Pourquoi les économies d’échelle compteront moins, demain, que la capacité à naviguer dans les réseaux virtuels
27 décembre 2010
Au 20ème siècle, le succès économique est souvent né de la capacité qu’ont montré les entreprises à développer des économies d’échelle.
Pour gagner en efficacité, les industries ont augmenté leur taille, par rachat ou croissance interne. Pour continuer à piloter ces navires de plus en plus gros, le management s’est professionnalisé, avec une attention soutenue sur la mise en place de processus très contrôlés, des règles formelles ainsi qu’une culture du savoir. 
En 2011, une grande partie de notre bien être économique et des emplois créés en Europe ou aux Etats-Unis dépendent encore de ce savoir-faire en matière d’organisation.
La maîtrise des processus demeure l’un des différenciateurs majeurs en termes de création de valeur dans le monde de l’entreprise. Même aujourd’hui, il ne suffit pas d’avoir les produits les plus inventifs. Il convient aussi de les produire et de les distribuer de façon efficace pour gagner sur le terrain économique.
Le meilleur produit ne suffit pas pour être le plus rentable…
Prenons l’exemple de BMW. Quelle marque automobile est-elle plus admirée dans le monde ?
Pourtant, malgré la popularité planétaire de ses modèles, le constructeur bavarois enregistre des marges bénéficiaires significativement inférieures à celles de ses deux grands concurrents Mercedes Benz et Audi.
A la différence de BMW, groupe indépendant, Mercedes et Audi profitent de l’effet de taille lié à leur appartenance à un conglomérat industriel plus vaste.
Audi réduit ses coûts grâce aux synergies réalisées au sein du groupe Volkswagen, tandis que le puissance d’achat de Daimler benz (aussi actifs dans la production de camions et l’aéronatique) permet également, entre autres choses, de réduire le prix des composants.
Dans ce cas, les économies d’échelle font la différence.
Reste que la recherche de la taille maximale se paie en général par un autre prix : rigidité des structures internes, communication interne limitée voire défaillante, opacité, jeux politiques, manque d’innovation et de soutien à la motivation des travailleurs.
Ces maux brident souvent le potentiel de réaction et d’innovation des grandes entreprises, un handicap qui peut se payer cher à l’heure où l’imprévisibilité devient la règle…
A l’aube de cette nouvelle décennie, le Graal serait de créer des entreprises aussi innovantes et agiles que des startups, tout en préservant l’avantage économique lié à la taille.
Danser au son de l’entreprise 2.0 sans sacrifier ses marges ?
Gageure ? Certes. Mais des pistes apparaissent.
L’entreprise 2.0 apparaît comme l’un des modèles d’entreprise d’avenir, qui permettrait de transformer les éléphants dodus en danseuses étoiles.
Comment éviter, cela dit, que la décentralisation, liée au modèle 2.0, n’entraîne une diminution substantielle des économies d’échelle et, dès lors, de la marge bénéficiaire des grandes entreprises ?
Dans cet excellent billet, Marc Buyens, consultant chez Xpragma, pensent que la question de ne doit plus être posée en ces termes… :
« Nous assisterons de toute façon, dans les années qui viennent, a l’érosion rapide de l’avantage procuré par les économies d’échelles au sein d’une même entreprise, affirme Marc Buyens. Demain, les économies d’échelles se feront par le biais du Net, du cloud, via des plates-formes spécialisées. Cela ne se produira par du jour au lendemain. Mais nous allons dans cette direction. »
Les entreprises se focaliseront davantage sur leur coeur d’activité. En même temps, elles seront au centre de réseaux beaucoup plus étendus.
« La pression concurrentielle amènera ces entreprises à chercher [sur la Toile] de nouveaux interlocuteurs et partenaires. Ils deviendront des nomades dans leurs écosystèmes économiques. Ils adapteront en permanence leur trajectoire au destinations nouvelles qui s’imposent [...] Les entreprises devront développer des compétences identiques pour trouver au dehors, sur le cloud, les profils et les opportunités de demain »
La capacité de naviguer sur les réseaux virtuels procurera l’avantage compétitif de demain
La capacité de se transformer en entreprise nomade numérique induit, cependant, pour les employés de pouvoir maîtriser totalement la navigation sur les réseaux virtuels.
Ainsi, les réseaux sociaux deviennent déjà des ressources économiques majeures.
Kripashankar Rajappa, vice-président de CapGemini Financial Services au niveau mondial, va jusqu’à dire qu’une partie de l’activité économiques va se transférer sur les réseaux sociaux. L’innovation, la gestion de clientèle ou les opérations se passeront, pour une part, sur ces plates-formes sociales… 
« Twitter, Facebook ou LinkedIn joueront un rôle croissant, par exemple, dans l’analyse des profils de clients, prédit Rajappa, dans les colonnes du Times of India. L’activité sur ces derniers ne se limitera plus, demain, à de simples fonctions de clavardage (chat) ou à d’échange avec des amis. Pas plus qu’ils ne seront uniquement le terrain de récréation des recruteurs. Chaque industrie, chaque entreprise commencera sans doute, prochainement, à utiliser les réseaux sociaux pour amélioration l’efficacité de leur communication, accroître leur productivité, engager ou définir le profil de leurs futurs clients«
Pour Rajappa, les banques et les institutions financières, par exemple, adapteront leurs modèles classiques d’évaluation de la solvabilité et du crédit de leurs clients pour tenir compte de cette évolution.
La qualité du réseau et le niveau d’implication dans les « hubs » virtuels entreront de plus en plus en ligne de compte pour estimer la qualité de ceux-ci.
On peut penser que la démarche s’appliquera autant pour les individus que pour les entreprises.
Une nouvelle économie prend forme…
NB : Pour améliorer votre capacité à naviguer sur les réseaux sociaux et le web en 2010 sur le plan international, vous pouvez vous procurer le livre ‘Utiliser internet pour vendre à l’étranger » http://www.amazon.fr/Utiliser-internet-vendre-l%C3%A9tranger-Jean-Yves/dp/2805200888/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1293461623&sr=8-1
Au delà du concept d’entreprise 2.0, une nouvelle vision du management
18 novembre 2010
Anthony Poncier: « Défense, agro-alimentaire, distribution… : l’entreprise 2.0 est applicable dans tous les secteurs »
7 novembre 2010
Un compte-rendu des Assises de l’Intelligence stratégique
18 octobre 2010
Ce fut un bel exercice de stimulation de neurones, la semaine dernière, lors des premières Assises de l’intelligence stratégique.
L’intelligence stratégique gagne peu à peu les consciences d’un certain nombre de responsables de PME.
Dans la théorie, cette discipline regroupe les démarches relatives à la protection des données, à la recherche constante d’informations nouvelles sur les évolutions de son environnement économique (direct et moins direct) ainsi que la façon dont une entreprise peut agir sur et influencer ce dernier. 
Dans les faits, l’intelligence stratégique traduit une tendance de fond dans l’évolution des PME modernes.
Cette évolution implique une plus grande ouverture et une plus grande réactivité des staffs d’encadrement vis-à-vis des signaux internes et externes. Elle sous-entend des organisations plus collaboratives, souples, réactives, capables de surpasser les agendas individuels. Des entreprises plus flexibles sur le plan stratégique, qui ne se dispersent pas pour autant.
L’intelligence stratégique passe aussi par une volonté des PME qui la pratiquent de tirer profits de multiples réseaux (technologiques, commerciaux, réseaux d’experts, thématiques…) dans lesquels elles s’insèrent.
Enfin, la PME qui pratique l’intelligence stratégique pourra développer une vision claire de son capital de connaissance, en définissant clairement ce qui peut être partagé et ce qui, même dans un environnement ouvert et transparent, nécessite d’être conservé soigneusement à l’abri des regards.
En bref, l’intelligence stratégique place la PME à la croisée des chemins entre l’Entreprise 2.0, la PME globale, innovante, intégrée dans les communautés d’innovation internationales.
Une combinaison de facteurs tangibles et intangibles
L’intelligence stratégique se compose d’un faisceau de pratiques concrètes. Mais l’intelligence stratégique correspond aussi à un état d’esprit constamment ouvert à l’imprévu et qui imbibe l’ensemble de l’organisation.
Lors des Assises, Jacques Breillat, de l’Institut d’Administration des Entreprises de Bordeaux, a résumé le concept selon l’équation suivante :
« L’intelligence économique (ou stratégique, dans notre cas) = une vision claire x du leadership x le partage de l’information entre tous les collaborateurs + une logique structurée de projet ».
L’intelligence stratégique, par ailleurs, est un ingrédient essentiel de la croissance de demain.
« L’entreprise ne peut croître si elle ne s’empare pas de nouvelles opportunités de marché, insiste de son côté, Sophie Larivet, professeur à l’ESCE de Paris. Or, sans une professionnalisation de la recherche des signaux pertinents, la PME n’aura pas connaissance de ces opportunités à saisir. Son développement en sera inévitablement affecté ».
Une évidence que de trop nombreuses PME ignorent encore, pourtant, dans les faits, faute de méthode, de professionnalisme et, simplement, d’attention, a-t-on répété au cours des Assises.
Adapter le modèle de management vers celui d’un facilitateur
L’adoption des principes de l’intelligence stratégique, il est vrai, nécessite un certain effort. Elle a des répercussions inévitables sur la culture du management d’une entreprise.
Pour Anthony Poncier, expert dans le domaine de la collaboration en entreprise et de l’entreprise 2.0, présent également lors des Assises de l’intelligence stratégique, « les managers doivent passer du modèle de ‘la connaissance = le contrôle’ à celui de facilitateur, animateur et développeur d’équipes« .
« Aux USA, 30% des gains de productivité enregistrés ces dernières années sont le résultat de la mise en place d’organisations plus agiles », soutient Anthony Poncier.
Ainsi, 50% de l’information d’une entreprise passe, par exemple, par la ‘machine à café’. C’est souvent de là que démarre le processus de création de valeur d’une entreprise… Il est donc crucial que ces échanges d’information informels puissent avoir lieu, dans des environnements qui le permettent.
Une question de culture, avant d’être une question d’outils
Oui, mais comment procéder ?
La tentation classique consiste, parfois, à commencer par l’adoption d’outils ou de méthodologies très complexes. La complexité rassure les directions d’entreprise qui l’assimile à un gage de sérieux. Or, il s’agit souvent d’un mauvais réflexe...
« Si on aborde la question du collaboratif en entreprise en partant des outils, cela ne fonctionne pas », relève David Osimo, co-auteur d’une étude sur l’Entreprise 2.0, commandée par la Commission européenne.
Fabienne Vandekerkove, CKO de la société Whatever, abonde dans ce sens, se penchant sur l’évolution des systèmes complexes de knowledge management (KM). Frédéric Williquet résumait sur son blog le propos de Fabienne Vadekerkove (petit extrait ci-dessous) :
« Les années 90 ont été celles du knowledge management. Les années de la constitution d’énormes bases de données, lourdes, demandant de gros budgets… avec une grosse déception à l’arrivée car le système s’avéra être trop rigide (…) Avec les années 2000, l’arrivée du web2.0 et de son environnement qui permet l’émergence d’informations, la problématique touche plus à celle du comportement. On peut se permettre d’être moins structuré et simplement de s’exprimer. (…) En fin de compte, chacun, dans son métier, est un expert et il est important que tout le monde se sente responsable du processus de veille »
David Osimo partage le point de vue.
« Nous arrivons aujourd’hui vers des formes d’échanges d’informations beaucoup plus basées sur la narration, pas sur le formalisme », dit-il.
L’intelligence stratégique déjà en pratique sous différentes formes dans certaines PME
Quoi qu’il en soit, un certain nombre de PME se sont d’ores et déjà appropriés à la fois la culture et les outils.
Avec des résultats concrets.
Par exemple, avec l’utilisation de Facebook comme canal de construction d’une image de marque par le producteur de montres IceWatch, qui compte désormais près de 40.000 fans à travers le monde sur sa page Facebook.
Qui croirait qu’une spinoff biotech emprunterait le même chemin ? C’est pourtant ce que fait également Delphi Genetics.
« Cela peut paraître étonnant pour des scientifiques comme nous, explique Philippe Gabant, CEO de Delphi Genetics, mais nous nous sommes rendu compte que les jeunes chercheurs, les doctorants, qui ont souvent entre 23 ans et 30 ans, utilisaient beaucoup Facebook, où qu’ils soient. C’était une bonne façon de les contacter ».
Rudi Lassine, de CEO de la société Waltec Biometrics, a compris comment utiliser internet pour se faire davantage connaître.
« Nous utilisons des sites miroir, ou des site pot de miel (qui ne relaient pas de l’information commerciale mais qui liens vers nous) pointe-t-il. Cela accroît significativement notre visibilité en ligne. Nous avons appris ce genre de techniques en pratiquant l’intelligence stratégique. »
L’intranet est mort. Vive l’intranet social ?
3 septembre 2010
« Un employé chez nous perd un jour par semaine à chercher la personne dans l’organisation disposant de l’expertise et de l’information dont il a besoin pour avancer dans son propre travail. Le coût lié à la difficulté de trouver l’information adéquate est gigantesque ! »
La citation, vieille de quelques années, concernait le célèbre fabricant de semi-conducteurs américain Intel. Cela dit, elle aurait pu venir de n’importe quelle société.
L’accès à l’information pertinente est un facteur critique du fonctionnement de toute entreprise.
Les outils de gestion de la connaissance et de diffusion d’information ne sont pas ce qui manque. Voici des années, les firmes ont installé en leur sein des réseaux internes, fermés, pour diffuser et donner accès à des bases de données d’information : les intranets.
Ces derniers sont devenus le principal outil de communication des entreprises avec leur personnel. Au Royaume-Uni, par exemple, 70% des plus grandes entreprises du pays (Footsie 100) communiquent en interne principalement par le canal de l’intranet ou de newsletters. 
L’intranet, un outil dépassé dans les entreprises de la connaissance
Le problème, souligne Oscar Berg, un consultant suédois spécialiste du knowledge management, c’est que l’intranet, tel que nous le connaissons, n’est plus adapté au schéma de l’entreprise moderne, où s’activent les travailleurs de la connaissance (knowledge worker).
« Les intranets classiques convenaient pour des métiers relativement répétitifs, où l’information nécessaire aux employés était prévisible, dit-il. La structure de l’entreprise déterminait, alors, la tâche précise de chaque travailleur. Aujourd’hui, toutefois, la majorité de salariés sont, en général, très qualifiés et autonomes. Leurs tâches évoluent en fonction de l’évolution de leurs connaissances… »
Certains en conviennent : les intranets traditionnels, gérés de façon centralisée, ont atteint leur limite.
Les formats, d’abord, conviennent peu. Le directeur information d’une grande compagnie américaine, interrogé par le bureau de recherche IDC, par exemple, reconnaissait que 25% de l’information stockée sur l’intranet restait latente faute d’être indexée correctement, selon les critères des utilisateurs.
Surtout, comment un responsable de la gestion de document et d’information sur un intranet, aussi érudit soit-il, peut-il, à l’avance, savoir à quelles questions précises correspondront les contenus stockés sur le réseau interne ?
Laisser gérer par les employés, eux-mêmes, la longue traîne de la connaissance
La vérité, souligne Oscar Berg, c’est que les travailleurs très qualifiés passent de 15% à 35% de leur temps à chercher de l’information. Une fois sur deux, seulement, ils trouvent la réponse à ce qu’ils cherchent. Et la plupart du temps, il la déniche sur le web. Pas sur l’intranet.
Les travailleurs qualifiés sont actifs sur des tâches de plus en plus sophistiquées et spécifiques. Une information à forte valeur ajoutée pour une personne, n’en a aucune pour le reste de l’organisation. Et inversement.
« C‘est la possibilité de dénicher l’information sur la ‘longue traîne’ (voir graphique) qui rend les travailleurs qualifiés performants« , résume Oscar Berg.
L’information sur la longue traîne correspond à la somme des micro-besoins d’information des salariés, que seuls ces derniers peuvent définir…
Rendre l’intranet ouvert et social
Une seule voie pour sortir de ce dilemme : la participation de tous à la gestion des flux d’information. Car en plus d’être inefficace, le modèle centralisé est devenu beaucoup trop coûteux…
« L’intranet doit devenir social. Etre une plate-forme de circulation d’information, que les utilisateurs alimentent eux-mêmes, de façon transparente, simple et rapide. »
En d’autres termes, l‘intranet devra devenir un réseau social interne, sur lequel les salariés pourront échanger entre eux directement, publier les contenus qu’ils jugent pertinents et les qualifier eux-mêmes pour permettre à leurs pairs de les retrouver…
On peut le dire autrement : la voie de l’efficacité pour les entreprises modernes, passe par un modèle d’entreprise 2.0…

Le crowdsourcing gagne en popularité dans les entreprises
15 juillet 2010
Qu’ont en commun General Electric (GE), l’un des plus grands groupes industriels du monde, et la chanteuse britannique Lily Allen ?
L’un comme l’autre recourent aujourd’hui au crowdsourcing.
En d’autres termes, ils s’ouvrent et font appels aux contributions extérieures, d’où qu’elles viennent, afin de leur permettre d’amener de nouvelles idées, de stimuler leur créativité et de diversifier leur offre.
L’un comme l’autre recourent aujourd’hui au crowdsourcing.
En d’autres termes, ils s’ouvrent et font appels aux contributions extérieures, d’où qu’elles viennent, afin de leur permettre d’amener de nouvelles idées, de stimuler leur créativité et de diversifier leur offre.
GE organise un concours d’innovation dans les CleanTech
GE vient de lancer un concours majeur, la « GE open-innovation competition », dotée de 200 millions de dollars.
Objectif : accélérer son développement dans le domaine des technologies vertes. Le public pourra voter pour les meilleures pistes et idées. Les suggestions les plus percutentes pourront recevoir 100.000 dollars et plus… De mêmes, les startups les plus prometteuses pourront bénéficierions d’investissements généreux.
« Nous voulons puiser dans le potentiel de la cloud industry,a expliqué Jeffrey Immelt, le CEO de GE, faisant référence au cloud computing, l’informatique distribuée qui révolutionne aujourd’hui le secteur IT. Nous avons besoin de votre capacité innovation. Vous avez besoin de notre taille, pour atteindre les marchés« .
Small et Big ne sont aujourd’hui beautiful qu’ensemble, dirait-on…
Lily Allen : un clip à 2.000 voix
Pour le clip de « The Fear », de son côté, Lily Allen a fait appel à quelque 2.000 contributeurs qui se sont filmés en vidéo.
Résultat: une séquence composée de centaines de micro-clips.
Lily Allen « The Fear. » mk II from phil tidy on Vimeo.
La chanteuse n’est pas la première à utiliser ce procédé. Des spots publicitaires ont déjà été réalisés en compilant des centaines d’images d’amateurs.
Mais dans les métiers culturels, l’usage du crowdsourcing grandit également… Le réalisateur Ridley Scott s’y met aussi.
Le crowdsourcing gagne en visibilité : Monsieur Toutlemonde devient le département R&D…
Les exemples de mise en place de structures d’innovation participatives sont chaque mois plus nombreux. 
Le groupe Fiat, par exemple, a récemment inauguré un programme de crowdsourcing pour le développement d’un nouveau modèle: la MIO.
Cette voiture compacte est destinée au marché brésilien. Les internautes lusophones pourront soumettre leurs idées en matière esthétique, techniques, etc. Ils seront aussi appelés à voter pour les meilleures propositions.
« Il s’agit d’une approche open-source appliquée à l’automobile », laisse-t-on presque entendre chez Fiat.
Le fabricant de produits de grande consommation Procter & Gamble s’est aventuré, voici plus longtemps, sur le terrain du crowdsourcing, avec son concept d’innovation Connect & Develop. Avec succès, semble-t-il.
La société américaine de location de films en ligne Netflix, quant à elle, récompense depuis plusieurs années les meilleures suggestions faites pas des équipes de développeur pour améliorer son système de recommandation automatique (Cinematch). Grâce à cela, la firme à pu sensiblement perfectionner sa plate-forme.
Le crowdsourcing, bientôt la norme en matière d’innovation ? Pas si vite…
A ce rythme, le crowdsourcing s’imposera-t-il un jour comme une façon naturelle d’organiser l’innovation d’une entreprise, peut-on penser ?
Prudence, prudence…
« Le crowdsourcing est un moyen pour les entreprises – en particulier pour les PME – d’avoir accès à un potentiel global, en utilisant notamment Internet », commentait récemment Klaus-Peter Speidel, fondateur d’Hypios, une plate-forme d’innovation collaborative, sur le site de l’Atelier numérique.
Un bémol, toutefois :
« La difficulté, c’est que ces petites et moyennes entreprises doivent avoir les ressources internes suffisantes pour évaluer la qualité des solutions qu’elles trouvent sur la Toile ».
Dès lors, pour Klaus-Peter Speidel, le crowdsourcing ne correspond en un sens qu’aux entreprises déjà innovantes. Non pas celles ayant déjà toutes les idées à leur portée, mais celles possédant l’ensemble des compétences techniques pour les réaliser une fois qu’elles ont émergé.
« L’entreprise 2.0 n’est plus un gadget, mais une réalité tangible dans un nombre grandissant d’entreprises »
3 mai 2010
Stuart McIntyre est un consultant britannique, expert dans le domaine de la collaboration en entreprise et, plus précisément, du concept d’Entreprise 2.0.
« L’Enterprise 2.0 n’est plus un simple gadget, un effet de mode vendu par quelques initiés, défend-il. La notion d’entreprise 2.0, et tout ce qu’elle véhicule en termes d’ouverture, de décloisonnement et de collaboration, devient une réalité pour un nombre grandissant d’entreprises. La collaboration et le partage spontané de connaissances que permet l’utilisation des nouveaux outils sociaux aident aujourd’hui les entreprises à devenir plus plus productive et plus innovantes. En d’autres mots, plus compétitives « .
« Notons néanmoins que la mise en place d’une philosophie de l’Enterprise 2.0 n’est pas qu’une question d’outils informatiques, s not only a matter of using online social tools, insiste le consultant, qui s’exprimait à l’occasion du Blug 2010, une conférence organisée par IBM Lotus à Brussels. L’Enterprise 2.0 implique un changement culturel, de nouveaux comportements ainsi que l’adhésion de la direction. Cette métaphore nécessite l’adhésion du leadership de l’organisation. Le défi se situe en grande partie au niveau des pratiques de management ».
L’ adoption d’un modèle d’entreprise 2.0 peut tirer le potentiel d’innovation de l’entreprise vers le haut. Elle ne supprime cependant pas l’utilité d’un département de recherche et développement (R&D). Néanmoins…
« Une entreprise sera amenée de plus en plus souvent à se demander le coût que représente pour elle le fait de ne pas puiser et valoriser les idées innovantes générées dans ses autres départements, que ce soit le départment commercial, marketing, ressources humaines ou comptabilité… »







