Extraits du rapport européen 2013 sur l’Open Innovation

23 mai 2013

Les 20 et 21 mai 2013 se tenait à Dublin, sous l’égide de la présidence irlandaise de l’Union européenne, la conférence Open Innovation 2.0 .

C’est l’occasion, pour la Commission européenne, de présenter l’édition 2013 de son rapport annuel sur l’innovation ouverte : Open innovation 2.0 Yearbook 2013

« Dans le contexte européen, le terme Open innovation est devenu synonyme d’un processus moderne, très dynamique et interactif, indique le document. Les états d’esprit linéaires et séquentiels changent progressivement vers une approche plus opportuniste, audacieuse et orientée vers l’action. Nous devons migrer du modèle du ‘plan parfait pour hier’ vers une culture qui encourage l’expérimentation et le prototypage dans des conditions de vie réelle. Cette nouvelle culture de l’innovation produit simultanément des changements technologiques et sociétaux« 

Parmi ces nouveaux concepts associés à l’Open innovation qui vont prendre une dimension croissante dans les années qui viennent, les différents auteurs du rapport citent la co-création, l’open data, l’entrepreneuriat, le crowdsourcing notamment…

Le rapport de la Commission européenne sur l’Open Innovation, fruit d’un travail collectif entre différents experts européen, peut parfois paraître un peu touffu. Il n’évite pas non plus certaines redondances.

Le document s’arrête néanmoins sur quelques phénomènes majeurs qui vont modifier durablement la manière par laquelle, demain, les entreprises innoveront.  Il souligne, en particulier, l‘impact du modèle des « smart cities », fondement du développement de nouveaux écosystèmes, ainsi que l’expansion du recours au crowdsourcing interne et externe dans les organisations.

Le recours grandissante au crowdsourcing

Le crowdsourcing, ou l’apport d’idées et de contributions innovantes de la part d’acteurs extérieurs à l’organisation indépendamment de leur profil de départ, se confirme comme une tendance phare du modèle moderne d’innovation ouverte, confirme le rapport.

InnovationEcosystem

« Le développement du crowdsourcing peut être mis en perspective avec le développement parallèle du cloud computing, explique-t-il. L’un comme l’autre découlent de la prise de conscience des organisations du fait qu’elles étaient incapables de s’adapter suffisamment vite aux changements technologiques ou autres en recourant à leurs seules ressources internes ».

Danone, Henkel et beaucoup d’autres entreprises ont testé et mis en place aujourd’hui des initiatives en matière de crowodsourcing.

Le crowdsourcing présente beaucoup d’avantages, comme une approche moins stéréotypée de l’innovation, par exemple.

Le crowdsourcing apporte aussi au marché une nouvelle forme de transparence, ceci, à travers un accès élargi à l’information et à la mise en place de plates-formes de dialogue avec les clients, les prospects, les employés, les partenaires ou le public au sens large.

Comme tout nouveau modèle, le crowdsourcing génère cependant aussi de nouveaux types de risques. Il convient d’apprendre à les gérer. Le document pointe ainsi quelques questions auxquelles il convient de fournir des réponses avant de mettre sur pied des plates-formes de crowdsourcing. Les voici :

  1. A quelle problématique précise souhaitez-vous trouver une réponse à travers le recours aux contributions externes ?
  2. De quel public attendez-vous un retour ?
  3. Qui sera propriétaire des innovations susceptibles de découler d’un processus de crowdsourcing ?
  4. Comment valorisez-vous les contributeurs ? Quel retour peuvent-ils personnellement espérer de leur participation ? Est-il suffisant s’assurer d’une implication réelle ou pour éviter une démobilisation rapide ?

Open Innovation et émergence des Smart Cities

Autre facette de l’Open innovation sur laquelle s’attarde longuement le rapport 2013 de la Commission européenne, le développement du concept de Smart City .

« Beaucoup de villes européennes développent aujourd’hui des stratégies pour se transformer en « smart city » ou « villes intelligentes« , souligne le document. Ces stratégies s’appuient sur l’évaluation des besoins supposés des cités du futur ainsi que sur une compréhension nouvelle de l’innovation, ancrée dans la logique d’écosystème, de chaînes d’innovation globales, de l’autonomie des citoyens capables de créer leur propre plan de développement urbain… »

« Ces nouvelles formes d’innovation se caractérisent en premier lieu par un niveau élevé d’implication des citoyens dans la co-création de services dans tous les domaines de l’économie et de la société à travers l’utilisation d’internet. Dans un second temps, par l’émergence de nouvelles formes de collaboration entre autorités locales, instituts de recherche, universités et entreprises… « 

Exemple de mise en place d’action liée à l’approche Smart City, le Simplicity Idea Market, mis en plance en 2011 par la ville de New York. L’objectif de l’initiative était de participer à la simplification du fonctionnement des services de la  mairie. Les 300.000 employés des quelque 70 agences de la ville ont été invités à proposer des idées d’amélioration. Chacun pouvait proposer des idées, les laisser commenter par des tiers. Un vote désignait les meilleures.

La ville de Barcelone, elle, développe son profil de smart city à travers une volonté de développer un environnement ouvert, basé sur des clusters, la mise à disposition libre de données publiques et l’activation de Living Labs.

« Le modèle standard de la ville intelligente est intimement liée à l’intégration de trois composants : ville, innovation et espace digital« , souligne encore le rapport

Selon les auteurs, le développement des écosystèmes urbains aura un impact certain sur l’ouverture des processus d’innovation des entreprises, fortement influencées quoi qu’elles en disent par leur environnement local.

Une Europe économique entre discours défensif et vision optimiste

27 mai 2011

Question d’une représentante du groupe américain General Electric (GE) en Europee à l’un des panels réunis sur scène à l’occasion de la Conférence mondiale sur les investissements de La Baule (WIC2011), en France :

« Comment  adaptez-vous vos organisations aux nouvelles formes de collaborations ouvertes en matière d’innovation ainsi qu’à l’essor des échanges sur les réseaux sociaux ? »

Réponse de Thomas Enders, CEO du constructeur aéronautique Airbus, un des cinq panélistes :

« J’aimerais, personnellement, que mes employés cesse de passer leur temps sur Facebook… »

Fin de la discussion…

« Je veux bien croire qu’il estime que ses employés perdent trop de temps sur Facebook, confiait,en marge du panel, la responsable de GE ayant posé la question. Mais, dans ce cas, ce n’est pas la question que je lui posais. Il n’y a pas répondu… »

Discours classique et défensif vs enthousiasme et optimisme

L’anecdote illustre le fossé qui subsiste dans la conception que se font certaines grandes entreprises industrielles américaines et européennes en matière de communication en ligne et d’innovation ouverte (open innovation)…

Les acteurs des l’économie européenne semblent se diviser aujourd’hui en deux grandes catégories :

Une catégorie s’accroche à des schémas d’organisation et des discours relativement traditionnels en ce qui concerne la politique industrielle, l’innovation, la compétitivité. Ils sont très défensifs.

L’autre catégorie manifeste sa volonté d’entrer dans une nouvelle ère, d’intégrer une dynamique plus ouverte, collaborative, en un mot, positive

Remettre la politique industrielle sur la table ?

Philippe Varin, patron de PSA Peugeot Citroën, par exemple, semblait, à La Baule, appartenir à la première catégorie. Le PDG du constructeur français s’est ainsi étendu sur les malheurs frappant l’industrie européenne et le manque d’attention accordé à « son » secteur…

« Environ 10% de l’emploi total en France et en Allemagne est lié au secteur de l’automobile, s’est plaint Varin. Or, le montant des investissements de recherche et développement (R&D) consacrés notamment par les pouvoirs publics dans ce secteur ne correspond pas au poids qu’il représente dans l’économie. Pourtant, de la défi de la Chine est à nos portes. D’ici une décennie, le marché automobile chinois représentera 30% du marché mondial… »

Sans politique industrielle forte, l’économie européenne sombrera, clament les adeptes du discours classique.

« Il faut investir dans une politique industrielles européenne. Il faut investir dans l’industrie, car un emploi créé dans l’industrie génère quatre à cinq emplois dans les services… »

D’accord. Il faut plus d’investissements en R&D. Mais pour investir dans quoi ? Dans de nouvelles capacités de production ? De nouveaux bancs de test ? De la R&D pour de la R&D ?

A vrai dire, on ne sait pas trop…

Combinaison de services, de technologie et la force de la créativité

A l’opposé, les partisans d’une ligne davantage optimiste ont dessiné une perspective plus réjouissante pour l’économie européenne, mettant en avant la valeur ajoutée de nouvelles approches.

« Qu’on le veuille ou non, nous sommes passé dans une ère post-industrielle aujourd’hui, a rétorqué, de son côté, Martin Vial, directeur général du groupe Europe Assistance. L’économie européenne repose, aujourd’hui, à 70% sur les services. Et cela va continuer d’augmenter. L’avenir de l’industrie européenne passe par une offre combinée de haute technologie et d’une batterie de services sophistiqués pour lesquels les Européens sont particulièrement bien armés. »

Forcément, cette démarche implique des changements au niveau de l’organisation et du management d’une entreprise industrielle.

« Je suis optimistes, a pour sa part déclaré Jan Mühlfeit, le président de Microsoft Europe. C’est vrai que la Chine absorbe de plus en plus d’activités industrielles. Mais la valeur des logiciels embarqués dans une voiture Mercedes, par exemple, est aujourd’hui supérieure à celle des pièces physiques qui la compose. Les premiers continuent à être produit en Europe, notamment. »

Pas que des ingénieurs…

La vision de Martin Vial (Europe Assistance) ou Jan Müllfheit (Microsoft) diffère ainsi nettement de l’approche beaucoup plus défensive de Thomas Enders (Airbus) ou de Philippe Varin (Peugeot Citroën).

« L’Europe a tout en main pour continuer à rester en avance, souligne néanmoins le président de Microsoft Europe, à condition de faire évoluer son modèle économique. L’Europe n’a pas seulement besoin d’ingénieurs. Nous avons besoin de personnalités munies d’aptitudes émotionnelles fortes. Le défi de l’innovation se joue également, pour l’Europe, au niveau du développement de nouvelles approches en matière de gestion des ressources humaines. Nous avons besoin d’un groupe d’optimistes brutaux. Nous devons encourager l’essor d’une mentalité de startup et développer nos trésors de curiosité. »

Les résultats de la première enquête européenne sur le coworking, par Entreprise Globale

22 novembre 2010

Demain, les nouvelles entreprises démarreront peut-être toutes d’un espace de Coworking

9 novembre 2010

Imaginez, demain, quelqu’un, porteur d’un projet, qu’il veut transformer en entreprise. Naguère, il/elle pouvait démarrer de chez lui/elle. Travailler sur la table du salon, dans son garage, dans une pièce aménagée en bureau, s’il/elle le pouvait… De 8h30 du matin à 17h00 avant que les enfants rentrent, il/elle ne voyait personne,  à moins d’avoir planifié quelques rendez-vous durant la journée…

Dans les premiers mois d’activité, par ailleurs, le candidat entrepreneur « perd son temps » dans d’interminables navettes avec les guichets chargés de l’aider : pour telle inscription, telle demande de subside, tel enregistrement, tel rendez-vous avec un coach, telle discussion avec le comptable, l’avocat, des investisseurs potentiels, un graphiste, etc.

Quid s’il était possible de rompre cet isolement pesant et s’il était possible d’éviter ce long marathon des procédures, administratives et autres ?

En d’autres termes, plutôt que de faire le tour des prestataires indispensable au démarrage de l’activité, si ces derniers venaient à l’entrepreneur ?

Le Coworking, une réponse à plusieurs problèmes

Le coworking est une réponse commune à plusieurs de ces soucis de départ de tout entrepreneur.

Mais c’est bien d’autres choses aussi.

Le coworking, ce sont des espaces ouverts dans lequel des entrepreneurs, des travailleurs freelance et, parfois, de télétravailleurs, s’installent pour travailler chacun sur leurs projets respectifs.

Les interactions qui naissent donnent le jour à un véritable écosystème dynamique. Les uns apprennent des autres. Les membres font profiter les autres de leurs réseaux. De multiples compétences se croisent dans ces espaces ouverts. Les réussites sont célébrées et génèrent de l’émulation à l’intérieur et à l’extérieur des espaces de coworking. La communauté est la raison d’être du coworking.

Les opérateurs de tous ordres (publics, financiers, prestataires de service…), de leur côté, peuvent trouver dans les espaces de coworking un lieu central où toucher ce public à priori très dispersé des entrepreneurs et travailleurs indépendants. Gain de temps et d’énergie pour tous…

Les espaces de coworking permettent, par ailleurs, de réduire les coûts de démarrage d’une activité. Les utilisateurs paient en effet à l’usage et non sur base d’un bail mensuel (qui grève souvent le déjà maigre budget de départ…).

Enfin, ces espaces de coworking, lorsqu’ils se mettent en réseau les uns avec les autres, décuplent le rayon d’action potentiel de leurs membres. Un entrepreneur basé à Lyon souhaite savoir comment son approche commerciale serait perçue à Munich ? Les relais activés entre espaces de coworking devraient faciliter la possibilité d’entrer avec la ou les bonnes personnes sur place…

L’essor très rapide du Coworking aux Etats-Unis et en Europe

Voici deux ans, le mouvement du coworking n’était encore qu’une vaguelette. Ce dernier s’est aujourd’hui transformé en forte houle…

Près de 300 espaces de Coworking auraient aujourd’hui vu le jour aux Etats-Unis. De nouveaux ouvrent espaces leurs portes chaque semaine, sur les deux côtés comme dans les villes du Middle West.

Cette semaine, Michael Bloomberg, le maire de New York, a annoncé son soutien financier à l’ouverture d’un business incubator/coworking space dans le Bronx d’une capacité de 400 entrepreneurs.

L’Europe n’est pas en reste. Plus de 140 espaces de Coworking ont ouvert ces dernières années (voici une liste). Idem, ce n’est visiblement qu’un début.

Des projets d’ouverture d’espaces de coworking écloses dans un nombre grandissant de villes du Vieux continent.

Quelques statistiques apparaissent également.

Selon une enquête menée par le magazine en ligne Deskmag à Berlin, l’usager typique d’un espace de Coworking a entre 30 et 40 ans. Les femmes représentent 40% des « coworkers ». Ils sont aujourd’hui la générations des « laptopreneurs« .

La première conférence européenne consacrée au Coworking, à Bruxelles, les 19-20 novembre prochains

D’ici quelques années, les candidats entrepreneurs ne se poseront sans doute plus la question : leur premier réflexe, pensons-nous, sera de s’informer et de rejoindre un espace de coworking dans sa ville…

A  moyen ou long terme, toute entreprise nouvelle pourra dire, après quelques exercices d’existence : je suis née dans un espace de coworking.

C’est parce que nous entrevoyons cette évolution que le think tank Entreprise Globale est à l’initiative de la première conférence européenne consacrée au Coworking : Coworking Europe 2010.

Celle-ci se tiendra au Hub Brussels, à Bruxelles, les 19 et 20 novembre 2010 (voici le programme). Inscriptions ici.

Déjà plus d’une centaine de personnes se sont inscrites, venant d’une vingtaine de pays différents !

Les raisons du déclin de Nokia

15 septembre 2010

Les temps sont durs pour Nokia. L’Etoile du Nord de l’innovation européenne, celle vers laquelle tous les regards se tournaient voici encore quelques années, seulement, pâlit…

Certes, Nokia est toujours le plus grand vendeur de téléphones portables au monde. La firme finlandaise conserve une part de marché globale supérieure à 34%, devant les Sud-Coréens Samsung et Nokia. L’empire de Nokia, toutefois, repose sur les terminaux bon-marché (60 euros, en moyenne), que s’arrachent notamment les pays émergents.

Or, les marchés matures demandent aujourd’hui des téléphones intelligents (smartphones). Ils veulent des terminaux intuitifs, faciles d’utilisation, ‘customizables’ pour accéder à tous les nouveaux services digitaux.

Faute d’innover réellement dans ce sens, de raisonner en termes de plate-forme de services et non de simple producteur de matériel, Nokia voit désormais les consommateurs lui tourner le dos. Ces dernier se ruent en masse vers les outils plus en phase avec les aspirations de l’époque, proposés par Apple (iPhone), Google (Android) voire Samsung…

Chute de 40% du bénéfice trimestriel, tassement continu des parts de marché de Nokia…

L’impact de cette évolution ébranle maintenant la maison d’Helsinki, que l’on pensait pourtant si solide. Les bénéfices ont reculé de 40% au deuxième trimestre 2010. La valeur de l’action Nokia a été divisée par trois depuis l’introduction de l’iPhone sur le marché, en 2008…

Les actionnaires parent maintenant au plus pressé.

Voici quelques jours, l’Américain Stephen Elop, un ancien de Microsoft, a pris les rênes de l’entreprise. Anssi Vanjoki, l’une des figure de proue de Nokia, longtemps directeur marketing, a fait ses valises quasi dans le même temps.

La nomination d’un professionnel du monde des logiciels à la tête d’une entreprise qui se voyait uniquement, jusqu’à il y a peu, comme un pur équipementier télécoms, illustre la révolution culturelle que s’apprête à vivre Nokia.

Intelligence stratégique défaillante…

Mais comment Nokia, champion de l’innovation avec ses milliards d’investissement en recherche et développement (R&D), a-t-il pu se laisser dépasser en moins de trois ans par des acteurs étrangers, jusque là, au monde des télécoms ?

Aveuglement ? Complexe de supériorité ? Manque d’écoute du marché ? De réaction par rapport aux signaux faibles ? Une culture d’entreprise trop rigide ? Un peu de tout cela, sans doute. Ce qui révèle des processus d’intelligence stratégique défaillants…

Juhani Risku, un ancien cadre de Nokia, ex-responsable  du design pour l’expérience utilisateur de Symbian (le système logiciel de Nokia), suggère lui une réponse d’ensemble pour expliquer la crise d’innovation du groupe de Espoo. Risku est l’auteur de best-seller en Finlande : Uusi Nokia (littéralement ‘Nouveau Nokia’).

Selon ce dernier, le mal qui ronge Nokia est traditionnellement banal. En tout cas, pour une entreprises de cette taille, qui plus est ultra-dominante sur son marché.

« Un : Nokia étouffe sous les couches managériales, estime Risku. Elles sont trop nombreuses. Cet échaffaudage hiérarchique bride considérablement l’innovation. Il empêche que les plus brillantes solutions se transposent en action dans des délais inférieurs à quelques mois… « 

Des dépenses R&D quatre fois supérieures à celles de Apple,… et pourtant…

Nokia a beau disposer des meilleurs laboratoires du globe, des systèmes de production et des processus logistiques les plus efficaces du marché,… tout cela ne suffit pas si l’innovation ne s’adapte pas au moeurs et ne tient pas compte de l’essor rapide de nouveaux venus sur son territoire.

Le géant finlandais a dépensé 6 milliards d’euros, en 2009, dans ses unités de R&D… Quatre fois plus que le groupe Apple… Malgré cela, ces derniers mois,  l’action Nokia dégringolait quand la valeur de l’action Apple, elle, gagnait 50%.

« En dépit des énormes investissements en R&D, les idées les plus exceptionnelles qui naissent au sein de l’entreprise s’enlisent dans les couches de management intermédiaires, décrit Juhani Risku. Les responsables de Nokia se sont placés dans des postures rigides d’ingénieur, incapables de se mettre à l’écoute d’alternatives dénotant avec leurs propres choix de départ. Parfois, ils s’obligent à organiser d’interminables meeting pour discuter et repenser les pistes déposées sur la table. Ces comités malaxent tellement ces idées qu’elles en ressortent plates, consensuelles, ennuyeuses, sans valeur…. « .

Précurseur pour rien

Exemple : les ingénieurs de Nokia avaient inventé le principe de la plate-forme de distribution d’applications mobiles bien avant Apple. Mais ils n’en ont rien fait de suffisamment solide. Les Finlandais sont ainsi passés à côté de la montre en or. Aujourd’hui, OVI, la plate-forme de Nokia, avec ses 13.000 applications disponibles, fait pâle figure à côté de l’AppStore d’Apple, et ses 250.000 applications.

Que dire des téléphones, dont l’évolution du design ne s’est longtemps opérée que par micro modifications ?

Nokia a longtemps résisté à l’introduction des écrans tactiles sur ses terminaux. Ses ingénieurs s’arc-boutaient sur  leurs propres choix de départ. Erreur.

Les utilisateurs raffolent majoritairement, aujourd’hui, de la navigation tactile qu’ils ont été chercher chez Apple ou HTC.

Remettre de la vie

Pour Juhani Risku, ce dont Nokia a besoin en premier lieu, aujourd’hui, c’est d’un peu plus de vie et de spontanéité dans ses artères…

Nokia devrait également retrouver un certain sens de l’humilité, estiment d’autres observateurs… L’Olympe des certitudes d’ingénieurs permet difficilement le contact avec l’évolution des besoins terrestres.

Europe : pourquoi les projets en matière de réseaux sociaux se plantent

24 août 2010

L’incroyable pénétration des médias sociaux dans le quotidien des britanniques

19 août 2010

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