Les PME restent, de loin, les plus conservatrices vis à vis du modèle de l’entreprise 2.0

4 juillet 2012

« Les grandes entreprises sont les plus lourdes à changer que les petites et moyennes entreprises, toujours réactives et agiles »

Cette perception est communément admise. 

La réalité est toutefois moins figée, semble-t-il. En tout cas en ce qui concerne la décentralisation des circuits d’information et l’autonomie laissée (un peu) aux groupes de salariés.

La récente enquête consacrée à l’Entreprise 2.0 en France par l’Institut de l’Entreprise 2.0 de la Grenoble School of Management montre en effet que les grandes entreprises tendent à se convertir plus rapidement que les PME aux nouveaux outils de communication digitale, au sein de l’organisation.

En dépit de leur bureaucratie généralement écrasante, les grandes entreprises apparaissent moins rétives à l’adoption d’approches plus ouvertes en matière d’innovation. De même, étonnement, l’aménagement physique de leurs bureaux reflèterait en moyenne aujourd’hui moins la structuration hiérarchique  que ce que laissent entrevoir les PME.

Les PME de 50 à 249 personnes les plus conservatrices…

Seules les très petites entreprises, selon le rapport, affichent une ouverture comparable voire nettement supérieure aux organisations de grande envergure vis à vis du modèle de l’entreprise 2.0 (circuits d’information décentralisés, autonomie des équipes, chaîne de commandement souple, flexibilité, etc.).

Selon l’enquête, si 29% des TPE françaises utilisent les outils et disent s’inscrire quasi sans réserve dans un esprit 2.0, à peine 10% des PME de 50 à 249 employés se reconnaissent dans ce cas de figure. Et même moins de 8% des entreprises dont l’effectif se situe entre 250 et 10.000 salariés.

Pire, près de 60% des PME de 50 à 249 salariés se tiennent à distance des principes de l’entreprise 2.0.

Moins d’un tiers des multinationales de plus de 10.000 salariés sont dans ce cas…. 

Les approches 2.0 gagnent du terrain partout

Quoi qu’il en soit, si les rythmes d’adoption ne sont pas similaires dans les PME, les startups ou les grandes entreprises, le modèle de l’entreprise 2.0 grignote du terrain dans toutes les formes d’organisation.

Ainsi, 90% des entreprises sondées indiquent quand même qu’elles entendent lancer, à terme, un projet de type 2.0 (implémentation d’outils sociaux en ligne tel un réseau social d’entreprise ou des fichiers collaboratifs, une communication externe interactive, etc.).

Mieux, environ deux tiers des organisations autorisent déjà, désormais, à leurs salariés, l’accès aux réseaux sociaux externes (Facebook, LinkedIn, Twitter, etc.)

Approfondir et amplifier les usages

Ces usages peuvent être considérés comme les prémisses de la transformations des dynamiques internes de l’entreprise vers un schéma plus décentralisé, collaboratif et agile.

Il reste cependant du chemin à parcourir, constate l’étude.

« Le concept du 2.0 est encore mal connu par les entreprises, observe-t-elle. Les entreprises ont des difficultés à savoir si leur(s) projet(s) relève(nt) du 2.0″.

D’après le rapport, les objectifs des démarches 2.0 aujourd’hui en entreprise concernent essentiellement des besoins internes (moyens d’améliorer la communication et l’échange d’informations entre les différents départements de l’entreprise, entre les collaborateurs, ….

Si le e-Learning se répand de plus en plus dans les organisations, ces dernières ignorent encore complètement les promesses du social learning.

Quant à la veille concurrentielle dans une logique de réseau, cela semble Terra Incognita dans une immense majorité d’entreprises. En particulier les PME…

Comment BASF se voit, à terme, devenir une organisation 2.0

4 avril 2012

Vers l’entreprise-écosystème

28 août 2011

Voici une interview de moi publié vendredi dernier dans le quotidien belge La Libre, où j’évoque le principe de l’entreprise-écosystème.

En voici quelques extraits :

Le travail segmenté et hiérarchisé a du plomb dans l’aile, affirme J.-Y. Huwart.
Qu’est-ce que ces “coworkers” peuvent vous apporter si vous ne travaillez pas pour le même employeur ?

(…) Des espaces de coworking comme « The Hub » synthétisent une évolution vers un monde du travail plus souple, plus mobile, plus autonome, qui fait davantage place à l’innovation. Plus immatériel aussi : le travail dépend moins d’un cadre physique et structurel qu’avant. La connaissance et les idées circulent vite grâce aux réseaux. En évoluant dans un environnement créatif où un tas de métiers se côtoient sans obligation, on s’ouvre à des idées, des connexions, des partages. (…)

Ce sont surtout des indépendants et des petites structures qui optent pour ce type de cadre de travail…

Qu’est-ce qui empêcherait des employés d’une grande société de travailler ici ? (…)  Aux Etats-Unis, j’ai entendu de vive voix des gros bras tels Citibank reconnaître que l’innovation dans le domaine bancaire était portée par les start-up ! Je ne suis pas sûr que les banquiers belges en diraient autant. (…)

(…) On évolue vers des « entreprises-écosystème » où les acteurs seront bien plus autonomes. Ce qui leur donne la possibilité d’innover, de créer, et de donner du sens à leur travail. On n’aime plus trop travailler mécaniquement pour quelqu’un dont on ignore s’il vous épargnera en cas de restructuration… (…)

Y a-t-il déjà des entreprises qui appliquent ce modèle coopératif ?

(…) Ça n’atteint pas tout le monde au même moment. L’IT est très exposé, parce qu’on y innove à grande vitesse. Les banques ou la sidérurgie composent avec des cultures et des contraintes différentes. Mais elles ont aussi leur génération Y et on parle aussi d’elles sur les réseaux. Elles doivent aussi innover, et être réactives (…)

Les décisions doivent pouvoir suivre cette accélération du tempo…

C’est pour cela que la lourdeur du système pyramidal, avec une hiérarchie omniprésente, est inadaptée. Il faut donner de l’autonomie aux acteurs, en les laissant agir par essais-erreurs. Si cette logique itérative s’inscrit dans une vraie transparence, le public comprendra les échecs au lieu de les dénoncer. Il exige cette transparence et se soucie de la crédibilité des réputations. Mais il est vrai que l’environnement est baigné d’incertitudes … (…)

Lire la suite de l’article ici

Comment le gourou du management Peter Drucker aurait-il enseigné l’entreprise 2.0

20 juillet 2011

 

Pourquoi les intranets de première génération sont dépassés

3 juillet 2011

En 2010, Thierry Breton, le patron du groupe de services informatiques Atos Origin, déclarait que l’email en tant qu’outil de communication principal n’était plus adapté au monde de l’entreprise moderne.

« Le déluge d’informations sera un des plus importants problèmes que l’entreprise devra gérer », indiquait-il.

Mais par quoi le remplacer ?

L‘intranet semble devoir prendre la main. Cette plate-forme virtuelle interne compte toutefois déjà 12 ans au compteur. Une éternité, à l’ère de la communication digitale.

Or, il fait bien le constater, dans beaucoup d’entreprises, l’intranet s’est installé dans une sorte d’habitude molle. Il s’est transformé, comme l’indique le blog Green SI 2020, en grande fille fainéante…

Les intranets de première génération sont dépassés

Conçu à une époque pas si lointaine où la communication d’entreprise était une démarche univoque et patriarcale, le mode de fonctionnement de ces outils reste souvent figé dans ce esprit.

Autrement dit, un intranet d’entreprise reste souvent, de nos jours, un canal descendant ayant la physionomie d’un gros portail en ligne, avec accès aux documents officiels, aux newsletters internes et à différents services et plates-formes à accès réservé… Du fonctionnel pur. Mais rien de très dynamique, ni engageant, il faut bien le dire.

Dans la présentation ci-dessous, un des responsables de la stratégie informatique de la Lyonnaise des Eaux, filiale de Suez Environnement, trace cet intéressant historique de l’évolution de l’intranet.

Voici ces différentes étapes reprises dans un ordre chronologique :

  1. Entrée des technologies internet dans l’entreprise
  2. Un outil de communication au service des directions de la communication
  3. L’accès aux ressources et documents de l’entreprise
  4. Portail, point d’entrée des services
  5. Ouverture vers les partenaires, fournisseurs, avec l’extranet
  6. Gestion des connaissances (knowledge management)

Source de frustration plus que d’agilité…

Mais où sont les fonctionnalités sociales ? Les échanges entre pairs ? Les communautés de pratiques qui se créent spontanément ? Ces échanges d’information spontanés, contextuels et donc pertinents, auxquelles s’ajoute toute l’information tacite parfois plus importante que le contenu formel ?

Hélas dans l’univers de l’intranet d’aujourd’hui, souvent nulle part…

A l’heure de Twitter et de Facebook, l’intranet d’entreprise version papa s’avère même, quelques fois, une source de frustration faute de possibilités réelles d’échange. Sans parler des pertes de productivité et de compétitivité dues à la circulation limitée de l’information, aux carences de transparence lesquelles entraînent des lenteurs en termes de réactivité.



Collaboratif, social, ouvert…

Petit à petit, l’idée de plates-formes de collaboration plus ouverte, mettant en place de fonctionnalités de socialisation, fait son chemin dans les grandes et moyennes entreprises.

Selon l’étude Global Intranet Trends, 22% des intranets incluent aujourd’hui des fonctionnalités permettant directement aux employés de commenter des contenus en place voire d’échanger directement entre eux.

C’est encore peu. Mais cette proportion grandit d’année en année.

De même, 10% des intranets proposeraient des outils collaboratifs à tous les membres du personnel permettant aux équipes de travailler entre directement en ligne. Dans 20% des cas, cet accès est partiel…

Les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) n’ont pas encore gagné la bataille dans beaucoup d’organisation. Les responsables de la communication gardent souvent la haute main main sur la gestion de ces derniers, alors que la plate-forme devrait idéalement être de la responsabilité de toutes les unités stratégiques.

Mais ils mangent chaque mois un peu plus de terrain, laissant ainsi entendre que le RSE deviendra à terme la norme.

Dans les grandes entreprises comme dans les PME.


 

Passer de la jungle des réseaux sociaux au Social Business organisé (par Cisco)

28 avril 2011



Comme de nombreuses autres entreprises, au début, l’équipementier américain Cisco s’est aventuré en aveugle sur le territoire des réseaux sociaux.

Petit à petit,toutefois, le groupe, réputé pour sa culture de la collaboration interne, a cerné les dynamiques et les règles naturelles propres à cet espace social.

Ceux-ci ont transformé la manière de mener le business de Cisco, non sans le canaliser et lui redonner une nouvelle forme d’organisation.

 

 

Allen & Overy: « Nous avons nettement amélioré l’efficacité de notre communication interne grâce à des blogs »

3 février 2011

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