalement être de la responsabilité de toutes les unités stratégiques.
Mais ils mangent chaque mois un peu plus de terrain, laissant ainsi entendre que le RSE deviendra à terme la norme.
Dans les grandes entreprises comme dans les PME.
Passer de la jungle des réseaux sociaux au Social Business organisé (par Cisco)
28 avril 2011
Comme de nombreuses autres entreprises, au début, l’équipementier américain Cisco s’est aventuré en aveugle sur le territoire des réseaux sociaux.
Petit à petit,toutefois, le groupe, réputé pour sa culture de la collaboration interne, a cerné les dynamiques et les règles naturelles propres à cet espace social.
Ceux-ci ont transformé la manière de mener le business de Cisco, non sans le canaliser et lui redonner une nouvelle forme d’organisation.
Allen & Overy: « Nous avons nettement amélioré l’efficacité de notre communication interne grâce à des blogs »
3 février 2011
Comment Renault entend éliminer la logique de silos en devenant une entreprise 2.0
3 janvier 2011
Juliette Girard est responsable du programme Web 2.0 du constructeur automobile Renault.
La firme faisait de l’e-collaboration depuis plus de dix ans, à travers des outils comme de la web-conférence, du « chat », etc. Mais les silos structurels subsistaient dans ce cadre de communication.
Aujourd’hui, dit-elle, le groupe Renault est mûr pour adopter des systèmes de communication sociaux, autrement dit 2.0, qui permettent plus de transversalité. Des blogs, des plates-formes sociales, de la vidéo, etc. Grâce à cette évolution, Renault veut devenir plus rapide et plus innovante encore, dit Juilette Girard.
Projet pilote après projet pilote, le constructeur automobile Renault se transforme en véritable Entreprise 2.0, collaborative.
(Enregistré lors du Enterprise 2.0 Summit de Francfort)
Pourquoi les économies d’échelle compteront moins, demain, que la capacité à naviguer dans les réseaux virtuels
27 décembre 2010
Au 20ème siècle, le succès économique est souvent né de la capacité qu’ont montré les entreprises à développer des économies d’échelle.
Pour gagner en efficacité, les industries ont augmenté leur taille, par rachat ou croissance interne. Pour continuer à piloter ces navires de plus en plus gros, le management s’est professionnalisé, avec une attention soutenue sur la mise en place de processus très contrôlés, des règles formelles ainsi qu’une culture du savoir. 
En 2011, une grande partie de notre bien être économique et des emplois créés en Europe ou aux Etats-Unis dépendent encore de ce savoir-faire en matière d’organisation.
La maîtrise des processus demeure l’un des différenciateurs majeurs en termes de création de valeur dans le monde de l’entreprise. Même aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir les produits les plus inventifs. Il convient aussi de les produire et de les distribuer de façon efficace pour gagner sur le terrain économique.
Le meilleur produit ne suffit pas pour être le plus rentable…
Prenons l’exemple de BMW. Quelle marque automobile est-elle plus admirée dans le monde ?
Pourtant, malgré la popularité planétaire de ses modèles, le constructeur bavarois enregistre des marges bénéficiaires significativement inférieures à celles de ses deux grands concurrents Mercedes Benz et Audi.
A la différence de BMW, groupe indépendant, Mercedes et Audi profitent de l’effet de taille lié à leur appartenance à un conglomérat industriel plus vaste.
Audi réduit ses coûts grâce aux synergies réalisées au sein du groupe Volkswagen, tandis que le puissance d’achat de Daimler benz (aussi actifs dans la production de camions et l’aéronatique) permet également, entre autres choses, de réduire le prix des composants.
Dans ce cas, les économies d’échelle font la différence.
Reste que la recherche de la taille maximale se paie en général par un autre prix : rigidité des structures internes, communication interne limitée voire défaillante, opacité, jeux politiques, manque d’innovation et de soutien à la motivation des travailleurs.
Ces maux brident souvent le potentiel de réaction et d’innovation des grandes entreprises, un handicap qui peut se payer cher à l’heure où l’imprévisibilité devient la règle…
A l’aube de cette nouvelle décennie, le Graal serait de créer des entreprises aussi innovantes et agiles que des startups, tout en préservant l’avantage économique lié à la taille.
Danser au son de l’entreprise 2.0 sans sacrifier ses marges ?
Gageure ? Certes. Mais des pistes apparaissent.
L’entreprise 2.0 apparaît comme l’un des modèles d’entreprise d’avenir, qui permettrait de transformer les éléphants dodus en danseuses étoiles.
Comment éviter, cela dit, que la décentralisation, liée au modèle 2.0, n’entraîne une diminution substantielle des économies d’échelle et, dès lors, de la marge bénéficiaire des grandes entreprises ?
Dans cet excellent billet, Marc Buyens, consultant chez Xpragma, pensent que la question de ne doit plus être posée en ces termes… :
« Nous assisterons de toute façon, dans les années qui viennent, a l’érosion rapide de l’avantage procuré par les économies d’échelles au sein d’une même entreprise, affirme Marc Buyens. Demain, les économies d’échelles se feront par le biais du Net, du cloud, via des plates-formes spécialisées. Cela ne se produira par du jour au lendemain. Mais nous allons dans cette direction. »
Les entreprises se focaliseront davantage sur leur coeur d’activité. En même temps, elles seront au centre de réseaux beaucoup plus étendus.
« La pression concurrentielle amènera ces entreprises à chercher [sur la Toile] de nouveaux interlocuteurs et partenaires. Ils deviendront des nomades dans leurs écosystèmes économiques. Ils adapteront en permanence leur trajectoire au destinations nouvelles qui s’imposent [...] Les entreprises devront développer des compétences identiques pour trouver au dehors, sur le cloud, les profils et les opportunités de demain »
La capacité de naviguer sur les réseaux virtuels procurera l’avantage compétitif de demain
La capacité de se transformer en entreprise nomade numérique induit, cependant, pour les employés de pouvoir maîtriser totalement la navigation sur les réseaux virtuels.
Ainsi, les réseaux sociaux deviennent déjà des ressources économiques majeures.
Kripashankar Rajappa, vice-président de CapGemini Financial Services au niveau mondial, va jusqu’à dire qu’une partie de l’activité économiques va se transférer sur les réseaux sociaux. L’innovation, la gestion de clientèle ou les opérations se passeront, pour une part, sur ces plates-formes sociales… 
« Twitter, Facebook ou LinkedIn joueront un rôle croissant, par exemple, dans l’analyse des profils de clients, prédit Rajappa, dans les colonnes du Times of India. L’activité sur ces derniers ne se limitera plus, demain, à de simples fonctions de clavardage (chat) ou à d’échange avec des amis. Pas plus qu’ils ne seront uniquement le terrain de récréation des recruteurs. Chaque industrie, chaque entreprise commencera sans doute, prochainement, à utiliser les réseaux sociaux pour amélioration l’efficacité de leur communication, accroître leur productivité, engager ou définir le profil de leurs futurs clients«
Pour Rajappa, les banques et les institutions financières, par exemple, adapteront leurs modèles classiques d’évaluation de la solvabilité et du crédit de leurs clients pour tenir compte de cette évolution.
La qualité du réseau et le niveau d’implication dans les « hubs » virtuels entreront de plus en plus en ligne de compte pour estimer la qualité de ceux-ci.
On peut penser que la démarche s’appliquera autant pour les individus que pour les entreprises.
Une nouvelle économie prend forme…
NB : Pour améliorer votre capacité à naviguer sur les réseaux sociaux et le web en 2010 sur le plan international, vous pouvez vous procurer le livre ‘Utiliser internet pour vendre à l’étranger » http://www.amazon.fr/Utiliser-internet-vendre-l%C3%A9tranger-Jean-Yves/dp/2805200888/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1293461623&sr=8-1










